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Livre : no more tears, the dark secrets of Johnson & Johnson

Le cancer vous ronge, vous ou un membre de votre famille ? Vous ne pouvez pas totalement comprendre ce qui vous arrive si vous n’étudiez pas le système dans lequel vous venez de pénétrer (et son histoire, politique, institutionnelle, réglementaire, j’y reviendrai dans un prochain article).

Il y a d’un côté le médical, la science (vous êtes dedans) mais de l’autre l’organisation, le système qui gère tout cela, qui en vit.

C’est un tout.

Ignorer un aspect c’est choisir de rester borgne.

J’ai nommé ce système Big Cancer. C’est une filiale très importante de Big Pharma.

Comment le définir ? Puissance et corruption.

Dans mon propre livre, j’ai donné une méthode pour mieux cerner cet état dans les états : parmi les nombreux ouvrages qui décrivent la corruption de Big Pharma, il suffit de procéder à un carottage temporel : sélectionnez 3 titres, couvrant la fin des années 90, les années 2010 et 2020.

C’est bête comme chou mais ça marche.

Aujourd’hui, je vous présente un livre important mais qui se concentre sur une seule société : Johnson & Johnson, le géant américain fondé en 1886.

Basée dans le New Jersey, la société fabriquait au début des compresses chirurgicales puis des pansements.

J & J est devenue la plus grande société pharmaceutique du monde (en terme de chiffre d’affaires). Elle compte 138 000 employés.

Vous connaissez son fameux talc pour les bébés (lancé en 1894 !) voire ses savons et shampoings (pour bébés aussi) ou encore le Tylenol (l’équivalent américain de notre Doliprane).

J & J est une icône, ni plus ni moins. Une icône marketing, graphique même (avec sa fameuse police de caractères et sa couleur rouge) et qui fait partie de l’american way of life.

Une société qui inspire confiance.

L’auteur, Gardiner Harris, est un journaliste scientifique qui a travaillé entre autres pour le New York Times, le Wall Street Journal. C’est carré. A l’américaine : une enquête poussée, une documentation bétonnée, une écriture soignée. Bref, du travail de professionnel. La preuve : il fut finaliste pour le prix Pulitzer.

Une précision qui me semble importante : le cercle rouge qui figure sur le haut de la couverture contient 3 mots… « Tromperie, corruption, mort ».

Car oui, cela décrit bien le programme !

Je ne vais pas évoquer le scandale du talc contaminé (avec de l’amiante). Mais plutôt me concentrer sur 2 chapitres : les opiacés et l’EPO (érythropoïétine).

On connaît le scandale des opiacés (avec l’OxyContin, commercialisé par Purdue en 1995). Mais ce que vous ne savez pas est que J & J était partie prenante et même en avance.

D’abord, avec son propre antidouleur à base de fentanyl (le Duragesic, autorisé par la FDA en août 1990)… Un système de patch (transdermique), 75 fois plus puissant que la morphine. Le dosage n’était pas précis. Il y a eu des morts.

Ce médicament était d’abord réservé aux douleurs intenses (cancers, etc.). Suivant le marketing de Purdue (avec son OxyContin) J & J a ensuite élargi l’utilisation du produit aux « douleurs chroniques ».

J & J possède des plantations de pavot en Tasmanie (Australie) depuis le milieu des années 70 pour fournir la matière première à son Tylenol codéiné (et autres opiacés médicaux).

J & J comprend vite que l’OxyContin représente un gros potentiel. A la demande de Purdue, J & J va alors développer une variété spéciale de pavot (« Norman ») permettant de maximiser la production de la molécule principale utilisée dans l’oxycodone (OxyContin): la thébaïne.

En 1996, les fermiers en Tasmanie plantent 500 hectares de ce pavot génétiquement modifié. Un chiffre qui augmentera de 50 à 100 % chaque année après. Entre 1993 et 2000, la surface totale triple ! Les fermiers font fortune et conduisent des Mercedes importées.

Si Purdue incarne la face commerciale de ce désastre de santé publique, J & J est de facto le fabricant derrière. Le boss : Don J & J. Et il en a financièrement largement profité.

