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Molécules repositionnées

Médicaments antifongiques contre le cancer : brevets et études

Après les médicaments anthelminthiques (vermifuges), poursuivons l’exploration du « Janus » biologique décrit dans le chapitre 14 de mon livre : les produits antifongiques (naturels ou synthétiques) ont également des propriétés anticancéreuses. Et inversement.

C’est presque une constante. Pourquoi ?

On vous répondra sans doute que ces cellules sont toutes des eucaryotes. C’est donc normal. Cela revient à dire qu’une brouette et un avion à réaction sont de même nature (des « moyens de transport ») et qu’ils possèdent la même structure. Ou encore comparer un humain à un poisson. Ou à une plante… On comprend bien que ce n’est pas si simple.

Définition : « un eucaryote est un organisme vivant, unicellulaire ou pluricellulaire, dont les cellules possèdent un vrai noyau séparé du cytoplasme par une membrane« .

Si votre crème contre les mycoses se mettait à détruire les cellules de votre peau en plus de celles du champignon, cela ferait jaser. Explication technique : les imidazoles ciblent -entre autres- l’ergostérol qui compose la membrane des cellules fongiques alors que les cellules humaines utilisent du cholestérol.

Ces médicaments agissent donc sur des cellules fongiques, des cellules cancéreuses mais pas (ou moins) sur des cellules humaines saines. On parle alors de spécificité. Un concept clé.

Mes amis thaïlandais utilisent une expression qui résume bien la problématique : « same same but different« . 😉

Concernant le repositionnement de ces médicaments, l’angle que j’aime utiliser est celui des… brevets. Pourquoi ? Parce que la célèbre tirade du personnage de Gordon Gecko (film Wall Street, 1987).

Greed, for lack of a better word, is good. Greed is right, greed works. Greed clarifies, cuts through and captures the essence of the evolutionary spirit. Greed in all of its forms. Greed for life, money, love, knowledge, has marked the upward surge of mankind.

Et ensuite parce que certains déposants sont prestigieux, voire incontestables.

Un exemple : Johns Hopkins qui est une célèbre université américaine et un centre anti-cancer reconnu, a déposé 2 brevets en 2016 et 2019 liant le mébendazole (oui, le vulgaire vermifuge créé dans les années 70 par Janssen, filiale de Johnson&Johnson) à des applications anticancéreuses.

Preuve 1 : https://patents.google.com/patent/US11110079B2/en
Preuve 2 : https://patents.google.com/patent/US11712435B2/en

Le judo mental s’impose ainsi naturellement : tous les affidés de Big Pharma, ses zélotes et autres oncologues d’opérette… aucun ne peut se déclarer plus compétent que les chercheurs de Johns Hopkins.

« Faites confiance à la science« , disaient-ils. N’est-ce pas ?

En d’autres termes : si depuis un demi siècle (dans le cas des benzimidazoles carbamates !) des institutions importantes, un peu partout dans le monde, déposent des brevets, alors il n’y a pas de fumée sans feu, comme disaient nos grands-pères.

Revenons à notre sujet : les médicaments antifongiques. La famille la plus connue est celle des azoles. Elle se divise en 2 groupes : les imidazolés et les triazolés.

Des noms ? Fluconazole, clotrimazole, itraconazole, métronidazole, miconazole, kétoconazole, oxiconazole, suconazole, butoconazole, etc.

On les utilise (crème, voie orale, injection) contre les mycoses, les candidoses et autres infections fongiques. Certains possèdent également des propriétés antibactériennes.

Je vous propose le même exercice que pour les benzimidazoles carbamates : une recherche en lien avec le cancer dans la base de données Google Patents.

Liste non exhaustive. On trouve en effet d’autres brevets mais qui ajoutent des molécules autour d’un noyau imidazole/triazole (pour de réelles propriétés supplémentaires ou simplement pour rendre la préparation « originale » et donc plus facilement brevetable). Mais leurs formules chimiques s’éloignent des antifongiques classiques.

Et le dernier est récent : 2024.

