Catégories
Non classé

Incidence depuis 2021 : alors, ça monte ou pas ?

Vous avez dû voir sur X ou Facebook des graphiques extraits du SEER américain (à l’occasion de l’ajout des données 2023).

On voit une accélération de la hausse de l’incidence pour plusieurs types de cancer chez les moins de 50 ans depuis 2021.

Certains font ainsi le lien avec le début des injections ARNm.

Reprenons depuis le début : c’est quoi le SEER ?

Vous imaginez sans doute qu’une armée de fonctionnaires comptabilisent chaque cas de cancer diagnostiqué au Etats-Unis (population 340 millions) dans une vaste base de données.

Non.

En France, nous utilisons des registres locaux, couvrant à peine 25 % de la population. Ces données (très parcellaires donc) sont ensuite extrapolées, modélisées afin de calculer des nombres de cas et des « taux d’incidence » (exprimés en X par 100 000 par exemple, mais aussi ajustés en fonction de l’âge pour des comparaison sur le temps).

Une loi est entrée en vigueur en janvier 2026 pour enfin créer un véritable registre national mais sa mise en place prendra plusieurs années.

Le SEER (Surveillance, Epidemiology, and End Results) c’est la même chose en version américaine : un ensemble de 22 registres, couvrant 40 à 45 % de la population. Avec une sur-représentation (volontaire) des minorités ethniques (et des populations pauvres). Cet angle ethnique qui choque parfois les Français est souvent présent outre-Atlantique.

Je n’accorde que peu de confiance à de telles « données » modélisées (souvenez-vous des désastres de cette pratique durant le Covid, le « demi million de morts » en Grande-Bretagne et les « centaines de milliers de décès » en France).

Personne ne peut juger de la pertinence des traitements statistiques et correctifs appliqués et de leur évolution dans le temps (urbanisation, immigration, mouvement de population d’un état à l’autre, etc.).

Au-delà, ce qui me trouble dans cette polémique est la problématique de l’âge.

Si on pose comme hypothèse que les produits ARNm ont créé des dommages dans la population via le système immunitaire… pourquoi ceux nés avant 1960 seraient indemnes ? Alors que ceux nés à partir de 1975 seraient affectés ?

Réponse : les facteurs externes (et ils sont très nombreux). Par exemple :

-Puisque nous parlons des vaccins, quid des vaccins infantiles ? Aujourd’hui : entre 8 et 10 pour les obligatoires, jusqu’à 14 pour les recommandés. Avant 1950 ? De 0 à 3. Différence de taille.

-La nourriture industrielle avec de nombreux additifs.

-Et les programmes de dépistage ? Pour le cancer colorectal, l’âge a été abaissé Outre-Atlantique justement à 45 ans… en mai 2021 (généralisation). Coïncidence ?

-Le virus Sars-Cov2 qui ferait flamber les cancers (mais alors on retombe sur la même interrogation : pourquoi pas pour les + de 65 ans ?)

-Et pourquoi ne pas évoquer… les essais nucléaires atmosphériques ! (de 1951 à 1962, pour la majorité d’entre-eux, pouvant affecter les plus fragiles c’est-à-dire les enfants nés après 1960). 😉

-Ou encore la consommation massive d’antibiotiques durant l’enfance (on sait maintenant qu’ils modifient durablement la flore intestinale, le fameux microbiote, directement lié au système immunitaire).

Revenons sur l’âge : on pourrait imaginer que parmi les personnes âgées (donc avec un système immunitaires naturellement affaibli)… certaines sont décédées rapidement suite aux injections. Et donc pas le temps de développer un cancer. Cela pourrait expliquer l’anomalie en terme d’incidence (en baisse) des +65 ans par rapport aux moins de 50 ans (en hausse).

Autre problème et autre illusion : vous pensez sans doute que les milliards de doses de produits ARNm (Biontech/Pfizer et Moderna) étaient toutes parfaitement « égales ».

