Une équipe chinoise vient d’identifier un nouveau composé d’isocoumarine, à partir du champignon endophyte Penicillium sclerotigenum (en association avec la plante médicinale chinoise Aconitum carmichaelii).
Nom de baptème ? Xicoreone.
Il possède une activié antibactérienne et antifongique (contre Candida albicans).
Rappel : les isocoumarines sont une famille de métabolites secondaires produits naturellement par divers organismes (dont des champignons, certaines plantes, des bactéries).
Vous allez me dire : ça nous fait une belle jambe. Et vous n’auriez pas tout à fait tort. 😉
Mais cette toute petite nouvelle démontre que nous n’avons pas complètement exploré -loin de là- le monde des champignons et des molécules qui leur sont associées.
Ces sous-produits occupent un très large spectre biochimique, des plus dangereux (mycotoxines) aux plus bénéfiques (pénicilline par exemple).
Les champignons forment un règne aussi vaste que fascinant. Ils sont en nous, sur nous, autour de nous et ont de multiples effets -directs et indirects- sur le fonctionnement du vivant.
Pour prendre la mesure de cet univers, je vous conseille le livre de Nicholas P. Money (2024) : Molds, Mushrooms, and Medicines: Our Lifelong Relationship with Fungi (pas encore traduit en français).
« Je parie que d’ici 2050 – et peut-être même plus tôt – nous aurons découvert que plus de 80 % des cancers humains sont d’origine infectieuse. Ce chiffre pourrait atteindre 95 %. En 1975, on estimait qu’il était nul. »
C’est grâce à ce pari que j’ai découvert le professeur de biologie (université de Louisville, Kentucky, Etats-Unis) et que j’ai lu son livre : Plague Time : the new germ theory of disease (publié en 2000 puis réédité en 2002).
Sa thèse ? De nombreuses maladies chroniques (dont les cancers, Alzheimer, etc.) seraient causées par des pathogènes.
Le mot « infection » évoque souvent un processus violent et rapide (une plaie qui s’infecte, un abcès dentaire, une grippe, une pneumonie, etc.). Mais derrière, il y a tout ce que nous ne voyons pas. Un lent travail de sape affaiblissant les défenses de l’organisme et qui pourrait provoquer sur le long terme des dégâts. Parfois irréparables.
Concentrons-nous sur le cancer.
Pour mettre le débat en perspective, rappelons que les infections (bactéries, virus, parasites) causent 1 cancer sur 5.
Parmi les micro-organismes responsables, citons la bactérie Helicobacter pylori (cancer de l’estomac) et le papillomavirus humain (cancer du col de l’utérus).
Le pari de Paul W. Ewald apparaît donc raisonnable.
Il a accepté de répondre à quelques questions. Je le remercie chaleureusement.
Né en 1953 à Evanston (Illinois), Paul W. Ewald publie son premier article scientifique en 1978. Cent quarante autres suivront au cours de sa carrière dont certains co-écrits avec son épouse, Holly A Swain Ewald (qui travaille également à l’université de Louisville).
Il se spécialise dans la biologie évolutionniste (ou évolutive). Cela recouvre les mécanismes qui transforment le vivant au fil des générations et des pressions, des conditions de l’environnement.
On n’en mesure pas les effets sur nous en tant qu’espèce à l’échelle d’une vie, mais dans le cas du cancer, l’effet est immédiat et – hélas – violent. Les cellules cancéreuses évoluent très vite et s’adaptent face aux traitements. Voilà ce qui provoque les « résistances ».
Rappelons que ce phénomène est inhérent aux produits cytotoxiques utilisés contre le cancer. Dès la première chimio dans les années 40 (tests effectués par les militaires américains) le constat était clair : destruction rapide des cellules cancéreuses (ça marche)…
Et après quelques semaines ou mois, elles réapparaissent, plus fortes, plus agressives. Le produit ne fonctionne plus. Il faut donc en changer.
De nombreux malades subissent les effets de cette évolution en mode accéléré avec les sinistres « changements de protocole ».
CD : 17 ans après, votre fameux pari tient-il toujours ?
P. W. E : Je persiste à croire que ce pari est judicieux. Une des grandes incertitudes est la réticence à accepter l’hypothèse d’une origine infectieuse du cancer chez ceux qui privilégient d’autres facteurs contributifs.