Quand un hôpital en Chine spécialisé dans le cancer nous parle du clotrimazole pour le traitement du cancer des ovaires… nous devrions peut-être ravaler notre fierté et tendre l’oreille.

https://patents.google.com/patent/CN118021804A/en

cdubuit@onconautes.com


1987, Etats-Unis (Merck and Co)
5-Amino or substituted amino 1,2,3,-triazoles useful as antiproliferative agent
https://patents.google.com/patent/US4847257A/en

1993, Etats-Unis (Harvard University)
Cancer treatments (Preferred imidazoles are clotrimazole, miconazole and econazole)
https://patents.google.com/patent/US5633274A/en

1993, Etats-Unis (US Department of Health and Human Services)
1,2,3-triazole and imidazole compounds and their antitumor use
https://patents.google.com/patent/WO1993025536A1/en

1995, Etats-Unis (Procter&Gamble)
Pharmaceutical composition for inhibiting the growth of cancers
https://patents.google.com/patent/US5770616A/en

1996, Etats-Unis (Procter&Gamble)
Use of fluconazole for inhibiting the growth of cancers
https://patents.google.com/patent/WO1997005873A2/en

1995, Etats-Unis (Boston Childrens Hospital, Harvard University)
Method for treating epithelial precancerous lesions with topical imidazoles
https://patents.google.com/patent/US5556871A/en

1996, Etats-Unis (Procter&Gamble)
Use of 1h-1,2,4-triazole derivatives for inhibiting the growth of cancers
https://patents.google.com/patent/WO1997005872A2/en

1996, Etats-Unis (Merck and Co Inc.)
Substituted imidazoles having anti-cancer and cytokine inhibitory activity
https://patents.google.com/patent/WO1997012876A1/en

1996, Etats-Unis (Merck and Co Inc.)
Treatment of Raf-mediated cancers with imidazole derivatives
https://patents.google.com/patent/GB2306108A/en

1997, Etats-Unis (Ontogen Corp)
Imidazole derivatives as MDR modulators
https://patents.google.com/patent/US5840721A/en

1999, Allemagne (Bayer)
Topical composition for preventing radiation-induced skin cancer, e.g. due to sunbathing or radiotherapy, containing azole compound such as bifonazole or clotrimazole
https://patents.google.com/patent/DE19963052A1/en

2001, Etats-Unis (Procter&Gamble)
Amino-imidazole derivatives for treating cancer
https://patents.google.com/patent/WO2001081315A2/en

2006, Etats-Unis (Johns Hopkins)
Use of itraconazole and salts thereof for treating cancer
https://patents.google.com/patent/CA2619889C/en

2008, Chine (Synta Phamaceuticals Corp)
Triazole compounds that are useful in the treatment of proliferative disorders, such as cancer
https://patents.google.com/patent/WO2008097640A2/en

2009, Chine (Guangdong Pharmaceutical University)
Application of imidazole phenanthroline and derivative thereof to preparation of antineoplastic drug
https://patents.google.com/patent/CN101735217A/en

2011, Chine (Guangzhou VMix Investement Co.)
The application of cisplatin combined itraconazole isomer in preparation treatment lung-cancer medicament
https://patents.google.com/patent/CN102319260A/en

2012, Australie (Mayne Pharma International Pty Ltd)
Itraconazole compositions and dosage forms, and methods of using the same
https://patents.google.com/patent/AU2018201298B2/en

2013, Corée du Sud (Industry Academic Cooperation Foundation of Yonsei University )
Novel imidazole derivative and therapeutical use thereof
https://patents.google.com/patent/WO2015046647A1/en

2013, Chine
Itraconazole applied to treatment of malignant tumor or salt thereof and composition thereof
https://patents.google.com/patent/CN103044408A/en

2018, Chine (East China Normal University)
Application of miconazole in the preparation of antitumor drugs
https://patents.google.com/patent/CN110917192A/en

2018, Chine (Sichuan University)
Application of ketoconazole in preparation of medicine for treating liver cancer
https://patents.google.com/patent/CN110772520A/en

