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Molécules repositionnées Portraits et entretiens

Ivermectine contre tumeurs : il y a 25 ans déjà au Japon

Mitsuto Matsumoto.

Mars 2000. Des Japonais déposent un brevet intitulé « Formulated agent for local injection« .

Lien : https://patents.google.com/patent/JP2001253824A/en

(version US ici)

L’idée ? Une solution contenant un tiers d’ivermectine (marque Ivomec avec une concentration de 10 mg/mL) et deux tiers d’éthanol (à 70 %) injectée localement pour traiter des tumeurs malignes chez des mammifères (« humains inclus » précisent les auteurs).

En 2003, ils modifient le brevet, avec l’ajout de deux autres produits (testés séparément) : L-théanine (acide aminé que l’on trouve principalement dans les feuilles de thé vert) et chlorhydrate de pyridoxine (vitamine B6).

Le trio est constitué de Mitsuto Matsumoto, de son fils Hirohiko (tous les 2 vétérinaires) et du beau-fils, Hisatake Ishikawa qui est -lui- gynécologue-obstétricien. Ce dernier aide pour la rédaction et la recherche documentaire mais ne participe pas aux expériences.

Le brevet présente des résultats remarquables sur 12 chiens et 1 chat, avec des tumeurs différentes. Mitsuto Matsumoto était « fier du traitement« , se souvient Hisatake Ishikawa.

Exemple : guérison complète pour une femelle de 13 kilos souffrant d’un adénome mammaire (1 injection par mois pendant 3 mois) et d’un mélanome (1 injection).

Mais attention. L’alcool éthylique pur possède un effet cytotoxique (il provoque la déshydratation et la nécrose des cellules).

A tel point que ce fut le « standard of care » pour les petites lésions de carcinome hépatocellulaire chez l’homme !

La procédure s’appelle « injection percutanée d’éthanol » (IPE) ou « alcoolisation » (elle a tendance à être remplacée de nos jours par des traitements thermiques, ablation par radiofréquence, etc. ). Mais demeure encore utilisée (et même pour des indications différentes, lire ici), y compris sur des chiens.

Difficile donc de faire la part des choses entre l’effet de l’éthanol et celui de l’ivermectine. Les auteurs du brevet ne s’en cachent pas. Ils ont choisi l’alcool éthylique précisement pour sa cytotoxicité, ils parlent même de « choix optimal« . Ils semblaient parier sur un effet synergétique.

Entre temps, les Matsumoto père et fils affinent leur méthode, le premier dans sa propre clinique à Tiryuu (Aichi), le second dans un centre médical à Yoshikawa (préfecture de Saitama)

Cette fois, ils utilisent 2 solutions combinées (ivermectine et L-théanine, toujours diluées dans de l’éthanol) dans laquelle ils ajoutent ensuite du chlorhydrate de pyridoxine.

En 2007, ils publient au Japon un article qui présente 3 cas de chiens souffrant de mastocytomes (tumeur canine la plus fréquente) et traités avec ce triple mélange. Leur hypothèse ? Une synergie entre les 3 produits via la voie glutamate → GABA.

Lien : https://cir.nii.ac.jp/crid/1521136280378514560 (voir ci-dessous pour l’article original et la traduction).

Cette hypothèse ne sera pas validée ensuite (l’ivermectine agit différemment sur les cellules cancéreuses). Et les recherches ont montré que GABA dépendait du contexte : parfois pro-tumoral, parfois antiprolifératif.

En 2011, Mitsuto Matsumoto perd son fils, Hirohiko, emporté par une hémorragie cérébrale à l’âge de 45 ans. En 2016, il décède, âgé de 88 ans.

Quant à Hisatake Ishikawa, 68 ans aujourd’hui, il travaille toujours à l’hôpital Nagoya Memorial, dans la préfecture d’Aichi (côte centrale de l’île de Honshū).

J’ai demandé à H. Ishikawa comment son beau-père avait eu l’idée à l’époque de tester l’ivermectine en injection locale.

Je suppose qu’il connaissait l’effet antitumoral de l’ivermectine grâce à une revue scientifique japonaise. Il était en effet abonné au Kagaku-Asahi [un journal mensuel scientifique] et connaissait l’ivermectine comme médicament contre la dirofilariose canine.

Il ajoute : « Mon beau-père me disait que de nombreux chiens traités à l’ivermectine avaient atteint une RC [réponse complète] ou une RP [réponse partielle]« .

Alors pourquoi aujourd’hui déterrer ce brevet et l’article qui a suivi en 2007 ?

Parce que cela s’inscrit dans un continuum scientifique et expérimental : l’ivermectine n’a pas vu le jour durant le Covid (on se souvient des nombreuses polémiques dont l’infâmante campagne de la FDA « vous n’êtes pas un cheval, ni une vache« ). On étudie ses propriétés anticancéreuses depuis longtemps.

Je crois à l’intérêt de cette forme d' »archéologie » scientifique (lire mon dossier sur les brevets autour des benzimidazoles, des antifongiques, les interviews de Simon Yu ou encore Paul Ewald)…

En effet, depuis des décennies, des chercheurs et des médecins travaillent partout dans le monde, suivent leurs intuitions et découvrent des pistes intéressantes, bref font avancer la science.

Mais on ne les écoute pas.

Pire : on ne sait même pas qu’ils existent.

Big Cancer instrumentalise très bien cette amnésie collective, cette invisibilisation…

Notons qu’en 2019 (donc avant l’hystérie du Covid), une équipe chinoise publia une étude : « L’ivermectine inhibe la croissance des tumeurs mammaires canines en régulant la progression du cycle cellulaire et la voie de signalisation WNT. »

En février 2026, j’interviewai Jean-Yves Gauchet, vétérinaire à Toulouse, qui lui aussi utilise l’ivermectine et le fenbendazole sur des tumeurs animales.

Lien : https://onconautes.com/2026/02/05/cancer-le-veterinaire-qui-murmure-a-loreille-des-chiens/

Bref, Mitsuto Matsumoto et son fils ont bien été les premiers à expérimenter, déposer un brevet et publier sur ce sujet…. Il y a plus d’un quart de siècle !

