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Farce et attrape

Scoop : “La médecine alternative réduit l’espérance de vie des cancéreux”

La Science a parlé ! Une vaste étude publiée dans le JAMA Network Open (groupe JAMA), début mars, démontre que la « médecine alternative, a la place des thérapies conventionnelles, pourrait être associée à une réduction de la survie chez les femmes atteintes d’un cancer du sein ».

Lien : https://jamanetwork.com/journals/jamanetworkopen/fullarticle/2845669

Immédiatement la presse magazine s’en donne à coeur joie et remue la queue : « Cancer du sein : les médecines alternatives multiplient par 4 votre risque de décès, selon une étude géante ».

Sueurs froides…

Vous vous doutez bien qu’il y a un os. Et un gros. ,-)

C’est de la pataphysique. Cette étude est loufoque et la relayer, sans la lire, est une insulte à l’intelligence.

Démonstration.

L’étude porte sur 2 169 202 femmes au total, diagnostiquées de 2011 à 2021. La cohorte est donc massive.

Sur ce total, combien de femmes ont utilisé exclusivement les thérapies conventionnelles (chirurgie, chimiothérapie, radiothérapie, immunothérapie, hormonothérapie) ?

2 106 665, soit 97,6 %.

Et combien de malades ont utilisé exclusivement des « médecines alternatives » ? Essayez de deviner… 😉

273.

Aucune faute de frappe : deux cent soixante-treize. Soit une poussière de pourcentage.

On répète pour bien marquer les esprits :
A ma gauche, culotte dorée, 2 106 665 femmes. Les gens raisonnables, intelligents, éduqués.

A ma droite, maillot noir avec de nombreuses taches de gras, 273 illuminées voire débiles mentales.

Qui peut prétendre que ce délire statistique a la moindre valeur scientifique ?

Les auteurs -eux-mêmes- reconnaissent honteusement l’arnaque : « lack of power for significant head-to-head comparisons due to the small sample sizes ».

Mais ce n’est pas fini ! Il y a pire.

C’est quoi au juste les « médecines alternatives » ? Comment les auteurs de ce torchon les définissent-ils ? Après tout, la question est fondamentale.

Ces 273 pauvres femmes égarées ont utilisé quoi concrètement, ont fait quoi concrètement contre leur cancer ?

Des bains de boue ? Des lentilles bio au petit-déjeûner ? Du yoga ? L’apprentissage du sexe tantrique afin d’ouvrir les shakras médicinaux ? Du chocolat noir 80 % à chaque repas ? Quelques prises de MDMA ? Sniffer du tabac brun ? Des infusions de fientes de pigeon et de pétales de rose ? La méditation indonésienne ? La musculation pakistanaise ? Voire la toupie espagnole (exercice qui renforce le système immunitaire, ah ? vous ne saviez pas ?)

Ou alors des molécules repositionnées sérieuses, comme le fenbendazole/mébendazole ? De l’ivermectine ? Un traitement de fond métabolique ?

Voici la définition donnée par les auteurs : « therapy administered by nonmedical personnel ». Traduction : tout qui est fait/administré par des personnels non médicaux…

Ici, le gag devient une supernova dans le ciel du grotesque.

Moralité : il faut toujours lire et mettre en perspective les fameuses « études » que les crétins, les stipendiés de Big Cancer ainsi que les journalistes vous opposent avec componction, prenant l’air sérieux des sachants et des savants (alors que vous, vous n’êtes qu’un gueux, intellectuellement proche d’un mollusque, voire d’une plante verte).

Qu’une publication aussi prestigieuse que le JAMA Network Open (membre du réseau Journal of the American Medical Association) soit complice en dit long sur l’affaiblissement cognitif de l’industrie des publications scientifiques.

Et surtout : sur sa corruption.

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Chapitre 14

Chapitre 14 : bêta-sitostérol, jervine, clausenidin, inhibiteur de CDK7, myricétine

Rappel de la règle : toute molécule (naturelle, synthétique, ou groupe de molécule) qui possède des propriétés anticancéreuses a AUSSI des effets antifongiques (et vice-versa).

Tout est vérifiable via les moteurs de recherche : nom de la molécule (en anglais, impérativement) suivi par “anticancer” et après “antifungal“.

Alors, simple hasard ? Caprice de la Nature ? Ou corrélation bien plus profonde révélant des points communs, une nature commune ? Vous connaissez mon opinion.

J’en donne une liste de 190 dans mon livre (chapitre 14).