C’est mal connaître les processus de fabrication industrielle (surtout à une telle échelle et pour des produits aussi fragiles). Ajoutons la distribution géographique des différents lots, les conditions de transport, de stockage et d’utilisation et bien sûr du métabolisme de chacun. Il s’agit de particules nanolipidiques (très fragiles : température, oxydation, force mécanique).

Qui se souvient d’ailleurs des fameux « supercongélateurs » à -70 ° ? Personne bien entendu… 😉

Notons que les bases de pharmacovigilance (comme VAERS aux Etats-Unis) montrent une distribution très inégale des déclarations selon les lots… Hasard ?

La conclusion s’impose : rien n’est linéaire. Et il y a beaucoup trop de variables.

Donc si par dessus ce substrat chaotique, on ajoute un décompte des diagnostics de cancer basé sur des échantillonages, avec des algorithmes et des modélisations… on peut douter de la pertinence des résultats obtenus, surtout si on parle de signaux d’inflexion et sur une période courte (2021, 2022, 2023).

Et attention aux ordres de grandeur et aux valeurs absolues ! Pour les +65 ans on parle de 150 cas par 100 000… Chez les moins de 50 ans, on passe de 9,5 à 11,5 cas par 100 000 (sur 3 ans donc).

Prenons en référence la population des -50 ans de 2019, soit 205 millions (y compris 73 millions de moins de 18 ans) et appliquons les taux d’incidence SEER pour le cancer colorectal (celui des graphiques plus haut).

Calculs de coin de table :
2019 : 16 789 cas
2020 : idem (fictif, incidence pas fiable)
2021 : 19 475 cas = +2 686
2022 : 21 053 cas = +1 578
2023 : 22 816 cas = +1 763

Total : 6 027 cas « en trop » sur 3 ans (par rapport à la référence 2019).

Soit 2 000 cas par année… Sur une population de 205 millions d’individus.

Où s’arrête le réel et où commence la modélisation ? Est-on dans le réel ou bien dans quelque marge d’erreur d’algorithmes vaseux ?

Et cette incidence est-elle sous-estimée ? Ou sur-estimée ? Après tout, la modélisation peut fonctionner dans les 2 sens…

Enfin, derrière, il y a des tendances longues qui compliquent encore la situation : par exemple la baisse des cancers du poumon. Et la hausse continue des cancers colorectaux (depuis le début des années 2000).

Bref et sans vouloir jouer les Ponce Pilate : à chaque hypothèse, à chaque tentative d’explication on peut opposer – de bonne foi- un ou plusieurs contre-arguments.

Les graphiques de SEER illustrent à mon avis ce chaos.

Le temps sera le véritable juge de paix.

Précision : je n’affirme pas qu’il ne s’est rien passé en 2021 et les années suivantes par rapport au cancer.

Mon opinion est que la technologie ARNm (dans sa forme actuelle) est dangereuse car immature, trop fragile et surtout incontrôlable (biodistribution, quantité de protéines produites et pendant quelle durée, sans oublier les difficultés de fabrication liées au processus industriel avec les inévitables pollutions ADN, etc.).

Donc, je ne rejette pas comme saugrenue l’hypothèse d’effets délétères pouvant se traduire par une hausse des cancers (et d’autres pathologies) sur plusieurs années.

D’ailleurs, autre inconnue. Si l’accélération de la hausse se confirme, est-elle temporaire ? Ou bien va t-elle se poursuivre ou pire même se renforcer ?

Spontanément (et paradoxalement) j’accorde davantage de crédit au vécu de certains médecins et oncologues… Quand de tels professionels, dans des pays différents, commencent à dire « je n’ai jamais vu ça » (type de cancer et/ou nombre et/ou âge et/ou vitesse de progression de la maladie)… cela pèse.

En attendant, la prudence s’impose face aux « données » issues des systèmes américains (SEER) et français.

Catégories
Non classé

Ron Piana : le rêve américain contre le cancer

J’ai lu du Ronald Piana, mais sans le savoir.