(pour l’historique des recherches sur les propriétés antitumorales de l’ivermectine, je vous renvoie au chapitre 19 de mon livre)

cdubuit@onconautes.com


ADDENDUM

Article de 2007, version originale en japonais, fichier PDF : https://onconautes.com/wp-content/uploads/2026/08/article_japon_2007.pdf

Voici la traduction :

Effet antitumoral de l’administration locale d’une préparation contenant de l’ivermectine et de la théanine sur les mastocytomes du chien

Article de cas clinique

Mitsukazu Matsumoto¹, Naotake Ishikawa², Hirohiko Matsumoto³

Clinique vétérinaire de Chiryu
(〒472-0025, Chiryu, préfecture d’Aichi, Ikebata 3-57-9)
Hôpital commémoratif de Nagoya
(〒468-8520, Nagoya, arrondissement de Tempaku, Hirabari 4-305)
Centre de santé publique de Yoshikawa, préfecture de Saitama
(〒342-0041, Yoshikawa, préfecture de Saitama, Ho 543-1)
Résumé

Une préparation injectable contenant de l’ivermectine et de la théanine a été administrée localement dans des mastocytomes chez des chiens. Une réduction importante de la taille des tumeurs ainsi qu’une réponse partielle ont été observées. Les auteurs concluent que la préparation contenant de l’ivermectine et de la théanine présentait un effet antitumoral.

Mots-clés : ivermectine, L-théanine, mastocytome, chien

Introduction

Le mastocytome est l’une des tumeurs cutanées les plus fréquemment rencontrées chez le chien et constitue l’une des maladies difficiles à traiter (réf. 1).

En général, le traitement consiste en une exérèse chirurgicale avec une large marge, mais de nombreux cas présentent une récidive après l’intervention. De plus, selon la localisation de la tumeur, il n’est parfois pas possible de prendre une marge suffisamment large ; une radiothérapie ou une chimiothérapie est alors associée au traitement (réf. 2).

L’ivermectine possède une forte affinité pour les canaux ioniques Cl⁻ dépendants du glutamate, qui sont impliqués dans la transmission nerveuse des invertébrés, et elle tue les parasites par son action sur ces canaux. Il a toutefois été rapporté que l’ivermectine possède également un effet inhibiteur de la prolifération des cellules tumorales (réf. 3).

La théanine, quant à elle, entre en compétition avec le glutamate, se lie au transporteur du glutamate, réduit l’entrée du glutamate dans les cellules et aurait pour effet de prolonger l’action des médicaments anticancéreux (réf. 4).

Le chlorhydrate de pyridoxine (vitamine B6) agit comme coenzyme lors de la synthèse du GABA à partir du glutamate.

Dans le présent travail, les auteurs ont essayé d’administrer directement et de façon répétée dans les tumeurs d’un chien diagnostiqué comme souffrant d’un mastocytome une préparation élaborée au laboratoire contenant de l’ivermectine, de la théanine et du chlorhydrate de pyridoxine. Une réduction importante de la tumeur et une réponse partielle ayant été observées, ils rapportent ici leurs résultats.

Méthodes

  1. Médicaments utilisés

Une solution composée d’ivermectine (Merial Japan), d’éthanol à 70 % et d’eau distillée, mélangés dans les proportions 2:19:19, a été utilisée comme préparation A.

La concentration obtenue était de 0,5 mg/ml d’ivermectine.

Une solution composée de L-théanine (γ-L-glutamyléthylamide) (Taiyo Kagaku KK), d’éthanol à 70 % et d’eau distillée, mélangés dans les proportions 1:10:10, a été utilisée comme préparation B.

La concentration était de 0,05 g/ml de L-théanine.

Enfin, du chlorhydrate de pyridoxine (10 mg/ml), la préparation A et la préparation B ont été mélangés dans les proportions 1:1:0,5 afin d’obtenir la préparation C.

  1. Classification des mastocytomes

Pour le grading des mastocytomes chez les chiens étudiés, les auteurs ont utilisé un système de stadification clinique (réf. 5).

  1. Évaluation de l’efficacité

Après l’administration du médicament, la réduction locale de la tumeur a été observée au cours du temps, parallèlement à l’observation des signes cliniques.

Cas cliniques
Cas 1

Chien croisé, mâle, 9 ans, 27 kg.

Le propriétaire avait laissé sans traitement pendant deux ans une tumeur située sur la peau de l’aine.

Le traitement a commencé le 15 mai 2002.

La tumeur mesurait 3,5 × 4,7 × 3,1 cm, pour un volume indiqué de 26,7.

Une chirurgie d’exérèse a été réalisée et l’examen cytologique par ponction à l’aiguille fine a conduit au diagnostic de mastocytome (stade IV).

Il existait également :

une masse au niveau de la partie proximale de la cuisse gauche, de 5,0 × 6,0 × 3,0 cm, volume 87,1 (Photo 1) ;
une masse située à 3 cm sous la colonne vertébrale dans la région céphalique gauche, mesurant 3,2 × 2,5 × 2,5 cm, volume 10,5.

Sans recourir à une méthode chirurgicale, la préparation C a été injectée localement à raison de 5,0 ml dans la première masse et 3,0 ml dans la seconde, à deux reprises, à 15 jours d’intervalle.

45 jours après le début du traitement, la première tumeur avait diminué jusqu’à environ 1/7 de sa taille initiale, correspondant à une réponse partielle (PR).

La seconde tumeur avait diminué d’environ moitié, également classée comme réponse partielle (PR).

Cependant, le propriétaire a demandé l’arrêt du traitement le 31 juillet.

Lors de l’examen du 21 août, il a été constaté qu’en peu de temps des métastases s’étaient développées dans 10 sites de l’ensemble du corps, notamment au-dessus de l’œil gauche.

Le principal signe clinique était la survenue fréquente de vomissements.

Le chien est mort le 29 août.

