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Le microbiome et le cancer : bien plus qu’un simple allié

Je signale un article de type « review » écrit par sept scientifiques brésiliens. Une publication récente (avril 2026) à l’occasion du soixante-dixième anniversaire de la Société Brésilienne de Génétique.

Une « review » condense l’état de la connaissance publiée à un instant T, sur un sujet X.

C’est donc un outil de synthèse, idéal pour rentrer rapidement dans tel ou tel sujet. Au lieu de devoir absorber des dizaines voire des centaines d’articles, vous en avez un seul.

(sur le sujet des microbiotes, voir mon article sur la vingtaine de papiers publiée les 2 premières semaines de mai 2026).

Titre : « Le microbiome humain et le cancer : bien plus qu’un simple allié ».

Lien : https://www.scielo.br/j/gmb/a/gDMXZRpfWNy9FhKzGYK8QWf/?lang=en

Résumé :
« Le microbiome humain est de plus en plus reconnu comme un élément dynamique en cancérologie. Des études portant sur les tumeurs du sein, de la prostate, du poumon, du côlon et du col de l’utérus révèlent que les communautés microbiennes influencent la carcinogenèse, la régulation immunitaire et les résultats des traitements […]

Malgré les difficultés persistantes liées aux différences méthodologiques et à la contamination, de plus en plus de données probantes indiquent que le microbiome est une composante mesurable et modifiable des écosystèmes tumoraux, présentant un fort potentiel pour des applications diagnostiques, pronostiques et thérapeutiques en oncologie de précision. »

L’article rentre ensuite dans le détail via des parties dédiées au cancer du sein, de la prostate, colorectal et du col de l’utérus.

Le tout s’appuie sur une CENTAINE d’articles et d’études (réferences listées à la fin). Cela représente une masse de centaines de chercheurs dans le monde entier.

Ce sujet (liens entre microbiotes et cancers, sans oublier le système immunitaire) n’est plus le dada de quelques doux rêveurs mais bien un domaine scientifique solide qui se développe de plus en plus.

A mon sens, c’est un motif d’espoir (enfin quelque chose de neuf par rapport au dogme infantile de la théorie des mutations somatiques).

Mais il s’agit surtout d’un sérieux avertissement lancé aux oncologues… Car plus on met en lumière de tels liens plus ce que pratique l’oncologie moderne (chimios et rayons ionisants) apparaît contreproductif.

Je rappelle que l’anglais scientifique (la lingua franca pour les publications) supporte très bien les outils de traduction automatique.

Vous n’avez donc aucune excuse. 😉

cdubuit@onconautes.com

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Les liens entre nos microbiotes et le cancer

Nous comprenons mieux l’importance des micro-organismes (ou microbes). Ce sont des bactéries, virus, parasites et champignons.

On appelle leurs regroupements dans le corps humain : les microbiotes (microbiota en anglais). Et en incluant leurs métabolites, les interactions avec nous : les microbiomes.

(Note : avant on utilisait le mot « flore », trop limité, comme la flore intestinale.)

Nous en possédons plusieurs : le plus connu, le plus important quantitativement et fonctionnellement : le microbiote intestinal (on utilise même l’expression « second cerveau »).

Mais n’oublions pas : bouche, peau, nez, poumons, vessie, surface de l’oeil, conduit auditif, vagin, génital masculin (pénis, prostate)

Nous abritons en nous et sommes recouverts d’une quantité astronomique de micro-organismes.

Quel est le rapport avec le cancer ? Il est fondamental et probablement double.

-d’abord l’évidence : le système immunitaire (multiples défenses contre les cellules cancéreuses)

-ensuite, la thèse qui se renforce : la responsabilité de certains micro-organismes dans la carcinogénèse et/ou la progression du cancer (via des actions directes et/ou des effets indirects, comme les protéines produites et/ou leurs métabolites).

Je rappelle que ces théories infectieuses sont anciennes (depuis la fin du 19ème siècle avec des parasites ou bactéries, puis tout le 20ème avec des virus, et au 21ème siècle la découverte du mycobiome, l’ensemble des champignons).

Aujourd’hui, officiellement, 10 à 30 % des cancers ont une cause infectieuse.

Bref, tout oncologue qui ignore ces deux aspects doit être considéré comme un charlatan (l’écrasante majorité d’entre-eux, hélas).