Aux Etats-Unis, J & J finit ainsi par fournir 65 % de tout l’oxycodone, 54 % de l’hydrocodone, 60 % de la codéine et 60 % de la morphine (utilisés dans le pays) !

David Kessler, un ancien patron de la FDA, déclara que sans les efforts extraordinaires de J & J en Tasmanie, les Etats-Unis n’auraient pas connu l’explosion des opiacés sur ordonnances.

Passons à l’EPO.

Il s’agit d’une forme synthétique d’une hormone qui stimule la fabrication des globules rouges.

La FDA autorise sa vente en 1988. Les sociétés Amgen (marque Epogen)et J & J (marque Epocrit) se partagent ce marché, d’abord focalisé sur les dialyses (les dialyses détruisent des globules rouges ce qui entraîne des besoins en transfusions, l’EPO était vue comme une solution pour réduire ces besoins).

J & J a ensuite une idée géniale : les cancers. Les traitements (chimios, rayons) provoquent des anémies. Solution ? EPO ! Un essai clinique ridicule avec 131 patients est monté afin d’obtenir le feu vert de la FDA. L’essai est concluant : les cancéreux avec de l’EPO ont moins besoin de transfusions sanguines. Fermez le ban et ouvrez les comptes bancaires.

Pourtant, dès le début, des chercheurs s’aperçoivent que l’EPO agit comme un engrais sur des cellules cancéreuses. Un accélérateur de tumeurs.

En 1989, le magazine Fortune déclare l’EPO « produit de l’année ». Pourtant, les risques cardiaques et de croissance tumorale sont déjà identifiés.

Suit un long jeu de cache-cache. J & J devait fournir des résultats d’autres études… Les années passent. Aucune donnée. Puis, il y a des évolutions réglementaires sur la manière de rembourser les médicaments aux Etats-Unis, provoquant une explosion financière. Des sommes importantes partagées avec les médecins prescripteurs. Sans oublier de nombreuses pratiques pour contourner les réglementations en vigueur.

Il est ainsi interdit de donner du cash aux médecins. Mais J & J leur donne des échantillons « gratuits » qui sont ensuite facturés aux malades (et donc aux assurances et à Medicare dans le cas des hôpitaux) !

J & J augmente également la quantité de produit par fiole pour compenser les « pertes » (alors qu’en réalité, les hôpitaux utilisent ces quantités et les vendent !)

Tout un système se met en place. Une machine de guerre.

En 1998, l’Epocrit devient le produit le plus profitable de toute l’histoire de J & J.

En 2001, il pèse 10,4 % de son chiffre d’affaires total !

La société ment délibérement dans des messages publicitaires. La FDA proteste, impose des amendes. Mais J & J continue de diffuser ses pubs pendant des mois. Le mal est fait. Cynisme.

En octobre 2023, une étude publié dans le Lancet choque par sa conclusion : l’EPO tue des cancéreux !

En 2016, les ventes aux Etats-Unis s’élevaient encore à 1,1 milliard. En 2021, 479 millions. Seuls quelques cancérologues perdus dans la campagne américaine prescrivent encore de l’Epocrit à des malades du cancer.

Voici la conclusion de l’auteur : « Le désastre de l’EPO dépasse à bien des égards celui des opioïdes sur ordonnance.

Si les deux ont coûté la vie à un nombre similaire de personnes, les fabricants d’opioïdes n’ont jamais entraîné autant de médecins et d’institutions médicales prestigieuses dans une criminalité aussi flagrante et systématisée, les poussant ainsi à la complicité, en toute connaissance de cause et avec avidité.

Les opioïdes soulagent la douleur comme aucun autre médicament ne peut le faire, permettant aux patients de bénéficier d’un traitement. En revanche, les transfusions sanguines étant bien plus sûres et efficaces, l’EPO n’offre à la quasi-totalité des patients que des blessures et la mort.

Et comme l’EPO est beaucoup plus chère que n’importe quel opioïde, l’ampleur du détournement des fonds publics, des assurances et de l’argent des patients est considérablement plus importante. »

Je vous avais dit que c’était du lourd.