Cas 2

Golden Retriever, mâle, 9 ans, 40 kg.

Le traitement a commencé le 11 juin 2001.

Il existait :

sur la face externe de la partie proximale de la cuisse droite, une tumeur de 3,6 × 3,6 × 3,6 cm, volume 24,4 (Photo 2) ;
au sommet du crâne, une tumeur de 2,8 × 2,8 × 2,0 cm, volume 8,2.

Une préparation obtenue en mélangeant à parts égales les préparations A et B a été injectée localement :

2,0 ml dans la tumeur de la cuisse ;
1,0 ml dans la tumeur du sommet du crâne ;

à environ 15 jours d’intervalle, trois fois.

32 jours après le début du traitement, la tumeur de la cuisse avait diminué à 3,0 × 3,0 × 3,0 cm, volume 14,1. Les auteurs l’ont classée SD, c’est-à-dire sans progression / maladie stable.

La tumeur du sommet du crâne a diminué puis a complètement disparu.

La tumeur de la cuisse, après diminution, s’est indurée et l’injection du médicament est devenue difficile. Après 120 jours, sa taille ne changeait plus et elle présentait donc une tendance à la stabilité prolongée.

Elle a finalement été retirée par intervention chirurgicale selon la procédure habituelle.

L’examen histopathologique réalisé ensuite a confirmé un mastocytome (stade IV).

Par la suite, aucune récidive n’a été observée.

Cas 3

Shetland Sheepdog, femelle, 8 ans, 15 kg.

Deux mastocytomes étaient apparus autour de l’articulation du genou gauche du membre postérieur. Ils étaient classés stade IV et avaient été largement réséqués.

Par la suite, les tumeurs ont récidivé :

à environ 1 cm à gauche de la colonne cervicale, une masse de 0,7 × 0,7 × 0,7 cm, volume 0,18 ;
au niveau de l’articulation du genou gauche, une masse de 1,0 × 1,0 × 1,0 cm, volume 1,04.

Le traitement a commencé le 15 mai 2002.

Un mélange à parts égales des préparations A et B a été injecté localement :

0,4 ml dans la première tumeur ;
0,8 ml dans la tumeur du genou ;

à environ un mois d’intervalle, trois fois.

79 jours après le début du traitement, les deux tumeurs avaient diminué puis complètement disparu (Photos 3 et 4).

Dans les trois cas décrits ci-dessus, afin d’éviter les saignements, l’aiguille était introduite dans une zone de peau saine située à 2 cm de la tumeur, puis passée à travers le tissu sous-cutané afin d’être introduite dans le parenchyme tumoral, où le produit était réparti par injection locale.

Effets indésirables

Lors de l’observation des paramètres cliniques généraux pendant le traitement, aucun signe considéré comme un effet indésirable n’a été identifié.

Discussion

Dans cette étude, les auteurs ont préparé eux-mêmes une formulation contenant de l’ivermectine, de la théanine et de la pyridoxine (vitamine B6), cette dernière étant un coenzyme de la synthèse du GABA, et l’ont administrée directement et de manière répétée dans les mastocytomes de chiens présentant des cas cliniques. Ils ont observé une réduction importante des tumeurs ainsi que des réponses partielles.

Le mastocytome est une tumeur extrêmement variable, présentant une forte capacité métastatique, et doit en principe être traité en considérant tous les cas comme malins (réf. 5).

Lors de l’exérèse chirurgicale d’un mastocytome, il est nécessaire de prendre une marge d’au moins 3 cm (réf. 2), mais il existe des situations dans lesquelles une marge aussi large ne peut pas être obtenue.

Les cas traités dans cette étude étaient des mastocytomes considérés comme susceptibles de récidiver ou difficiles à traiter. Les auteurs appliquent ici les effets anticancéreux moléculaires de substances associées à la transmission nerveuse.

Le glutamate est l’un des neurotransmetteurs. Il est converti en GABA par la glutamate décarboxylase (GAD), et la pyridoxine (vitamine B6) agit comme coenzyme dans ce processus.

L’ivermectine, qui est un antiparasitaire majeur utilisé contre les parasites internes, se lie spécifiquement aux canaux ioniques Cl⁻ activés par le glutamate. Elle augmente ainsi la perméabilité de la membrane cellulaire aux ions Cl⁻, provoquant une hyperpolarisation des cellules nerveuses ou musculaires, ce qui entraîne la paralysie puis la mort du parasite (Fig. 1, réf. 6, 7).

Ces dernières années, il a été rapporté que le GABA, le glutamate et la glutamate décarboxylase (GAD) sont présents à forte concentration dans différents tissus tumoraux (réf. 8, 9).

Une explication proposée à la forte présence de glutamate dans les tumeurs est que le GABA produit pourrait inhiber la prolifération tumorale (réf. 10).

Le GABA posséderait également un effet inhibiteur sur les métastases des cellules tumorales, une diminution de la concentration intracellulaire d’AMP cyclique (cAMP) via le récepteur du GABA constituant l’un des mécanismes envisagés (réf. 11).

Il aurait en outre été démontré qu’un analogue du récepteur du GABA inhibe la synthèse d’ADN de facteurs de croissance associés à la prolifération des cellules cancéreuses (réf. 12).

Suite de la discussion

Si les cellules tumorales possèdent des récepteurs au glutamate, l’ivermectine pourrait empêcher la liaison au glutamate, provoquer une hyperpolarisation des cellules tumorales et éventuellement entraîner leur mort. Toutefois, l’existence de tels récepteurs n’a pas été démontrée chez les mammifères.

Néanmoins, il a été rapporté que l’ivermectine possède un effet inhibiteur sélectif sur la prolifération des cellules tumorales (réf. 3), de sorte qu’un mécanisme d’action directe de cette nature pourrait expliquer les résultats observés ici.

Il a également été rapporté que l’ivermectine se lie, quoique faiblement, aux canaux ioniques Cl⁻ du GABA. Dans le cas d’une administration locale telle que celle utilisée dans cette étude, il resterait donc possible qu’il s’agisse d’un mécanisme d’action efficace.

