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Farce et attrape

Quand la chirurgie provoque une guérison spontanée

Un fermier australien âgé d’une soixantaine d’années développe un mélanome sur la poitrine. Opération chirurgicale (résection).

Huit mois plus tard, il souffre d’une sténose aortique (rétrécissement de la valve aortique du coeur). Imagerie. On découvre que le mélanome est revenu, a métastasé sur plusieurs ganglions lymphatiques, le foie et le fémur gauche.

Mauvais pronostic…

Deux thérapies ciblées (inhibition BRAF/MEK). Arrêt au bout de quelques semaines (effets secondaires trop sévères). Et de toutes les façons, les tumeurs ne répondaient pas aux traitements.

Au même moment, la sténose aortique s’aggrave. Le patient subit alors un « remplacement chirurgical de la valve aortique avec pontage aorto-coronarien« . Une opération lourde. Malchance : une infection bactérienne se déclare.

Deux mois plus tard, nouveau scanner pour suivre l’évolution du cancer. Choc. Les tumeurs ont complètement disparu !

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Deux ans après sa « guérison spontanée », l’homme fait une réaction allergique après une piqûre d’abeille alors qu’avant ses problèmes de santé, il avait été piqué plusieurs fois sans réaction.

L’évidence s’impose : le système immunitaire constitue la clé.

Alors que les cellules cancéreuses déploient des trésors d’ingéniosité pour se camoufler et tromper le système immunitaire (voire le manipuler), dans ce cas précis, les défenses naturelles semblent avoir été littéralement secouées, stimulées pour finir par détruire le cancer. Au point de finir par tourner en « surrégime » (allergie).

Le magazine New Scientist qui relate l’affaire précise : « Plus de 70 études de cas ont déjà établi un lien entre la chirurgie et la régression du mélanome. »

Lien vers l’étude de cas : https://doi.org/10.1136/bcr-2026-272670

Début 2026 , un autre cas -rare- de rémission spontanée après une simple biopsie (!) était décrit.

Ce qui est fascinant est que les chirurgies lourdes entraînent souvent l’affaiblissement ou un déséquilibre des défenses immunitaires (réponse anti-inflammatoire qui peut devenir temporairement immunosuppressive, sans parler des facteurs de croissance).

En plus du traumatisme, les facteurs périopératoires peuvent renforcer l’immunosuppression : stress, douleur, anesthésie, transfusion.

Bref, la guérison se constate mais ne s’explique pas.

On peut toutefois évoquer deux autres pistes :

-l’effet abscopal (lire ici). L’opération a peut-être « percé » des tumeurs… redonnant ainsi au système immunitaire ses capacités de détection et donc de destruction.

-n’oublions pas l’infection bactérienne qui aurait pu agir comme une sorte de détonateur (renforçant le système immunitaire et/ou attaquant directement les cellules cancéreuses). Chacun reconnaîtra ici l’angle -fascinant- des Toxines de Coley.

Tout ceci démontre que le corps humain possède des outils ad hoc pour supprimer les cellules cancéreuses. Mais chez les malades, leur fonctionnement se trouve bridé voire neutralisé.

Souvenons-nous de la formule du biologiste français Frédéric Thomas (CNRS) : « Nous sommes tous au minimum des cancéreux asymptomatiques« .

Les malades souffrant du cancer seraient ainsi des exceptions malheureuses dans le cadre d’un processus immunitaire en réalité assez banal et permanent (mais s’affaiblissant malgré tout avec l’âge).

Comme le verre à moitié plein ou à moitié vide, notre perception du cancer serait mauvaise.

Il ne s’agirait pas de quelque chose « en plus »… mais plutôt de quelque chose « en moins » (nos défenses naturelles, à un moment donné, cessant de faire le ménage et laissant la voie libre à la multiplication des cellules malades).

Voilà les mécanismes que nous devrions élucider au lieu de nous obstiner à affaiblir voire détruire le système immunitaire à grandes lampées de poisons et de radiations délétères.

cdubuit@onconautes.com

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Molécules repositionnées Portraits et entretiens

Simon Yu, le médecin-soldat

Homme, 58 ans. Diagnostiqué en août : tumeur osseuse au fémur gauche. Cancer primitif inconnu. Pronostic très défavorable. Après chimiothérapie, ulcération sur la jambe. Arrêt du traitement, renvoyé à son domicile en soins palliatifs.

Fin novembre, démarrage 12 mg ivermectine 4 fois par jour et levamisole [autre médicament vermifuge] 50 mg 4 fois par jour. Début janvier : amélioration de l’état général, gonflement à la jambe résorbé. 12 mai, examen radiologique : la tumeur a disparu.

Vous pensez sans doute : « nous avons affaire ici à un médecin à la pointe du repositionnement des médicaments en 2026.« 

Vous avez raison mais vous vous trompez lourdement d’année.

Ce cas date en effet de… 2009 !

Le docteur américain Simon Yu présente ce cas clinique lors d’une conférence de l’IAOMT (International Academy of Oral Medicine and Toxicology) en 2011.

Inutile de rappeler que l’ivermectine est alors inconnue du grand public et même des professionnels. Il faudra attendre l’hystérie du Covid avec la campagne infâmante de la FDA en août 2021 (« vous n’êtes pas un cheval, vous n’êtes pas une vache« ) pour voir ce produit débouler avec fracas dans le débat public.

A cette époque l’utilisation de médicaments anthelminthiques et antifongiques contre le cancer était réservée à quelques vétérinaires inventifs, à des dépôts de brevets (voir mon dossier) et cantonnée dans des études sans lecteurs.