Les cancers humains d’origine infectieuse surviennent souvent en parallèle d’autres facteurs tels que les mutations induites par l’environnement. On tombe fréquemment dans le piège de penser que la mise en évidence d’un facteur contributif, comme le tabagisme par exemple, exclut la possibilité d’une cause infectieuse.
Concernant les champignons pathogènes et leur éventuel rôle dans l’oncogenèse, Paul W. Ewald reste prudent. Il distingue les facteurs certains (oncogènes) et les autres, plus flous (« aléatoires » dit-il).
P. W. E : Il est important de distinguer les agents pathogènes qui interfèrent spécifiquement avec les mécanismes de défense contre le cancer de ceux qui y contribuent de manière plus aléatoire. Ceux qui interfèrent précisément avec ces mécanismes méritent l’appellation d’agents pathogènes oncogènes.
Cette interférence peut être favorisée par la sélection naturelle car elle accroît la persistance productive de l’agent pathogène chez l’individu. La prévention des infections par ces agents pathogènes est très prometteuse pour la prévention des cancers associés.
Les agents pathogènes aux effets aléatoires peuvent contribuer au cancer en perturbant involontairement une fonction cellulaire qui protège la cellule du cancer ou en compromettant la capacité de l’organisme à combattre la maladie.
Ces modifications pourraient résulter de mutations induites par l’action de l’agent pathogène sur les voies biochimiques qui freinent, sans toutefois bloquer, la progression du cancer.
Les champignons associés au cancer contribuent probablement à ces actions aléatoires. Je me suis concentré sur les « agents pathogènes oncogènes », c’est-à-dire pour lesquels les interventions sont susceptibles d’être décisives. Je pense par exemple à la vaccination contre le papillomavirus humain, du dépistage des dons de sang pour détecter les virus de l’hépatite B et C ou encore du traitement antimicrobien pour prévenir le cancer de l’estomac.
Autre pathologie pour laquelle l’intuition de Paul W. Ewald semble se confirmer : Alzheimer. La thèse des plaques amyloïdes est en effet battue en brèche. Certaines études qui étayaient ce domaine de recherche se sont révélées frauduleuses.
Par ailleurs, on ne peut que constater l’échec des thérapies médicamenteuses basées sur la réduction de ces fameuses plaques (sur ce sujet, je vous conseille le remarquable livre de Charles Piller publié en 2025 : Doctored: Fraud, Arrogance, and Tragedy in the Quest to Cure Alzheimer, pas encore disponible en français).
P. W. E : L’état actuel de la recherche sur le peptide amyloïde bêta est confus. C’est la pagaille. Globalement, la littérature scientifique suggère une production accrue d’amyloïde bêta en réponse à une infection car ce peptide est un agent antimicrobien produit par le cerveau. Les lésions observées seraient donc principalement dues à des processus infectieux, l’effet direct du peptide amyloïde bêta étant relativement faible.
La recherche s’oriente désormais fortement vers l’hypothèse d’un rôle des infections dans la maladie d’Alzheimer. Cela repose sur des associations plus étroites avec certains agents pathogènes, notamment Porphyromonas gingivalis, le virus de l’herpès simplex de type 1 et Chlamydia pneumoniae.
Il s’explique également par les associations observées avec les vaccins contre la grippe et le virus varicelle-zona. Ces découvertes percolent de plus en plus dans la pratique médicale, en particulier en ce qui concerne la protection conférée par la vaccination.
The Immortal Life of Henrietta Lacks, Rebecca Skloot, 2010 (traduction française, Calmann-Lévy, 2011).
J’évoque « HeLa » dans le chapitre 11 (« Je est un autre ») de mon livre, au sujet des cellules cultivées pour la recherche médicale.
HeLa renvoie au nom Henrietta Lacks. Le labo qui effectua à l’époque le prélèvement avait pour habitude d’utiliser les 2 premières lettres du prénom et du nom du donneur pour l’étiquetage.
Cette mère de famille afro-américaine est décédée à Baltimore en 1951 d’un cancer de l’utérus foudroyant.
Mais depuis cette date, ses cellules se sont multipliées à l’infini, aux quatre points de la planète, dans de nombreux laboratoires.