Sur le plan de la structure moléculaire, l’ivermectine est un composé comportant un grand cycle lactone. Les auteurs estiment que sa transformation impliquant la γ-lactone et l’acide γ-hydroxycarboxylique, dans des processus de déshydratation et d’hydrolyse, présente une relation de similarité structurelle qui permettrait de la considérer comme pouvant devenir un constituant du GABA.

Le glutamate, neurotransmetteur excitateur, voit sa nature changer pour devenir celle du GABA, neurotransmetteur inhibiteur, sous l’action de la pyridoxine (vitamine B6) et de la glutamate décarboxylase (GAD).

Selon les auteurs, si une grande quantité de GABA ainsi synthétisé était présente dans l’organisme, le glutamate libéré dans les synapses nerveuses resterait lui aussi en grande quantité et pendant longtemps dans l’espace intercellulaire, ce qui provoquerait, comme on le sait, un effet neurotoxique et pourrait entraîner la mort des cellules nerveuses par apoptose (réf. 13).

La théanine, substance responsable de la saveur umami et abondante dans le thé vert, est un dérivé du glutamate. Elle inhibe le transporteur du glutamate et réduit ainsi la recapture du glutamate.

À partir du glutamate sont synthétisées des substances de conjugaison de certains médicaments ; la diminution du glutamate aurait pour conséquence de faire séjourner plus longtemps les agents anticancéreux dans les cellules tumorales, renforçant ainsi leur action (réf. 4).

D’un autre côté, la théanine est transformée en glutamate dans les cellules ; elle pourrait donc également provoquer un état d’excès de glutamate intracellulaire.

Comme aucun agent anticancéreux n’a été utilisé dans la présente étude, les auteurs pensent que ce dernier mécanisme pourrait avoir augmenté l’apport de glutamate dans les tissus tumoraux et ainsi fourni davantage de substrat à la production de GABA.

De plus, le chlorhydrate de pyridoxine, en tant que vitamine B6, agit comme coenzyme de la glutamate décarboxylase et favorise la conversion du glutamate en GABA. Les auteurs estiment donc qu’il pourrait produire un effet additif ou synergique avec la théanine.

Ainsi, les auteurs ont discuté de la possibilité que la réduction et la disparition des tumeurs observées puissent être liées à une thérapie moléculaire locale ciblant la voie métabolique du système de signalisation du glutamate conduisant au GABA, voie dans laquelle interviennent le glutamate, la GAD et son coenzyme, la pyridoxine (vitamine B6) (Fig. 2).

Autres considérations mécanistiques

Plus récemment, des traitements moléculaires anticancéreux visant à inhiber les tyrosine kinases EGFR au cours du processus de biosynthèse du neurotransmetteur dopamine à partir de la tyrosine ont déjà commencé à être utilisés chez l’être humain (réf. 14, 15).

Il existe l’EGFR (récepteur du facteur de croissance épidermique), un récepteur membranaire à activité tyrosine kinase, dans lequel l’ATP intervient pour générer des signaux de prolifération (Fig. 3).

Le facteur de croissance cellulaire situé à l’extérieur, Gas6, contient un domaine de γ-carboxyglutamate (Gla) ; les auteurs supposent donc qu’il doit naturellement pouvoir être un substrat de la glutamate décarboxylase (GAD) mentionnée précédemment et que la décarboxylation à ce niveau conduirait à l’inactivation de l’activité de prolifération cellulaire (Fig. 4, réf. 16).

Par ailleurs, des recherches récentes sur la neurotransmission cérébrale ont conduit à considérer que les neurotransmetteurs du système L-DOPA/dopamine ne joueraient qu’un rôle de modulation des autres systèmes et que le principal système de signalisation serait constitué par les récepteurs du glutamate, notamment NMDA (réf. 17).

Enfin, les auteurs indiquent qu’après avoir appliqué des préparations qu’ils avaient eux-mêmes élaborées, notamment contenant de l’ivermectine, aux mastocytomes canins, ils avaient également observé des guérisons complètes ou des rémissions complètes dans des cas de tumeurs mammaires et d’adénomes des glandes périanales chez le chien.

Ils concluent qu’ils souhaitent à l’avenir accumuler davantage de cas et étudier l’effet antitumoral de ces préparations sur différents types de tumeurs des petits animaux.

Planches photographiques

Photo 1 – Tumeur A
Photographies de la tumeur chez le cas 1.
L’image histologique est indiquée TB ×150.

Photo 2 – Tumeur C
Photographies de la tumeur chez le cas 2.
L’image histologique est indiquée HE ×300.

Photo 3 – Tumeur E
Photographie de la tumeur chez le cas 3.

Photo 4 – Tumeur F
Photographies de la tumeur chez le cas 3, avec mesure de la lésion.

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Cannabis : Big Cancer n’en veut pas

Elle m’appelle par mon nom
Quand soudain je perds la raison
Est-ce un maléfice
Ou l’effet subtil du cannabis ?
Serge Gainbourg, 1970.

Pourquoi parler aujourd’hui du cannabis par rapport au cancer ?

L’occasion fait le larron. 😉

Une équipe sud-coréenne vient en effet de publier (une énième) étude à ce sujet.

Titre : Le cannabidiol induit l’apoptose et l’autophagie via l’inhibition de STAT3 et de NF-κB et potentialise l’efficacité du paclitaxel dans le cancer du poumon non à petites cellules.

Lien : https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S094471132600721X

Nous sommes d’accord, c’est pointu. Mais ici, le mot-clé important est « énième« .

Posons le décor.

Fin août 2026, une recherche PubMeb sur le titre (uniquement) avec les mots « cannabis » et « cancer » renvoie 402 résultats.

« cannabinoid » et « cancer » : 158

« cannabidiol » et « cancer » : 159

Ces recherches s’étalent sur des décennies. Ces centaines d’études publiées (et même des tests cliniques) représentent des milliers de chercheurs dans le monde.