J’arrête là. Impossible de résumer tout le livre. C’est passionnant, édifiant, hallucinant même (quant au monde corporate et au système médical et réglementaire américain).

Et surtout cela fait peur.

Le cancer nous effraie tous. La peur paralyse et stimule à la fois. Vous devez aller jusqu’au bout de cette peur, et pas seulement celle de la maladie. Mais aussi la peur provoquée par les sociétés, les institutions et les professionnels qui prétendent vous aider.

L’exercice est difficile mais sain.

La connaissance est une forme de catharsis.

No more tears, the dark secrets of Johnson & Johnson, Gardiner Harris (Random House, avril 2025). Hélas, pas encore de traduction française.

L’expression « no more tears » du titre est bien entendu un clin d’oeil (sombre) au slogan publicitaire utilisé par J & J pour ses shampoings pour bébés (« ne pique pas les yeux »).

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Additifs alimentaires : un autre regard sur le nitrite de sodium (E250)?

Vous avez sans doute entendu parler de la vaste étude française publiée dans le British Medical Journal début janvier.

« Intake of food additive preservatives and incidence of cancer: results from the NutriNet-Santé prospective cohort »

Lien : https://www.bmj.com/content/392/bmj-2025-084917

Large cohorte, plus de 100 000 personnes suivies de 2009 à 2023, interrogées périodiquement via formulaires sur leur consommation alimentaire.

(lire la présentation de l’étude faite par l’Inserm)

Je ne vais pas détailler tous les résultats car je me méfie de ces études très synthétiques (multiples biais et pièges statistiques).

Concentrons-nous sur la plus forte « relation positive » entre un additif (le nitrite de sodium surnommé E250) et le cancer de la prostate : augmentation du risque de 32 % selon les auteurs.

On utilise le E250 dans la charcuterie, les viandes industrielles pour ses propriétés antibactériennes (donc de conservation).

Des liens avec le cancer ont été établis indirectement via les nitrosamines (substances cancérigènes et mutagènes) qui se forment durant la digestion ou la cuisson d’aliments contenant du nitrite de sodium.

Tout ceci demeure assez vague car il est difficile de doser précisément ces sous-produits dans le corps humains et les différences individuelles sont importantes (métabolisme, interactions avec d’autres molécules comme par exemple l’acide ascorbique qui réduit les nitrosamines, etc.).

Bref, au fil d’études on se borne à établir telle ou telle corrélation, plus ou moins franche.

Et si on faisait fausse route ? Car le mécanisme principal du E250 est bien antibactérien.

Il n’est pas sélectif, il pourrait donc réduire la population de bonnes bactéries dans le microbiote intestinal comme par exemple les Bifidobacterium… ce qui affecterait ensuite le système immunitaire.

Consommation chronique de ces aliments, appauvrissement du microbiote intestinal, affaiblissement des défenses naturelles et en bout de course davantage de cancers qui se développent.

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Jane McLelland ouvre son site Substack

Jane McLelland vient de lancer son site Substack.

Lien : https://substack.com/@howtostarvecancer

Cet outil s’ajoute au groupe Facebook qu’elle anime (110 000 membres).

Lien : https://www.facebook.com/groups/off.label.drugsforcancer

Jane McLelland, kinésithérapeute anglaise, est une pionnière du repositionnement des médicaments.

En 1994, elle subit un cancer agressif du col de l’utérus en 1994 puis une récurrence aux poumons en 1999. Et enfin en 2003, une myélodysplasie (forme de cancer du sang) provoquée par les traitements.

Il faut noter qu’à l’époque, elle endure la Trinité Infernale : hystérectomie, chimios, rayons.

Elle a ensuite écrit Affamer le cancer: L’alimentation et les médicaments qui affaiblissent les cellules cancéreuses mais pas les saines (traduction française, 2023, Éditions Thierry Souccar).

Son approche ? Métabolique et intégrative avec plusieurs molécules (metformine, statines, étodolac, etc.) et des compléments (quercétine, berbérine, etc.).

L’idée directrice consiste à couper/réduire les différentes lignes d’approvisionnement des tumeurs (d’où le verbe « affamer »).

