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Farce et attrape

Et si Montesquieu organisait des essais cliniques ?

1748. Montesquieu publie De l’esprit des lois. Il théorise les principes d’équilibre des pouvoirs et de leur séparation.

Une citation-clé : « le pouvoir arrête le pouvoir ».

En filigrane de cette pensée : la nature humaine, immuable. « Tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser ». La solution ? Diviser le pouvoir de l’état en trois : législatif, exécutif et judiciaire.

Ce petit rappel historique nous permet près de 300 ans plus tard… de prendre conscience de l’obscénité de Big Pharma et de ses outils préférés, les « essais cliniques », présentés comme l’alpha et l’oméga de la raison et de la rigueur scientifique.

Résumons le fonctionnement de ce système :
-une société commerciale privée, ayant donc pour unique finalité le profit, souhaite commercialiser un nouveau médicament qu’elle a développé.

-elle va financer, organiser et piloter un essai clinique

-à l’issue, elle récolte et analyse SES résultats

-elle présente enfin « les » résultats (qui sont en réalité les siens) à une autorité de régulation, la FDA aux Etats-Unis

-laquelle est financée -pour une large partie- par les mêmes sociétés pharmaceutiques

-et dont les employés viennent souvent de Big Pharma ou le rejoindront à la fin de leur mandat (on appelle cela « revolving door », la porte tournante).

Depuis 1992, l’industrie pharmaceutique paye en effet à la FDA des « user fees ». Ils totalisent presque la moitié du budget de l’agence publique (3,32 milliards sur 6,87 milliards de dollars). Et même 70 % du budget pour l’évaluation des nouveaux médicaments.

Imaginez un prévenu qui paierait la moitié du salaire du juge chargé d’instruire son dossier…

La métaphore vous choque ? Sachez que TOUTES les grandes sociétés pharmaceutiques sont multi-délinquantes et multi-condamnées en justice.

Preuve :
https://violationtracker.goodjobsfirst.org/industry/pharmaceuticals

Il s’agit de facto d’un conflit d’intérêt, voire d’une forme de corruption légale.

Mais personne ne dit rien. Tout le monde fait semblant. C’est Mickey Mouse qui gambade avec Alice aux pays des merveilles.

Et les pseudos médecins continuent de louer ce système et ses fameux essais cliniques. Satisfaits. Béats.

Si Montesquieu pouvait rebâtir cette organisation, voilà ce que cela donnerait :
-l’entreprise privée finance l’essai clinique pour son médicament

-une structure indépendante conçoit, organise et suit le déroulement de l’essai

-à l’issue, une autre structure indépendante collecte et analyse les résultats

-le régulateur juge les résultats et donne ou non son autorisation

-avec évidemment interdiction absolue pour ses membres d’avoir exercé un mandat au sein d’une société pharmaceutique, idem pour le futur. La « porte tournante » serait ainsi définitivement fermée et remplacée par un mur. Très épais et très haut.

On me rétorquera qu’un tel processus serait lourd et lent.

Oui. Et alors ?

De nombreux essais cliniques aujourd’hui sont vaseux (voire parfois frauduleux) et débouchent sur des autorisations aberrantes données à des médicaments hors de prix avec un intérêt thérapeutique faible voire nul.

A part, bien sûr, un intérêt sonnant et trébuchant.

On gagnerait en qualité ce que l’on perdrait en quantité.

Cette petite fable n’a pas la prétention de changer le système. Ne soyons pas naïfs. Mais elle devrait vous convaincre de refuser l’inacceptable.

Ensuite, du principe de contre-pouvoir chez Montesquieu, on peut en dériver celui de compétition.

C’est ce que je développe au sujet de la Chine dans mon livre. Je parie en effet sur la compétition géopolitique dans laquelle la superpuissance asiatique pourrait neutraliser Big Pharma (qui reste d’essence occidentale).

Soif de revanche (pour effacer « le siècle d’humiliation » selon l’expression utilisée en Chine), recherche de prestige scientifique ou simple volonté de sauver sa peau face au crabe, les motivations importent peu : seul le résultat compte.

