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Ivermectine contre tumeurs : il y a 25 ans déjà au Japon

Mitsuto Matsumoto.

Mars 2000. Des Japonais déposent un brevet intitulé « Formulated agent for local injection« .

Lien : https://patents.google.com/patent/JP2001253824A/en

(version US ici)

L’idée ? Une solution contenant un tiers d’ivermectine (marque Ivomec avec une concentration de 10 mg/mL) et deux tiers d’éthanol (à 70 %) injectée localement pour traiter des tumeurs malignes chez des mammifères (« humains inclus » précisent les auteurs).

En 2003, ils modifient le brevet, avec l’ajout de deux autres produits (testés séparément) : L-théanine (acide aminé que l’on trouve principalement dans les feuilles de thé vert) et chlorhydrate de pyridoxine (vitamine B6).

Le trio est constitué de Mitsuto Matsumoto, de son fils Hirohiko (tous les 2 vétérinaires) et du beau-fils, Hisatake Ishikawa qui est -lui- gynécologue-obstétricien. Ce dernier aide pour la rédaction et la recherche documentaire mais ne participe pas aux expériences.

Le brevet présente des résultats remarquables sur 12 chiens et 1 chat, avec des tumeurs différentes. Mitsuto Matsumoto était « fier du traitement« , se souvient Hisatake Ishikawa.

Exemple : guérison complète pour une femelle de 13 kilos souffrant d’un adénome mammaire (1 injection par mois pendant 3 mois) et d’un mélanome (1 injection).

Mais attention. L’alcool éthylique pur possède un effet cytotoxique (il provoque la déshydratation et la nécrose des cellules).

A tel point que ce fut le « standard of care » pour les petites lésions de carcinome hépatocellulaire chez l’homme !

La procédure s’appelle « injection percutanée d’éthanol » (IPE) ou « alcoolisation » (elle a tendance à être remplacée de nos jours par des traitements thermiques, ablation par radiofréquence, etc. ). Mais demeure encore utilisée (et même pour des indications différentes, lire ici), y compris sur des chiens.

Difficile donc de faire la part des choses entre l’effet de l’éthanol et celui de l’ivermectine. Les auteurs du brevet ne s’en cachent pas. Ils ont choisi l’alcool éthylique précisement pour sa cytotoxicité, ils parlent même de « choix optimal« . Ils semblaient parier sur un effet synergétique.

Entre temps, les Matsumoto père et fils affinent leur méthode, le premier dans sa propre clinique à Tiryuu (Aichi), le second dans un centre médical à Yoshikawa (préfecture de Saitama)

Cette fois, ils utilisent 2 solutions combinées (ivermectine et L-théanine, toujours diluées dans de l’éthanol) dans laquelle ils ajoutent ensuite du chlorhydrate de pyridoxine.

En 2007, ils publient au Japon un article qui présente 3 cas de chiens souffrant de mastocytomes (tumeur canine la plus fréquente) et traités avec ce triple mélange. Leur hypothèse ? Une synergie entre les 3 produits via la voie glutamate → GABA.

Lien : https://cir.nii.ac.jp/crid/1521136280378514560 (voir ci-dessous pour l’article original et la traduction).

Cette hypothèse ne sera pas validée ensuite (l’ivermectine agit différemment sur les cellules cancéreuses). Et les recherches ont montré que GABA dépendait du contexte : parfois pro-tumoral, parfois antiprolifératif.

En 2011, Mitsuto Matsumoto perd son fils, Hirohiko, emporté par une hémorragie cérébrale à l’âge de 45 ans. En 2016, il décède, âgé de 88 ans.

Quant à Hisatake Ishikawa, 68 ans aujourd’hui, il travaille toujours à l’hôpital Nagoya Memorial, dans la préfecture d’Aichi (côte centrale de l’île de Honshū).

J’ai demandé à H. Ishikawa comment son beau-père avait eu l’idée à l’époque de tester l’ivermectine en injection locale.

Je suppose qu’il connaissait l’effet antitumoral de l’ivermectine grâce à une revue scientifique japonaise. Il était en effet abonné au Kagaku-Asahi [un journal mensuel scientifique] et connaissait l’ivermectine comme médicament contre la dirofilariose canine.

Il ajoute : « Mon beau-père me disait que de nombreux chiens traités à l’ivermectine avaient atteint une RC [réponse complète] ou une RP [réponse partielle]« .

Alors pourquoi aujourd’hui déterrer ce brevet et l’article qui a suivi en 2007 ?

Parce que cela s’inscrit dans un continuum scientifique et expérimental : l’ivermectine n’a pas vu le jour durant le Covid (on se souvient des nombreuses polémiques dont l’infâmante campagne de la FDA « vous n’êtes pas un cheval, ni une vache« ). On étudie ses propriétés anticancéreuses depuis longtemps.

Je crois à l’intérêt de cette forme d' »archéologie » scientifique (lire mon dossier sur les brevets autour des benzimidazoles, des antifongiques, les interviews de Simon Yu ou encore Paul Ewald)…

En effet, depuis des décennies, des chercheurs et des médecins travaillent partout dans le monde, suivent leurs intuitions et découvrent des pistes intéressantes, bref font avancer la science.

Mais on ne les écoute pas.

Pire : on ne sait même pas qu’ils existent.

Big Cancer instrumentalise très bien cette amnésie collective, cette invisibilisation…

Notons qu’en 2019 (donc avant l’hystérie du Covid), une équipe chinoise publia une étude : « L’ivermectine inhibe la croissance des tumeurs mammaires canines en régulant la progression du cycle cellulaire et la voie de signalisation WNT. »

En février 2026, j’interviewai Jean-Yves Gauchet, vétérinaire à Toulouse, qui lui aussi utilise l’ivermectine et le fenbendazole sur des tumeurs animales.

Lien : https://onconautes.com/2026/02/05/cancer-le-veterinaire-qui-murmure-a-loreille-des-chiens/

Bref, Mitsuto Matsumoto et son fils ont bien été les premiers à expérimenter, déposer un brevet et publier sur ce sujet…. Il y a plus d’un quart de siècle !

(pour l’historique des recherches sur les propriétés antitumorales de l’ivermectine, je vous renvoie au chapitre 19 de mon livre)

cdubuit@onconautes.com


ADDENDUM

Article de 2007, version originale en japonais, fichier PDF : https://onconautes.com/wp-content/uploads/2026/08/article_japon_2007.pdf

Voici la traduction :

Effet antitumoral de l’administration locale d’une préparation contenant de l’ivermectine et de la théanine sur les mastocytomes du chien

Article de cas clinique

Mitsukazu Matsumoto¹, Naotake Ishikawa², Hirohiko Matsumoto³

Clinique vétérinaire de Chiryu
(〒472-0025, Chiryu, préfecture d’Aichi, Ikebata 3-57-9)
Hôpital commémoratif de Nagoya
(〒468-8520, Nagoya, arrondissement de Tempaku, Hirabari 4-305)
Centre de santé publique de Yoshikawa, préfecture de Saitama
(〒342-0041, Yoshikawa, préfecture de Saitama, Ho 543-1)
Résumé

Une préparation injectable contenant de l’ivermectine et de la théanine a été administrée localement dans des mastocytomes chez des chiens. Une réduction importante de la taille des tumeurs ainsi qu’une réponse partielle ont été observées. Les auteurs concluent que la préparation contenant de l’ivermectine et de la théanine présentait un effet antitumoral.

