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Molécules repositionnées Portraits et entretiens

Simon Yu, le médecin-soldat

Homme, 58 ans. Diagnostiqué en août : tumeur osseuse au fémur gauche. Cancer primitif inconnu. Pronostic très défavorable. Après chimiothérapie, ulcération sur la jambe. Arrêt du traitement, renvoyé à son domicile en soins palliatifs.

Fin novembre, démarrage 12 mg ivermectine 4 fois par jour et levamisole [autre médicament vermifuge] 50 mg 4 fois par jour. Début janvier : amélioration de l’état général, gonflement à la jambe résorbé. 12 mai, examen radiologique : la tumeur a disparu.

Vous pensez sans doute : « nous avons affaire ici à un médecin à la pointe du repositionnement des médicaments en 2026.« 

Vous avez raison mais vous vous trompez lourdement d’année.

Ce cas date en effet de… 2009 !

Le docteur américain Simon Yu présente ce cas clinique lors d’une conférence de l’IAOMT (International Academy of Oral Medicine and Toxicology) en 2011.

Inutile de rappeler que l’ivermectine est alors inconnue du grand public et même des professionnels. Il faudra attendre l’hystérie du Covid avec la campagne infâmante de la FDA en août 2021 (« vous n’êtes pas un cheval, vous n’êtes pas une vache« ) pour voir ce produit débouler avec fracas dans le débat public.

A cette époque l’utilisation de médicaments anthelminthiques et antifongiques contre le cancer était réservée à quelques vétérinaires inventifs, à des dépôts de brevets (voir mon dossier) et cantonnée dans des études sans lecteurs.

Joe Tippens, luttant contre un cancer des poumons, commencera à populariser, si l’on peut dire, le fenbendazole à partir de 2016, et l’ivermectine contre le cancer prendra son envol après 2021 avec les bithérapies préconisées par Paul E. Marik ou encore William Makis.

Quelle mouche a donc piqué Simon Yu il y a 17 ans ?

L’armée et puis sans doute ses racines asiatiques. Une forme d’alchimie : mission, culture du résultat et pragmatisme.

Humilité aussi ?

Né en 1954 à Séoul en Corée du sud, Simon Yu rejoint les Etats-Unis à l’âge de 15 ans pour mener ses études, d’abord à New York. Il est diplômé de l’école médicale de l’université du Missouri. Il s’installe à Saint-Louis où il pratique la médecine intégrative. Il sert également pendant 25 ans en tant qu’officier médecin de réserve au sein de l’US Army et termine avec le grade de colonel.

Quand on lui demande pourquoi l’armée ? Il répond sans hésitation : « par patriotisme« . Autre facteur on imagine : son épouse travaillait comme officier de renseignement militaire.

Il ne craint pas lui-même de filer la métaphore militaire :

J’élabore toujours un plan de bataille, un plan de guerre. Face à un cancer, il faut un plan. Et on ne peut pas se contenter de cibler la tumeur. Il faut considérer l’ensemble du terrain. Ainsi que l’environnement et cela peut être un membre de la famille. Certains s’opposent à la médecine alternative. D’autres y sont favorables… Au moins, j’ai une formation militaire en matière de planification de bataille.

En avril 2001, il participe à une mission humanitaire en Bolivie, à Oruro (ville minière à 200 km de la capitale, La Paz). Dix mille habitants sont vermifugés avec du mébendazole et du pyrantel pamoate. C’est une première pour Simon Yu. « Je n’avais reçu aucune formation en parasitologie« , dit-il.

De retour aux Etats-Unis, il traite des personnes souffrant du syndrome de l’intestin irritable avec des antiparasitaires (d’abord naturels puis synthétiques). Certains patients commencent à lui dire : « tiens mon asthme a disparu » ou encore « ma fatigue chronique s’est améliorée« , « ma douleur au genou, au dos a disparu« , etc. Et parfois même, des tumeurs.

C’est de là -pour partie- que vient l’expression « accidental cure » (guérison inattendue) qu’il utilisera comme titre pour ses trois livres.