Voici quelques ajouts au fil de l’eau :

bêta-sitostérol (beta-sitosterol)

« Un phytostérol (stérol végétal) naturel, structurellement similaire au cholestérol, présent dans les huiles végétales, noix, graines et céréales. Il est largement utilisé pour diminuer le cholestérol sanguin, soulager les symptômes de l’hypertrophie bénigne de la prostate (HBP) et en cosmétique pour ses propriétés apaisantes et réparatrices. »

Jervine (jervine)

« Alcaloïde stéroïdien toxique extrait des racines du vératre blanc (Veratrum album), utilisé en pharmacologie comme dépresseur moteur. »

Clausenidin (clausenidin)

« Composé naturel de pyranocoumarine extrait des racines de Clausena excavata (famille des Rutacées), un arbuste utilisé en médecine traditionnelle asiatique pour traiter le cancer. »

Inhibiteur de CDK7 (CDK7 inhibitor)

« Molécule thérapeutique ciblée, principalement étudiée contre le cancer, qui bloque l’action de la Cycline-Dependent Kinase 7 (CDK7). Cette enzyme est cruciale à la fois pour la division cellulaire (cycle cellulaire) et la transcription des gènes (production d’ARN). En l’inhibant, on freine la prolifération des cellules cancéreuses. »

Myricétine (myricetin)

« Flavonoïde (flavonol) naturel, présent dans de nombreux fruits, légumes, baies et thé, reconnu pour ses fortes propriétés antioxydantes, anti-inflammatoires et anticancéreuses. »

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Benzimidazoles Molécules repositionnées

Fenbendazole : anti CD38

La CD38 est une glycoprotéine de surface qui est fortement exprimée dans le myélome multiple (cancer moelle osseuse). Mais pas que : leucémies aussi et même tumeurs solides.

Big Cancer cherche donc à produire des thérapies avec des anticorps monoclonaux ciblant la CD38 (Daratumumab, Isatuximab).

Une équipe chinoise vient de publier une étude qui passe au crible des molécules qui inhibent la CD38.

Titre : Rapid Discovery of CD38 Inhibitor via DNA-Encoded Natural Product Library Screening

Lien : https://www.mdpi.com/1420-3049/31/5/864

Et figurez-vous que la molécule qui arrive en tête… est le fenbendazole (vous savez l’horrible vermifuge vétérinaire dont de nombreux scientifiques dans le monde s’obstinent à relier à des propriétés anticancéreuses et même à déposer des brevets dans ce sens).

« Nous avons identifié huit composés actifs présentant des structures chimiques distinctes, dont des agents approuvés cliniquement comme le fenbendazole.

[…] Le fenbendazole, en particulier, s’est révélé être un composé prometteur grâce à son profil de sécurité bien caractérisé et à sa puissante double activité inhibitrice.»

On connaît les propriétés de déstabilisation des microtubules des benzimidazoles carbamates depuis les années 70 (c’est ce qui les rend vermifuges). Le même mécanisme s’applique aux cellules cancéreuses.

Depuis, on a identifié des mécanismes anticancer supplémentaires. L’inhibition CD38 en est encore un nouveau.

C’est intéressant car ce sont des molécules génériques que l’on utilise depuis un demi siècle, qui ne coûtent rien et dont on connaît les profils de risques (bien moins violents et systémiques que les nouvelles thérapies à base d’anticorps monoclonaux).

Enfin, on ne peut que saluer une fois de plus le pragmatisme des scientifiques chinois (dont je fais l’éloge dans mon livre). Au lieu de faire de grands discours et de s’accrocher à des dogmes… ils essayent.

Ils testent.

Et tant pis si les résultats déconcertent ou font de la peine à Big Cancer (qui est par nature occidental et même américain, il faut le rappeler).

Une pirouette pour finir : la CD38 est également liée au vieillissement, aux maladies neurodégénératives.

J’en profite pour rappeler qu’un brevet déposé en 2023 fait état de propriétés antiâge pour cette classe de molécules !

« Un composé benzimidazole à activité anthelminthique utilisé pour inverser, stopper ou ralentir le vieillissement cellulaire chez un sujet vertébré. »

Lien : https://patents.google.com/patent/EP4539808A1/en

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Benzimidazoles Molécules repositionnées

Famille fenbendazole et cancer : 30 brevets en 50 ans !

LA LISTE A ETE MISE A JOUR (50 BREVETS) :
https://onconautes.com/fenbendazole-contre-cancer-50-brevets-en-50-ans/

[an english version of this article is available here]

Qui dit mieux ?

Cela paraît étonnant et pourtant… je suis le seul à avoir fouillé les bases de données de brevets.

Vous ne le savez sans doute pas mais les molécules dont les onconautes parlent beaucoup – le fenbendazole et le mébendazole – appartiennent à la famille chimique des benzimidazoles carbamates.