Mots-clés : ivermectine, L-théanine, mastocytome, chien

Introduction

Le mastocytome est l’une des tumeurs cutanées les plus fréquemment rencontrées chez le chien et constitue l’une des maladies difficiles à traiter (réf. 1).

En général, le traitement consiste en une exérèse chirurgicale avec une large marge, mais de nombreux cas présentent une récidive après l’intervention. De plus, selon la localisation de la tumeur, il n’est parfois pas possible de prendre une marge suffisamment large ; une radiothérapie ou une chimiothérapie est alors associée au traitement (réf. 2).

L’ivermectine possède une forte affinité pour les canaux ioniques Cl⁻ dépendants du glutamate, qui sont impliqués dans la transmission nerveuse des invertébrés, et elle tue les parasites par son action sur ces canaux. Il a toutefois été rapporté que l’ivermectine possède également un effet inhibiteur de la prolifération des cellules tumorales (réf. 3).

La théanine, quant à elle, entre en compétition avec le glutamate, se lie au transporteur du glutamate, réduit l’entrée du glutamate dans les cellules et aurait pour effet de prolonger l’action des médicaments anticancéreux (réf. 4).

Le chlorhydrate de pyridoxine (vitamine B6) agit comme coenzyme lors de la synthèse du GABA à partir du glutamate.

Dans le présent travail, les auteurs ont essayé d’administrer directement et de façon répétée dans les tumeurs d’un chien diagnostiqué comme souffrant d’un mastocytome une préparation élaborée au laboratoire contenant de l’ivermectine, de la théanine et du chlorhydrate de pyridoxine. Une réduction importante de la tumeur et une réponse partielle ayant été observées, ils rapportent ici leurs résultats.

Méthodes

  1. Médicaments utilisés

Une solution composée d’ivermectine (Merial Japan), d’éthanol à 70 % et d’eau distillée, mélangés dans les proportions 2:19:19, a été utilisée comme préparation A.

La concentration obtenue était de 0,5 mg/ml d’ivermectine.

Une solution composée de L-théanine (γ-L-glutamyléthylamide) (Taiyo Kagaku KK), d’éthanol à 70 % et d’eau distillée, mélangés dans les proportions 1:10:10, a été utilisée comme préparation B.

La concentration était de 0,05 g/ml de L-théanine.

Enfin, du chlorhydrate de pyridoxine (10 mg/ml), la préparation A et la préparation B ont été mélangés dans les proportions 1:1:0,5 afin d’obtenir la préparation C.

  1. Classification des mastocytomes

Pour le grading des mastocytomes chez les chiens étudiés, les auteurs ont utilisé un système de stadification clinique (réf. 5).

  1. Évaluation de l’efficacité

Après l’administration du médicament, la réduction locale de la tumeur a été observée au cours du temps, parallèlement à l’observation des signes cliniques.

Cas cliniques
Cas 1

Chien croisé, mâle, 9 ans, 27 kg.

Le propriétaire avait laissé sans traitement pendant deux ans une tumeur située sur la peau de l’aine.

Le traitement a commencé le 15 mai 2002.

La tumeur mesurait 3,5 × 4,7 × 3,1 cm, pour un volume indiqué de 26,7.

Une chirurgie d’exérèse a été réalisée et l’examen cytologique par ponction à l’aiguille fine a conduit au diagnostic de mastocytome (stade IV).

Il existait également :

une masse au niveau de la partie proximale de la cuisse gauche, de 5,0 × 6,0 × 3,0 cm, volume 87,1 (Photo 1) ;
une masse située à 3 cm sous la colonne vertébrale dans la région céphalique gauche, mesurant 3,2 × 2,5 × 2,5 cm, volume 10,5.

Sans recourir à une méthode chirurgicale, la préparation C a été injectée localement à raison de 5,0 ml dans la première masse et 3,0 ml dans la seconde, à deux reprises, à 15 jours d’intervalle.

45 jours après le début du traitement, la première tumeur avait diminué jusqu’à environ 1/7 de sa taille initiale, correspondant à une réponse partielle (PR).

La seconde tumeur avait diminué d’environ moitié, également classée comme réponse partielle (PR).

Cependant, le propriétaire a demandé l’arrêt du traitement le 31 juillet.

Lors de l’examen du 21 août, il a été constaté qu’en peu de temps des métastases s’étaient développées dans 10 sites de l’ensemble du corps, notamment au-dessus de l’œil gauche.

Le principal signe clinique était la survenue fréquente de vomissements.

Le chien est mort le 29 août.

Cas 2

Golden Retriever, mâle, 9 ans, 40 kg.

Le traitement a commencé le 11 juin 2001.

Il existait :

sur la face externe de la partie proximale de la cuisse droite, une tumeur de 3,6 × 3,6 × 3,6 cm, volume 24,4 (Photo 2) ;
au sommet du crâne, une tumeur de 2,8 × 2,8 × 2,0 cm, volume 8,2.

Une préparation obtenue en mélangeant à parts égales les préparations A et B a été injectée localement :

2,0 ml dans la tumeur de la cuisse ;
1,0 ml dans la tumeur du sommet du crâne ;

à environ 15 jours d’intervalle, trois fois.

32 jours après le début du traitement, la tumeur de la cuisse avait diminué à 3,0 × 3,0 × 3,0 cm, volume 14,1. Les auteurs l’ont classée SD, c’est-à-dire sans progression / maladie stable.

La tumeur du sommet du crâne a diminué puis a complètement disparu.

La tumeur de la cuisse, après diminution, s’est indurée et l’injection du médicament est devenue difficile. Après 120 jours, sa taille ne changeait plus et elle présentait donc une tendance à la stabilité prolongée.

Elle a finalement été retirée par intervention chirurgicale selon la procédure habituelle.

L’examen histopathologique réalisé ensuite a confirmé un mastocytome (stade IV).

Par la suite, aucune récidive n’a été observée.

Cas 3

Shetland Sheepdog, femelle, 8 ans, 15 kg.

Deux mastocytomes étaient apparus autour de l’articulation du genou gauche du membre postérieur. Ils étaient classés stade IV et avaient été largement réséqués.

Par la suite, les tumeurs ont récidivé :

à environ 1 cm à gauche de la colonne cervicale, une masse de 0,7 × 0,7 × 0,7 cm, volume 0,18 ;
au niveau de l’articulation du genou gauche, une masse de 1,0 × 1,0 × 1,0 cm, volume 1,04.