Ensuite, Simon Yu reçoit une formation en acupuncture (à la Stanford Medical School de Palo Alto).

Il intègre cette technique dans sa version électrodermographique dite aussi électro-acupuncture (promue par le docteur Reinhold Voll en Allemagne) comme outil de diagnostic, une méthode qu’il rebaptise « Acupuncture Meridian Assessment« .

Le principe ? On mesure le potentiel électrique des méridiens (en médecine traditionnelle chinoise, ce sont des lignes qui relient les différentes parties du corps, établissant des connexions entre les organes internes et les points d’acupuncture à la surface de la peau). La mesure peut être équilibrée (50 sur une échelle de 100). Une mesure inférieure ou supérieure indique au médecin une inflammation, une infection, un organe dysfonctionnel.

Oui, c’est vrai, la médecine conventionnelle ne valide pas cette technique. Mais Simon Yu aime à plaisanter : « l’acupuncture est une nouvelle technologie disruptive vieille de 5 000 ans« .

Par ailleurs, Reinhold Voll utilisait son système en association avec de l’homéopathie. Simon Yu -lui- revendique en tant que clinicien l’utilisation de médicaments sur ordonnance.

En plus des infections parasitaires et fongiques (hélas trop souvent ignorées en Occident), il a une autre préoccupation : la santé dentaire.

Il en a fait d’ailleurs un jeu de mots en publiant son premier livre en 2010, intitulé « Accidental cure« . Double clin d’oeil : guérison inattendue et les dents bien sûr. Deux autres ouvrages suivront : Accidental Blow Up in medicines en 2019 et Accidental Cure 3 en 2025.

Son motto ? « Quand les derniers traitements ont échoué, pensez parasites et problèmes dentaires« .

Amalgames avec des métaux lourds, dévitalisation, infections chroniques, ostéonécrose de la mâchoire (ou cavitation), il s’en passe des choses dans notre bouche avec des effets bien au-delà ! On commence même à entrevoir des liens entre des bactéries buccales (comme Porphyromonas gingivalis) et la maladie d’Alzheimer (lire ici). Les observations du docteur Simon Yu se révèlent donc valides.

Dans ce cadre, il envoie de nombreux patients d’abord chez le dentiste… Il remarque que l’extraction des dents (malades ou pas) était courante il y a un siècle.

Avec l’élévation du niveau de vie, on fait de plus en plus d’implants, de prothèses, de dévitalisation pour des raisons esthétiques. Ce problème est très saillant chez les populations d’origine européennes. Ils sont plus sujets aux problèmes dentaires. Le régime alimentaire sucré y contribue peut-être.

Grâce à sa pratique (au sein de sa clinique intégrative à Saint-Louis), il publie des articles présentant des cas de cancer, co-écrits avec le docteur Frederick Tim Guilford.

D’abord en 2019 :

Antiparasitic and Antifungal Medications for Targeting Cancer Cells Literature Review and Case Studies (lien)

Puis en juin 2026, avec une série de six cas :

Cancer Therapy Using Antiparasitic Medications Guided by Acupuncture Meridian Assessment: A Case Series of Six Patients (lien)

Simon Yu détonne dans le paysage -engoncé, pétrifié- de la médecine. Quelqu’un qui ose en public filer la métaphore militaire, citer Donald Rumsfeld (ancien secrétaire à la Défense) avec ses fameux « inconnus inconnus » ou encore parler de « menaces asymétriques » au sujet des parasites ne peut pas être foncièrement mauvais. 😉

Durant sa carrière, il a bien sûr rencontré des résistances institutionnelles.

Je dois faire très attention à ne pas revendiquer, attribuer des propriétés (par exemple l’utilisation de ces médicaments car il n’y a pas toujours de preuve de la présence de parasites). Voilà pourquoi j’ai parlé d' »accidental cure ». J’ai dû m’expliquer devant le Conseil de l’ordre [medical board]. Grâce à mon expérience militaire avec les médicaments antiparasitaires, en gros, on m’a laissé tranquille.