Il est en effet le co-auteur, avec Richard Ablin, du livre The great prostate hoax, how big medicine hijacked the PSA test and caused a public health disaster, publié en 2014.

https://onconautes.com/2025/09/13/livre-the-great-prostate-hoax/

Sur le moment, j’avais pensé à un simple « porte-plume », car nous savons tous que les scientifiques ne savent pas écrire. 😉

Mais Ronald Piana est bien davantage qu’une plume.

Je viens de le découvrir, totalement par hasard, via une vidéo sur Facebook (comme quoi les réseaux sociaux peuvent avoir des avantages).

Il y a tout juste un an, il se confiait devant la caméra de Mark Laita connu pour sa série « Soft White Underbelly » (des portraits d’hommes et de femmes plutôt secoués par la vie).

L’expression est galvaudée mais Piana a eu une vie hors du commun. Né à Long Island, New York, dans une famille américaine « très dysfonctionnelle et très pauvre », porté sur la bouteille très jeune, puis financièrement indépendant à l’âge de 15 en travaillant dans des restaurants puis sur des navires marchands… Il se retrouve un jour -par hasard- correcteur dans un journal scientifique dédié au cancer, sans aucun diplôme universitaire.

Et il gravit les échelons… rédacteur, rédacteur en chef, écrit des centaines d’articles, rencontre des centaines de scientifiques et chercheurs.

Le rêve américain en cinémascope. Le rêve américain comme on n’en fait plus.

Avant cela, deux de ses soeurs aînées décèdent : la première d’un cancer du sein, à l’âge de 35 ans et mère de 2 jeunes garçons, et la seconde emportée par le terrible mycosis fongoïde qui transforme le supplicié en champignon… littéralement. Comme le dit Ron : « ce que ça fait au corps et à l’âme humaine est de proportions bibliques ».

(voir mon article à ce sujet, attention âmes sensibles s’abstenir :
https://onconautes.com/2026/01/08/histoire-quand-le-mycosis-fongoide-devient-un-cancer/

La maladie l’accompagnera ainsi, intimement, pendant 25 ans.

Professionnellement, il intègre un monde nouveau, aussi énorme qu’étrange : celui de Big Pharma, ou plus précisément Big Cancer et va découvrir la corruption insensée qui y règne.

Une industrie de plus de 200 milliards de dollars par an qui écrase tout et tous. Surtout quand on ose la « challenger » ou simplement la critiquer.

Un témoignage, de l’intérieur, très fort, une critique au scalpel de Big Cancer : précis, structuré, impitoyable.

Dans la seconde partie de l’interview, Ronald Piana raconte sa propre expérience face à la maladie. En 2018, son dentiste repère une masse très suspecte sur sa langue… Il fait le lien avec une étude sur onze patients atteints de cancer de la peau utilisant le peroxyde d’hydrogène (H202, ou eau oxygénée, à forte concentration 33 %). Il essaye. Et ça marche. La masse pré-cancéreuse disparaît.

Là encore, un témoignage d’une puissance exceptionnelle qui met de la chair, littéralement, autour d’une idée et d’une molécule.

Bref, arrêtez ce que vous faites et prenez le temps d’écouter Ron Piana. Une heure qui changera probablement beaucoup de choses en vous.

PARTIE 1
https://www.youtube.com/watch?v=foj4sfQP3ek

PARTIE 2
https://youtu.be/ikSlMlMFS7M

Catégories
Non classé

Théorie des métastases : « je sais que je ne sais rien »

Si je vous dis que deux chercheurs chinois viennent de publier une nouvelle théorie pour expliquer la nature des métastases et leur formation ?

« Cancer Cell-Memory Macrophage Hybrid Theory for metastatic cancer cells »

Lien : https://www.frontiersin.org/journals/oncology/articles/10.3389/fonc.2026.1780597/full

Vous me répondrez sans doute que ça vous fait une belle jambe.

Mais surtout, vous serez interloqués car vous pensiez que les métastases étaient disséquées, cataloguées, expliquées par la science depuis longtemps.

Justement, non.