Joe Tippens, luttant contre un cancer des poumons, commencera à populariser, si l’on peut dire, le fenbendazole à partir de 2016, et l’ivermectine contre le cancer prendra son envol après 2021 avec les bithérapies préconisées par Paul E. Marik ou encore William Makis.

Quelle mouche a donc piqué Simon Yu il y a 17 ans ?

L’armée et puis sans doute ses racines asiatiques. Une forme d’alchimie : mission, culture du résultat et pragmatisme.

Humilité aussi ?

Né en 1954 à Séoul en Corée du sud, Simon Yu rejoint les Etats-Unis à l’âge de 15 ans pour mener ses études, d’abord à New York. Il est diplômé de l’école médicale de l’université du Missouri. Il s’installe à Saint-Louis où il pratique la médecine intégrative. Il sert également pendant 25 ans en tant qu’officier médecin de réserve au sein de l’US Army et termine avec le grade de colonel.

Quand on lui demande pourquoi l’armée ? Il répond sans hésitation : « par patriotisme« . Autre facteur on imagine : son épouse travaillait comme officier de renseignement militaire.

Il ne craint pas lui-même de filer la métaphore militaire :

J’élabore toujours un plan de bataille, un plan de guerre. Face à un cancer, il faut un plan. Et on ne peut pas se contenter de cibler la tumeur. Il faut considérer l’ensemble du terrain. Ainsi que l’environnement et cela peut être un membre de la famille. Certains s’opposent à la médecine alternative. D’autres y sont favorables… Au moins, j’ai une formation militaire en matière de planification de bataille.

En avril 2001, il participe à une mission humanitaire en Bolivie, à Oruro (ville minière à 200 km de la capitale, La Paz). Dix mille habitants sont vermifugés avec du mébendazole et du pyrantel pamoate. C’est une première pour Simon Yu. « Je n’avais reçu aucune formation en parasitologie« , dit-il.

De retour aux Etats-Unis, il traite des personnes souffrant du syndrome de l’intestin irritable avec des antiparasitaires (d’abord naturels puis synthétiques). Certains patients commencent à lui dire : « tiens mon asthme a disparu » ou encore « ma fatigue chronique s’est améliorée« , « ma douleur au genou, au dos a disparu« , etc. Et parfois même, des tumeurs.

C’est de là -pour partie- que vient l’expression « accidental cure » (guérison inattendue) qu’il utilisera comme titre pour ses trois livres.

Ensuite, Simon Yu reçoit une formation en acupuncture (à la Stanford Medical School de Palo Alto).

Il intègre cette technique dans sa version électrodermographique dite aussi électro-acupuncture (promue par le docteur Reinhold Voll en Allemagne) comme outil de diagnostic, une méthode qu’il rebaptise « Acupuncture Meridian Assessment« .

Le principe ? On mesure le potentiel électrique des méridiens (en médecine traditionnelle chinoise, ce sont des lignes qui relient les différentes parties du corps, établissant des connexions entre les organes internes et les points d’acupuncture à la surface de la peau). La mesure peut être équilibrée (50 sur une échelle de 100). Une mesure inférieure ou supérieure indique au médecin une inflammation, une infection, un organe dysfonctionnel.

Oui, c’est vrai, la médecine conventionnelle ne valide pas cette technique. Mais Simon Yu aime à plaisanter : « l’acupuncture est une nouvelle technologie disruptive vieille de 5 000 ans« .

Par ailleurs, Reinhold Voll utilisait son système en association avec de l’homéopathie. Simon Yu -lui- revendique en tant que clinicien l’utilisation de médicaments sur ordonnance.

En plus des infections parasitaires et fongiques (hélas trop souvent ignorées en Occident), il a une autre préoccupation : la santé dentaire.

Il en a fait d’ailleurs un jeu de mots en publiant son premier livre en 2010, intitulé « Accidental cure« . Double clin d’oeil : guérison inattendue et les dents bien sûr. Deux autres ouvrages suivront : Accidental Blow Up in medicines en 2019 et Accidental Cure 3 en 2025.

Son motto ? « Quand les derniers traitements ont échoué, pensez parasites et problèmes dentaires« .

Amalgames avec des métaux lourds, dévitalisation, infections chroniques, ostéonécrose de la mâchoire (ou cavitation), il s’en passe des choses dans notre bouche avec des effets bien au-delà ! On commence même à entrevoir des liens entre des bactéries buccales (comme Porphyromonas gingivalis) et la maladie d’Alzheimer (lire ici). Les observations du docteur Simon Yu se révèlent donc valides.

Dans ce cadre, il envoie de nombreux patients d’abord chez le dentiste… Il remarque que l’extraction des dents (malades ou pas) était courante il y a un siècle.

Avec l’élévation du niveau de vie, on fait de plus en plus d’implants, de prothèses, de dévitalisation pour des raisons esthétiques. Ce problème est très saillant chez les populations d’origine européennes. Ils sont plus sujets aux problèmes dentaires. Le régime alimentaire sucré y contribue peut-être.

Grâce à sa pratique (au sein de sa clinique intégrative à Saint-Louis), il publie des articles présentant des cas de cancer, co-écrits avec le docteur Frederick Tim Guilford.