Il insiste, pince-sans-rire :

C’est probablement l’armée qui a sauvé ma carrière médicale car mon expérience avec les antiparasitaires s’est faite dans un contexte militaire.

Il se souvient :

Un agent de la FDA était venu à l’une de mes conférences et voulait me rappeler que l’utilisation du levamisol [médicament vermifuge et immunomodulateur] était illégale. C’était faux. Le levamisol a été utilisé en association avec la chimiothérapie pour le cancer colorectal. Mais je n’étais pas la cible directe, ils ont plutôt fait pression sur les pharmaciens aux alentours (pour cesser de vendre cette molécule). Mais après je suis passé au niclosamide.

Et quid de la vaste question des posologies, des protocoles ?

Chaque patient est différent. Généralement, je travaille sur une base de 3 prises par jour pour minimiser le risque d’effets secondaires. Mais ça peut varier, y compris en fonction de la masse corporelle [sur les cas présentés en 2011, la posologie était de 4 prises quotidiennes]. Idem pour les cycles (3 semaines de traitement + 1 semaine de pause). Mais parfois cela peut être 2 semaines avec 1 semaine de repos, voire 30 jours d’affilée. Cela dépend

Il est important de rappeler que Simon Yu utilise plusieurs produits en même temps (3 ou parfois même 4 antiparasitaires ou plusieurs antifongiques). « Cela m’a pris 10 ans pour établir des combinaisons avec le moins de risques d’effets secondaires possible« , explique-t-il.

Il commence à se servir de l’ivermectine dès 2001 (au retour de Bolivie) mais toujours en association (par exemple levamisol à l’époque, mébendazole, praziquantel, pyrantel pamoate, etc.).

« Les gens supportent très bien l’ivermectine« , note-t-il.

Et on peut lui faire confiance car dès janvier 2013 il publie un article (« Searching For an Old New Cure« ) pour défendre le repositionnement de ce médicament, en détaillant certaines de ses propriétés antitumorales. Au passage, il égratignait de manière ironique les réticences de certains.

Extrait : « Je me demande si, une fois que cette information parviendra à la médecine conventionnelle, on inventera un syndrome de carence en ivermectine. Un déparasitage mensuel – pour les patients atteints de cancer ou présentant des symptômes inexpliqués sur le plan médical – pourrait s’avérer une meilleure solution que de chercher à identifier ce mystérieux syndrome de carence en ivermectine« .

Il confirme les témoignages qu’on lit parfois sur les réseaux sociaux : oui la prise d’ivermectine peut entraîner chez certaines personnes des troubles -temporaires- de la vision.

« C’est courant. Je considère cela comme un bon signe !« 

Mais je n’utilise jamais l’ivermectine seule. C’est une erreur. J’utilise des combinaisons, surtout chez les patients atteints de cancer. Trois à 4 associations différentes. Cela offre la meilleure réponse et la moindre résistance.

Quid des rumeurs sur la perte de cheveux avec des benzimidazoles carbamates ?

J’ai vu quelques cas mais avec de l’albendazole. J’utilise plutôt le mébendazole. Mais quand je réévalue ces cas, je ne suis pas certain que le médicament était la cause ou s’ils avaient été exposés à des toxines environmentales.

Et leur hépatotoxicité ?

Non pas vraiment. Les médecins font peur en disant que les patients vont subir une insuffisance hépatique. Mais très souvent, les enzymes s’améliorent. On peut constater une hausse temporaire (le corps évacue les déchets de la tumeur). Cela revient à la normale après.

Simon Yu partage mon opinion quant au manque de passerelles, malgré l’Internet, entre les médecines humaine et vétérinaire. Les animaux développent aussi des cancers et on peut sans doute apprendre de l’expérience des vétos.

Une fois, un vétérinaire sud-africain est venu me voir à Mexico (lors d’une conférence). Il m’a dit que les fermiers quand ils voyaient des tumeurs donnaient des injections d’ivermectine à leur bétail. Ils savent comment utiliser les antiparasitaires.

