
L’American Society of Clinical Oncology (Asco) règne sur l’oncologie. Créée en 1964, elle compte aujourd’hui 50 000 membres dans le monde).
Chaque année, elle organise un congrès. L’occasion de présenter de nouvelles études aux participants.
L’un de ces travaux illustre bien -avec un humour involontaire- le gouffre existant entre les gardiens du temple et les malades qui explorent et utilisent des thérapies alternatives.
Une équipe s’est penchée sur cette problématique afin de déterminer si les grands centre anticancer aux Etats-Unis assuraient la promotion de ces fameuses thérapies.
Tout le monde connaît la réponse, évidemment, mais aujourd’hui on peut affirmer qu’elle est scientifiquement démontrée…
Un progrès incontestable.
Titre : « Framing and availability of information regarding alternative cancer therapies by top U.S. cancer centers. »
Lien : https://ascopubs.org/doi/pdf/10.1200/JCO.2026.44.16_suppl.e13713
Méthodologie : analyse des sites web des 20 centres anticancer les plus prestigieux outre-Atlantique (vous en connaissez certains, Mayo Clinic, Sloan Kettering, Johns Hopkins, MD Anderson, etc.), en association avec les mots-clés « ivermectine », « fenbendazole », « bleu de méthylène », « thérapie anticancéreuse alternative », « médecine intégrative », « thérapie complémentaire ».
Vous êtes prêt(e)s pour les résultats ?
AUCUNE de ces 20 institutions ne publie des informations relatives à l’ivermectine, le fenbendazole, le bleu de méthylène.
Et attention, on parle ici de statistiques « descriptives » utilisant des « proportions binomiales » (en clair : oui / non) et avec un intervalle de confiance de 95 % (95 % CI).
C’est du lourd !
Et cela sonne mieux que « tiens, c’est bizarre on n’a rien trouvé ». 😉
Neuf sur 20 proposent aux patients du contenu lié aux « thérapies alternatives » (sans les détailler, bien entendu).
Et sur ces 9, 5 les présentent de manière négative. Et 4 de manière neutre.
Conclusion de nos Forrest Gump de l’oncologie ?
« Ces résultats mettent en évidence un déséquilibre entre la
prévalence des allégations relatives aux thérapies alternatives rencontrées en ligne par les patients et les messages institutionnels des principaux centres d’oncologie, ce qui peut avoir un impact sur les décisions de traitement des patients. »
Et dire que ces gens sont payés…
L’ironie dans l’ironie si j’ose dire est que Johns Hopkins (célèbre université et centre anticancer donc) a publié 2 brevets consacrés aux propriétés anticancéreuses du mébendazole (l’équivalent du fenbendazole mais autorisé chez l’homme) (lire mon dossier à ce sujet).
Pire encore : 140 articles scientifiques traitant des propriétés antitumorales des benzimidazoles carbamates ont été publiés dans le monde depuis 2021 (liste ici).
Mais chacun prend bien soin de rester dans son coin (« effet silo »).
Dit autrement : la main droite ne veut surtout pas savoir ce que fait la main gauche.
Et inversement.