Jamais la définition donnée par un humoriste n’a été aussi vraie et tranchante comme un scalpel : « un cancérologue est le spécialiste d’une maladie que l’on ne connaît pas ». 😉

Voilà pourquoi de nombreux scientifiques continuent de travailler et de se creuser les méninges pour tenter de comprendre et d’expliquer à la fois l’étiologie du cancer mais aussi l’apparition des métastases.

Pour paraphraser Churchill et son cigare si cancérogène, une métastase est « un rébus enveloppé de mystère au sein d’une énigme ». Un phénomène excessivement étrange.

C’est l’occasion de rappeler le dogme porté à bout de bras par les zélotes de la Lascience :

POINT A

Vos cellules de poumons subissent des mutations parce que vous avez trop fumé (ou pas). Ces mutations vont ensuite créer une tumeur. On l’appelle tumeur primaire.

POINT B

Des cellules de cette tumeur aux poumons retroussent leurs manches, enfilent leurs chaussures de marche et vont se promener dans votre corps… Elle s’inscrustent alors sur vos os ou dans votre cerveau et forment des métastases ou tumeurs secondaires.

Ici, même un étudiant en première année d’histoire de l’art à Nanterre devrait comprendre que quelque chose cloche.

Comment des cellules de poumons mutées (ces mutations ayant donc causé la tumeur selon la doxa) pourraient faire muter d’autres type de cellules, d’os ou de foie et créer ainsi une autre tumeur (composées de mutations différentes) ?

Otez-moi d’un doute : vos os ont-ils fumé aussi ? Des brunes ou des blondes ? Combien de paquets par jour ? 😉

Il faut le marteler (voir le Cancer Genome Atlas) : ces mutations sont DIFFERENTES au sein de la tumeur primaire, dans les tumeurs secondaires et différentes également d’un individu malade à un autre.

Il n’y a aucune « recette mutagène », aucune « formule », aucune « combinaison gagnante » (à quelques rares exceptions près) dans les tumeurs solides.

Résumons : un 1er chaos de mutations (« stochastiques« ) provoque une tumeur aux poumons et ensuite ce 1er chaos est capable de créer une autre tumeur, ailleurs, avec un 2ème chaos de mutations. Et ainsi de suite : entraînant la généralisation du cancer (des cancers ?) à plusieurs organes.

Pour tenter de recoller les morceaux de cette extravagance biologique, on invente une litanie d’expressions : tumeur primaire, tumeur mère, fille, niche prémétastatique, foyer primaire, invasion locale, extravasation, dissémination par contiguïté, métastase métachrone, tropisme métastatique, sans oublier le polémique « colonisation », etc.

Bref, l’Almanach Vermot du crabe.

Alors qu’en prenant un peu de recul… un phénomène plus simple pourrait expliquer un tel bazar : une infection.

Les tumeurs, primaires, secondaires, mère, fille peu importe leur dénomination, seraient le produit d’un ou plusieurs processus infectieux créés et alimentés par une ou plusieurs tierces-parties (des micro-organismes pathogènes, bactéries, virus, parasites, champignons, choisissez votre poison y’en aura pour tout le monde).

Dans ce schéma, vous l’aurez compris, les mutations (bien réelles, très nombreuses et variées) seraient un effet et non une cause.

Mais j’insiste : il s’agit d’une théorie comme les autres. Voilà le point important à retenir.

Scientifiquement, le cancer est d’abord une école d’humilité : « je sais que je ne sais rien ».

Après tout, « métastatique » rime bien avec « socratique ». 😉

————————————————–

Pour revenir à nos deux amis chinois, leur théorie audacieuse est la suivante : les cellules métastatiques seraient des cellules hybrides créées par une fusion entre une cellule cancéreuse primaire et un macrophage à mémoire (un type de cellule immunitaire dont la fonction principale est d’« avaler » puis de « digérer » les cellules pathogènes et autres cellules mortes).