C’était la première fois que des cellules d’un être humain pouvaient être ainsi cultivées en continu (en réalité cette idée ne résiste pas à l’épreuve du temps… 70 ans après, les cellules HeLa ne sont plus vraiment humaines, elles contiennent par exemple de 70 à 90 chromosomes).
Qu’est-ce qui a poussé une journaliste scientifique, moitié new-yorkaise, moitié du Midwest, à vouloir raconter la vie de cette femme née sur une plantation de tabac en Virginie et décédée en octobre 1951 ?
Un hasard ? Ou plutôt un appel ? Rebecca Skloot se souvient de l’année : 1988. C’est à ce moment que son prof de biologie au lycée explique le fonctionnement cellulaire et les progrès scientifiques rendus possibles par l’utilisation des cellules d’Henrietta Lacks.
Le prof précise alors : « Elle était une femme noire ». Puis efface le tableau noir. Fin du cours.
Elle se souvient également : son lycée ne comptait que 2 élèves afro-américains.
Skloot effectue ensuite des recherches. D’abord dans l’encyclopédie de ses parents. Aucune trace d’Henrietta Lacks. Puis quelques années plus tard, sur Internet. Pas grand chose non plus. C’est comme si l’origine des cellules HeLa avait été oubliée. Ou mise sous le boisseau ?
On ne peut pas comprendre ce livre si on n’intègre pas la dimension ethnique qui est l’un des angles suivis par l’auteur.
Quand Henrietta Lacks était soignée à l’hôpital de Baltimore, c’était encore le temps de la ségrégation. Elle était ainsi classée administrativement comme « colored » (un terme qui n’est bien sûr plus utilisé aujourd’hui).
Des Noirs-américains avaient subi des expériences médicales révoltantes (infection par la syphilis par exemple). C’était toléré durant la ségrégation. Ou plutôt, on fermait les yeux.
La question qui traverse l’ouvrage est : a-t-on forcé le consentement d’Henrietta Lacks parce qu’elle était afro-américaine ?
Et quid de sa famille ? A-t-on mis de côté les questions éthiques et les intérêts de la famille parce qu’ils étaient « colored » ?
Ces questions qui préoccupent l’auteur doivent être replacées dans le contexte américain (un lecteur français aura probablement du mal à comprendre).
Mais si finalement l’aspect financier l’emportait même sur la question ethnique ? Car HeLa est devenu un gros, un très gros business scientifique. La fille d’Henrietta Lacks le fait remarquer très justement : « pourquoi ses propres enfants ne peuvent même pas se payer leurs frais médicaux ? »
Cette fille, Deborah Lacks, née dans une famille très religieuse, a beaucoup souffert de cette idée -folle- selon laquelle sa maman vivait toujours, sous une certaine forme, dans des tubes à essais, des incubateurs et des congélateurs à travers le monde, des décennies après son décès.
Rebecca Skloot nous fait revivre cette Amérique des années 50 via un habile jeu de flashbacks. A ce sujet, une frise temporelle (très utile) est placée en tête de chaque chapitre et indique la décennie (puisque le récit s’étend depuis les années 1920 jusqu’au début du 21è siècle).
Les passages où elle décrit son long travail d’approche de la famille (difficile de gagner leur confiance), un véritable jeu de pistes, sont assez laborieux (pour moi en tant que lecteur), mais je comprends la démarche -ou la méthode- de Rebecca Skloot.
Elle suit la tradition du journalisme gonzo, c’est-à-dire qu’elle s’immerge dans son sujet, elle-même devenant un personnage de l’histoire (elle s’identifie manifestement à Deborah Lacks puis se prend d’amitié pour elle).
Pour conclure : ce livre explore un chapitre étonnant de l’histoire des sciences, les questions éthiques qui en découlent (comme par exemple le consentement) et décrit en filiagrane la société américaine et ses travers.
Motif de l’outrage ? Début janvier 2025, Joe Rogan accueille sur son podcast l’acteur et réalisateur Mel Gibson.
On estime que 60 millions de personnes ont regardé cette émission durant laquelle, horreur, malheur, Mel Gibson osa évoquer 3 amis atteints de cancer stade 4 qui se soignèrent avec… du fenbendazole et de l’ivermectine (extrait vidéo ici).