Cela fait un demi-siècle qu’on les utilise comme antiparasitaires et fongicides.

Et cela fait un demi-siècle que l’on connaît certaines de leurs propriétés anticancéreuses (la première d’entre-elles étant l’inhibition des microtubules ce qui bloque la prolifération des cellules).

Ces propriétés sont non seulement validées par des études mais également par le dépôt de nombreux brevets.

Les faux diplômés qui vous répètent ad nauseam que vous n’êtes pas un cheval, ni un chien et que l’utilisation d’un vermifuge contre le cancer relève du charlatanisme sont au mieux des crétins, au pire, des collabos payés par Big Pharma.

Certains cumulent les deux, bien entendu. 😉

Je vous présente donc une liste surprenante de 30 brevets déposés sur une cinquantaine d’années qui tous relient des benzimidazoles carbamates… au cancer.

Année, déposant, titre du brevet (traduction en français) et lien direct vers Google Patents.

Dans cette liste, on trouve du lourd :

-Janssen, filiale du géant pharmaceutique Johnson&Johnson

-mais aussi Procter&Gamble (autre géant américain, avec des produits de grande consommation comme Pampers, Gilette, Vicks, les lessives Ariel, Tide, etc.)

-ou encore la célèbre université américaine John Hopkins (liée à l’hôpital du même nom et au centre national du cancer Sidney Kimmel)

-sans oublier des Chinois, Sud-Coréens, Australiens, Britanniques, Suédois, Singapouriens… bref : de tout.


Le premier du peloton (d’après mes recherches) : février 1976 !

Il s’agit d’un dépôt effectué à l’INPI (France).

Déposant : Janssen (société pharmaceutique fondée en Belgique en 1953 puis rachetée par Johnson&Johnson. Le docteur Paul Janssen était un véritable inventeur. On lui doit l’imodium, le mébendazole ou encore le fentanyl).

Titre : « Carbamates de benzimidazolyle favorisant la régression de troubles ou maladies néoplastiques »

(de nos jours, on utilise plutôt l’adjectif « néoplasique »).

Lien : https://worldwide.espacenet.com/patent/search/family/024218138/publication/FR2302734A1?q=FR2302734A1

1996
Procter&Gamble
Utilisation des benzimidazoles pour la fabrication d’un médicament destiné au traitement de la leucémie
Lien : https://patents.google.com/patent/EP0831816A1/en

1996
Procter&Gamble
Composition pharmaceutique pour inhiber la croissance des cancers
Lien : https://patents.google.com/patent/US5929099A/en

1998
Procter&Gamble
Méthode de traitement du cancer par un benzimidazole et un agent chimiothérapeutique
Lien : https://patents.google.com/patent/US6271217B1/en

1998
Etats-Unis (Cell Pathways Inc)
Méthode d’inhibition des cellules néoplasiques par des dérivés de benzimidazole
Lien : https://patents.google.com/patent/US6348032B1/en

2000
Procter&Gamble
Composés et méthodes d’utilisation de ces composés dans le traitement du cancer ou des infections virales
Lien : https://patents.google.com/patent/US6407105B1/en

2001
Procter&Gamble
Les benzimidazole-2-carbamates et leur utilisation dans le traitement du cancer
Lien : https://patents.google.com/patent/WO2001083457A2/en

2001
Etats-Unis (CombinatoRx Inc)
Associations de médicaments (par exemple, un benzimidazole et de la pentamidine) pour le traitement des troubles néoplasiques
Lien : https://patents.google.com/patent/US6693125B2/en

2002
Etats-Unis (Université publique du Texas)
Médicaments anthelminthiques comme traitement des maladies hyperprolifératives
Lien : https://patents.google.com/patent/US7423015B1/en

2002
Australie (NewSouth Innovations Pty Ltd)
Méthode pour le traitement du cancer (albendazole)
Lien : https://patents.google.com/patent/US20050038022A1/en

2002
Procter&Gamble remet ça
Composition pharmaceutique pour inhiber la croissance des virus et des cancers (avec un dérivé d’un benzimidazole carbamate)
Lien : https://patents.google.com/patent/US6479526B1/en

2005
On passe en Chine
Traitement du cancer (brevet autour d’un benzimidazol carbamate)
Lien : https://patents.google.com/patent/CN101111248A/en

2005
Australie (NewSouth Innovations Pty Ltd)
Traitement du cancer avec un benzimidazole + une chimio classique
Lien : https://patents.google.com/patent/US20090286838A1/en