Si le cannabis ne se résume qu’à des volutes éphémères qui font rire, pourquoi un tel travail de fond ?

La clé : l’influence de cette plante sur nos cellules. Chez l’humain on va même jusqu’à parler de « système endocannabinoïde« .

Ce système repose sur 2 récepteurs CB1 et CB2 que l’on trouve principalement dans le cerveau et le système immunitaire.

Mais ce n’est pas tout. Le cannabidiol (CBD, autre composé de la plante) interagit avec de nombreuses autres protéines (activation, modulation, inhibition).

Les liens avec le cancer sont donc mécaniquement multiples (cela ne signifie pas qu’ils soient tous identifiés).

Nous sommes loin des images aussi vaseuses que caricaturales des fumeurs de joints et autres chamanes baba-cool (qui en plus encrassent leurs poumons).

Il s’agit de biochimie, les 2 pieds fermement ancrés dans le terreau de la science.

La plante Cannabis sativa contient 600 composés chimiques identifiés (dont plus de 150 cannabinoïdes) !

Quand on parle d’effets anticancéreux, il faut voir au-delà de la « cytotoxicité » (le produit tue la cellule). On distingue 4 grands axes : apoptose, anti prolifération, anti-angiogenèse, anti-métastases.

Au passage, c’est quasiment une constante, le cannabidiol (qui n’est pas psychotrope contrairement au THC) bénéficie aussi de propriétés antifongiques et antibactériennes (documentées). C’est le fameux « Janus biologique » dont je parle dans le chapitre 14 de mon livre.

Rappelons d’autres évidences : le cannabis agit aussi comme un analgésique et stimule férocement l’appétit, sans parler des effets relaxants.

Autre propriété importante : antiémétique. Les premières expériences avec du THC comme antivomitif (pour des cancéreux subissant des chimiothérapies) remontent aux années 70.

Exemples : 1975. https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJM197510162931603

1979 : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/517882/

En 2001, le BMJ publie une méta étude (compilant 30 essais cliniques).

Bref, l’utilisation du cannabis dans le cadre du cancer est pertinente, validée scientifiquement et n’a certainement pas encore révélé tout son potentiel.

On ne peut donc que regretter la confusion entretenue avec le monde des drogues récréatives… Il s’agit d’un paravent aussi légal que fumeux pour mettre sous le boisseau les vertus médicinales de la plante.

Le cannabis nous offre un véritable trésor chimique. Big Cancer traîne des pieds.

Comme d’habitude.

cdubuit@onconautes.com


ADDENDUM

Si vous souhaitez aller plus loin, je signale une méta-étude publiée en avril 2025. Sujet ? Les liens entre le cannabis médical et le cancer.
https://doi.org/10.3389/fonc.2025.1490621

Avantage : elle analyse/compile 10 600 articles et études publiés, couvrant près de 40 000 données.

Plusieurs sujets (ou mot-clés) couvrant 3 domaines : indicateurs de santé (anti inflammation par exemple), traitements (nausée, appétit, douleur etc.). Et « dynamiques cancer » (anticancérigène, croissance tumorale, taille tumeurs, rémission etc.).

Les auteurs moulinent ensuite cette masse et notent les corrélations trouvées : opinion favorable, défavorable ou ambiguë.

En clair : cela permet de définir (statistiquement) le « regard » que porte la communauté scientifique (en tout cas celle qui publie) sur le cannabis par rapport au cancer.

Résultat ?

La méta-analyse révèle un consensus significatif en faveur de l’utilisation du cannabis médical dans les domaines de la santé, des traitements et de l’évolution du cancer. La corrélation globale du cannabis sur l’ensemble des sujets liés au cancer indique que le soutien à son utilisation est 31,38 fois supérieur à son opposition. L’analyse met en lumière le potentiel anti-inflammatoire du cannabis, son utilité dans la gestion des symptômes liés au cancer tels que la douleur, les nausées et la perte d’appétit, et explore le consensus concernant son utilisation comme agent anticancéreux.

Conclusion ? Toujours identique, tel un mantra permettant de donner des gages à Big Cancer.

Ces résultats suggèrent la nécessité de poursuivre les recherches afin d’explorer pleinement le potentiel thérapeutique du cannabis et de combler les lacunes dans les connaissances.

Traduction : c’est prometteur mais… il faut continuer à bosser. 😉

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Farce et attrape

Quand la chirurgie provoque une guérison spontanée

Un fermier australien âgé d’une soixantaine d’années développe un mélanome sur la poitrine. Opération chirurgicale (résection).

Huit mois plus tard, il souffre d’une sténose aortique (rétrécissement de la valve aortique du coeur). Imagerie. On découvre que le mélanome est revenu, a métastasé sur plusieurs ganglions lymphatiques, le foie et le fémur gauche.

Mauvais pronostic…

Deux thérapies ciblées (inhibition BRAF/MEK). Arrêt au bout de quelques semaines (effets secondaires trop sévères). Et de toutes les façons, les tumeurs ne répondaient pas aux traitements.

Au même moment, la sténose aortique s’aggrave. Le patient subit alors un « remplacement chirurgical de la valve aortique avec pontage aorto-coronarien« . Une opération lourde. Malchance : une infection bactérienne se déclare.

Deux mois plus tard, nouveau scanner pour suivre l’évolution du cancer. Choc. Les tumeurs ont complètement disparu !

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Deux ans après sa « guérison spontanée », l’homme fait une réaction allergique après une piqûre d’abeille alors qu’avant ses problèmes de santé, il avait été piqué plusieurs fois sans réaction.

L’évidence s’impose : le système immunitaire constitue la clé.

Alors que les cellules cancéreuses déploient des trésors d’ingéniosité pour se camoufler et tromper le système immunitaire (voire le manipuler), dans ce cas précis, les défenses naturelles semblent avoir été littéralement secouées, stimulées pour finir par détruire le cancer. Au point de finir par tourner en « surrégime » (allergie).