« Les États n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts » (citation attribuée à De Gaulle).

Voilà un levier qui pourrait nous permettre de briser l’emprise de Big Cancer.

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Farce et attrape

Scoop : « La médecine alternative réduit l’espérance de vie des cancéreux »

La Science a parlé ! Une vaste étude publiée dans le JAMA Network Open (groupe JAMA), début mars, démontre que la « médecine alternative, a la place des thérapies conventionnelles, pourrait être associée à une réduction de la survie chez les femmes atteintes d’un cancer du sein ».

Lien : https://jamanetwork.com/journals/jamanetworkopen/fullarticle/2845669

Immédiatement la presse magazine s’en donne à coeur joie et remue la queue : « Cancer du sein : les médecines alternatives multiplient par 4 votre risque de décès, selon une étude géante ».

Sueurs froides…

Vous vous doutez bien qu’il y a un os. Et un gros. ,-)

C’est de la pataphysique. Cette étude est loufoque et la relayer, sans la lire, est une insulte à l’intelligence.

Démonstration.

L’étude porte sur 2 169 202 femmes au total, diagnostiquées de 2011 à 2021. La cohorte est donc massive.

Sur ce total, combien de femmes ont utilisé exclusivement les thérapies conventionnelles (chirurgie, chimiothérapie, radiothérapie, immunothérapie, hormonothérapie) ?

2 106 665, soit 97,6 %.

Et combien de malades ont utilisé exclusivement des « médecines alternatives » ? Essayez de deviner… 😉

273.

Aucune faute de frappe : deux cent soixante-treize. Soit une poussière de pourcentage.

On répète pour bien marquer les esprits :
A ma gauche, culotte dorée, 2 106 665 femmes. Les gens raisonnables, intelligents, éduqués.

A ma droite, maillot noir avec de nombreuses taches de gras, 273 illuminées voire débiles mentales.

Qui peut prétendre que ce délire statistique a la moindre valeur scientifique ?

Les auteurs -eux-mêmes- reconnaissent honteusement l’arnaque : « lack of power for significant head-to-head comparisons due to the small sample sizes ».

Mais ce n’est pas fini ! Il y a pire.

C’est quoi au juste les « médecines alternatives » ? Comment les auteurs de ce torchon les définissent-ils ? Après tout, la question est fondamentale.

Ces 273 pauvres femmes égarées ont utilisé quoi concrètement, ont fait quoi concrètement contre leur cancer ?

Des bains de boue ? Des lentilles bio au petit-déjeûner ? Du yoga ? L’apprentissage du sexe tantrique afin d’ouvrir les shakras médicinaux ? Du chocolat noir 80 % à chaque repas ? Quelques prises de MDMA ? Sniffer du tabac brun ? Des infusions de fientes de pigeon et de pétales de rose ? La méditation indonésienne ? La musculation pakistanaise ? Voire la toupie espagnole (exercice qui renforce le système immunitaire, ah ? vous ne saviez pas ?)

Ou alors des molécules repositionnées sérieuses, comme le fenbendazole/mébendazole ? De l’ivermectine ? Un traitement de fond métabolique ?

Voici la définition donnée par les auteurs : « therapy administered by nonmedical personnel ». Traduction : tout qui est fait/administré par des personnels non médicaux…

Ici, le gag devient une supernova dans le ciel du grotesque.

Moralité : il faut toujours lire et mettre en perspective les fameuses « études » que les crétins, les stipendiés de Big Cancer ainsi que les journalistes vous opposent avec componction, prenant l’air sérieux des sachants et des savants (alors que vous, vous n’êtes qu’un gueux, intellectuellement proche d’un mollusque, voire d’une plante verte).

Qu’une publication aussi prestigieuse que le JAMA Network Open (membre du réseau Journal of the American Medical Association) soit complice en dit long sur l’affaiblissement cognitif de l’industrie des publications scientifiques.

Et surtout : sur sa corruption.

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Farce et attrape Sein

Excentricité britannique : « la mortalité du cancer du sein a chuté de 41 % »

La presse britannique titre en gros : la mortalité par cancer du sein a chuté de 41 % entre 1970 et 2023.