Cela pourrait expliquer pourquoi ces cellules métastatiques peuvent circuler, puis se mettre « en dormance » dans un tissus… et se réveiller un jour. Ou pas. Et pourquoi on trouve des micro-organismes à l’intérieur des tumeurs, sans oublier les effets contradictoires de certains de ces microbes (parfois ils favorisent le cancer, parfois ils le freinent), etc.

Bref, cette théorie travaille plutôt sur le comment. Pas vraiment sur le pourquoi.

Pourquoi d’autres tumeurs apparaissent, ailleurs dans le corps ? La doxa établit un lien de cause à effet en raison du temps : on découvre la première tumeur avant les secondes (ce n’est d’ailleurs pas toujours vrai), mais cela ne prouve pas le lien causal.

Parenthèse : là encore, on a créé une expression pour décrire cet énième paradoxe. « Cancer de primitif inconnu » (on détecte les métastases mais sans pouvoir trouver la fameuse tumeur primaire qui est pourtant censée… ! On tourne en rond.)

Bref, ces processus cancéreux (tumeurs primaires et métastases) pourraient être en réalité parallèles (avec une origine commune) voire même différents de nature (avec par exemple plusieurs types d’infection).

Et pour achever de vous faire des nœuds au cerveau : parlons des lésions (ou « nodules »).

Le cas le plus simple (enseigné à l’école) : on détecte une seule masse tumorale (aux poumons ou sur le foie par exemple).

Mais sur une tumeur primaire on peut en réalité trouver… plusieurs nodules (donc de fait plusieurs tumeurs !)… Alors qui a métastasé en premier ? Et qui a métastasé quoi ?

A ce stade, l’œuf et la poule se mettent en grève. Ou en arrêt maladie longue durée.

Alors, pour se raccrocher aux branches, Lascience forge, une fois de plus, des expressions : « Tumeurs primitives multiples synchrones ».

Cela ne fait pas vraiment avancer le schmilblick mais cela sonne bien.

Et cela permet surtout de dissimuler son ignorance devant un aéropage d’idiots utiles.

Catégories
Non classé

Cancer : le vétérinaire qui murmure à l’oreille des chiens

« Il y a des résultats », dit Jean-Yves Gauchet, vétérinaire à Toulouse. Il agite devant la caméra un bidon de Panacur 2,5 % (il s’agit de fenbendazole, l’antiparasite vétérinaire popularisé par Joe Tippens à partir de 2016).

« Un litre, à raison de 5 ou 10 millilitres par jour, il y a de quoi traiter longtemps, et pour pas cher ! », plaisante-t-il.

(à noter que Joe Tippens utilisait la même marque mais en granules. La version liquide 2,5 % contient 25 mg de fenbendazole par millilitre)

Jean-Yves Gauchet explique sa démarche : « Face à un cancer chez un animal on a trois possibilités. En fonction de l’avancement de la maladie, l’euthanasie. Ou alors la médecine conventionnelle (chirurgie, chimio, rayons, immunothérapie). Et au milieu on peut temporiser, on accompagne l’animal tout en essayant quand même de faire au mieux avec ce qu’on a sous la main. Une discussion s’engage avec les propriétaires. Et dans un cadre compassionnel, des traitements alternatifs peuvent être proposés. »

Il utilise ainsi le fenbendazole en association avec l’ivermectine (autre antiparasitaire, bithérapie préconisée par le docteur William Makis à partir de 2024), un corticoïde et même du DMSO (diméthylsulfoxyde, un type de solvant).

« J’essaye de faire pénétrer l’ivermectine avec le DMSO, c’est une option. On envoie localement le remède choisi, qui est dissout et traverse les épidermes avec facilité. Le DMSO est régulièrement utilisé pour des tendinites chez les chevaux, l’innocuité est établie. »

Il temporise : « Je n’ai pas assez de recul, pas assez de cas pour vous dire c’est comme ceci ou comme cela qu’il faut procéder. Mais sur les cinq cas que je gère en ce moment (lymphomes, tumeur à la mâchoire, etc.), c’est plutôt positif. On a déjà gagné quelques mois… »

Il s’agit d’un art comme toute médecine et non pas l’application de protocoles fermement établis. Même si les vétérinaires connaissent et utilisent ces molécules depuis des lustres.