Le magazine New Scientist qui relate l’affaire précise : « Plus de 70 études de cas ont déjà établi un lien entre la chirurgie et la régression du mélanome. »

Lien vers l’étude de cas : https://doi.org/10.1136/bcr-2026-272670

Début 2026 , un autre cas -rare- de rémission spontanée après une simple biopsie (!) était décrit.

Ce qui est fascinant est que les chirurgies lourdes entraînent souvent l’affaiblissement ou un déséquilibre des défenses immunitaires (réponse anti-inflammatoire qui peut devenir temporairement immunosuppressive, sans parler des facteurs de croissance).

En plus du traumatisme, les facteurs périopératoires peuvent renforcer l’immunosuppression : stress, douleur, anesthésie, transfusion.

Bref, la guérison se constate mais ne s’explique pas.

On peut toutefois évoquer deux autres pistes :

-l’effet abscopal (lire ici). L’opération a peut-être « percé » des tumeurs… redonnant ainsi au système immunitaire ses capacités de détection et donc de destruction.

-n’oublions pas l’infection bactérienne qui aurait pu agir comme une sorte de détonateur (renforçant le système immunitaire et/ou attaquant directement les cellules cancéreuses). Chacun reconnaîtra ici l’angle -fascinant- des Toxines de Coley.

Tout ceci démontre que le corps humain possède des outils ad hoc pour supprimer les cellules cancéreuses. Mais chez les malades, leur fonctionnement se trouve bridé voire neutralisé.

Souvenons-nous de la formule du biologiste français Frédéric Thomas (CNRS) : « Nous sommes tous au minimum des cancéreux asymptomatiques« .

Les malades souffrant du cancer seraient ainsi des exceptions malheureuses dans le cadre d’un processus immunitaire en réalité assez banal et permanent (mais s’affaiblissant malgré tout avec l’âge).

Comme le verre à moitié plein ou à moitié vide, notre perception du cancer serait mauvaise.

Il ne s’agirait pas de quelque chose « en plus »… mais plutôt de quelque chose « en moins » (nos défenses naturelles, à un moment donné, cessant de faire le ménage et laissant la voie libre à la multiplication des cellules malades).

Voilà les mécanismes que nous devrions élucider au lieu de nous obstiner à affaiblir voire détruire le système immunitaire à grandes lampées de poisons et de radiations délétères.

cdubuit@onconautes.com

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Molécules repositionnées Portraits et entretiens

Simon Yu, le médecin-soldat

Homme, 58 ans. Diagnostiqué en août : tumeur osseuse au fémur gauche. Cancer primitif inconnu. Pronostic très défavorable. Après chimiothérapie, ulcération sur la jambe. Arrêt du traitement, renvoyé à son domicile en soins palliatifs.

Fin novembre, démarrage 12 mg ivermectine 4 fois par jour et levamisole [autre médicament vermifuge] 50 mg 4 fois par jour. Début janvier : amélioration de l’état général, gonflement à la jambe résorbé. 12 mai, examen radiologique : la tumeur a disparu.

Vous pensez sans doute : « nous avons affaire ici à un médecin à la pointe du repositionnement des médicaments en 2026.« 

Vous avez raison mais vous vous trompez lourdement d’année.

Ce cas date en effet de… 2009 !

Le docteur américain Simon Yu présente ce cas clinique lors d’une conférence de l’IAOMT (International Academy of Oral Medicine and Toxicology) en 2011.

Inutile de rappeler que l’ivermectine est alors inconnue du grand public et même des professionnels. Il faudra attendre l’hystérie du Covid avec la campagne infâmante de la FDA en août 2021 (« vous n’êtes pas un cheval, vous n’êtes pas une vache« ) pour voir ce produit débouler avec fracas dans le débat public.

A cette époque l’utilisation de médicaments anthelminthiques et antifongiques contre le cancer était réservée à quelques vétérinaires inventifs, à des dépôts de brevets (voir mon dossier) et cantonnée dans des études sans lecteurs.

Joe Tippens, luttant contre un cancer des poumons, commencera à populariser, si l’on peut dire, le fenbendazole à partir de 2016, et l’ivermectine contre le cancer prendra son envol après 2021 avec les bithérapies préconisées par Paul E. Marik ou encore William Makis.

Quelle mouche a donc piqué Simon Yu il y a 17 ans ?

L’armée et puis sans doute ses racines asiatiques. Une forme d’alchimie : mission, culture du résultat et pragmatisme.

Humilité aussi ?

Né en 1954 à Séoul en Corée du sud, Simon Yu rejoint les Etats-Unis à l’âge de 15 ans pour mener ses études, d’abord à New York. Il est diplômé de l’école médicale de l’université du Missouri. Il s’installe à Saint-Louis où il pratique la médecine intégrative. Il sert également pendant 25 ans en tant qu’officier médecin de réserve au sein de l’US Army et termine avec le grade de colonel.

Quand on lui demande pourquoi l’armée ? Il répond sans hésitation : « par patriotisme« . Autre facteur on imagine : son épouse travaillait comme officier de renseignement militaire.

Il ne craint pas lui-même de filer la métaphore militaire :

J’élabore toujours un plan de bataille, un plan de guerre. Face à un cancer, il faut un plan. Et on ne peut pas se contenter de cibler la tumeur. Il faut considérer l’ensemble du terrain. Ainsi que l’environnement et cela peut être un membre de la famille. Certains s’opposent à la médecine alternative. D’autres y sont favorables… Au moins, j’ai une formation militaire en matière de planification de bataille.

En avril 2001, il participe à une mission humanitaire en Bolivie, à Oruro (ville minière à 200 km de la capitale, La Paz). Dix mille habitants sont vermifugés avec du mébendazole et du pyrantel pamoate. C’est une première pour Simon Yu. « Je n’avais reçu aucune formation en parasitologie« , dit-il.

De retour aux Etats-Unis, il traite des personnes souffrant du syndrome de l’intestin irritable avec des antiparasitaires (d’abord naturels puis synthétiques). Certains patients commencent à lui dire : « tiens mon asthme a disparu » ou encore « ma fatigue chronique s’est améliorée« , « ma douleur au genou, au dos a disparu« , etc. Et parfois même, des tumeurs.