Le traitement a commencé le 15 mai 2002.

Un mélange à parts égales des préparations A et B a été injecté localement :

0,4 ml dans la première tumeur ;
0,8 ml dans la tumeur du genou ;

à environ un mois d’intervalle, trois fois.

79 jours après le début du traitement, les deux tumeurs avaient diminué puis complètement disparu (Photos 3 et 4).

Dans les trois cas décrits ci-dessus, afin d’éviter les saignements, l’aiguille était introduite dans une zone de peau saine située à 2 cm de la tumeur, puis passée à travers le tissu sous-cutané afin d’être introduite dans le parenchyme tumoral, où le produit était réparti par injection locale.

Effets indésirables

Lors de l’observation des paramètres cliniques généraux pendant le traitement, aucun signe considéré comme un effet indésirable n’a été identifié.

Discussion

Dans cette étude, les auteurs ont préparé eux-mêmes une formulation contenant de l’ivermectine, de la théanine et de la pyridoxine (vitamine B6), cette dernière étant un coenzyme de la synthèse du GABA, et l’ont administrée directement et de manière répétée dans les mastocytomes de chiens présentant des cas cliniques. Ils ont observé une réduction importante des tumeurs ainsi que des réponses partielles.

Le mastocytome est une tumeur extrêmement variable, présentant une forte capacité métastatique, et doit en principe être traité en considérant tous les cas comme malins (réf. 5).

Lors de l’exérèse chirurgicale d’un mastocytome, il est nécessaire de prendre une marge d’au moins 3 cm (réf. 2), mais il existe des situations dans lesquelles une marge aussi large ne peut pas être obtenue.

Les cas traités dans cette étude étaient des mastocytomes considérés comme susceptibles de récidiver ou difficiles à traiter. Les auteurs appliquent ici les effets anticancéreux moléculaires de substances associées à la transmission nerveuse.

Le glutamate est l’un des neurotransmetteurs. Il est converti en GABA par la glutamate décarboxylase (GAD), et la pyridoxine (vitamine B6) agit comme coenzyme dans ce processus.

L’ivermectine, qui est un antiparasitaire majeur utilisé contre les parasites internes, se lie spécifiquement aux canaux ioniques Cl⁻ activés par le glutamate. Elle augmente ainsi la perméabilité de la membrane cellulaire aux ions Cl⁻, provoquant une hyperpolarisation des cellules nerveuses ou musculaires, ce qui entraîne la paralysie puis la mort du parasite (Fig. 1, réf. 6, 7).

Ces dernières années, il a été rapporté que le GABA, le glutamate et la glutamate décarboxylase (GAD) sont présents à forte concentration dans différents tissus tumoraux (réf. 8, 9).

Une explication proposée à la forte présence de glutamate dans les tumeurs est que le GABA produit pourrait inhiber la prolifération tumorale (réf. 10).

Le GABA posséderait également un effet inhibiteur sur les métastases des cellules tumorales, une diminution de la concentration intracellulaire d’AMP cyclique (cAMP) via le récepteur du GABA constituant l’un des mécanismes envisagés (réf. 11).

Il aurait en outre été démontré qu’un analogue du récepteur du GABA inhibe la synthèse d’ADN de facteurs de croissance associés à la prolifération des cellules cancéreuses (réf. 12).

Suite de la discussion

Si les cellules tumorales possèdent des récepteurs au glutamate, l’ivermectine pourrait empêcher la liaison au glutamate, provoquer une hyperpolarisation des cellules tumorales et éventuellement entraîner leur mort. Toutefois, l’existence de tels récepteurs n’a pas été démontrée chez les mammifères.

Néanmoins, il a été rapporté que l’ivermectine possède un effet inhibiteur sélectif sur la prolifération des cellules tumorales (réf. 3), de sorte qu’un mécanisme d’action directe de cette nature pourrait expliquer les résultats observés ici.

Il a également été rapporté que l’ivermectine se lie, quoique faiblement, aux canaux ioniques Cl⁻ du GABA. Dans le cas d’une administration locale telle que celle utilisée dans cette étude, il resterait donc possible qu’il s’agisse d’un mécanisme d’action efficace.

Sur le plan de la structure moléculaire, l’ivermectine est un composé comportant un grand cycle lactone. Les auteurs estiment que sa transformation impliquant la γ-lactone et l’acide γ-hydroxycarboxylique, dans des processus de déshydratation et d’hydrolyse, présente une relation de similarité structurelle qui permettrait de la considérer comme pouvant devenir un constituant du GABA.

Le glutamate, neurotransmetteur excitateur, voit sa nature changer pour devenir celle du GABA, neurotransmetteur inhibiteur, sous l’action de la pyridoxine (vitamine B6) et de la glutamate décarboxylase (GAD).

Selon les auteurs, si une grande quantité de GABA ainsi synthétisé était présente dans l’organisme, le glutamate libéré dans les synapses nerveuses resterait lui aussi en grande quantité et pendant longtemps dans l’espace intercellulaire, ce qui provoquerait, comme on le sait, un effet neurotoxique et pourrait entraîner la mort des cellules nerveuses par apoptose (réf. 13).

La théanine, substance responsable de la saveur umami et abondante dans le thé vert, est un dérivé du glutamate. Elle inhibe le transporteur du glutamate et réduit ainsi la recapture du glutamate.

À partir du glutamate sont synthétisées des substances de conjugaison de certains médicaments ; la diminution du glutamate aurait pour conséquence de faire séjourner plus longtemps les agents anticancéreux dans les cellules tumorales, renforçant ainsi leur action (réf. 4).

D’un autre côté, la théanine est transformée en glutamate dans les cellules ; elle pourrait donc également provoquer un état d’excès de glutamate intracellulaire.

Comme aucun agent anticancéreux n’a été utilisé dans la présente étude, les auteurs pensent que ce dernier mécanisme pourrait avoir augmenté l’apport de glutamate dans les tissus tumoraux et ainsi fourni davantage de substrat à la production de GABA.

De plus, le chlorhydrate de pyridoxine, en tant que vitamine B6, agit comme coenzyme de la glutamate décarboxylase et favorise la conversion du glutamate en GABA. Les auteurs estiment donc qu’il pourrait produire un effet additif ou synergique avec la théanine.

Ainsi, les auteurs ont discuté de la possibilité que la réduction et la disparition des tumeurs observées puissent être liées à une thérapie moléculaire locale ciblant la voie métabolique du système de signalisation du glutamate conduisant au GABA, voie dans laquelle interviennent le glutamate, la GAD et son coenzyme, la pyridoxine (vitamine B6) (Fig. 2).