« On part d’abord sur des doses vermifuges pour vérifier que l’animal supporte bien. Et puis on augmente », explique-t-il.

« Avec l’ivermectine, je le fais en injectable. Elle n’a pas d’AMM [autorisation mise sur le marché] pour les chiens et les chats. Elle sert contre les parasites internes et externes chez les chevaux, les cochons. Mais on l’utilise quand même pour les gales sarcoptiques. A noter que certaines races canines comme le berger australien ne supportent pas cette molécule. »

« J’ai un certain recul avec des soins hors AMM mais dans un cadre compassionnel. » Il souligne : « On tâtonne bien sûr, mais ce sont quand mêmes des soins, avec assez peu de produits et en limitant les coûts. »

Il s’agit d’une problématique réelle pour le vétérinaire de quartier qui connaît « les enfants et les petits-enfants » de ses clients. Tout le monde ne peut pas dépenser des milliers d’euros même si certains n’hésitent pas à utiliser leur épargne ou même s’endetter pour aider leur animal malade.

« Je suis sûr que je ne suis pas seul, et au cours de discussions informelles, j’ ai bien compris que bien des vétos font cela cela dans leur coin. Parfois, sous la forme de recette qu’un patron [durant la formation du vétérinaire] aura transmise des décennies auparavant. »

« Prenons le lévamisole par exemple, ça fait longtemps que certains s’en servent contre le cancer, mais on n’en parle jamais. Ca ne coûte rien, on va tenter et on est dans le compassionnel. Mais il n’y a rien dans la littérature puisque c’est hors AMM. Avec des résultats d’ailleurs très mitigés… »

Le lévamisole est un anthelmintique mais d’une classe chimique différente de celle du fenbendazole. Ses propriétés immunostimulatrices furent étudiées dès les années 70.

C’est un point qu’il faut toujours rappeler (je le fais abondamment dans mon livre) : tout ceci n’est pas nouveau.

Nous connaissons les propriétés antitumorales des benzimidazoles carbamates (famille des fenbendazole, mébendazole, albendazole, etc.) depuis un demi-siècle (ciblage des microtubules ce qui induit l’apoptose des cellules cancéreuses mais il y a d’autres mécanismes, lire ici).

Jean-Yves Gauchet exerce dans son cabinet à Toulouse depuis quatre décennies. « En solo », précise-t-il. « C’est un peu l’avantage et le drame du solo : il (ou elle) est libre dans ses choix thérapeutiques, tout en restant seul(e) dans son coin. »

Et le cancer dans sa pratique quotidienne ? « On voit moins de tumeurs mammaires, c’est certain parce qu’on stérilise les femelles, c’est le grand repos hormonal. Je pense que cela joue énormément. Par contre, beaucoup de leucémies et aussi des tumeurs cutanées, y compris bénignes. Et l’on dispose d’ailleurs de solutions efficaces, par exemple pour les mastocytoses avec le Stelfonta, un produit injectable directement dans la tumeur, avec d’excellents résultats. »

Echange-t-il avec des confrères sur ces sujets ? Peu. « On a la tête dans le guidon, pas trop le temps de papillonner. »

Au niveau de la communication professionnelle, « il y a bien sûr des réunions mais elles sont organisées par des labos, avec en filigrane des informations commerciales… Ou alors des conférences quant à l’état de l’art sur tel ou tel sujet, avec des spécialistes reconnus, mais souvent cela nous dépasse un peu. C’est plutôt pour les cliniques avec de gros moyens. Personnellement je n’y vais pas trop », confie-t-il.

Jean-Yves Gauchet, âgé de 77 ans, trouve toujours le temps d’écrire de nombreux articles sur Effervesciences, son remarquable blog scientifique : https://effervesciences.info.

Le vétérinaire explore des sujets très éclectiques et montre une curiosité encyclopédique.