D’abord en 2019 :

Antiparasitic and Antifungal Medications for Targeting Cancer Cells Literature Review and Case Studies (lien)

Puis en juin 2026, avec une série de six cas :

Cancer Therapy Using Antiparasitic Medications Guided by Acupuncture Meridian Assessment: A Case Series of Six Patients (lien)

Simon Yu détonne dans le paysage -engoncé, pétrifié- de la médecine. Quelqu’un qui ose en public filer la métaphore militaire, citer Donald Rumsfeld (ancien secrétaire à la Défense) avec ses fameux « inconnus inconnus » ou encore parler de « menaces asymétriques » au sujet des parasites ne peut pas être foncièrement mauvais. 😉

Durant sa carrière, il a bien sûr rencontré des résistances institutionnelles.

Je dois faire très attention à ne pas revendiquer, attribuer des propriétés (par exemple l’utilisation de ces médicaments car il n’y a pas toujours de preuve de la présence de parasites). Voilà pourquoi j’ai parlé d' »accidental cure ». J’ai dû m’expliquer devant le Conseil de l’ordre [medical board]. Grâce à mon expérience militaire avec les médicaments antiparasitaires, en gros, on m’a laissé tranquille.

Il insiste, pince-sans-rire :

C’est probablement l’armée qui a sauvé ma carrière médicale car mon expérience avec les antiparasitaires s’est faite dans un contexte militaire.

Il se souvient :

Un agent de la FDA était venu à l’une de mes conférences et voulait me rappeler que l’utilisation du levamisol [médicament vermifuge et immunomodulateur] était illégale. C’était faux. Le levamisol a été utilisé en association avec la chimiothérapie pour le cancer colorectal. Mais je n’étais pas la cible directe, ils ont plutôt fait pression sur les pharmaciens aux alentours (pour cesser de vendre cette molécule). Mais après je suis passé au niclosamide.

Et quid de la vaste question des posologies, des protocoles ?

Chaque patient est différent. Généralement, je travaille sur une base de 3 prises par jour pour minimiser le risque d’effets secondaires. Mais ça peut varier, y compris en fonction de la masse corporelle [sur les cas présentés en 2011, la posologie était de 4 prises quotidiennes]. Idem pour les cycles (3 semaines de traitement + 1 semaine de pause). Mais parfois cela peut être 2 semaines avec 1 semaine de repos, voire 30 jours d’affilée. Cela dépend

Il est important de rappeler que Simon Yu utilise plusieurs produits en même temps (3 ou parfois même 4 antiparasitaires ou plusieurs antifongiques). « Cela m’a pris 10 ans pour établir des combinaisons avec le moins de risques d’effets secondaires possible« , explique-t-il.

Il commence à se servir de l’ivermectine dès 2001 (au retour de Bolivie) mais toujours en association (par exemple levamisol à l’époque, mébendazole, praziquantel, pyrantel pamoate, etc.).

« Les gens supportent très bien l’ivermectine« , note-t-il.

Et on peut lui faire confiance car dès janvier 2013 il publie un article (« Searching For an Old New Cure« ) pour défendre le repositionnement de ce médicament, en détaillant certaines de ses propriétés antitumorales. Au passage, il égratignait de manière ironique les réticences de certains.

Extrait : « Je me demande si, une fois que cette information parviendra à la médecine conventionnelle, on inventera un syndrome de carence en ivermectine. Un déparasitage mensuel – pour les patients atteints de cancer ou présentant des symptômes inexpliqués sur le plan médical – pourrait s’avérer une meilleure solution que de chercher à identifier ce mystérieux syndrome de carence en ivermectine« .

Il confirme les témoignages qu’on lit parfois sur les réseaux sociaux : oui la prise d’ivermectine peut entraîner chez certaines personnes des troubles -temporaires- de la vision.

« C’est courant. Je considère cela comme un bon signe !« 

Mais je n’utilise jamais l’ivermectine seule. C’est une erreur. J’utilise des combinaisons, surtout chez les patients atteints de cancer. Trois à 4 associations différentes. Cela offre la meilleure réponse et la moindre résistance.

Quid des rumeurs sur la perte de cheveux avec des benzimidazoles carbamates ?

J’ai vu quelques cas mais avec de l’albendazole. J’utilise plutôt le mébendazole. Mais quand je réévalue ces cas, je ne suis pas certain que le médicament était la cause ou s’ils avaient été exposés à des toxines environmentales.

Et leur hépatotoxicité ?

Non pas vraiment. Les médecins font peur en disant que les patients vont subir une insuffisance hépatique. Mais très souvent, les enzymes s’améliorent. On peut constater une hausse temporaire (le corps évacue les déchets de la tumeur). Cela revient à la normale après.

Simon Yu partage mon opinion quant au manque de passerelles, malgré l’Internet, entre les médecines humaine et vétérinaire. Les animaux développent aussi des cancers et on peut sans doute apprendre de l’expérience des vétos.

Une fois, un vétérinaire sud-africain est venu me voir à Mexico (lors d’une conférence). Il m’a dit que les fermiers quand ils voyaient des tumeurs donnaient des injections d’ivermectine à leur bétail. Ils savent comment utiliser les antiparasitaires.

Après des années de pratique médicale, sur le terrain, que pense-t-il désormais de l’étiologie du cancer et des différentes théories en lice ?

Le problème sous-jacent est l’inflammation qui créée un perturbation métabolique au niveau des mitochondries. Et qu’est-ce qui provoque l’inflammation ? A mon avis, les infections. Plus les toxines environmentales. Sans oublier les dents qui peuvent favoriser ces perturbations. Un autre facteur est la voie de signalisation Wnt/β-caténine qui fait partie de la cascade métabolique (elle influence la prolifération, la différenciation des cellules).