« Cela signifie qu’il y a maintenant 30 décès par cancer du sein pour 100 000 personnes au Royaume-Uni, contre 52 pour 100 000 en 1971, selon Cancer Research UK. »

Fichtre !

Allons à la source de ces chiffres. Le graphique d’abord :

Nous avons donc un taux de mortalité pour 100 000 femmes (taux standardisé selon l’âge) avec comme cause de décès le code C50 (cancer sein), par tranche d’âge, de 1971 à 2023.

Il faut regarder la colonne ASR (Age-Standardized Rate) dans le tableau (téléchargeable sur le site). Rappel : pour comparer une population sur un temps long il est essentiel d’utiliser ce traitement statistique car la population vieillit et le cancer est corrélé au vieillissement (des taux bruts seraient donc trompeurs).

Prenons la tranche d’âge 50-64 ans.

En 1971-73 : 84,23. En 2020-21 : 36,68.

Nous obtenons bien une chute de 56 % !

Alors miracle ? Le cancer du sein chez les femmes mûres, c’est (presque) fini ?

Vous vous doutez bien que cela n’est pas si simple.

Ces données peuvent souffrir de très nombreux biais et surtout entraîner de mauvaises interprétations (chatGPT peut vous fournir une liste).

Autre problème : les données avec le C50. Il s’agit d’un système (ICD-10) adopté au Royaume-Uni en 2001. Avant, les codes étaient différents. L’organisme qui a produit ces statistiques a donc converti des données antérieures.

Mais sur le fond, comment coder un décès par cancer ?

Je vous donne un cas réel. Femme diagnostiquée cancer sein en 1999. Métastases osseuses fin 2019. Décédée à son domicile en 2020, à l’âge de 81 ans.

Quel code sera choisi par le médecin qui établit le certificat de décès ? Cancer du sein (C50) ? Cancer des os (C40) ? Un autre code ?

Qu’est-ce qui tue, concrètement, une personne ? Le cancer ? Lequel ? Tumeurs primaires ? Secondaires ? Un arrêt cardiaque provoqué par une surdose d’opiacé ? Les organes qui lâchent ? Une pneumonie foudroyante qui profite d’un organisme ravagé par les chimios et les rayons ionisants ?

Ce problème de définition n’a rien d’anecdotique.

Durant la crise du Covid, le Royaume-Uni a utilisé pas moins de quatorze définitions différentes pour les décès provoqués par le virus (ou liés à icelui…).

Source : https://www.telegraph.co.uk/news/2022/03/19/covid-deaths-impossible-calculate-authorities-used-14-different/

Voici quelques exemples de cette créativité médicale : « Covid sous-jacent », « dû au Covid », « impliquant le Covid » et « décédé dans les 28 ou 60 jours suivant un test positif ».

Quelle que soit la cause réelle du décès, si le malheureux avait eu un test positif dans les derniers 28 jours (voire même 60 !)… alors on pouvait le déclarer « mort du Covid ».

Cela vous paraît aberrant aujourd’hui ? Sans doute. Mais pas en 2020.

Difficile d’oublier qu’une chute d’un échaffaudage, des accidents de la circulation et même des fusillades furent aussi classés en « morts du Covid ».

En France, nous avons eu un cas célèbre. Le 21 mars 2020, la Dépêche du Midi annonçait fièrement :

« Coronavirus : un premier décès dans le Tarn-et-Garonne ».

On imagine la joie des journalistes en mode Tour de France et maillot jaune.

En réalité, l’homme (âge non précisé) avait été victime d’une grave chute à son domicile. Traumatisme crânien !

Lien : https://www.ladepeche.fr/2020/03/21/tarn-et-garonne-covid-19-le-premier-deces-est-confirme,8812877.php

Rétrospectivement, on se pince. Comment avons-nous pu être à ce point crédules ?

Pour en revenir au Royaume-Uni et au crabe, des données récentes (étude de 2025) indiquent pour l’Union Européenne, une baisse de la mortalité du cancer du sein de «30 % depuis 1990 ». Les données britanniques (le tableau évoqué plus haut) montrent une chute de 46,7 % dans le même intervalle.