Autres considérations mécanistiques

Plus récemment, des traitements moléculaires anticancéreux visant à inhiber les tyrosine kinases EGFR au cours du processus de biosynthèse du neurotransmetteur dopamine à partir de la tyrosine ont déjà commencé à être utilisés chez l’être humain (réf. 14, 15).

Il existe l’EGFR (récepteur du facteur de croissance épidermique), un récepteur membranaire à activité tyrosine kinase, dans lequel l’ATP intervient pour générer des signaux de prolifération (Fig. 3).

Le facteur de croissance cellulaire situé à l’extérieur, Gas6, contient un domaine de γ-carboxyglutamate (Gla) ; les auteurs supposent donc qu’il doit naturellement pouvoir être un substrat de la glutamate décarboxylase (GAD) mentionnée précédemment et que la décarboxylation à ce niveau conduirait à l’inactivation de l’activité de prolifération cellulaire (Fig. 4, réf. 16).

Par ailleurs, des recherches récentes sur la neurotransmission cérébrale ont conduit à considérer que les neurotransmetteurs du système L-DOPA/dopamine ne joueraient qu’un rôle de modulation des autres systèmes et que le principal système de signalisation serait constitué par les récepteurs du glutamate, notamment NMDA (réf. 17).

Enfin, les auteurs indiquent qu’après avoir appliqué des préparations qu’ils avaient eux-mêmes élaborées, notamment contenant de l’ivermectine, aux mastocytomes canins, ils avaient également observé des guérisons complètes ou des rémissions complètes dans des cas de tumeurs mammaires et d’adénomes des glandes périanales chez le chien.

Ils concluent qu’ils souhaitent à l’avenir accumuler davantage de cas et étudier l’effet antitumoral de ces préparations sur différents types de tumeurs des petits animaux.

Planches photographiques

Photo 1 – Tumeur A
Photographies de la tumeur chez le cas 1.
L’image histologique est indiquée TB ×150.

Photo 2 – Tumeur C
Photographies de la tumeur chez le cas 2.
L’image histologique est indiquée HE ×300.

Photo 3 – Tumeur E
Photographie de la tumeur chez le cas 3.

Photo 4 – Tumeur F
Photographies de la tumeur chez le cas 3, avec mesure de la lésion.

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Molécules repositionnées Portraits et entretiens

Simon Yu, le médecin-soldat

Homme, 58 ans. Diagnostiqué en août : tumeur osseuse au fémur gauche. Cancer primitif inconnu. Pronostic très défavorable. Après chimiothérapie, ulcération sur la jambe. Arrêt du traitement, renvoyé à son domicile en soins palliatifs.

Fin novembre, démarrage 12 mg ivermectine 4 fois par jour et levamisole [autre médicament vermifuge] 50 mg 4 fois par jour. Début janvier : amélioration de l’état général, gonflement à la jambe résorbé. 12 mai, examen radiologique : la tumeur a disparu.

Vous pensez sans doute : « nous avons affaire ici à un médecin à la pointe du repositionnement des médicaments en 2026.« 

Vous avez raison mais vous vous trompez lourdement d’année.

Ce cas date en effet de… 2009 !

Le docteur américain Simon Yu présente ce cas clinique lors d’une conférence de l’IAOMT (International Academy of Oral Medicine and Toxicology) en 2011.

Inutile de rappeler que l’ivermectine est alors inconnue du grand public et même des professionnels. Il faudra attendre l’hystérie du Covid avec la campagne infâmante de la FDA en août 2021 (« vous n’êtes pas un cheval, vous n’êtes pas une vache« ) pour voir ce produit débouler avec fracas dans le débat public.

A cette époque l’utilisation de médicaments anthelminthiques et antifongiques contre le cancer était réservée à quelques vétérinaires inventifs, à des dépôts de brevets (voir mon dossier) et cantonnée dans des études sans lecteurs.

Joe Tippens, luttant contre un cancer des poumons, commencera à populariser, si l’on peut dire, le fenbendazole à partir de 2016, et l’ivermectine contre le cancer prendra son envol après 2021 avec les bithérapies préconisées par Paul E. Marik ou encore William Makis.

Quelle mouche a donc piqué Simon Yu il y a 17 ans ?

L’armée et puis sans doute ses racines asiatiques. Une forme d’alchimie : mission, culture du résultat et pragmatisme.

Humilité aussi ?

Né en 1954 à Séoul en Corée du sud, Simon Yu rejoint les Etats-Unis à l’âge de 15 ans pour mener ses études, d’abord à New York. Il est diplômé de l’école médicale de l’université du Missouri. Il s’installe à Saint-Louis où il pratique la médecine intégrative. Il sert également pendant 25 ans en tant qu’officier médecin de réserve au sein de l’US Army et termine avec le grade de colonel.

Quand on lui demande pourquoi l’armée ? Il répond sans hésitation : « par patriotisme« . Autre facteur on imagine : son épouse travaillait comme officier de renseignement militaire.

Il ne craint pas lui-même de filer la métaphore militaire :

J’élabore toujours un plan de bataille, un plan de guerre. Face à un cancer, il faut un plan. Et on ne peut pas se contenter de cibler la tumeur. Il faut considérer l’ensemble du terrain. Ainsi que l’environnement et cela peut être un membre de la famille. Certains s’opposent à la médecine alternative. D’autres y sont favorables… Au moins, j’ai une formation militaire en matière de planification de bataille.

En avril 2001, il participe à une mission humanitaire en Bolivie, à Oruro (ville minière à 200 km de la capitale, La Paz). Dix mille habitants sont vermifugés avec du mébendazole et du pyrantel pamoate. C’est une première pour Simon Yu. « Je n’avais reçu aucune formation en parasitologie« , dit-il.

De retour aux Etats-Unis, il traite des personnes souffrant du syndrome de l’intestin irritable avec des antiparasitaires (d’abord naturels puis synthétiques). Certains patients commencent à lui dire : « tiens mon asthme a disparu » ou encore « ma fatigue chronique s’est améliorée« , « ma douleur au genou, au dos a disparu« , etc. Et parfois même, des tumeurs.

C’est de là -pour partie- que vient l’expression « accidental cure » (guérison inattendue) qu’il utilisera comme titre pour ses trois livres.

Ensuite, Simon Yu reçoit une formation en acupuncture (à la Stanford Medical School de Palo Alto).

Il intègre cette technique dans sa version électrodermographique dite aussi électro-acupuncture (promue par le docteur Reinhold Voll en Allemagne) comme outil de diagnostic, une méthode qu’il rebaptise « Acupuncture Meridian Assessment« .

Le principe ? On mesure le potentiel électrique des méridiens (en médecine traditionnelle chinoise, ce sont des lignes qui relient les différentes parties du corps, établissant des connexions entre les organes internes et les points d’acupuncture à la surface de la peau). La mesure peut être équilibrée (50 sur une échelle de 100). Une mesure inférieure ou supérieure indique au médecin une inflammation, une infection, un organe dysfonctionnel.