Il remarque :

Si on peut contrôler Wnt, alors on contrôle les maladies chroniques et même le vieillissement. Et si vous analysez la littérature scientifiques que constatez-vous ? Les médicaments antiparasitaires modulent Wnt !

[note : concernant le vieillissement, cela semble étonnant et pourtant on trouve même un brevet déposé en 2023 à ce sujet : « Un composé benzimidazole à activité anthelminthique utilisé pour inverser, stopper ou ralentir le vieillissement cellulaire chez un sujet vertébré. »]

Avec tout le respect que l’on doit au professeur Thomas N. Seyfried [le promoteur de la théorie métabolique du cancer] et à Otto Warburg [prix Nobel, travaux sur le métabolisme des cellules cancéreuses] nous devons aller un cran plus loin : le cran infectieux.

Les infections doivent être sous contrôle, le régime alimentaire ne suffit pas. Mais je reconnais qu’il y a toujours un débat.

Quand une tumeur disparaît rapidement, est-ce réellement et seulement métabolique ou bien alors est-ce une infection qui commande la perturbation métabolique ? Je ne veux pas trop affirmer les choses, je m’en tiens à mes observations cliniques.

Comme une provocation, je dis souvent que le cancer n’est plus seulement un problème scientifique mais aussi un problème de communication.

Le docteur Yu incarne à son corps défendant cette idée. Ainsi, suite à la publication en juin de son article (co-écrit avec le docteur Guilford, « Traitement du cancer par médicaments antiparasitaires guidé par l’évaluation des méridiens d’acupuncture : une série de cas de six patients« )… le 31 juillet, personne ne l’avait encore contacté. Ni journalistes, ni confrères, à part votre serviteur.

On peut bien sûr critiquer les idées de Simon Yu mais un article (revu par les pairs) qui présente des cas cliniques est toujours intéressant. De telles études de cas, ou études dites « observationnelles » doivent toujours exciter notre curiosité car elles dévoilent une part du Réel. C’est leur mérite.

Big Pharma et les grands médias ont beau jeu de le nier. La BBC -pour ne prendre que l’exemple le plus récent, le 5 août 2026- préfère ainsi publier des articles à charge, aussi grotesques sur le fond que sur la forme, pour effrayer les lecteurs.

Ici on présente l’ivermectine et le fenbendazole comme des drogues dangereuses, quasi illégales et vendues sous le manteau, pour mieux les dénigrer, les diaboliser.

Finalement, qui croire ?

Des journalistes d' »investigation » affichant crânement leur ignorance ?

Ou des médecins, comme Simon Yu, qui utilisent concrètement ces médicaments depuis… un quart de siècle ?

cdubuit@onconautes.com

NOTE : pour être complet, je signale que Simon Yu a publié le 26 juillet 2026 un article dans lequel il explique qu’il n’y a pas de protocole fixes et miraculeux contre le cancer (et autres pathologies chroniques), que chaque individu est différent (métabolisme mais également environnement, histoire, régime alimentaire, exposition à diverses toxines, etc.) et que l’utilisation inconsidérée des médicaments antiparasitaires peut être dangereuse.

Titre : Confession and Warning: Parasite Medications for Cancer Guided by AMA

Lien : https://preventionandhealing.com/blog/confession-and-warning-parasite-medications-for-cancer-guided-by-ama/

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Molécules repositionnées

Médicaments antifongiques contre le cancer : brevets et études

Après les médicaments anthelminthiques (vermifuges), poursuivons l’exploration du « Janus » biologique décrit dans le chapitre 14 de mon livre : les produits antifongiques (naturels ou synthétiques) ont également des propriétés anticancéreuses. Et inversement.

C’est presque une constante. Pourquoi ?

On vous répondra sans doute que ces cellules sont toutes des eucaryotes. C’est donc normal. Cela revient à dire qu’une brouette et un avion à réaction sont de même nature (des « moyens de transport ») et qu’ils possèdent la même structure. Ou encore comparer un humain à un poisson. Ou à une plante… On comprend bien que ce n’est pas si simple.

Définition : « un eucaryote est un organisme vivant, unicellulaire ou pluricellulaire, dont les cellules possèdent un vrai noyau séparé du cytoplasme par une membrane« .

Si votre crème contre les mycoses se mettait à détruire les cellules de votre peau en plus de celles du champignon, cela ferait jaser. Explication technique : les imidazoles ciblent -entre autres- l’ergostérol qui compose la membrane des cellules fongiques alors que les cellules humaines utilisent du cholestérol.

Ces médicaments agissent donc sur des cellules fongiques, des cellules cancéreuses mais pas (ou moins) sur des cellules humaines saines. On parle alors de spécificité. Un concept clé.

Mes amis thaïlandais utilisent une expression qui résume bien la problématique : « same same but different« . 😉

Concernant le repositionnement de ces médicaments, l’angle que j’aime utiliser est celui des… brevets. Pourquoi ? Parce que la célèbre tirade du personnage de Gordon Gecko (film Wall Street, 1987).

Greed, for lack of a better word, is good. Greed is right, greed works. Greed clarifies, cuts through and captures the essence of the evolutionary spirit. Greed in all of its forms. Greed for life, money, love, knowledge, has marked the upward surge of mankind.

Et ensuite parce que certains déposants sont prestigieux, voire incontestables.

Un exemple : Johns Hopkins qui est une célèbre université américaine et un centre anti-cancer reconnu, a déposé 2 brevets en 2016 et 2019 liant le mébendazole (oui, le vulgaire vermifuge créé dans les années 70 par Janssen, filiale de Johnson&Johnson) à des applications anticancéreuses.

