L’Institut national du cancer publie son Panorama cancer 2026 avec les chiffres pour l’année 2023.
Lien : https://www.cancer.fr/catalogue-des-publications/panorama-des-cancers-en-france-edition-2026
Voici les donnée de base :

Femmes : hausse des cas sein, côlon, poumon et pancréas
Hommes : baisse des cas prostate, poumon, côlon, hausse pancréas
Le pancréas représente 7 668 cas (femmes) et 8 323 cas (hommes).
Si on prend le taux d’incidence standardisé tous cancers (pour gommer le vieillissement de la population), entre 2019 et 2023, on obtient +0,25 % par an pour les femmes et +0,06 % par an pour les hommes.
Attention, ces chiffres ne sont PAS REELS.
Il n’y a pas eu « 433 136 » nouveaux cas de cancer diagnostiqués en France en 2023.
Ce sont des modélisations.
Car la France, hélas, travaille sur une trentaine de « registres locaux » qui couvrent SEULEMENT entre 20 et 24 % de la population métropolitaine (en revanche, la couverture est exhaustive pour les cancers pédiatriques).
Depuis 2026, et c’est une bonne nouvelle, un registre national est en cours de création (suite au vote d’une loi). Mais sa mise en place nécessitera du temps.
La mortalité -elle- ne trompe pas si j’ose dire.
D’abord, parce qu’on ne décède généralement pas deux fois, et ensuite parce qu’il faut bien mourir un jour… Tous les décès sont comptabilisés à l’unité près et on dispose de la « cause initiale de décès » (codage).
L’Institut national du cancer utilise les données du Centre d’épidémiologie sur les causes médicales de décès (Inserm).
https://opendata-cepidc.inserm.fr/
Nombre de décès, France (métropolitaine plus Drom), cause « tumeurs », par tranche d’âge, pour 2014, 2019 et 2024.

Quelques faits indiscutables :
-le cancer est une pathologie très majoritairement liée à l’AGE (à partir de 55 ans)
-le nombre de cas et de décès liés au cancer continuera d’augmenter CHAQUE ANNEE car la population française vieillit (génération nombreuse du baby boom, personnes nées entre 1946 et 1964)
-les dépenses de santé vont donc mécaniquement suivre…
A ce sujet, nous disposons d’une source de données uniforme : les dépenses des médicaments « antinéoplasiques » (anticancéreux).
De 2016 à 2024, rapport Drees, page 25 : https://www.drees.solidarites-sante.gouv.fr/sites/default/files/2026-06/DD139_M%C3%A9dicaments.pdf

On passe de 6,16 milliards d’euros en 2016 à 14,68 milliards en 2024, soit une hausse de 8,52 milliards.
Au sein de la classe ATC L, les médicaments anticancer (sous classe L01) pèsent pour 6,3 milliards dans la hausse.
Si on parle de volumes (en nombre de boîtes), c’est +3 millions pour les anticancéreux, soit +58 %.
Le pembrolizumab (Keytruda) pèse à lui seul 1,9 milliard dans la croissance des dépenses…
Le rapport en profite pour glisser une belle peau de banane (page 26) :
Une étude américaine récente (Horn, 2026) souligne qu’en dépit de la diffusion rapide des inhibiteurs de points de contrôle immunitaires (ICI), dont fait partie le pembrolizumab, il existe étonnamment peu de données en vie réelle (par opposition aux essais cliniques) sur leur impact en termes de résultats de santé et de dépenses.
Etonnamment, nous ne sommes guère… étonnés. 😉
La conclusion s’impose : depuis 10 ans, grosso modo, la croissance des dépenses de médicaments en France est le fait de l’oncologie.
En élargissant la focale, le total des dépenses liées au cancer (extrait du rapport Panorama 2026) :

Le cancer est donc déjà un business en or massif…
Que va t-il donc se passer durant la prochaine décennie sachant que le nombre de diagnostics va continuer à croître, inéxorablement ?
Personne n’ose aborder ce sujet.
Une chose est certaine : parler de « maîtrise des dépenses de santé » dans un tel contexte démographique et médical est une hérésie, pour ne pas dire bien pire.