Oui, c’est vrai, la médecine conventionnelle ne valide pas cette technique. Mais Simon Yu aime à plaisanter : « l’acupuncture est une nouvelle technologie disruptive vieille de 5 000 ans« .

Par ailleurs, Reinhold Voll utilisait son système en association avec de l’homéopathie. Simon Yu -lui- revendique en tant que clinicien l’utilisation de médicaments sur ordonnance.

En plus des infections parasitaires et fongiques (hélas trop souvent ignorées en Occident), il a une autre préoccupation : la santé dentaire.

Il en a fait d’ailleurs un jeu de mots en publiant son premier livre en 2010, intitulé « Accidental cure« . Double clin d’oeil : guérison inattendue et les dents bien sûr. Deux autres ouvrages suivront : Accidental Blow Up in medicines en 2019 et Accidental Cure 3 en 2025.

Son motto ? « Quand les derniers traitements ont échoué, pensez parasites et problèmes dentaires« .

Amalgames avec des métaux lourds, dévitalisation, infections chroniques, ostéonécrose de la mâchoire (ou cavitation), il s’en passe des choses dans notre bouche avec des effets bien au-delà ! On commence même à entrevoir des liens entre des bactéries buccales (comme Porphyromonas gingivalis) et la maladie d’Alzheimer (lire ici). Les observations du docteur Simon Yu se révèlent donc valides.

Dans ce cadre, il envoie de nombreux patients d’abord chez le dentiste… Il remarque que l’extraction des dents (malades ou pas) était courante il y a un siècle.

Avec l’élévation du niveau de vie, on fait de plus en plus d’implants, de prothèses, de dévitalisation pour des raisons esthétiques. Ce problème est très saillant chez les populations d’origine européennes. Ils sont plus sujets aux problèmes dentaires. Le régime alimentaire sucré y contribue peut-être.

Grâce à sa pratique (au sein de sa clinique intégrative à Saint-Louis), il publie des articles présentant des cas de cancer, co-écrits avec le docteur Frederick Tim Guilford.

D’abord en 2019 :

–Antiparasitic and Antifungal Medications for Targeting Cancer Cells Literature Review and Case Studies (lien)

Puis en juin 2026, avec une série de six cas :

–Cancer Therapy Using Antiparasitic Medications Guided by Acupuncture Meridian Assessment: A Case Series of Six Patients (lien)

Simon Yu détonne dans le paysage -engoncé, pétrifié- de la médecine. Quelqu’un qui ose en public filer la métaphore militaire, citer Donald Rumsfeld (ancien secrétaire à la Défense) avec ses fameux « inconnus inconnus » ou encore parler de « menaces asymétriques » au sujet des parasites ne peut pas être foncièrement mauvais. 😉

Durant sa carrière, il a bien sûr rencontré des résistances institutionnelles.

Je dois faire très attention à ne pas revendiquer, attribuer des propriétés (par exemple l’utilisation de ces médicaments car il n’y a pas toujours de preuve de la présence de parasites). Voilà pourquoi j’ai parlé d' »accidental cure ». J’ai dû m’expliquer devant le Conseil de l’ordre [medical board]. Grâce à mon expérience militaire avec les médicaments antiparasitaires, en gros, on m’a laissé tranquille.

Il insiste, pince-sans-rire :

C’est probablement l’armée qui a sauvé ma carrière médicale car mon expérience avec les antiparasitaires s’est faite dans un contexte militaire.

Il se souvient :

Un agent de la FDA était venu à l’une de mes conférences et voulait me rappeler que l’utilisation du levamisol [médicament vermifuge et immunomodulateur] était illégale. C’était faux. Le levamisol a été utilisé en association avec la chimiothérapie pour le cancer colorectal. Mais je n’étais pas la cible directe, ils ont plutôt fait pression sur les pharmaciens aux alentours (pour cesser de vendre cette molécule). Mais après je suis passé au niclosamide.

Et quid de la vaste question des posologies, des protocoles ?

Chaque patient est différent. Généralement, je travaille sur une base de 3 prises par jour pour minimiser le risque d’effets secondaires. Mais ça peut varier, y compris en fonction de la masse corporelle [sur les cas présentés en 2011, la posologie était de 4 prises quotidiennes]. Idem pour les cycles (3 semaines de traitement + 1 semaine de pause). Mais parfois cela peut être 2 semaines avec 1 semaine de repos, voire 30 jours d’affilée. Cela dépend

Il est important de rappeler que Simon Yu utilise plusieurs produits en même temps (3 ou parfois même 4 antiparasitaires ou plusieurs antifongiques). « Cela m’a pris 10 ans pour établir des combinaisons avec le moins de risques d’effets secondaires possible« , explique-t-il.

Il commence à se servir de l’ivermectine dès 2001 (au retour de Bolivie) mais toujours en association (par exemple levamisol à l’époque, mébendazole, praziquantel, pyrantel pamoate, etc.).

« Les gens supportent très bien l’ivermectine« , note-t-il.

Et on peut lui faire confiance car dès janvier 2013 il publie un article (« Searching For an Old New Cure« ) pour défendre le repositionnement de ce médicament, en détaillant certaines de ses propriétés antitumorales. Au passage, il égratignait de manière ironique les réticences de certains.

Extrait : « Je me demande si, une fois que cette information parviendra à la médecine conventionnelle, on inventera un syndrome de carence en ivermectine. Un déparasitage mensuel – pour les patients atteints de cancer ou présentant des symptômes inexpliqués sur le plan médical – pourrait s’avérer une meilleure solution que de chercher à identifier ce mystérieux syndrome de carence en ivermectine« .

Il confirme les témoignages qu’on lit parfois sur les réseaux sociaux : oui la prise d’ivermectine peut entraîner chez certaines personnes des troubles -temporaires- de la vision.

« C’est courant. Je considère cela comme un bon signe !« 

Mais je n’utilise jamais l’ivermectine seule. C’est une erreur. J’utilise des combinaisons, surtout chez les patients atteints de cancer. Trois à 4 associations différentes. Cela offre la meilleure réponse et la moindre résistance.

Quid des rumeurs sur la perte de cheveux avec des benzimidazoles carbamates ?

J’ai vu quelques cas mais avec de l’albendazole. J’utilise plutôt le mébendazole. Mais quand je réévalue ces cas, je ne suis pas certain que le médicament était la cause ou s’ils avaient été exposés à des toxines environmentales.

Et leur hépatotoxicité ?

Non pas vraiment. Les médecins font peur en disant que les patients vont subir une insuffisance hépatique. Mais très souvent, les enzymes s’améliorent. On peut constater une hausse temporaire (le corps évacue les déchets de la tumeur). Cela revient à la normale après.

Simon Yu partage mon opinion quant au manque de passerelles, malgré l’Internet, entre les médecines humaine et vétérinaire. Les animaux développent aussi des cancers et on peut sans doute apprendre de l’expérience des vétos.