Preuve 1 : https://patents.google.com/patent/US11110079B2/en
Preuve 2 : https://patents.google.com/patent/US11712435B2/en

Le judo mental s’impose ainsi naturellement : tous les affidés de Big Pharma, ses zélotes et autres oncologues d’opérette… aucun ne peut se déclarer plus compétent que les chercheurs de Johns Hopkins.

« Faites confiance à la science« , disaient-ils. N’est-ce pas ?

En d’autres termes : si depuis un demi siècle (dans le cas des benzimidazoles carbamates !) des institutions importantes, un peu partout dans le monde, déposent des brevets, alors il n’y a pas de fumée sans feu, comme disaient nos grands-pères.

Revenons à notre sujet : les médicaments antifongiques. La famille la plus connue est celle des azoles. Elle se divise en 2 groupes : les imidazolés et les triazolés.

Des noms ? Fluconazole, clotrimazole, itraconazole, métronidazole, miconazole, kétoconazole, oxiconazole, suconazole, etc.

On les utilise (crème, voie orale, injection) contre les mycoses, les candidoses et autres infections fongiques. Certains possèdent également des propriétés antibactériennes.

Je vous propose le même exercice que pour les benzimidazoles carbamates : une recherche en lien avec le cancer dans la base de données Google Patents.

Liste non exhaustive. On trouve en effet d’autres brevets mais qui ajoutent des molécules autour d’un noyau imidazole/triazole (pour de réelles propriétés supplémentaires ou simplement pour rendre la préparation « originale » et donc plus facilement brevetable). Mais leurs formules chimiques s’éloignent des antifongiques classiques.

Et le dernier est récent : 2024.

Quand un hôpital en Chine spécialisé dans le cancer nous parle du clotrimazole pour le traitement du cancer des ovaires… nous devrions peut-être ravaler notre fierté et tendre l’oreille.

https://patents.google.com/patent/CN118021804A/en

cdubuit@onconautes.com


1987, Etats-Unis (Merck and Co)
5-Amino or substituted amino 1,2,3,-triazoles useful as antiproliferative agent
https://patents.google.com/patent/US4847257A/en

1993, Etats-Unis (Harvard University)
Cancer treatments (Preferred imidazoles are clotrimazole, miconazole and econazole)
https://patents.google.com/patent/US5633274A/en

1993, Etats-Unis (US Department of Health and Human Services)
1,2,3-triazole and imidazole compounds and their antitumor use
https://patents.google.com/patent/WO1993025536A1/en

1995, Etats-Unis (Procter&Gamble)
Pharmaceutical composition for inhibiting the growth of cancers
https://patents.google.com/patent/US5770616A/en

1996, Etats-Unis (Procter&Gamble)
Use of fluconazole for inhibiting the growth of cancers
https://patents.google.com/patent/WO1997005873A2/en

1995, Etats-Unis (Boston Childrens Hospital, Harvard University)
Method for treating epithelial precancerous lesions with topical imidazoles
https://patents.google.com/patent/US5556871A/en

1996, Etats-Unis (Procter&Gamble)
Use of 1h-1,2,4-triazole derivatives for inhibiting the growth of cancers
https://patents.google.com/patent/WO1997005872A2/en

1996, Etats-Unis (Merck and Co Inc.)
Substituted imidazoles having anti-cancer and cytokine inhibitory activity
https://patents.google.com/patent/WO1997012876A1/en

1996, Etats-Unis (Merck and Co Inc.)
Treatment of Raf-mediated cancers with imidazole derivatives
https://patents.google.com/patent/GB2306108A/en

1997, Etats-Unis (Ontogen Corp)
Imidazole derivatives as MDR modulators
https://patents.google.com/patent/US5840721A/en

1999, Allemagne (Bayer)
Topical composition for preventing radiation-induced skin cancer, e.g. due to sunbathing or radiotherapy, containing azole compound such as bifonazole or clotrimazole
https://patents.google.com/patent/DE19963052A1/en

2001, Etats-Unis (Procter&Gamble)
Amino-imidazole derivatives for treating cancer
https://patents.google.com/patent/WO2001081315A2/en

2006, Etats-Unis (Johns Hopkins)
Use of itraconazole and salts thereof for treating cancer
https://patents.google.com/patent/CA2619889C/en

2008, Chine (Synta Phamaceuticals Corp)
Triazole compounds that are useful in the treatment of proliferative disorders, such as cancer
https://patents.google.com/patent/WO2008097640A2/en

2009, Chine (Guangdong Pharmaceutical University)
Application of imidazole phenanthroline and derivative thereof to preparation of antineoplastic drug
https://patents.google.com/patent/CN101735217A/en

2011, Chine (Guangzhou VMix Investement Co.)
The application of cisplatin combined itraconazole isomer in preparation treatment lung-cancer medicament
https://patents.google.com/patent/CN102319260A/en

2012, Australie (Mayne Pharma International Pty Ltd)
Itraconazole compositions and dosage forms, and methods of using the same
https://patents.google.com/patent/AU2018201298B2/en

2013, Corée du Sud (Industry Academic Cooperation Foundation of Yonsei University )
Novel imidazole derivative and therapeutical use thereof
https://patents.google.com/patent/WO2015046647A1/en

2013, Chine
Itraconazole applied to treatment of malignant tumor or salt thereof and composition thereof
https://patents.google.com/patent/CN103044408A/en

2018, Chine (East China Normal University)
Application of miconazole in the preparation of antitumor drugs
https://patents.google.com/patent/CN110917192A/en