2019, Chine (Institute of Dermatology and Skin Disease Hospital of CAMS)
Itraconazole inhibits the application in tumor metastasis medicine in preparation
https://patents.google.com/patent/CN110279696A/en

2020, Chine (Guangdong Pharmaceutical University)
Application of miconazole in preparation of anti-squamous-lung-carcinoma drug and cisplatin sensitizer
https://patents.google.com/patent/CN111067894A/en

2021, Chine (Shantou University Medical College)
Application of sulconazole and/or sulconazole salt in preparing medicine for treating esophageal squamous cell carcinoma
https://patents.google.com/patent/CN113318104A/en

2021, Chine (Guangzhou Medical University)
Application of fenticonazole nitrate in the preparation of anti-tumor drugs
https://patents.google.com/patent/CN114948947B/en

2021, Japon (université Okayama)
Applications for triazole derivatives [rhabdomyosarcoma, neuroblastoma, and Ewing’s sarcoma]
https://patents.google.com/patent/JP2022150578A/en

2022, Chine (université Sichuan)
Combination drug, application and kit for treating oral squamous cell carcinoma
https://patents.google.com/patent/CN115845069B/en

2023, Corée du sud (Sungkyunkwan University Industry-Academic Cooperation Foundation)
Combination therapy for treating drug-resistance cancer using Terconazole
https://patents.google.com/patent/KR20250066808A/en

2024, Arabie Saoudite (King Abdulaziz University )
Imidazole heterocycle based compounds and methods of treating cancer
https://patents.google.com/patent/US20250282764A1/en

2024, Chine (Yunnan Cancer Hospital / Hospital of Kunming Medical University)
Application of clotrimazole in preparing medicine for treating ovarian cancer
https://patents.google.com/patent/CN118021804A/en

ADDENDUM 1

Quand on parle d’antifongiques repositionnés contre le cancer, il ne faut pas penser -seulement- à une action cytotoxique (détruire la cellule malade). En réalité, il s’agit d’un large éventail de propriétés biochimiques.

Les mécanismes proposés dans les brevets incluent :
-inhibition des voies PI3K/Akt (facteur de croissance)

-perturbation des canaux ioniques (pertube les signaux électriques de la cellule)

-inhibition de l’angiogenèse (création de nouveaux vaisseaux sanguins, une spécialité du cancer)

-perturbation du métabolisme mitochondrial

-induction de l’apoptose (mort programmée des cellules)

-sensibilisation aux chimiothérapies

-inhibition de certaines voies de signalisation (Hedgehog pour l’itraconazole, favorise la prolifération de certains cancers solides).

Autre principe de base de la chimie : la potentialisation (augmentation des effets d’une substance en ajoutant une autre substance). Et sans oublier, tout ce que nous ne savons pas encore…

Bref, la règle devrait s’imposer à tous : l’humilité.

Malgré des efforts colossaux, des moyens financiers et techniques stupéfiants étalés sur des décennies, le cancer continue, tragiquement, de se jouer de nous et de se moquer des certitudes rances de Big Cancer.

Au lieu de répéter comme des perroquets empaillés « un vermifuge contre le cancer c’est impossible » ou « un antifongique contre le cancer, c’est absurde« … il faut travailler, expérimenter, chercher à comprendre, être curieux, ouvert d’esprit.

Autrement dit : avoir une -vraie- démarche scientifique.

ADDENDUM 2

En plus des brevets, il existe bien entendu un corpus d’articles, d’études (et mêmes quelques essais cliniques).