N’en jetez plus.
Comme disait l’autre : « quand les bornes sont franchies, il n’y a plus de limites. » 😉
Un an et demi plus tard, une équipe d’intrépides scientifiques se penchent donc sur cette dangereuse « désinformation médicale », comme ils disent, sur ce crime de lèse-majesté oncologique.
Et ?
Voici leur terrifiante découverte : sur une cohorte de 68,3 millions de patients aux Etats-Unis, le taux de prescription du couple ivermectine + benzimidazole du 1er janvier 2025 au 31 juillet 2025 (7 mois donc) a DOUBLE par rapport à la même période 2024 !
L’étude, selon les pratiques et canons américains, creuse ensuite l’analyse par groupe ethnique.
La Bête Immonde révèle alors son visage : ce sont les hommes blancs de 18 à 64 ans, vivants dans le sud du pays qui ont vu ce fameux taux de prescription augmenter le plus !
La boucle est bouclée. Et surtout la messe est dite.
Joe Rogan + Mel Gibson + mâles blancs sudistes de moins de 64 ans = rednecks = ploucs = dangereuse désinformation médicale.
Regardez ce graphique :
Les courbes (taux de prescription par 1 000 patients) explosent nettement à partir de début janvier 2025 pour le groupe général et le sous-groupe des cancéreux.
Le problème est que comme souvent -hélas- cette étude est farfelue.
PREMIERE ERREUR
Les auteurs définissent les benzimidazoles comme : « albendazole, fenbendazole, mébendazole et thiabendazole ».
Faux. Dans cette liste, le fenbendazole est un médicament vétérinaire (pas d’autorisation de la FDA pour l’homme).
Aucun médécin américain ne peut donc -en pratique- prescrire ce produit (beaucoup trop de risques légaux et outre-Atlantique on ne plaisante pas avec de tels risques).
DEUXIEME ERREUR
Les valeurs absolues sont soigneusement dissimulées.
Cela paraît fou mais si on connaît la cohorte générale (68 373 949 patients)… l’étude ne daigne pas donner le nombre de patients dans le sous-ensemble des cancéreux !
Elle n’indique que les calculs relatifs (afin de grossir l’effet).
En prenant la cohorte générale (68 373 949) et en appliquant les taux par 1 000 (en suivant les points sur le graphique) voici des totaux estimés au doigt mouillé :
– 11 620 prescriptions (de janvier à juillet 2024)
– 22 220 prescriptions (de janvier à juillet 2025)
😉
Une fois de plus, l’idéologie l’emporte sur la science.
Il est plus payant en terme de frissons d’écrire que « le nombre de prescriptions a doublé »… plutôt que « on passe d’un total de 11 000 à 22 000 prescriptions sur 7 mois dans un pays de 349 millions d’individus ».
On appelle cette pratique le « statactivisme » (un concept français mais son application est d’abord américaine).
Sa signification ? L’utilisation militante des statistisques…
Et cette pratique se généralise. Souvenez-vous : vous en avez été victimes avec les fameux vaccins « efficaces à 95 % » (lire l’analyse de ce piège grossier).
Cette idéologie dans l’idéologie infeste également l’économie (et pour cause, ce domaine regorge de statistiques).
Dans le cas présent, il ne s’agit pas de surestimer l’effet d’un médicament mais de surestimer la peur, en relayant dans les médias des messages angoissants.
Et le Jama n’en est hélas pas à son coup d’essai (voir cette autre étude absurde au sujet des thérapies alternatives face au cancer).
TROISIEME ERREUR
Quasiment tous les onconautes taisent les traitements alternatifs qu’ils prennent. Et nombre d’entre-eux achètent leurs produits dans des circuits parallèles (y compris les fillières vétérinaires dans le cas du fenbendazole et même de l’ivermectine).
Ils mentent par omission.
C’est une question de survie aux Etats-Unis, littéralement.
Le risque d’être exclu par son oncologue -et donc des assurances médicales- est très important ce qui revient ensuite à payer de sa poche tous les autres soins, examens complémentaires, imageries, etc.