2018, Chine (Sichuan University)
Application of ketoconazole in preparation of medicine for treating liver cancer
https://patents.google.com/patent/CN110772520A/en

2019, Chine (Institute of Dermatology and Skin Disease Hospital of CAMS)
Itraconazole inhibits the application in tumor metastasis medicine in preparation
https://patents.google.com/patent/CN110279696A/en

2020, Chine (Guangdong Pharmaceutical University)
Application of miconazole in preparation of anti-squamous-lung-carcinoma drug and cisplatin sensitizer
https://patents.google.com/patent/CN111067894A/en

2021, Chine (Shantou University Medical College)
Application of sulconazole and/or sulconazole salt in preparing medicine for treating esophageal squamous cell carcinoma
https://patents.google.com/patent/CN113318104A/en

2021, Chine (Guangzhou Medical University)
Application of fenticonazole nitrate in the preparation of anti-tumor drugs
https://patents.google.com/patent/CN114948947B/en

2021, Japon (université Okayama)
Applications for triazole derivatives [rhabdomyosarcoma, neuroblastoma, and Ewing’s sarcoma]
https://patents.google.com/patent/JP2022150578A/en

2022, Chine (université Sichuan)
Combination drug, application and kit for treating oral squamous cell carcinoma
https://patents.google.com/patent/CN115845069B/en

2023, Corée du sud (Sungkyunkwan University Industry-Academic Cooperation Foundation)
Combination therapy for treating drug-resistance cancer using Terconazole
https://patents.google.com/patent/KR20250066808A/en

2024, Arabie Saoudite (King Abdulaziz University )
Imidazole heterocycle based compounds and methods of treating cancer
https://patents.google.com/patent/US20250282764A1/en

2024, Chine (Yunnan Cancer Hospital / Hospital of Kunming Medical University)
Application of clotrimazole in preparing medicine for treating ovarian cancer
https://patents.google.com/patent/CN118021804A/en

ADDENDUM 1

Quand on parle d’antifongiques repositionnés contre le cancer, il ne faut pas penser -seulement- à une action cytotoxique (détruire la cellule malade). En réalité, il s’agit d’un large éventail de propriétés biochimiques.

Les mécanismes proposés dans les brevets incluent :
-inhibition des voies PI3K/Akt (facteur de croissance)

-perturbation des canaux ioniques (pertube les signaux électriques de la cellule)

-inhibition de l’angiogenèse (création de nouveaux vaisseaux sanguins, une spécialité du cancer)

-perturbation du métabolisme mitochondrial

-induction de l’apoptose (mort programmée des cellules)

-sensibilisation aux chimiothérapies

-inhibition de certaines voies de signalisation (Hedgehog pour l’itraconazole, favorise la prolifération de certains cancers solides).

Autre principe de base de la chimie : la potentialisation (augmentation des effets d’une substance en ajoutant une autre substance). Et sans oublier, tout ce que nous ne savons pas encore…

Bref, la règle devrait s’imposer à tous : l’humilité.

Malgré des efforts colossaux, des moyens financiers et techniques stupéfiants étalés sur des décennies, le cancer continue, tragiquement, de se jouer de nous et de se moquer des certitudes rances de Big Cancer.

Au lieu de répéter comme des perroquets empaillés « un vermifuge contre le cancer c’est impossible » ou « un antifongique contre le cancer, c’est absurde« … il faut travailler, expérimenter, chercher à comprendre, être curieux, ouvert d’esprit.

Autrement dit : avoir une -vraie- démarche scientifique.

ADDENDUM 2

En plus des brevets, il existe bien entendu un corpus d’articles, d’études (et mêmes quelques essais cliniques).

Voici une sélection :

1992 : Effects of ketoconazole on the proliferation and cell cycle of human cancer cell lines
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/1458471/

2002 : Clotrimazole induced apoptosis in human colon cancer cell line CCL229
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/12452064/

2010 : Itraconazole, a commonly used antifungal that inhibits Hedgehog pathway activity and cancer growth
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/20385363/

2011 : Itraconazole inhibits angiogenesis and tumor growth in non-small cell lung cancer
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/21896639/

2011 : Clotrimazole disrupts glycolysis in human breast cancer without affecting non-tumoral tissues
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/21531601/

2013 : Repurposing itraconazole as a treatment for advanced prostate cancer: a noncomparative randomized phase II trial in men with metastatic castration-resistant prostate cancer
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/23340005/

2013 : Phase 2 study of pemetrexed and itraconazole as second-line therapy for metastatic nonsquamous non-small-cell lung cancer
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/23546045/

2014 : Clotrimazole as a Cancer Drug: A Short Review
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/26819835/

2014 : High-dose itraconazole as a noncastrating therapy for a patient with biochemically recurrent prostate cancer
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/24332506/
(texte complet dispo sur sci-hub).