On trouve aussi bien la bioluminescence chez certains champignons, les infrasons des éoliennes, l’art de déchiffrer les statistiques sur le cancer, l’évolution du microbiome avec l’âge, Moïse sauvé des eaux dans les mythologies antiques, le microbiome cérébral des poissons, l’hydrogène vert et la géopolitique de l’eau, ou encore les vocalisations ultrasoniques des souris et des questions aussi existentielles que : Pourquoi la bière mousse-t-elle moins quand on penche le verre ? 😉

« Grâce à Effervesciences, j’ai toujours mis mes doigts un peu partout, y compris sur des sujets qui chauffent, donc le cancer parmi d’autres », explique-t-il.

Il se passionne également pour les amers (extraits des plantes, comme par exemple le houblon, la gentiane, la quinine ou encore la berbérine).

Il veut les utiliser en dermatologie et créer ainsi une « amérothérapie » dédiée aux animaux, mais également aux humains.

(pour plus de détails : https://theraps.fr/un-amer-universel-pour-soigner-de-multiples-pathologies)

Les amers occupent une place de choix et historique dans les pharmacopées du monde entier. « Il y a encore dix ans, on pensait que les substances amères n’étaient ressenties que dans la muqueuse buccale, avec un rôle d’alerte contre des toxiques , comme les alcaloïdes. En fait, ces récepteurs d’amertume, nous et les animaux, en avons plein le corps où ils jouent un rôle de régulation… C’est passionnant, on est au tout début d’une nouvelle phytothérapie pleine de promesses. »

La vie professionnelle de Jean-Yves Gauchet est donc parcourue par ce fil d’Ariane si important pour la médecine et la recherche scientifique : la curiosité et l’ouverture d’esprit.

Bien loin des dogmes et des anathèmes.

Face à ses animaux malades, Jean-Yves Gauchet est bien un onconaute.


APPEL AUX VETOS

Que vous exerciez en France ou ailleurs et si, comme Jean-Yves Gauchet, vous explorez des pistes thérapeutiques alternatives pour soulager des animaux cancéreux, n’hésitez pas à témoigner.

Pour me contacter : cdubuit@onconautes.com

Catégories
Non classé

Rançon du succès : explosion de la fraude

Les arnaques en ligne sont nombreuses, pénibles. Mais quand elles visent des malades, des gens qui souffrent, qui ont peur, alors elles deviennent odieuses.

Le cancer n’échappe pas à cette règle universelle de la saloperie humaine.

Prenons deux cas emblématiques pour illustrer ce phénomène.

Joe Tippens (l’Américain qui ne veut toujours pas mourir, voir chapitre 17 de mon livre) et le docteur William Makis.

Le premier a popularisé le fenbendazole, le benzimidazole vétérinaire, en 2016 (contre son cancer des poumons métastasé), via deux canaux (et seulement deux) :

-son blog : https://mycancerstory.rocks/

-son groupe Facebook (64 000 membres) : https://www.facebook.com/groups/mycancerstoryrocks/

Tout le reste est frauduleux.

On tombe de sa chaise quand on voit un faux compte X créé en octobre 2024, utilisant son nom et sa photo et postant des vidéos (réalisées par IA) : https://x.com/JoeTippen.

Un compte avec 86 000 followers !

Ici le but de l’entourloupe est clair : vendre les médicaments du protocole… mais élargi. Une véritable pharmacie : fenbendazole, ivermectine, mébendazole, vitamine B17, bleu de méthylène, etc.

Tout le Who’s who comme disait Audiard.

Le fraudeur n’accepte que les paiments en cryptomonnaies (et pour cause).

Quant au docteur William Makis (vivant au Canada), là on passe au stade industriel.

Répétons-le, il n’utilise que quatre moyens de communication :

-un compte X : https://x.com/MakisMedicine

-un compte Substack : makisw.substack.com

-une adresse email : info@makisw.com

-une chaîne Youtube : https://www.youtube.com/@makisw (qu’il commence tout juste à utiliser)

Makis compte pas moins de 632 000 followers sur X (pour son portrait, lire mon article ici).