Oui, le podcast de Joe Rogan a eu un effet important en termes de communication, c’est indéniable… mais cet effet et son amplitude ne peuvent pas se voir sérieusement dans les données officielles et la méthodologie utilisées par l’étude.
Remercions malgré tout les affidés de Big Pharma car une fois de plus ils mettent en avant le repositionnement des benzimidazoles carbamates et de l’ivermectine contre le cancer.
En voulant les dénigrer, ils en font la promotion.
Merci !
On appelle cela l’effet Streisand.
Nous pouvons le rebaptiser : l’effet Streisand-Jama.
Il y a d’un côté le monde merveilleux des essais cliniques organisés par les sociétés pharmaceutiques… Et de l’autre, le monde réel avec les malades qui subissent les traitements et leurs effets secondaires.
Et le monde réel est souvent assez sale : vomissement, diarrhée, douleurs, asthénie, anémie, constipation, immunosuppression, fièvre, troubles du sommeil, troubles cognitifs, toxicité cardiaque, insuffisance rénale… la liste est virtuellement sans fin.
Le monde merveilleux de Big Cancer utilise une échelle de toxicité de 1 à 5, de « léger » à la mort.
Mais cette échelle ne tient pas compte du ressenti des patients.
Exemple avec les vomissements (un grand classique des chimios puisque elles sont ultra toxiques par définition).
Grade 1 (léger) = 1 à 2 épisodes par 24 heures Grade 2 (modéré) = 3 à 5 épisodes par 24 h Grade 3 (sévère) = plus de 6 épisodes par 24 h
Le grade 1 peut être vécu de manière intolérable par les malades (par exemple vomir puissamment 2 fois par jour, chaque jour pendant x mois). Or, pour les sociétés pharmaceutiques, il s’agit d’un grade 1 (léger) donc pas de quoi en faire une montagne.
Cette échelle ignore -fort opportunément- la durée. Un effet secondaire considéré comme « léger » ou « modéré »… n’aura pas le même impact s’il dure 6 jours, 6 semaines ou 6 mois. C’est du bon sens.
Bref. Si les résultats des essais sont souvent manipulés, pardon enjolivés, la liste des effets secondaires et leur gravité bénéficient du même traitement… de faveur.
La plupart des essais cliniques repose sur une équation aussi simple qu’humaine : on surestime l’efficacité du produit et on sous-estime ses effets secondaires.
On peut approfondir le sujet grâce à une lettre ouverte d’un oncologue, le professeur Bishal Gyawali, publiée dans Nature Medicine, à l’occasion du congrès de l’Asco.
Gyawali avait déjà co-publié en 2018 une étude (122 tests cliniques de produits anticancéreux passés au crible) réclamant davantage de transparence dans la publication des effets secondaires.
Vous trouverez l’original (image) sur le compte X de l’auteur car bien entendu pour lire sa lettre dans Nature, il faut payer… 39,95 euros ! Il n’y a pas de petits profits pour Big Pharma.
Voici quelques passages traduits.
Au début de ma carrière d’oncologue, j’ai constaté un décalage important entre les effets secondaires décrits dans les protocoles et les effets secondaires observés dans la réalité lors des traitements contre le cancer.
[…] Lorsque j’ai dit à une patiente que les effets secondaires de ce médicament étaient censés être acceptables, elle a rétorqué : « Acceptables pour qui ? Pour moi, c’est inacceptable. » Ce fut une révélation.
[…] Les chercheurs ne demandent pas aux patients participant aux essais cliniques s’ils jugent les effets secondaires acceptables ou gérables. Les auteurs de l’essai, de manière subjective, se prononcent eux-mêmes sur ce point au nom des patients.
[…] Le véritable problème sous-jacent est cette culture qui privilégie la signification statistique à la pertinence clinique des médicaments. Cela permet l’approbation et le financement de médicaments qui améliorent la survie de 10 jours ou ralentissent la croissance tumorale de 3 jours à l’imagerie. Dans ce contexte, les discussions transparentes sur la qualité de vie des patients ou la toxicité des médicaments sont toujours reléguées au second plan.
[…] Toute modification du traitement visant à gérer les effets secondaires est perçue comme un abandon de la lutte (contre la maladie), tandis qu’un taux de réponse de 20 % dans un essai mené auprès de 40 patients est salué comme une percée.