Pour ne parler que du système immunitaire, la probabilité que nous ayons commis la plus grande erreur médicale de tous les temps est assez élevée.

Comment ?

Avec notre obsession maladive depuis des décennies d’utiliser des outils hyper toxiques (chimiothérapies et rayons ionisants) qui affaiblissent voire détruisent ce même système immunitaire.

C’est documenté : les chimiothérapies altèrent profondément le microbiote intestinal. On parle pudiquement de « dysbiose » (simple « déséquilibre »).

De l’erreur médicale de masse au crime de masse… la frontière paraît ainsi de plus en plus ténue.

Bref. Comme à mon habitude, je souhaite ancrer mes réflexions dans la science.

Vous savez, la science qu’on vous oppose systématiquement pour mieux vous mépriser, pour mieux vous nier en tant qu’être humain libre et doté de raison.

Des milliers de véritables scientifiques dans le monde travaillent depuis des années et explorent les nombreux liens entre microbiotes et cancer.

Une simple recherche sur PubMed (uniquement sur le titre pas le résumé) renvoie plus de 4 000 résultats.

Et pour vous le prouver, voici une sélection de 22 papiers parus les 2 premières semaines de mai 2026…

Quel terrible miroir pour tous les zélotes de Big Cancer !

cdubuit@onconautes.com

-Microbiome: a driver of pancreatic inflammation and tumorigenesis (lien)

-Gut microbiota-derived deoxycholic acid shapes an immunosuppressive tumor microenvironment and promotes breast cancer progression (lien)

-Dynamic microbiome-host interactions and their associations with systemic metabolism and radiological characteristics during early lung adenocarcinoma (lien)

-The microbiome across the prostate disease continuum: from health and BPH to prostatitis/CPPS and cancer (lien)

-Oral microbiota in early- and late-onset tongue cancers: A pilot case-control study (lien)

-Probiotics in colorectal cancer: mechanisms, biomarkers, and adjunct strategies (lien)

-From intratumoral microbiome association to spatial microbiome biology in primary liver cancer: a response and perspective (lien)

-Harnessing the immune system in lung cancer: emerging role of the microbiome (lien)

-Gut Microbiota and Extraintestinal Cancers: Mechanistic Insights and Microbiome-Targeted Interventions (lien)

-Intratumoral microbial networks as biomarkers for second primary oral cancer risk in esophageal squamous cell carcinoma (lien)

-Urinary microbiota diversity and composition in patients with advanced renal cell cancer (lien)

-Re-arming checkpoint blockade in MSS colorectal cancer: A precision-microbiome playbook from mechanisms to clinic (lien)

-Gut microbiota and its metabolites: Key factors of drug resistance in the treatment of advanced prostate cancer (Review) (lien)

-Fermented Durian Tempoyak as a Source of Probiotics for Colorectal Cancer Prevention through Gut Microbiome Modulation (lien)

-Intratumoral Microorganisms in Tumors: Current Understanding and Emerging Therapeutic Strategies (lien)

-Biodiversity and biogeography of the multi-kingdom cancer microbiome (lien)

-Micheliolide ameliorates colon cancer cachexia by modulating gut microbiota-immune signaling via Phocaeicola vulgatus enrichment (lien)

-Metagenomics and culturomics reveal the dual role of the gut microbiome in the development of immune-related toxicities and the efficacy of immune checkpoint inhibitors in cancer (lien)

-How the Ketogenic Diet Shapes the Microbiome to Influence Cancer Immunotherapy Outcomes: An Exploration of Clinical Trials and Their Results (lien)

-Exploring the Role of Probiotics in the Prevention and Treatment of Gastrointestinal Cancer (lien)

-Significance and challenges in dissecting cancer-bacteriome interactions (lien)

-Gut microbiota and diet in colorectal cancer: Converging determinants of carcinogenesis (lien)

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Vitamine C : de l’engrais pour votre microbiote

Soit la vitamine C. On ne va pas revenir dessus, ses effets antioxydants, ses liens avec le système immunitaire…

Et inutile de remonter jusqu’à Linus Pauling, prix Nobel de chimie en 1954 et grand promoteur de cette molécule.

La répétition devient pénible.

Mais quid des effets de la vitamine C sur votre microbiote ?