2014 : Impact of combination chemotherapy with itraconazole on survival of patients with refractory ovarian cancer
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/24778064/

2014 : Impact of itraconazole on the survival of heavily pre-treated patients with triple-negative breast cancer
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/24982411/

2014 : The mechanism of bifonazole-induced [Ca(2+)]i rises and non-Ca(2+)-triggered cell death in PC3 human prostate cancer cells
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/24849495/

2015 : Repurposing Drugs in Oncology (ReDO)-itraconazole as an anti-cancer agent
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/25932045/

2015 : Impact of Itraconazole After First-line Chemotherapy on Survival of Patients with Metastatic Biliary Tract Cancer
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/26254389/

2015 : Combination Chemotherapy with Itraconazole for Treating Metastatic Pancreatic Cancer in the Second-line or Additional Setting
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/26124377/

2016 : Expression of Hedgehog Signals and Growth Inhibition by Itraconazole in Endometrial Cancer
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/26722038/

2016 : Association of Itraconazole, a Hedgehog Inhibitor, and Bladder Cancer
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/26812305/

2016 : Suppression of Cancer-associated Fibroblasts and Endothelial Cells by Itraconazole in Bevacizumab-resistant Gastrointestinal Cancer
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/26722041/
2017 : Anti-proliferation of breast cancer cells with itraconazole: Hedgehog pathway inhibition induces apoptosis and autophagic cell death
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/27810405/

2017 : Itraconazole Inhibits AKT/mTOR Signaling and Proliferation in Endometrial Cancer Cells
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/28179296/

2017 : Itraconazole induces apoptosis and cell cycle arrest via inhibiting Hedgehog signaling in gastric cancer cells
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/28399898/

2017 : Itraconazole Modulates Hedgehog, WNT/β-catenin, as well as Akt Signalling, and Inhibits Proliferation of Cervical Cancer Cells
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/28668841/

2017 : The anti-cancer effects of itraconazole in epithelial ovarian cancer
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/28747628/

2017 : Repurposing itraconazole for the treatment of cancer
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/28927025/

2017 : Miconazole induces apoptosis via the death receptor 5-dependent and mitochondrial-mediated pathways in human bladder cancer cells
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/28498480/

2018 : Itraconazole inhibits invasion and migration of pancreatic cancer cells by suppressing TGF-β/SMAD2/3 signaling
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/29484419/

2018 : Itraconazole targets cell cycle heterogeneity in colorectal cancer
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/29853607/

2018 : Itraconazole inhibits the proliferation of gastric cancer cells in vitro and improves patient survival
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/30127974/

2019 : Itraconazole inhibits proliferation of pancreatic cancer cells through activation of Bak-1
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/30260036/

2019 : Miconazole triggers various forms of cell death in human breast cancer MDA-MB-231 cells
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/31109399/

2019 : Itraconazole Alters the Stem Cell Characteristics of A549 and NCI-H460 Human Lung Cancer Cells by Suppressing Wnt Signaling
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/31833479/

2020 : Itraconazole inhibits the Hedgehog signaling pathway thereby inducing autophagy-mediated apoptosis of colon cancer cells
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32681018/

2020 : Anti-fungal drug itraconazole exerts anti-cancer effects in oral squamous cell carcinoma via suppressing Hedgehog pathway
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32407849/

2020 : Itraconazole exerts anti-liver cancer potential through the Wnt, PI3K/AKT/mTOR, and ROS pathways
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32942154/

2020 : Concentration-dependent Early Antivascular and Antitumor Effects of Itraconazole in Non-Small Cell Lung Cancer
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32847935/

2021 : The effect of itraconazole on the clinical outcomes of patients with advanced non-small cell lung cancer receiving platinum-based chemotherapy: a randomized controlled study
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33559053/

2021 : Miconazole induces protective autophagy in bladder cancer cells
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32981224/

2021 : Itraconazole Exerts Its Antitumor Effect in Esophageal Cancer By Suppressing the HER2/AKT Signaling Pathway
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34376577/

2021 : Itraconazole improves survival outcomes in patients with colon cancer by inducing autophagic cell death and inhibiting transketolase expression
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34589147/

2022 : Induced Cell Cycle Arrest in Triple-Negative Breast Cancer by Combined Treatment of Itraconazole and Rapamycin
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/35517785/

2022 : Repurposing Oxiconazole against Colorectal Cancer via PRDX2-mediated Autophagy Arrest
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/35813474/

2022 : Itraconazole Reverts ABCB1-Mediated Docetaxel Resistance in Prostate Cancer
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/35721223/

2023 : Itraconazole Repolarizes Tumor-associated Macrophages and Suppresses Cervical Cancer Cell Growth
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/36697085/

2024 : Itraconazole inhibits tumor growth via CEBPB-mediated glycolysis in colorectal cancer
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/38278779/

2025 : Itraconazole inhibits the Wnt/β-catenin signaling pathway to induce tumor-associated macrophages polarization to enhance the efficacy of immunotherapy in endometrial cancer
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/40697374/

2025 : A Novel Approach to Reducing Chemoresistance in Advanced Ovarian Cancer: The Effect of Itraconazole-A Single-Institution Randomized Placebo-Controlled Trial
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/41590341/

2026 : Repurposing Itraconazole in Combination with Chemotherapy and Immune Checkpoint Inhibitor for Cancer
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/41718102/

2026 : Oral Administration of Itraconazole Induces M1 Polarization of Tumor-associated Macrophages in Gynecological Cancer
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/41760333/

2026 : Itraconazole as a repurposed anti-cancer agent: focusing on synthesis, mechanisms of action and therapeutic insights
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/42158746/

2026 : Uncovering the Underlying Mechanism of Clotrimazole against Ovarian Cancer by Transcriptomics and Experimental Investigations
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/42478651/

2026 : Design, synthesis, molecular modelling and biological evaluation of oxiconazole-based 1,2,3-triazoles as dually acting antifungal and antitumor agents
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/42601411/

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Farce et attrape

Cancer contagieux : pêche miraculeuse dans un lac d’Amérique du nord

Un article publié dans Nature affirme avoir identifié un cancer (mélanome) contagieux qui fait des dégâts dans la population de barbotte brune (brown bullhead catfish), un poisson-chat d’eau douce, dans le lac de Memphremagog (partagé entre l’état du Vermont et le Canada).