Voici une sélection :

1992 : Effects of ketoconazole on the proliferation and cell cycle of human cancer cell lines
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/1458471/

2002 : Clotrimazole induced apoptosis in human colon cancer cell line CCL229
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/12452064/

2009 : Ketoconazole-induced JNK phosphorylation and subsequent cell death via apoptosis in human osteosarcoma cells
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/19631732/

2010 : Itraconazole, a commonly used antifungal that inhibits Hedgehog pathway activity and cancer growth
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/20385363/

2011 : Itraconazole inhibits angiogenesis and tumor growth in non-small cell lung cancer
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/21896639/

2011 : Clotrimazole disrupts glycolysis in human breast cancer without affecting non-tumoral tissues
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/21531601/

2013 : Repurposing itraconazole as a treatment for advanced prostate cancer: a noncomparative randomized phase II trial in men with metastatic castration-resistant prostate cancer
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/23340005/

2013 : Phase 2 study of pemetrexed and itraconazole as second-line therapy for metastatic nonsquamous non-small-cell lung cancer
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/23546045/

2014 : Clotrimazole as a Cancer Drug: A Short Review
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/26819835/

2014 : High-dose itraconazole as a noncastrating therapy for a patient with biochemically recurrent prostate cancer
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/24332506/
(texte complet dispo sur sci-hub).

2014 : Impact of combination chemotherapy with itraconazole on survival of patients with refractory ovarian cancer
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/24778064/

2014 : Impact of itraconazole on the survival of heavily pre-treated patients with triple-negative breast cancer
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/24982411/

2014 : The mechanism of bifonazole-induced [Ca(2+)]i rises and non-Ca(2+)-triggered cell death in PC3 human prostate cancer cells
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/24849495/

2015 : Repurposing Drugs in Oncology (ReDO)-itraconazole as an anti-cancer agent
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/25932045/

2015 : Impact of Itraconazole After First-line Chemotherapy on Survival of Patients with Metastatic Biliary Tract Cancer
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/26254389/

2015 : Combination Chemotherapy with Itraconazole for Treating Metastatic Pancreatic Cancer in the Second-line or Additional Setting
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/26124377/

2016 : Expression of Hedgehog Signals and Growth Inhibition by Itraconazole in Endometrial Cancer
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/26722038/

2016 : Association of Itraconazole, a Hedgehog Inhibitor, and Bladder Cancer
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/26812305/

2016 : Suppression of Cancer-associated Fibroblasts and Endothelial Cells by Itraconazole in Bevacizumab-resistant Gastrointestinal Cancer
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/26722041/
2017 : Anti-proliferation of breast cancer cells with itraconazole: Hedgehog pathway inhibition induces apoptosis and autophagic cell death
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/27810405/

2017 : Itraconazole Inhibits AKT/mTOR Signaling and Proliferation in Endometrial Cancer Cells
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/28179296/

2017 : Itraconazole induces apoptosis and cell cycle arrest via inhibiting Hedgehog signaling in gastric cancer cells
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/28399898/

2017 : Itraconazole Modulates Hedgehog, WNT/β-catenin, as well as Akt Signalling, and Inhibits Proliferation of Cervical Cancer Cells
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/28668841/

2017 : The anti-cancer effects of itraconazole in epithelial ovarian cancer
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/28747628/

2017 : Repurposing itraconazole for the treatment of cancer
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/28927025/

2017 : Miconazole induces apoptosis via the death receptor 5-dependent and mitochondrial-mediated pathways in human bladder cancer cells
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/28498480/

2018 : Itraconazole inhibits invasion and migration of pancreatic cancer cells by suppressing TGF-β/SMAD2/3 signaling
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/29484419/

2018 : Itraconazole targets cell cycle heterogeneity in colorectal cancer
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/29853607/

2018 : Itraconazole inhibits the proliferation of gastric cancer cells in vitro and improves patient survival
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/30127974/

2019 : Itraconazole inhibits proliferation of pancreatic cancer cells through activation of Bak-1
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/30260036/

2019 : Miconazole triggers various forms of cell death in human breast cancer MDA-MB-231 cells
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/31109399/

2019 : Itraconazole Alters the Stem Cell Characteristics of A549 and NCI-H460 Human Lung Cancer Cells by Suppressing Wnt Signaling
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/31833479/

2020 : Flubendazole elicits anti-cancer effects via targeting EVA1A-modulated autophagy and apoptosis in Triple-negative Breast Cancer
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32724459/