Rappelons que dans les années 1990, début 2000, c’était presque de la science fiction. Jane était seule, littéralement.

Il ne s’agit donc pas d’un travail théorique mais bien d’une expérience personnelle, les mains dans la cambouis et qui s’est élargie ensuite (au gré des études scientifiques et de ses propres recherches).

Depuis, de nombreux malades ont utilisé son protocole et son travail a incontestablement irrigué la théorie métabolique du cancer (voir le professeur Thomas N. Seyfried).

Aujourd’hui âgée de 62 ans, Jane McLelland est la preuve -vivante- qu’il est possible de lutter avec succès contre le cancer avec des armes non conventionnelles.

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Business : Big Pharma est Big Cancer

Le chiffre d’affaires global de l’industrie pharmaceutique (médicaments) est de plus en plus concentré sur quelques gros segments.

En 2025, l’oncologie représente le premier de ces segments, pesant 18 % du total (source Statista Market Insights). Soit un chiffre d’affaires de 217 milliards de dollars !

Les médicaments contre le diabète arrivent en seconde position avec 7 %.

Le cancer c’est à la fois la poule aux oeufs d’or et le veau d’or…

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La vitamine C réduit les effets du stress

Un petit coup de pompe hivernal ? Vous prenez de la vitamine C qui fouette le système immunitaire.

D’autres l’utilisent à des doses massives (en intraveineuse) comme antioxidant contre le cancer (suivant les travaux de Linus Pauling, prix nobel de Chimie en 1954, sur les mégadoses d’acide ascorbique contre diverses pathologies dont le rhume).

Historiquement, on a associé la vitamine C au scorbut (solution découverte empiriquement par les marins au 17ème siècle avec la consommation d’agrumes, puis démontrée scientifiquement en 1747).

Et vous savez que l’espèce humaine (avec les primates, mes cochons d’Inde) a la particularité de ne pas produire la vitamine C dont elle a besoin.

Tout cela est vu et revu.

Et si en plus, la vitamine C pouvait réduire… le stress ?

Cela ouvrirait des pistes bougrement intéressantes dans le cadre du cancer.

On trouve plusieurs essais cliniques qui confirment cette action (via le marqueur sanguin du cortisol, hormone stéroïdienne, surnommée « l’hormone du stress », produite par les glandes surrénales et qui affaiblit le système immunitaire).

Voici quelques références :

A randomized controlled trial of high dose ascorbic acid for reduction of blood pressure, cortisol, and subjective responses to psychological stress (2002)

Essai 14 jours sur 60 adultes en bonne santé (3 x 1 000 mg par jour et placebo).

Résultat ? Réduction pression artérielle, cortisol et meilleure réponse au stress psychologique (via Trier Social Stress Test)

Ensuite un test autour de l’ultramarathon (course à pied).

Vitamin C supplementation attenuates the increases in circulating cortisol, adrenaline and anti-inflammatory polypeptides following ultramarathon running (2001)

Des doses de 500 à 1 500 mg par jour (ou placebo), 29 participants. Après la course, les niveaux de cortisol, adrénaline étaient significativement plus réduits dans le groupe 1 500 mg.

Autre étude sur 69 femmes souffrant hypercortisolémie (en raison de stress chronique).

Vitamin C supplementation alleviates hypercortisolemia caused by chronic stress (2003)

1 000 mg par jour pendant 2 mois. Baisse significative des taux de cortisol (jusqu’à 43 %) et de DHEA-S (autre marqueur hormonal lié au stress).

Au-delà de l’effet immunosuppresseur (par exemple réduction des Bifidobacterium dans le microbiote intestinal), le cortisol peut avoir un effet direct sur des bactéries (Porphyromonas gingivalis) et il peut être modifié métaboliquement par des champignons (provoquant ainsi des perturbations des signaux hormonaux).

Bref, autant de raisons de se méfier de cette hormone (dans le cadre du cancer).

PS : notez que d’autres molécules réduisent le cortisol. Citons le magnésium, l’ashwagandha (Withania somnifera, le ginseng indien), la mélatonine, la vitamine D, l’aspirine, etc.