Une fois, un vétérinaire sud-africain est venu me voir à Mexico (lors d’une conférence). Il m’a dit que les fermiers quand ils voyaient des tumeurs donnaient des injections d’ivermectine à leur bétail. Ils savent comment utiliser les antiparasitaires.

Après des années de pratique médicale, sur le terrain, que pense-t-il désormais de l’étiologie du cancer et des différentes théories en lice ?

Le problème sous-jacent est l’inflammation qui créée un perturbation métabolique au niveau des mitochondries. Et qu’est-ce qui provoque l’inflammation ? A mon avis, les infections. Plus les toxines environmentales. Sans oublier les dents qui peuvent favoriser ces perturbations. Un autre facteur est la voie de signalisation Wnt/β-caténine qui fait partie de la cascade métabolique (elle influence la prolifération, la différenciation des cellules).

Il remarque :

Si on peut contrôler Wnt, alors on contrôle les maladies chroniques et même le vieillissement. Et si vous analysez la littérature scientifiques que constatez-vous ? Les médicaments antiparasitaires modulent Wnt !

[note : concernant le vieillissement, cela semble étonnant et pourtant on trouve même un brevet déposé en 2023 à ce sujet : « Un composé benzimidazole à activité anthelminthique utilisé pour inverser, stopper ou ralentir le vieillissement cellulaire chez un sujet vertébré. »]

Avec tout le respect que l’on doit au professeur Thomas N. Seyfried [le promoteur de la théorie métabolique du cancer] et à Otto Warburg [prix Nobel, travaux sur le métabolisme des cellules cancéreuses] nous devons aller un cran plus loin : le cran infectieux.

Les infections doivent être sous contrôle, le régime alimentaire ne suffit pas. Mais je reconnais qu’il y a toujours un débat.

Quand une tumeur disparaît rapidement, est-ce réellement et seulement métabolique ou bien alors est-ce une infection qui commande la perturbation métabolique ? Je ne veux pas trop affirmer les choses, je m’en tiens à mes observations cliniques.

Comme une provocation, je dis souvent que le cancer n’est plus seulement un problème scientifique mais aussi un problème de communication.

Le docteur Yu incarne à son corps défendant cette idée. Ainsi, suite à la publication en juin de son article (co-écrit avec le docteur Guilford, « Traitement du cancer par médicaments antiparasitaires guidé par l’évaluation des méridiens d’acupuncture : une série de cas de six patients« )… le 31 juillet, personne ne l’avait encore contacté. Ni journalistes, ni confrères, à part votre serviteur.

On peut bien sûr critiquer les idées de Simon Yu mais un article (revu par les pairs) qui présente des cas cliniques est toujours intéressant. De telles études de cas, ou études dites « observationnelles » doivent toujours exciter notre curiosité car elles dévoilent une part du Réel. C’est leur mérite.

Big Pharma et les grands médias ont beau jeu de le nier. La BBC -pour ne prendre que l’exemple le plus récent, le 5 août 2026- préfère ainsi publier des articles à charge, aussi grotesques sur le fond que sur la forme, pour effrayer les lecteurs.

Ici on présente l’ivermectine et le fenbendazole comme des drogues dangereuses, quasi illégales et vendues sous le manteau, pour mieux les dénigrer, les diaboliser.

Finalement, qui croire ?

Des journalistes d' »investigation » affichant crânement leur ignorance ?

Ou des médecins, comme Simon Yu, qui utilisent concrètement ces médicaments depuis… un quart de siècle ?

cdubuit@onconautes.com

NOTE : pour être complet, je signale que Simon Yu a publié le 26 juillet 2026 un article dans lequel il explique qu’il n’y a pas de protocole fixes et miraculeux contre le cancer (et autres pathologies chroniques), que chaque individu est différent (métabolisme mais également environnement, histoire, régime alimentaire, exposition à diverses toxines, etc.) et que l’utilisation inconsidérée des médicaments antiparasitaires peut être dangereuse.

Titre : Confession and Warning: Parasite Medications for Cancer Guided by AMA

Lien : https://preventionandhealing.com/blog/confession-and-warning-parasite-medications-for-cancer-guided-by-ama/

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Portraits et entretiens

Cancer d’origine infectieuse : le pari de Pascal de Paul Ewald (2/2)

Suite de l’entretien avec Paul W. Ewald, professeur de biologie à l’université de Louisville (Kentucky). Il est l’auteur de Plague Time : the new germ theory of disease (2000).

Première partie : https://onconautes.com/2026/06/20/cancer-origine-infectieuse-pari-paul-ewald-1/


Paul W. Ewald a co-écrit plusieurs articles avec Frédéric Thomas, lui aussi biologiste de l’évolution (il travaille au CNRS et a publié en 2022 L’abominable secret du cancer, un livre que je vous recommande).

Je lui ai demandé d’abord ce qu’il pensait de la formule de F. Thomas : « nous sommes tous au minimum des cancéreux asymptomatiques ».

P. W. E. : La validité de cette affirmation repose sur les définitions que l’on donne à « cancer », « asymptomatique » et « patients ». J’envisage cette situation de manière plus restrictive, réservant le terme « cancer » aux néoplasmes métastatiques.

Je reconnais également que la définition d’« asymptomatique » dépend de la rigueur avec laquelle nous recherchons les symptômes et que les « patients » sont les personnes suivant un traitement.

C. D. : Qu’est-ce qui vous différencie ?

P. W. E. : Frédéric reconnaît le rôle de l’infection, mais de mon côté j’insiste sur la difficulté pour les autres facteurs de risque de provoquer un cancer sans infection. Nous soulignons tous deux l’importance des processus évolutifs, mais Frédéric se concentre davantage sur l’évolution des cellules cancéreuses en l’absence d’infection, tandis que j’insiste à la fois sur l’évolution des agents pathogènes et sur la manière dont l’évolution des cellules cancéreuses est influencée par les infections qui compromettent spécifiquement les défenses cellulaires contre le cancer.

C. D. : Pouvez-vous expliquer le rôle de l’évolution dans le cancer ?

P. W. E. : Il est important de comprendre que la sélection des cellules cancéreuses au sein d’un organisme multicellulaire ne relève pas de la sélection naturelle qui désigne la sélection des organismes eux-mêmes. À quelques rares exceptions près, les cellules cancéreuses sont des cellules au sein d’organismes et non des organismes à part entière.

C’est pourquoi je préfère utiliser l’expression « sélection oncogénique » pour désigner la sélection des cellules conduisant au cancer. La sélection naturelle des organismes multicellulaires élimine la vulnérabilité aux cancers au sein de l’organisme.

