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Chapitre 14

Phytoalexines versus cancer : l’analyse de Mark Lintern

Vous connaissez le britannique Mark Lintern. J’ai souvent évoqué son livre (La cause du cancer enfin trouvée ? Le microorganisme parasite qui bouscule les théories existantes, traduit en français par les éditions Marco Pietteur).

Il a baptisé sa théorie « Cell suppression » que j’aime traduire par « manipulation cellulaire ».

Selon Lintern, des microorganismes pathogènes (de nature fongique) provoquent/alimentent les processus cancéreux en piratant la machinerie de nos cellules.

Il vient de publier sur son site Substack un article remarquable, en 5 parties, intitulé : « Is food medicine ? Why do plant compounds selectively kill cancer cells, without harming healthy cells ?« 

Le constat de départ ? De nombreuses molécules issues du monde végétal possèdent des propriétés antitumorales (citons curcumine, quercétine, resvératrol, CBD, EGCG, sulforaphane, etc.).

La liste est très longue et largement documentée (multiples études in vitro, in vivo).

J’ai abordé ce phénomène -un véritable Janus biochimique- dans le chapitre 14 de mon livre (voir aussi la rubrique éponyme sur onconautes.com).

La question est : comment ces produits agissent sur les cellules cancéreuses sans endommager les cellules saines ni celles de microorganismes commensaux (les nombreuses espèces fongiques qui peuplent nos microbiotes) ?

Comment comprendre une telle sélectivité ?

Voici l’explication conventionnelle : ces substances interagissent avec de nombreuses voies de signalisation (signaling pathways) associées au cancer (PI3K, AKT, mTOR, NF-κB, Wnt, etc.).

Fermez le ban.

Mark Lintern explore une autre voie (une « réinterprétation » dit-il), plus logique.

Ces molécules -appelées « phytoalexines » et « phytoanticipines »- ne sont pas des nutriments. Ce sont des mécanismes de défense face à des menaces extérieures (champignons, bactéries ainsi que certains prédateurs), forgées par l’évolution sur des centaines de millions d’années.

Les premières sont produites à la demande face à une agression, les secondes sont présentes en permanence dans les végétaux.

Elles ciblent des pathogènes précis.

Mieux encore : elles peuvent distinguer l’état de certains de ces microorganismes. Lintern illustre ce phénomène avec Candida Albicans qui peut prendre 2 formes (chez les humains, les animaux) : levure ou filamenteuse (la forme pathogène), avec les exemples de la quercétine et du CBD.

Grâce à la théorie de Lintern, on peut en déduire que les actions sur les cellules cancéreuses ne sont pas le mécanisme premier de ces substances. « Il s’agit plutôt de la conséquence en aval du ciblage de l’agent pathogène qui a détourné la machinerie cellulaire« , écrit-il.

Je me permets de reformuler son idée : si la quercétine par exemple affecte les cellules tumorales via plusieurs voies de signalisation, ce n’est pas un hasard biologique mais le signe qu’elle remplit son rôle : lutter contre un ou des pathogènes.

L’article de Mark Lintern est riche (je n’en fais ici qu’une synthèse rapide).

Je vous invite à vous abonner à son Substack pour lire l’intégralité de son travail.
https://marklinterncst.substack.com/p/why-do-plant-compounds-appear-to