2020 : Itraconazole inhibits the Hedgehog signaling pathway thereby inducing autophagy-mediated apoptosis of colon cancer cells
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32681018/

2020 : Anti-fungal drug itraconazole exerts anti-cancer effects in oral squamous cell carcinoma via suppressing Hedgehog pathway
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32407849/

2020 : Itraconazole exerts anti-liver cancer potential through the Wnt, PI3K/AKT/mTOR, and ROS pathways
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32942154/

2020 : Concentration-dependent Early Antivascular and Antitumor Effects of Itraconazole in Non-Small Cell Lung Cancer
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32847935/

2021 : The effect of itraconazole on the clinical outcomes of patients with advanced non-small cell lung cancer receiving platinum-based chemotherapy: a randomized controlled study
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33559053/

2021 : Miconazole induces protective autophagy in bladder cancer cells
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32981224/

2021 : Itraconazole Exerts Its Antitumor Effect in Esophageal Cancer By Suppressing the HER2/AKT Signaling Pathway
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34376577/

2021 : Itraconazole improves survival outcomes in patients with colon cancer by inducing autophagic cell death and inhibiting transketolase expression
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34589147/

2022 : Induced Cell Cycle Arrest in Triple-Negative Breast Cancer by Combined Treatment of Itraconazole and Rapamycin
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/35517785/

2022 : Repurposing Oxiconazole against Colorectal Cancer via PRDX2-mediated Autophagy Arrest
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/35813474/

2022 : Itraconazole Reverts ABCB1-Mediated Docetaxel Resistance in Prostate Cancer
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/35721223/

2022 : Terconazole, an Azole Antifungal Drug, Increases Cytotoxicity in Antimitotic Drug-Treated Resistant Cancer Cells with Substrate-Specific P-gp Inhibitory Activity
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/36430288/

2022 : Repurposing econazole as a pharmacological autophagy inhibitor to treat pancreatic ductal adenocarcinoma
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/35865101/

2023 : Itraconazole Repolarizes Tumor-associated Macrophages and Suppresses Cervical Cancer Cell Growth
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/36697085/

2023 : Action of econazole on Ca2+ levels and cytotoxicity in OC2 human oral cancer cells
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/37404653/

2024 : Itraconazole inhibits tumor growth via CEBPB-mediated glycolysis in colorectal cancer
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/38278779/

2025 : Itraconazole inhibits the Wnt/β-catenin signaling pathway to induce tumor-associated macrophages polarization to enhance the efficacy of immunotherapy in endometrial cancer
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/40697374/

2025 : A Novel Approach to Reducing Chemoresistance in Advanced Ovarian Cancer: The Effect of Itraconazole-A Single-Institution Randomized Placebo-Controlled Trial
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/41590341/

2026 : Repurposing Itraconazole in Combination with Chemotherapy and Immune Checkpoint Inhibitor for Cancer
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/41718102/

2026 : Oral Administration of Itraconazole Induces M1 Polarization of Tumor-associated Macrophages in Gynecological Cancer
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/41760333/

2026 : Itraconazole as a repurposed anti-cancer agent: focusing on synthesis, mechanisms of action and therapeutic insights
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/42158746/

2026 : Uncovering the Underlying Mechanism of Clotrimazole against Ovarian Cancer by Transcriptomics and Experimental Investigations
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/42478651/

2026 : Design, synthesis, molecular modelling and biological evaluation of oxiconazole-based 1,2,3-triazoles as dually acting antifungal and antitumor agents
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/42601411/

2026 : Repurposing butoconazole as a GRP78 substrate-binding domain (SBD) inhibitor to induce endoplasmic reticulum stress–mediated apoptosis in triple-negative breast cancer
https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0045206826009831

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Farce et attrape

Cancer contagieux : pêche miraculeuse dans un lac d’Amérique du nord

Un article publié dans Nature affirme avoir identifié un cancer (mélanome) contagieux qui fait des dégâts dans la population de barbotte brune (brown bullhead catfish), un poisson-chat d’eau douce, dans le lac de Memphremagog (partagé entre l’état du Vermont et le Canada).