Les cellules issues de la sélection oncogénique voient leur fréquence augmenter au sein de l’hôte par rapport aux cellules dont la reproduction est limitée par la sélection naturelle, qui favorise la restriction de la division cellulaire normale dans l’intérêt à long terme de la survie et de la reproduction de l’organisme. La sélection oncogénique peut donc agir à court terme en entraînant la perte de protections acquises par la sélection naturelle au sein de l’organisme.

C. D. : Dans ce cas, serait-ce simplement un problème de « force brute » temporelle ? En ajoutant quelques millions d’années supplémentaires au compteur biologique, tous les animaux parviendraient à développer, grâce aux forces de l’évolution, des protections contre le cancer ? Comme le rat-taupe nu l’a déjà fait (du moins en partie) ?

P. W. E. : On peut affirmer avec certitude que la sélection naturelle, agissant contre le cancer, ne parviendra pas à en réduire la fréquence à zéro, car le coût des mécanismes de défense contre le cancer sera toujours contrebalancé par celui du cancer lui-même.

Lorsque la fréquence du cancer diminue, son coût moyen par individu diminue également. À un certain point, le coût du cancer sera inférieur à celui des mesures de protection.
De plus, la sélection naturelle s’affaiblit avec l’âge ; on peut donc s’attendre à ce que les cancers surviennent généralement plus fréquemment chez les personnes âgées.

Par ailleurs, la sélection naturelle agit sur les agents pathogènes oncogènes, engendrant une course aux armements évolutive entre les adaptations pro-prolifératives de ces agents et les défenses de leurs hôtes contre le cancer.

On peut prévoir que cette course aux armements se poursuivra indéfiniment, entraînant la présence permanente de cancers causés par des agents pathogènes oncogènes.

C. D. : Au-delà de la recherche théorique, vous n’avez jamais été attiré par l’angle thérapeutique ?

P. W. E. : Bien que je pense que les traitements thérapeutiques puissent être d’une importance capitale pour certains patients atteints de certains cancers, je me suis naturellement tourné vers l’application des principes de l’évolution à l’idée de prévention, car la prévention promet de résoudre le problème de manière décisive, avec beaucoup moins de détresse et de souffrance.

C. D. : Depuis la fin du 19è siècle, les théories infectieuses liées au cancer ont toujours été présentes, plus ou moins sur le devant de la scène. De nombreux scientifiques (Henry George Plimmer, Roswell Park, William Russell , Franz Gerlach, Peyton Rous, Livingstone-Wheeler, Milton White,etc.) en leur temps détectèrent des micro-organismes dans les tumeurs (en leur donnant chacun des noms très différents) ou appuyèrent de telles idées. Vous inscrivez-vous dans ce continuum ?

P. W. E. : Oui, je considère mon travail comme faisant partie de cet ensemble. J’ai été particulièrement influencé par Francis Peyton Rous [prix Nobel, découvreur du premier virus oncogène pour le sarcome du poulet], même s’il défendait l’hypothèse d’une causalité virale, excluant d’autres causes telles que les mutations.

Plus généralement, je vois la résolution du problème de la causalité infectieuse du cancer comme l’une des phases actuelles de la théorie microbienne des maladies, un domaine qui s’étend sur des centaines, voire des milliers d’années, selon que l’on inclut ou non les premières conjectures.

C. D. : aujourd’hui, face au cancer, y a-t-il une nouvelle découverte, une nouvelle piste, une nouvelle idée qui vous enthousiasme vraiment ?

P. W. E. : On constate que les traitement antiviraux contre l’hépatite C sont associés à la réduction du risque de cancer du foie. Si cet effet pouvait être combiné à un vaccin contre l’hépatite C, la grande majorité des cancers induits par cette maladie pourraient être évités.

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Portraits et entretiens

Cancer d’origine infectieuse : le pari de Pascal de Paul Ewald (1/2)

En 2009, Paul W. Ewald déclare :

« Je parie que d’ici 2050 – et peut-être même plus tôt – nous aurons découvert que plus de 80 % des cancers humains sont d’origine infectieuse. Ce chiffre pourrait atteindre 95 %. En 1975, on estimait qu’il était nul. »

C’est grâce à ce pari que j’ai découvert le professeur de biologie (université de Louisville, Kentucky, Etats-Unis) et que j’ai lu son livre : Plague Time : the new germ theory of disease (publié en 2000 puis réédité en 2002).

Sa thèse ? De nombreuses maladies chroniques (dont les cancers, Alzheimer, etc.) seraient causées par des pathogènes.

Le mot « infection » évoque souvent un processus violent et rapide (une plaie qui s’infecte, un abcès dentaire, une grippe, une pneumonie, etc.). Mais derrière, il y a tout ce que nous ne voyons pas. Un lent travail de sape affaiblissant les défenses de l’organisme et qui pourrait provoquer sur le long terme des dégâts. Parfois irréparables.

Concentrons-nous sur le cancer.

Pour mettre le débat en perspective, rappelons que les infections (bactéries, virus, parasites) causent 1 cancer sur 5.

Parmi les micro-organismes responsables, citons la bactérie Helicobacter pylori (cancer de l’estomac) et le papillomavirus humain (cancer du col de l’utérus).

Le pari de Paul W. Ewald apparaît donc raisonnable.

Il a accepté de répondre à quelques questions. Je le remercie chaleureusement.

Né en 1953 à Evanston (Illinois), Paul W. Ewald publie son premier article scientifique en 1978. Cent quarante autres suivront au cours de sa carrière dont certains co-écrits avec son épouse, Holly A Swain Ewald (qui travaille également à l’université de Louisville).

Il se spécialise dans la biologie évolutionniste (ou évolutive). Cela recouvre les mécanismes qui transforment le vivant au fil des générations et des pressions, des conditions de l’environnement.

On n’en mesure pas les effets sur nous en tant qu’espèce à l’échelle d’une vie, mais dans le cas du cancer, l’effet est immédiat et – hélas – violent. Les cellules cancéreuses évoluent très vite et s’adaptent face aux traitements. Voilà ce qui provoque les « résistances ».

Rappelons que ce phénomène est inhérent aux produits cytotoxiques utilisés contre le cancer. Dès la première chimio dans les années 40 (tests effectués par les militaires américains) le constat était clair : destruction rapide des cellules cancéreuses (ça marche)…

Et après quelques semaines ou mois, elles réapparaissent, plus fortes, plus agressives. Le produit ne fonctionne plus. Il faut donc en changer.

De nombreux malades subissent les effets de cette évolution en mode accéléré avec les sinistres « changements de protocole ».

CD : 17 ans après, votre fameux pari tient-il toujours ?

P. W. E : Je persiste à croire que ce pari est judicieux. Une des grandes incertitudes est la réticence à accepter l’hypothèse d’une origine infectieuse du cancer chez ceux qui privilégient d’autres facteurs contributifs.

Les cancers humains d’origine infectieuse surviennent souvent en parallèle d’autres facteurs tels que les mutations induites par l’environnement. On tombe fréquemment dans le piège de penser que la mise en évidence d’un facteur contributif, comme le tabagisme par exemple, exclut la possibilité d’une cause infectieuse.