C’est de là -pour partie- que vient l’expression « accidental cure » (guérison inattendue) qu’il utilisera comme titre pour ses trois livres.

Ensuite, Simon Yu reçoit une formation en acupuncture (à la Stanford Medical School de Palo Alto).

Il intègre cette technique dans sa version électrodermographique dite aussi électro-acupuncture (promue par le docteur Reinhold Voll en Allemagne) comme outil de diagnostic, une méthode qu’il rebaptise « Acupuncture Meridian Assessment« .

Le principe ? On mesure le potentiel électrique des méridiens (en médecine traditionnelle chinoise, ce sont des lignes qui relient les différentes parties du corps, établissant des connexions entre les organes internes et les points d’acupuncture à la surface de la peau). La mesure peut être équilibrée (50 sur une échelle de 100). Une mesure inférieure ou supérieure indique au médecin une inflammation, une infection, un organe dysfonctionnel.

Oui, c’est vrai, la médecine conventionnelle ne valide pas cette technique. Mais Simon Yu aime à plaisanter : « l’acupuncture est une nouvelle technologie disruptive vieille de 5 000 ans« .

Par ailleurs, Reinhold Voll utilisait son système en association avec de l’homéopathie. Simon Yu -lui- revendique en tant que clinicien l’utilisation de médicaments sur ordonnance.

En plus des infections parasitaires et fongiques (hélas trop souvent ignorées en Occident), il a une autre préoccupation : la santé dentaire.

Il en a fait d’ailleurs un jeu de mots en publiant son premier livre en 2010, intitulé « Accidental cure« . Double clin d’oeil : guérison inattendue et les dents bien sûr. Deux autres ouvrages suivront : Accidental Blow Up in medicines en 2019 et Accidental Cure 3 en 2025.

Son motto ? « Quand les derniers traitements ont échoué, pensez parasites et problèmes dentaires« .

Amalgames avec des métaux lourds, dévitalisation, infections chroniques, ostéonécrose de la mâchoire (ou cavitation), il s’en passe des choses dans notre bouche avec des effets bien au-delà ! On commence même à entrevoir des liens entre des bactéries buccales (comme Porphyromonas gingivalis) et la maladie d’Alzheimer (lire ici). Les observations du docteur Simon Yu se révèlent donc valides.

Dans ce cadre, il envoie de nombreux patients d’abord chez le dentiste… Il remarque que l’extraction des dents (malades ou pas) était courante il y a un siècle.

Avec l’élévation du niveau de vie, on fait de plus en plus d’implants, de prothèses, de dévitalisation pour des raisons esthétiques. Ce problème est très saillant chez les populations d’origine européennes. Ils sont plus sujets aux problèmes dentaires. Le régime alimentaire sucré y contribue peut-être.

Grâce à sa pratique (au sein de sa clinique intégrative à Saint-Louis), il publie des articles présentant des cas de cancer, co-écrits avec le docteur Frederick Tim Guilford.

D’abord en 2019 :

–Antiparasitic and Antifungal Medications for Targeting Cancer Cells Literature Review and Case Studies (lien)

Puis en juin 2026, avec une série de six cas :

–Cancer Therapy Using Antiparasitic Medications Guided by Acupuncture Meridian Assessment: A Case Series of Six Patients (lien)

Simon Yu détonne dans le paysage -engoncé, pétrifié- de la médecine. Quelqu’un qui ose en public filer la métaphore militaire, citer Donald Rumsfeld (ancien secrétaire à la Défense) avec ses fameux « inconnus inconnus » ou encore parler de « menaces asymétriques » au sujet des parasites ne peut pas être foncièrement mauvais. 😉

Durant sa carrière, il a bien sûr rencontré des résistances institutionnelles.

Je dois faire très attention à ne pas revendiquer, attribuer des propriétés (par exemple l’utilisation de ces médicaments car il n’y a pas toujours de preuve de la présence de parasites). Voilà pourquoi j’ai parlé d' »accidental cure ». J’ai dû m’expliquer devant le Conseil de l’ordre [medical board]. Grâce à mon expérience militaire avec les médicaments antiparasitaires, en gros, on m’a laissé tranquille.

Il insiste, pince-sans-rire :

C’est probablement l’armée qui a sauvé ma carrière médicale car mon expérience avec les antiparasitaires s’est faite dans un contexte militaire.

Il se souvient :

Un agent de la FDA était venu à l’une de mes conférences et voulait me rappeler que l’utilisation du levamisol [médicament vermifuge et immunomodulateur] était illégale. C’était faux. Le levamisol a été utilisé en association avec la chimiothérapie pour le cancer colorectal. Mais je n’étais pas la cible directe, ils ont plutôt fait pression sur les pharmaciens aux alentours (pour cesser de vendre cette molécule). Mais après je suis passé au niclosamide.

Et quid de la vaste question des posologies, des protocoles ?

Chaque patient est différent. Généralement, je travaille sur une base de 3 prises par jour pour minimiser le risque d’effets secondaires. Mais ça peut varier, y compris en fonction de la masse corporelle [sur les cas présentés en 2011, la posologie était de 4 prises quotidiennes]. Idem pour les cycles (3 semaines de traitement + 1 semaine de pause). Mais parfois cela peut être 2 semaines avec 1 semaine de repos, voire 30 jours d’affilée. Cela dépend

Il est important de rappeler que Simon Yu utilise plusieurs produits en même temps (3 ou parfois même 4 antiparasitaires ou plusieurs antifongiques). « Cela m’a pris 10 ans pour établir des combinaisons avec le moins de risques d’effets secondaires possible« , explique-t-il.

Il commence à se servir de l’ivermectine dès 2001 (au retour de Bolivie) mais toujours en association (par exemple levamisol à l’époque, mébendazole, praziquantel, pyrantel pamoate, etc.).

« Les gens supportent très bien l’ivermectine« , note-t-il.