Il jouit d’une surface médiatique bien plus large que celle de Joe Tippens… donc les fraudeurs s’adaptent, se mettent à l’échelle !

Sur Facebook, on dénombre ainsi une centaine de profils frauduleux reprenant le nom, les photos et le contenu publié par -le vrai- Makis.

L’un de ces faux comptes totalise 42 000 abonnés ! Et se paye même le luxe de proposer un compte de secours (avec 8 000 abonnés). Il fait également la promotion d’un site web pour vendre des produits ainsi que des consultations en ligne.

L’une des tactiques classiques pour tromper les lecteurs (et futurs clients) consiste à indiquer une adresse e-mail visuellement proche.

A l’époque, l’adresse officielle de Makis était :

makisw79@yahoo.com

Ce fraudeur a donc créé :

markisw79@yahoo.com

En lisant vite, ça semble identique (alors que lettre « r » ajoutée).

Une autre crapule avec 19 000 followers emploie la même technique :

Son adresse de courrier électronique : info@makisws.com

Ici, un « s » a été ajouté à la fin.

Méfiez-vous. L’arnaque est simple mais fonctionne très bien (la véritable adresse est : info@makisw.com)

Enfin, soulignons une autre méthode utilisée par les fraudeurs, moins visible et pourtant très efficace : la pêche aux poissons.

Des profils sur Facebook ou X qui semblent légitimes, parfois avec des titres (docteur, « nurse » etc.), et qui interviennent dans les nombreux groupes consacrés au cancer.

Ils postent des messages, écrivent par exemple qu’ils ont acheté leurs médicaments sur tel ou tel site ou chez tel ou tel praticien.

C’est du rabattage, lourdingue et grossier mais parfois réalisé de manière assez fine. Là encore, le but est de vous piéger sur des sites commerciaux.

Face à ces individus, vérifiez toujours la date de création de leur compte (une première indication) et le contenu de leurs messages précédents (trop de répétitions les trahit).

Attention : par définition, les fraudeurs changent EN PERMANENCE et s’adaptent. Si un compte est fermé, un autre voit le jour derrière.

En attendant, les plateformes qui étaient si rapides pour censurer tel ou tel contenu politiquement incorrect (on se souvient de la Terreur durant le Covid) montrent une étonnante apathie.

Les gens de Meta doivent bien savoir que Makis ne dispose pas de compte Facebook et que donc tous les comptes qui utilisent son nom et sa photo sont frauduleux. Même une IA de base pourrait faire une telle inférence.

On attend toujours un grand ménage.

Pour finir, nous devons aborder un angle encore plus sinistre : la fraude pour salir, pour discréditer, pour provoquer le chaos informationnel, pour perdre les gens dans un labyrinthe de doutes et de mensonges.

Un homme comme William Makis avec son demi million d’abonnés X, ses liens avec le surgeon general de l’état de Floride ou encore l’épouse du gouverneur (financement de programmes autour du cancer et de l’ivermectine), ses interview et surtout ses centaines de témoignages de cancéreux qui osent prendre du mébendazole/fenbendazole avec de l’ivermectine et dont l’état s’améliore… forcément… tout ceci le transforme en cible.

On ne s’attaque pas impunément à Big Cancer.

Makis affirme ainsi que les autorités de l’Alberta le harcèlent et créent des faux comptes sur les réseaux sociaux pour le discréditer.

Les machines qui produisent des centaines de fausses vidéos (par IA) sur Youtube singeant certains commentateurs politiques (on pense à l’ancien ministre grec des Finances, ou encore le géopoliticien américain John mearsheimer sans oublier le Français Emmanuel Todd)sont bien réelles (lire à ce sujet l’article de France Info).

Ces « psyops » existent et se multiplient.

Il n’y a aucune raison de penser que Big Cancer n’utiliserait pas de telles méthodes face à une menace existentielle.

Donc, amis onconautes, soyez vigilants. Sur vos gardes. A l’affût.

La connaissance (ou la vérité si vous préférez) a toujours un coût.

Personnel et collectif.