Titre : Brown bullhead catfish melanoma represents a novel transmissible cancer

Lien : https://www.nature.com/articles/s41586-026-10828-6

On a observé cette maladie (qui se manifeste par des taches noires) dans 23 à 37 % des poissons testés entre 2014 et 2017. Une incidence bien supérieure que celle généralement trouvée dans cette espèce.

Cela constitue le quatrième cancer de ce type (après les diables de Tasmanie qui se transmettent la maladie en se mordant, il y a aussi les chiens et leurs tumeurs vénériennes – le sarcome de Sticker- et des espèces de bivalves).

Répétons : on ne parle pas de cause infectieuse (bactérie, virus, parasite, cellule fongique) mais de cellules cancéreuses qui sont elles-mêmes l’agent infectieux…

Chez l’homme quelques cas extraordinaires ont été documentés (en 1996, le chirurgien opérant un homme atteint d’un sarcome qui se blesse à la main et qui développe cinq mois après le même cancer, voir page 41 de mon livre). On a aussi des cas de transmissions via transplantation d’organes ainsi que par accouchements (Japon).

Cette découverte en Amérique du nord est importante. Cela ébranle une fois de plus le dogme du cancer, sa nature, ses causes, ses manifestations.

Et on peut s’interroger : à qui le tour ?

Ces cancers contagieux sont-ils plus courants qu’on le pense dans la faune sauvage ?

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Farce et attrape

France, panorama cancer 2026 : à boire et à manger

L’Institut national du cancer publie son Panorama cancer 2026 avec les chiffres pour l’année 2023.

Lien : https://www.cancer.fr/catalogue-des-publications/panorama-des-cancers-en-france-edition-2026

Voici les donnée de base :

Femmes : hausse des cas sein, côlon, poumon et pancréas

Hommes : baisse des cas prostate, poumon, côlon, hausse pancréas

Le pancréas représente 7 668 cas (femmes) et 8 323 cas (hommes).

Si on prend le taux d’incidence standardisé tous cancers (pour gommer le vieillissement de la population), entre 2019 et 2023, on obtient +0,25 % par an pour les femmes et +0,06 % par an pour les hommes.

Attention, ces chiffres ne sont PAS REELS.

Il n’y a pas eu « 433 136 » nouveaux cas de cancer diagnostiqués en France en 2023.

Ce sont des modélisations.

Car la France, hélas, travaille sur une trentaine de « registres locaux » qui couvrent SEULEMENT entre 20 et 24 % de la population métropolitaine (en revanche, la couverture est exhaustive pour les cancers pédiatriques).

Depuis 2026, et c’est une bonne nouvelle, un registre national est en cours de création (suite au vote d’une loi). Mais sa mise en place nécessitera du temps.

La mortalité -elle- ne trompe pas si j’ose dire.

D’abord, parce qu’on ne décède généralement pas deux fois, et ensuite parce qu’il faut bien mourir un jour… Tous les décès sont comptabilisés à l’unité près et on dispose de la « cause initiale de décès » (codage).

L’Institut national du cancer utilise les données du Centre d’épidémiologie sur les causes médicales de décès (Inserm).

https://opendata-cepidc.inserm.fr/

Nombre de décès, France (métropolitaine plus Drom), cause « tumeurs », par tranche d’âge, pour 2014, 2019 et 2024.

Quelques faits indiscutables :

-le cancer est une pathologie très majoritairement liée à l’AGE (à partir de 55 ans)

-le nombre de cas et de décès liés au cancer continuera d’augmenter CHAQUE ANNEE car la population française vieillit (génération nombreuse du baby boom, personnes nées entre 1946 et 1964)

-les dépenses de santé vont donc mécaniquement suivre…

A ce sujet, nous disposons d’une source de données uniforme : les dépenses des médicaments « antinéoplasiques » (anticancéreux).

De 2016 à 2024, rapport Drees, page 25 : https://www.drees.solidarites-sante.gouv.fr/sites/default/files/2026-06/DD139_M%C3%A9dicaments.pdf

On passe de 6,16 milliards d’euros en 2016 à 14,68 milliards en 2024, soit une hausse de 8,52 milliards.

Au sein de la classe ATC L, les médicaments anticancer (sous classe L01) pèsent pour 6,3 milliards dans la hausse.

Si on parle de volumes (en nombre de boîtes), c’est +3 millions pour les anticancéreux, soit +58 %.

Le pembrolizumab (Keytruda) pèse à lui seul 1,9 milliard dans la croissance des dépenses…

Le rapport en profite pour glisser une belle peau de banane (page 26) :

Une étude américaine récente (Horn, 2026) souligne qu’en dépit de la diffusion rapide des inhibiteurs de points de contrôle immunitaires (ICI), dont fait partie le pembrolizumab, il existe étonnamment peu de données en vie réelle (par opposition aux essais cliniques) sur leur impact en termes de résultats de santé et de dépenses.

Etonnamment, nous ne sommes guère… étonnés. 😉

La conclusion s’impose : depuis 10 ans, grosso modo, la croissance des dépenses de médicaments en France est le fait de l’oncologie.

En élargissant la focale, le total des dépenses liées au cancer (extrait du rapport Panorama 2026) :

Le cancer est donc déjà un business en or massif…

Que va t-il donc se passer durant la prochaine décennie sachant que le nombre de diagnostics va continuer à croître, inéxorablement ?

Personne n’ose aborder ce sujet.

Une chose est certaine : parler de « maîtrise des dépenses de santé » dans un tel contexte démographique et médical est une hérésie, pour ne pas dire bien pire.