Et on peut lui faire confiance car dès janvier 2013 il publie un article (« Searching For an Old New Cure« ) pour défendre le repositionnement de ce médicament, en détaillant certaines de ses propriétés antitumorales. Au passage, il égratignait de manière ironique les réticences de certains.

Extrait : « Je me demande si, une fois que cette information parviendra à la médecine conventionnelle, on inventera un syndrome de carence en ivermectine. Un déparasitage mensuel – pour les patients atteints de cancer ou présentant des symptômes inexpliqués sur le plan médical – pourrait s’avérer une meilleure solution que de chercher à identifier ce mystérieux syndrome de carence en ivermectine« .

Il confirme les témoignages qu’on lit parfois sur les réseaux sociaux : oui la prise d’ivermectine peut entraîner chez certaines personnes des troubles -temporaires- de la vision.

« C’est courant. Je considère cela comme un bon signe !« 

Mais je n’utilise jamais l’ivermectine seule. C’est une erreur. J’utilise des combinaisons, surtout chez les patients atteints de cancer. Trois à 4 associations différentes. Cela offre la meilleure réponse et la moindre résistance.

Quid des rumeurs sur la perte de cheveux avec des benzimidazoles carbamates ?

J’ai vu quelques cas mais avec de l’albendazole. J’utilise plutôt le mébendazole. Mais quand je réévalue ces cas, je ne suis pas certain que le médicament était la cause ou s’ils avaient été exposés à des toxines environmentales.

Et leur hépatotoxicité ?

Non pas vraiment. Les médecins font peur en disant que les patients vont subir une insuffisance hépatique. Mais très souvent, les enzymes s’améliorent. On peut constater une hausse temporaire (le corps évacue les déchets de la tumeur). Cela revient à la normale après.

Simon Yu partage mon opinion quant au manque de passerelles, malgré l’Internet, entre les médecines humaine et vétérinaire. Les animaux développent aussi des cancers et on peut sans doute apprendre de l’expérience des vétos.

Une fois, un vétérinaire sud-africain est venu me voir à Mexico (lors d’une conférence). Il m’a dit que les fermiers quand ils voyaient des tumeurs donnaient des injections d’ivermectine à leur bétail. Ils savent comment utiliser les antiparasitaires.

Après des années de pratique médicale, sur le terrain, que pense-t-il désormais de l’étiologie du cancer et des différentes théories en lice ?

Le problème sous-jacent est l’inflammation qui créée un perturbation métabolique au niveau des mitochondries. Et qu’est-ce qui provoque l’inflammation ? A mon avis, les infections. Plus les toxines environmentales. Sans oublier les dents qui peuvent favoriser ces perturbations. Un autre facteur est la voie de signalisation Wnt/β-caténine qui fait partie de la cascade métabolique (elle influence la prolifération, la différenciation des cellules).

Il remarque :

Si on peut contrôler Wnt, alors on contrôle les maladies chroniques et même le vieillissement. Et si vous analysez la littérature scientifiques que constatez-vous ? Les médicaments antiparasitaires modulent Wnt !

[note : concernant le vieillissement, cela semble étonnant et pourtant on trouve même un brevet déposé en 2023 à ce sujet : « Un composé benzimidazole à activité anthelminthique utilisé pour inverser, stopper ou ralentir le vieillissement cellulaire chez un sujet vertébré. »]

Avec tout le respect que l’on doit au professeur Thomas N. Seyfried [le promoteur de la théorie métabolique du cancer] et à Otto Warburg [prix Nobel, travaux sur le métabolisme des cellules cancéreuses] nous devons aller un cran plus loin : le cran infectieux.

Les infections doivent être sous contrôle, le régime alimentaire ne suffit pas. Mais je reconnais qu’il y a toujours un débat.

Quand une tumeur disparaît rapidement, est-ce réellement et seulement métabolique ou bien alors est-ce une infection qui commande la perturbation métabolique ? Je ne veux pas trop affirmer les choses, je m’en tiens à mes observations cliniques.

Comme une provocation, je dis souvent que le cancer n’est plus seulement un problème scientifique mais aussi un problème de communication.

Le docteur Yu incarne à son corps défendant cette idée. Ainsi, suite à la publication en juin de son article (co-écrit avec le docteur Guilford, « Traitement du cancer par médicaments antiparasitaires guidé par l’évaluation des méridiens d’acupuncture : une série de cas de six patients« )… le 31 juillet, personne ne l’avait encore contacté. Ni journalistes, ni confrères, à part votre serviteur.

On peut bien sûr critiquer les idées de Simon Yu mais un article (revu par les pairs) qui présente des cas cliniques est toujours intéressant. De telles études de cas, ou études dites « observationnelles » doivent toujours exciter notre curiosité car elles dévoilent une part du Réel. C’est leur mérite.

Big Pharma et les grands médias ont beau jeu de le nier. La BBC -pour ne prendre que l’exemple le plus récent, le 5 août 2026- préfère ainsi publier des articles à charge, aussi grotesques sur le fond que sur la forme, pour effrayer les lecteurs.

Ici on présente l’ivermectine et le fenbendazole comme des drogues dangereuses, quasi illégales et vendues sous le manteau, pour mieux les dénigrer, les diaboliser.

Finalement, qui croire ?

Des journalistes d' »investigation » affichant crânement leur ignorance ?

Ou des médecins, comme Simon Yu, qui utilisent concrètement ces médicaments depuis… un quart de siècle ?

cdubuit@onconautes.com

NOTE : pour être complet, je signale que Simon Yu a publié le 26 juillet 2026 un article dans lequel il explique qu’il n’y a pas de protocole fixes et miraculeux contre le cancer (et autres pathologies chroniques), que chaque individu est différent (métabolisme mais également environnement, histoire, régime alimentaire, exposition à diverses toxines, etc.) et que l’utilisation inconsidérée des médicaments antiparasitaires peut être dangereuse.

Titre : Confession and Warning: Parasite Medications for Cancer Guided by AMA

Lien : https://preventionandhealing.com/blog/confession-and-warning-parasite-medications-for-cancer-guided-by-ama/