Titre : Brown bullhead catfish melanoma represents a novel transmissible cancer

Lien : https://www.nature.com/articles/s41586-026-10828-6

On a observé cette maladie (qui se manifeste par des taches noires) dans 23 à 37 % des poissons testés entre 2014 et 2017. Une incidence bien supérieure que celle généralement trouvée dans cette espèce.

Cela constitue le quatrième cancer de ce type (après les diables de Tasmanie qui se transmettent la maladie en se mordant, il y a aussi les chiens et leurs tumeurs vénériennes – le sarcome de Sticker- et des espèces de bivalves).

Répétons : on ne parle pas de cause infectieuse (bactérie, virus, parasite, cellule fongique) mais de cellules cancéreuses qui sont elles-mêmes l’agent infectieux…

Chez l’homme quelques cas extraordinaires ont été documentés (en 1996, le chirurgien opérant un homme atteint d’un sarcome qui se blesse à la main et qui développe cinq mois après le même cancer, voir page 41 de mon livre). On a aussi des cas de transmissions via transplantation d’organes ainsi que par accouchements (Japon).

Cette découverte en Amérique du nord est importante. Cela ébranle une fois de plus le dogme du cancer, sa nature, ses causes, ses manifestations.

Et on peut s’interroger : à qui le tour ?

Ces cancers contagieux sont-ils plus courants qu’on le pense dans la faune sauvage ?

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Chiffres Farce et attrape

France, panorama cancer 2026 : à boire et à manger

L’Institut national du cancer publie son Panorama cancer 2026 avec les chiffres pour l’année 2023.

Lien : https://www.cancer.fr/catalogue-des-publications/panorama-des-cancers-en-france-edition-2026

Voici les donnée de base :

Femmes : hausse des cas sein, côlon, poumon et pancréas

Hommes : baisse des cas prostate, poumon, côlon, hausse pancréas

Le pancréas représente 7 668 cas (femmes) et 8 323 cas (hommes).

Si on prend le taux d’incidence standardisé tous cancers (pour gommer le vieillissement de la population), entre 2019 et 2023, on obtient +0,25 % par an pour les femmes et +0,06 % par an pour les hommes.

Attention, ces chiffres ne sont PAS REELS.

Il n’y a pas eu « 433 136 » nouveaux cas de cancer diagnostiqués en France en 2023.

Ce sont des modélisations.

Car la France, hélas, travaille sur une trentaine de « registres locaux » qui couvrent SEULEMENT entre 20 et 24 % de la population métropolitaine (en revanche, la couverture est exhaustive pour les cancers pédiatriques).

Depuis 2026, et c’est une bonne nouvelle, un registre national est en cours de création (suite au vote d’une loi). Mais sa mise en place nécessitera du temps.

La mortalité -elle- ne trompe pas si j’ose dire.

D’abord, parce qu’on ne décède généralement pas deux fois, et ensuite parce qu’il faut bien mourir un jour… Tous les décès sont comptabilisés à l’unité près et on dispose de la « cause initiale de décès » (codage).

L’Institut national du cancer utilise les données du Centre d’épidémiologie sur les causes médicales de décès (Inserm).

https://opendata-cepidc.inserm.fr/

Nombre de décès, France (métropolitaine plus Drom), cause « tumeurs », par tranche d’âge, pour 2014, 2019 et 2024.

Quelques faits indiscutables :

-le cancer est une pathologie très majoritairement liée à l’AGE (à partir de 55 ans)

-le nombre de cas et de décès liés au cancer continuera d’augmenter CHAQUE ANNEE car la population française vieillit (génération nombreuse du baby boom, personnes nées entre 1946 et 1964)

-les dépenses de santé vont donc mécaniquement suivre…

A ce sujet, nous disposons d’une source de données uniforme : les dépenses des médicaments « antinéoplasiques » (anticancéreux).