Après tout, l’importance de ce « second cerveau » commence tout juste à être comprise (toutes les bactéries, virus et autres champignons qui colonisent nos entrailles).

Future Microbiology a publié en 2022 une étude observationnelle très originale.

Titre : «Vitamin C improves gut Bifidobacteria in humans »

Lien : https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC12153399/

Le principe ? 23 individus en Californie (11 hommes, 12 femmes) âgés de 5 à 80 ans, avec des problèmes de santé divers… Ils furent supplémentés en vitamine C (acide ascorbique) par voie orale (quotidiennement) ou par voie intraveineuse (rythme hebdomadaire).

A quelle dose ?

De 3 à 25 grammes par jour (oui, ce n’est pas une erreur, il s’agit bien de grammes) !

Durée de la supplémentation ? De 5 jours à 1 an et demi.

Tests : analyse des selles avant le début du traitement et à la fin pour déterminer l’évolution (types et quantités) des bactéries présentes.

Résultat ?

La vitamine C augmente la quantité de Bifidobacterium (une bactérie très bénéfique, voir les travaux du docteur Sabine Hazan et son livre Let’s talk about shit, traduit en français chez l’excellent Marco Pietteur).

Mais quel rapport avec le cancer ?

Le système immunitaire. On y revient toujours.

Les personnes malades (cancers ou autres pathologies chroniques) souffrent en plus d’un déséquilibre de la flore intestinale.

Cause ou effet ?

Et si la bonne réponse était les deux ?

Je signale au passage que Sabine Hazan (gastro-entérologue née au Maroc et vivant au Canada) a gagné en popularité et quelques médailles durant le triste épisode du Covid.

En juillet 2022, elle devient en effet une cible puisqu’elle se retrouve -malgré elle- mêlée à l’hystérie au sujet de l’ivermectine.

Vous vous souvenez des polémiques sans fin sur ce médicament ?

Hazan publie un article fascinant sur l’effet de l’ivermectine… sur le microbiote intestinal. Son titre ne prête le flanc à aucun malentendu :

« Microbiome-Based Hypothesis on Ivermectin’s Mechanism in COVID-19: Ivermectin Feeds Bifidobacteria to Boost Immunity »

Lien : https://public-pages-files-2025.frontiersin.org/journals/microbiology/articles/10.3389/fmicb.2022.952321/pdf

« Hypothèse fondée sur le microbiome concernant le mécanisme d’action de l’ivermectine dans la Covid-19 : l’ivermectine nourrit les bifidobactéries pour renforcer l’immunité »

Hazan n’affirme pas. Elle présente une « hypothèse » (le mot est répété 10 fois dans son texte).

Elle enfonce encore le clou en ajoutant : « L’objectif de cette étude est de décrire une nouvelle hypothèse concernant l’action de l’IVM contre le SARS-CoV-2, à soumettre à l’examen de la communauté scientifique. »

Difficile d’être plus clair.

Donc, qu’est-ce qui pourrait expliquer l’efficacité contre le virus Sars-Cov2 de la molécule découverte sur un terrain de golf au Japon au début des années 70 ?

Sabine Hazan écrit :

« Nous émettons l’hypothèse que le mécanisme d’action de l’IVM en tant que traitement contre la Covid-19 repose sur la nutrition de Bifidobacterium qui inhibe ensuite la fonction des cytokines et atténue la tempête de cytokines. »

L’ivermectine agirait comme un nutriment (ou une forme d’engrais) pour des bactéries bénéfiques (du type Bifidobacterium).

C’est une idée plutôt… culottée, justement, mais qui n’est pas dénuée de fondement si j’ose dire ! 😉

Hélas, en mai 2023, l’éditeur rétracte l’article… L’auteur s’oppose à cette rétractation.

Comment peut-on rétracter un papier qui présente une HYPOTHESE (en clair une idée qu’il convient de confirmer ou d’infirmer) ?

C’est absurde.

Au lieu de rétracter sans aucune justification, il fallait publier un autre article démontrant que la-dite hypothèse était fausse.

Voilà en quoi aurait consisté une démarche scientifique véritable !

En pleine folie Covid, le docteur Hazan en parlant de traitement contre le Sars-Cov2, d’ivermectine et de système immunitaire… a manifestement mis le doigt où il ne fallait pas.

Et elle fut punie pour cela.