Il y a semble-t-il chez nos amis outre-Manche une forme d’enthousiasme numérique un peu trop excessif…

Dans un prochain article, et pour rester dans le même thème, nous parlerons du nombre de cas en France (et donc des calculs d’incidence et du piège de leur comparaison sur le temps long ou entre pays différents).

Vous pensez que l’on dénombre chaque nouveau cas de cancer et que tout est dûment enregistré dans une base de données nationale ?

Après tout à l’heure des réseaux, des ordinateurs surpuissants, de l’intelligence artificielle, c’est facile, non ?

Il n’en est rien.

On utilise des registres locaux (quelques uns)… Et ensuite on extrapole. On fait des modèles mathématiques.

Je vous laisse imaginer les fantaisies et autres « licence poétique» qu’un tel système peut engrendrer.

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Benzimidazoles Farce et attrape

Fenbendazole : propagande à la BBC et la Voix du Nord

Je signale un véritable morceau de choix commis par la BBC (la radio-télévision publique britannique).

Lien : https://www.bbc.com/news/articles/ckgjn7z7v04o

Un cancéreux de 45 ans est mort le 29 avril 2024, après avoir pris du fenbendazole pendant 3 semaines et demi (avant d’être hospitalisé).

Cause du décès? Insuffisance rénale, lésion hépatique aiguë… Provoqués par le fenbendazole, bien entendu.

Le pauvre bougre, forcément, avait lu des sottises sur Internet (comme d’habitude).

Un médecin de service rappelle ainsi le dogme :

« Il n’existe pas de bénéfice prouvé à la prise de fenbendazole pour traiter le cancer chez les humains ».

Cet article reprend tous les codes et les astuces du « hit piece« , c’est-à-dire d’une opération médiatique conçue pour attaquer une pratique, une molécule, un individu, un groupe d’individus (nombreux exemples lors du Covid).

Rappelons les faits et non les conclusions orientées de la BBC :

-l’homme était alcoolique (cirrhose !)

-il utilisait en plus des drogues (« history of drug and excess alcohol use« )

-il acheté du fenbendazole à un fournisseur basé en Ukraine (!!!!)

Quand la tragédie vire à la farce.

Finissons sur un mensonge -par ommission- de la BBC : quid du cancer ?

Le médecin cité dans l’article fait pourtant explicitement le lien.

L’homme a acheté le produit « en raison de plusieurs vidéos sur les réseaux sociaux affirmant qu’il avait des propriétés anticancéreuses.« 

Donc il souffrait d’un cancer.

Mais étrangement aucun détail. Quel organe ? Quel type ? Quel stade ? On fait comme si cet homme n’était pas cancéreux (en plus d’avoir le foie endommagé par son alcoolisme).

Autre question fondamentale : la dose totale. Cet homme a pris quelle quantité du « fenbendazole » ukrainien en 3 semaines et demi ?

Autre piège : le produit ukrainien a-t-il été analysé ? Non, bien entendu. Ce serait trop simple.

Mais ce n’est pas fini.

Cette affaire remonte à avril 2024. On trouve une première mention dans les médias en octobre 2024.

Pourquoi donc la BBC mais également la Voix du Nord parlent de cette affaire aujourd’hui, le 2 août 2025 ?

Car oui, la Voix du Nord saute dans le train en reprenant l’article de la BCC et en insistant lourdement (c’est une constante) sur les « animaux » :

Titre : « Il prenait un traitement destiné aux animaux pour guérir son cancer : un Anglais est décédé après avoir pris du fenbendazole »

Le quotidien français passe même une seconde couche en reliant ce décès à… Joe Tippens (voir le chapitre 17 de mon livre, « l’Américain qui ne veut (toujours) pas mourir« ).

La boucle est ainsi bouclée.

Lien : https://www.lavoixdunord.fr/1611991/article/2025-08-02/il-prenait-un-traitement-destine-aux-animaux-pour-guerir-son-cancer-un-anglais

PS : les deux plus gros tirages de la presse britannique ont ensuite pris le relai, avec successivement le DailyMail et le Sun.