De 2016 à 2024, rapport Drees, page 25 : https://www.drees.solidarites-sante.gouv.fr/sites/default/files/2026-06/DD139_M%C3%A9dicaments.pdf

On passe de 6,16 milliards d’euros en 2016 à 14,68 milliards en 2024, soit une hausse de 8,52 milliards.

Au sein de la classe ATC L, les médicaments anticancer (sous classe L01) pèsent pour 6,3 milliards dans la hausse.

Si on parle de volumes (en nombre de boîtes), c’est +3 millions pour les anticancéreux, soit +58 %.

Le pembrolizumab (Keytruda) pèse à lui seul 1,9 milliard dans la croissance des dépenses…

Le rapport en profite pour glisser une belle peau de banane (page 26) :

Une étude américaine récente (Horn, 2026) souligne qu’en dépit de la diffusion rapide des inhibiteurs de points de contrôle immunitaires (ICI), dont fait partie le pembrolizumab, il existe étonnamment peu de données en vie réelle (par opposition aux essais cliniques) sur leur impact en termes de résultats de santé et de dépenses.

Etonnamment, nous ne sommes guère… étonnés. 😉

La conclusion s’impose : depuis 10 ans, grosso modo, la croissance des dépenses de médicaments en France est le fait de l’oncologie.

En élargissant la focale, le total des dépenses liées au cancer (extrait du rapport Panorama 2026) :

Le cancer est donc déjà un business en or massif…

Que va t-il donc se passer durant la prochaine décennie sachant que le nombre de diagnostics va continuer à croître, inéxorablement ?

Personne n’ose aborder ce sujet.

Une chose est certaine : parler de « maîtrise des dépenses de santé » dans un tel contexte démographique et médical est une hérésie, pour ne pas dire bien pire.

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Portraits et entretiens

Cancer d’origine infectieuse : le pari de Pascal de Paul Ewald (2/2)

Suite de l’entretien avec Paul W. Ewald, professeur de biologie à l’université de Louisville (Kentucky). Il est l’auteur de Plague Time : the new germ theory of disease (2000).

Première partie : https://onconautes.com/2026/06/20/cancer-origine-infectieuse-pari-paul-ewald-1/


Paul W. Ewald a co-écrit plusieurs articles avec Frédéric Thomas, lui aussi biologiste de l’évolution (il travaille au CNRS et a publié en 2022 L’abominable secret du cancer, un livre que je vous recommande).

Je lui ai demandé d’abord ce qu’il pensait de la formule de F. Thomas : « nous sommes tous au minimum des cancéreux asymptomatiques ».

P. W. E. : La validité de cette affirmation repose sur les définitions que l’on donne à « cancer », « asymptomatique » et « patients ». J’envisage cette situation de manière plus restrictive, réservant le terme « cancer » aux néoplasmes métastatiques.

Je reconnais également que la définition d’« asymptomatique » dépend de la rigueur avec laquelle nous recherchons les symptômes et que les « patients » sont les personnes suivant un traitement.

C. D. : Qu’est-ce qui vous différencie ?

P. W. E. : Frédéric reconnaît le rôle de l’infection, mais de mon côté j’insiste sur la difficulté pour les autres facteurs de risque de provoquer un cancer sans infection. Nous soulignons tous deux l’importance des processus évolutifs, mais Frédéric se concentre davantage sur l’évolution des cellules cancéreuses en l’absence d’infection, tandis que j’insiste à la fois sur l’évolution des agents pathogènes et sur la manière dont l’évolution des cellules cancéreuses est influencée par les infections qui compromettent spécifiquement les défenses cellulaires contre le cancer.

C. D. : Pouvez-vous expliquer le rôle de l’évolution dans le cancer ?

P. W. E. : Il est important de comprendre que la sélection des cellules cancéreuses au sein d’un organisme multicellulaire ne relève pas de la sélection naturelle qui désigne la sélection des organismes eux-mêmes. À quelques rares exceptions près, les cellules cancéreuses sont des cellules au sein d’organismes et non des organismes à part entière.