Concernant les champignons pathogènes et leur éventuel rôle dans l’oncogenèse, Paul W. Ewald reste prudent. Il distingue les facteurs certains (oncogènes) et les autres, plus flous (« aléatoires » dit-il).

P. W. E : Il est important de distinguer les agents pathogènes qui interfèrent spécifiquement avec les mécanismes de défense contre le cancer de ceux qui y contribuent de manière plus aléatoire. Ceux qui interfèrent précisément avec ces mécanismes méritent l’appellation d’agents pathogènes oncogènes.

Cette interférence peut être favorisée par la sélection naturelle car elle accroît la persistance productive de l’agent pathogène chez l’individu. La prévention des infections par ces agents pathogènes est très prometteuse pour la prévention des cancers associés.

Les agents pathogènes aux effets aléatoires peuvent contribuer au cancer en perturbant involontairement une fonction cellulaire qui protège la cellule du cancer ou en compromettant la capacité de l’organisme à combattre la maladie.

Ces modifications pourraient résulter de mutations induites par l’action de l’agent pathogène sur les voies biochimiques qui freinent, sans toutefois bloquer, la progression du cancer.

Les champignons associés au cancer contribuent probablement à ces actions aléatoires. Je me suis concentré sur les « agents pathogènes oncogènes », c’est-à-dire pour lesquels les interventions sont susceptibles d’être décisives. Je pense par exemple à la vaccination contre le papillomavirus humain, du dépistage des dons de sang pour détecter les virus de l’hépatite B et C ou encore du traitement antimicrobien pour prévenir le cancer de l’estomac.

Autre pathologie pour laquelle l’intuition de Paul W. Ewald semble se confirmer : Alzheimer. La thèse des plaques amyloïdes est en effet battue en brèche. Certaines études qui étayaient ce domaine de recherche se sont révélées frauduleuses.

Par ailleurs, on ne peut que constater l’échec des thérapies médicamenteuses basées sur la réduction de ces fameuses plaques (sur ce sujet, je vous conseille le remarquable livre de Charles Piller publié en 2025 : Doctored: Fraud, Arrogance, and Tragedy in the Quest to Cure Alzheimer, pas encore disponible en français).

P. W. E : L’état actuel de la recherche sur le peptide amyloïde bêta est confus. C’est la pagaille. Globalement, la littérature scientifique suggère une production accrue d’amyloïde bêta en réponse à une infection car ce peptide est un agent antimicrobien produit par le cerveau. Les lésions observées seraient donc principalement dues à des processus infectieux, l’effet direct du peptide amyloïde bêta étant relativement faible.

La recherche s’oriente désormais fortement vers l’hypothèse d’un rôle des infections dans la maladie d’Alzheimer. Cela repose sur des associations plus étroites avec certains agents pathogènes, notamment Porphyromonas gingivalis, le virus de l’herpès simplex de type 1 et Chlamydia pneumoniae.

Il s’explique également par les associations observées avec les vaccins contre la grippe et le virus varicelle-zona. Ces découvertes percolent de plus en plus dans la pratique médicale, en particulier en ce qui concerne la protection conférée par la vaccination.

(seconde partie de l’interview ici : https://onconautes.com/2026/07/02/cancer-origine-infectieuse-pari-paul-ewald-2/)

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Portraits et entretiens

Ron Piana : le rêve américain contre le cancer

J’ai lu du Ronald Piana, mais sans le savoir.

Il est en effet le co-auteur, avec Richard Ablin, du livre The great prostate hoax, how big medicine hijacked the PSA test and caused a public health disaster, publié en 2014.

https://onconautes.com/2025/09/13/livre-the-great-prostate-hoax/

Sur le moment, j’avais pensé à un simple « porte-plume », car nous savons tous que les scientifiques ne savent pas écrire. 😉

Mais Ronald Piana est bien davantage qu’une plume.

Je viens de le découvrir, totalement par hasard, via une vidéo sur Facebook (comme quoi les réseaux sociaux peuvent avoir des avantages).

Il y a tout juste un an, il se confiait devant la caméra de Mark Laita connu pour sa série « Soft White Underbelly » (des portraits d’hommes et de femmes plutôt secoués par la vie).

L’expression est galvaudée mais Piana a eu une vie hors du commun. Né à Long Island, New York, dans une famille américaine « très dysfonctionnelle et très pauvre », porté sur la bouteille très jeune, puis financièrement indépendant à l’âge de 15 en travaillant dans des restaurants puis sur des navires marchands… Il se retrouve un jour -par hasard- correcteur dans un journal scientifique dédié au cancer, sans aucun diplôme universitaire.

Et il gravit les échelons… rédacteur, rédacteur en chef, écrit des centaines d’articles, rencontre des centaines de scientifiques et chercheurs.

Le rêve américain en cinémascope. Le rêve américain comme on n’en fait plus.

Avant cela, deux de ses soeurs aînées décèdent : la première d’un cancer du sein, à l’âge de 35 ans et mère de 2 jeunes garçons, et la seconde emportée par le terrible mycosis fongoïde qui transforme le supplicié en champignon… littéralement. Comme le dit Ron : « ce que ça fait au corps et à l’âme humaine est de proportions bibliques ».

(voir mon article à ce sujet, attention âmes sensibles s’abstenir :
https://onconautes.com/2026/01/08/histoire-quand-le-mycosis-fongoide-devient-un-cancer/

La maladie l’accompagnera ainsi, intimement, pendant 25 ans.

Professionnellement, il intègre un monde nouveau, aussi énorme qu’étrange : celui de Big Pharma, ou plus précisément Big Cancer et va découvrir la corruption insensée qui y règne.

Une industrie de plus de 200 milliards de dollars par an qui écrase tout et tous. Surtout quand on ose la « challenger » ou simplement la critiquer.

Un témoignage, de l’intérieur, très fort, une critique au scalpel de Big Cancer : précis, structuré, impitoyable.

Dans la seconde partie de l’interview, Ronald Piana raconte sa propre expérience face à la maladie. En 2018, son dentiste repère une masse très suspecte sur sa langue… Il fait le lien avec une étude sur onze patients atteints de cancer de la peau utilisant le peroxyde d’hydrogène (H202, ou eau oxygénée, à forte concentration 33 %). Il essaye. Et ça marche. La masse pré-cancéreuse disparaît.

Là encore, un témoignage d’une puissance exceptionnelle qui met de la chair, littéralement, autour d’une idée et d’une molécule.

Bref, arrêtez ce que vous faites et prenez le temps d’écouter Ron Piana. Une heure qui changera probablement beaucoup de choses en vous.

PARTIE 1
https://www.youtube.com/watch?v=foj4sfQP3ek

PARTIE 2
https://youtu.be/ikSlMlMFS7M