Après des années de pratique médicale, sur le terrain, que pense-t-il désormais de l’étiologie du cancer et des différentes théories en lice ?

Le problème sous-jacent est l’inflammation qui créée un perturbation métabolique au niveau des mitochondries. Et qu’est-ce qui provoque l’inflammation ? A mon avis, les infections. Plus les toxines environmentales. Sans oublier les dents qui peuvent favoriser ces perturbations. Un autre facteur est la voie de signalisation Wnt/β-caténine qui fait partie de la cascade métabolique (elle influence la prolifération, la différenciation des cellules).

Il remarque :

Si on peut contrôler Wnt, alors on contrôle les maladies chroniques et même le vieillissement. Et si vous analysez la littérature scientifiques que constatez-vous ? Les médicaments antiparasitaires modulent Wnt !

[note : concernant le vieillissement, cela semble étonnant et pourtant on trouve même un brevet déposé en 2023 à ce sujet : « Un composé benzimidazole à activité anthelminthique utilisé pour inverser, stopper ou ralentir le vieillissement cellulaire chez un sujet vertébré. »]

Avec tout le respect que l’on doit au professeur Thomas N. Seyfried [le promoteur de la théorie métabolique du cancer] et à Otto Warburg [prix Nobel, travaux sur le métabolisme des cellules cancéreuses] nous devons aller un cran plus loin : le cran infectieux.

Les infections doivent être sous contrôle, le régime alimentaire ne suffit pas. Mais je reconnais qu’il y a toujours un débat.

Quand une tumeur disparaît rapidement, est-ce réellement et seulement métabolique ou bien alors est-ce une infection qui commande la perturbation métabolique ? Je ne veux pas trop affirmer les choses, je m’en tiens à mes observations cliniques.

Comme une provocation, je dis souvent que le cancer n’est plus seulement un problème scientifique mais aussi un problème de communication.

Le docteur Yu incarne à son corps défendant cette idée. Ainsi, suite à la publication en juin de son article (co-écrit avec le docteur Guilford, « Traitement du cancer par médicaments antiparasitaires guidé par l’évaluation des méridiens d’acupuncture : une série de cas de six patients« )… le 31 juillet, personne ne l’avait encore contacté. Ni journalistes, ni confrères, à part votre serviteur.

On peut bien sûr critiquer les idées de Simon Yu mais un article (revu par les pairs) qui présente des cas cliniques est toujours intéressant. De telles études de cas, ou études dites « observationnelles » doivent toujours exciter notre curiosité car elles dévoilent une part du Réel. C’est leur mérite.

Big Pharma et les grands médias ont beau jeu de le nier. La BBC -pour ne prendre que l’exemple le plus récent, le 5 août 2026- préfère ainsi publier des articles à charge, aussi grotesques sur le fond que sur la forme, pour effrayer les lecteurs.

Ici on présente l’ivermectine et le fenbendazole comme des drogues dangereuses, quasi illégales et vendues sous le manteau, pour mieux les dénigrer, les diaboliser.

Finalement, qui croire ?

Des journalistes d' »investigation » affichant crânement leur ignorance ?

Ou des médecins, comme Simon Yu, qui utilisent concrètement ces médicaments depuis… un quart de siècle ?

cdubuit@onconautes.com

NOTE : pour être complet, je signale que Simon Yu a publié le 26 juillet 2026 un article dans lequel il explique qu’il n’y a pas de protocole fixes et miraculeux contre le cancer (et autres pathologies chroniques), que chaque individu est différent (métabolisme mais également environnement, histoire, régime alimentaire, exposition à diverses toxines, etc.) et que l’utilisation inconsidérée des médicaments antiparasitaires peut être dangereuse.

Titre : Confession and Warning: Parasite Medications for Cancer Guided by AMA

Lien : https://preventionandhealing.com/blog/confession-and-warning-parasite-medications-for-cancer-guided-by-ama/