C’est pourquoi je préfère utiliser l’expression « sélection oncogénique » pour désigner la sélection des cellules conduisant au cancer. La sélection naturelle des organismes multicellulaires élimine la vulnérabilité aux cancers au sein de l’organisme.

Les cellules issues de la sélection oncogénique voient leur fréquence augmenter au sein de l’hôte par rapport aux cellules dont la reproduction est limitée par la sélection naturelle, qui favorise la restriction de la division cellulaire normale dans l’intérêt à long terme de la survie et de la reproduction de l’organisme. La sélection oncogénique peut donc agir à court terme en entraînant la perte de protections acquises par la sélection naturelle au sein de l’organisme.

C. D. : Dans ce cas, serait-ce simplement un problème de « force brute » temporelle ? En ajoutant quelques millions d’années supplémentaires au compteur biologique, tous les animaux parviendraient à développer, grâce aux forces de l’évolution, des protections contre le cancer ? Comme le rat-taupe nu l’a déjà fait (du moins en partie) ?

P. W. E. : On peut affirmer avec certitude que la sélection naturelle, agissant contre le cancer, ne parviendra pas à en réduire la fréquence à zéro, car le coût des mécanismes de défense contre le cancer sera toujours contrebalancé par celui du cancer lui-même.

Lorsque la fréquence du cancer diminue, son coût moyen par individu diminue également. À un certain point, le coût du cancer sera inférieur à celui des mesures de protection.
De plus, la sélection naturelle s’affaiblit avec l’âge ; on peut donc s’attendre à ce que les cancers surviennent généralement plus fréquemment chez les personnes âgées.

Par ailleurs, la sélection naturelle agit sur les agents pathogènes oncogènes, engendrant une course aux armements évolutive entre les adaptations pro-prolifératives de ces agents et les défenses de leurs hôtes contre le cancer.

On peut prévoir que cette course aux armements se poursuivra indéfiniment, entraînant la présence permanente de cancers causés par des agents pathogènes oncogènes.

C. D. : Au-delà de la recherche théorique, vous n’avez jamais été attiré par l’angle thérapeutique ?

P. W. E. : Bien que je pense que les traitements thérapeutiques puissent être d’une importance capitale pour certains patients atteints de certains cancers, je me suis naturellement tourné vers l’application des principes de l’évolution à l’idée de prévention, car la prévention promet de résoudre le problème de manière décisive, avec beaucoup moins de détresse et de souffrance.

C. D. : Depuis la fin du 19è siècle, les théories infectieuses liées au cancer ont toujours été présentes, plus ou moins sur le devant de la scène. De nombreux scientifiques (Henry George Plimmer, Roswell Park, William Russell , Franz Gerlach, Peyton Rous, Livingstone-Wheeler, Milton White,etc.) en leur temps détectèrent des micro-organismes dans les tumeurs (en leur donnant chacun des noms très différents) ou appuyèrent de telles idées. Vous inscrivez-vous dans ce continuum ?

P. W. E. : Oui, je considère mon travail comme faisant partie de cet ensemble. J’ai été particulièrement influencé par Francis Peyton Rous [prix Nobel, découvreur du premier virus oncogène pour le sarcome du poulet], même s’il défendait l’hypothèse d’une causalité virale, excluant d’autres causes telles que les mutations.

Plus généralement, je vois la résolution du problème de la causalité infectieuse du cancer comme l’une des phases actuelles de la théorie microbienne des maladies, un domaine qui s’étend sur des centaines, voire des milliers d’années, selon que l’on inclut ou non les premières conjectures.

C. D. : aujourd’hui, face au cancer, y a-t-il une nouvelle découverte, une nouvelle piste, une nouvelle idée qui vous enthousiasme vraiment ?

P. W. E. : On constate que les traitement antiviraux contre l’hépatite C sont associés à la réduction du risque de cancer du foie. Si cet effet pouvait être combiné à un vaccin contre l’hépatite C, la grande majorité des cancers induits par cette maladie pourraient être évités.