2008
Singapour (S’BIO Pte Ltd)
Association d’un agent anticancéreux benzimidazole et d’un second agent anticancéreux
Lien : https://patents.google.com/patent/US20100098691A1/en

2010
Hôpital pour enfants de Boston (dépend de l’université d’Harvard)
Compositions pour le traitement du cancer métastatique
Lien : https://patents.google.com/patent/US20120064008A1/en

2013
Chine (Hangzhou Leisuo Pharmaceutical)
Application de l’oxibendazole dans la préparation de médicaments anti-angiogéniques
Lien : https://patents.google.com/patent/CN103054858A/en

2016
John Hopkins, célèbre université américaine (et centre anticancer)
Polymorphe de mébendazole pour le traitement et la prévention des tumeurs
Lien : https://patents.google.com/patent/US11110079B2/en

2018
Grande-Bretagne (université de Bradford)
Mébendazole utilisé dans le traitement du cancer
Lien: https://patents.google.com/patent/WO2018138510A1/en

2018
Etats-Unis (université de Georgetown)
Traitement du mélanome par le mébendazole avec un inhibiteur de la protéine-kinase
Lien : https://patents.google.com/patent/US11179395B2/en

2018
Etats-Unis (Shepherd Therapeutics, Inc.)
Traitements anticancéreux par le mébendazole et méthodes d’utilisation
Lien : https://patents.google.com/patent/US20190175560A1/en

2018
Suède (Repos Pharma AB)
Traitement du cancer par l’utilisation du mébendazole
Lien : https://patents.google.com/patent/WO2019043108A1/en

2019
Chine (East China University of Science and Technology)
Utilisation du mébendazole dans la préparation d’un médicament pour le traitement de la leucémie lymphoblastique aiguë à lymphocytes T
Lien : https://patents.google.com/patent/CN110585199A/en

2019
Chine (Wenzhou Medical University)
Application d’un type de fenbendazole dans la préparation de médicaments antitumoraux (avec de la curcumine)
Lien : https://patents.google.com/patent/CN111388469B/en

2019
Chine, toujours déchaînée (Wenzhou Medical University)
Utilisation du fenbendazole dans la préparation de médicaments antitumoraux (cancer du poumon)
Lien : https://patents.google.com/patent/CN111388469A/en

2019
Corée du sud
Composition pour la prévention ou le traitement des maladies liées à l’angiogenèse, comprenant du mébendazole et des inhibiteurs de l’autophagie
Lien : https://patents.google.com/patent/KR20210083964A/en

2020
Chine toujours (Institute of Chinese Materia Medica)
Préparation à base de flubendazole, fenbendazole, mébendazole contre les tumeurs du cerveau
Lien : https://patents.google.com/patent/CN113398122A/en

2020
Corée du Sud (Korea University Industry-Academic Cooperation Foundation)
Dérivé d’un benzimidazole dans le cancer du sein
Lien : https://patents.google.com/patent/KR102516896B1/en

2020
Grande-Bretagne (Zephapharm Ltd)
Associations pharmaceutiques comprenant du mébendazole et un inhibiteur puissant ou modéré du CYP1A2
Lien : https://patents.google.com/patent/WO2020165559A1/en

2021
John Hopkins remet le couvert
Effet préventif du mébendazole contre les tumeurs malignes dans la neurofibromatose
Lien : https://patents.google.com/patent/US11850235B2/en

2021
Chine (Dongguan Peoples Hospital)
Application de l’oxfendazole comme médicament contre le cancer des ovaires
Lien : https://patents.google.com/patent/CN113648308A/en

2022
Chine encore (Fuzhou Medical College Of Nanchang University)
Préparation mébendazole contre mélanome uvéal (tumeur de l’oeil, 500 à 600 cas en France par an) (le mébendazole est encapsulé dans des liposomes)
Lien : https://patents.google.com/patent/CN115177590A/en

2023
Chine (Jilin University)
Application du fenbendazole dans la préparation de médicaments ciblant les cellules souches du cancer du col de l’utérus
Lien : https://patents.google.com/patent/CN116808026A/en

2023
Corée Sud (Kangwon National University Industry-Academic Cooperation Foundation)
Agent thérapeutique contre le cancer colorectal comprenant du fenbendazole et du TRAIL comme principes actifs
Lien : https://patents.google.com/patent/KR20250014671A/en


Je précise que cette liste n’est pas complète. Ces molécules sont étudiées sous d’autres angles (vétérinaire, agriculture).

Certains se penchent même sur les propriétés anti-âge du fenbendazole !

2023 : « Un composé benzimidazole à activité anthelminthique utilisé pour inverser, stopper ou ralentir le vieillissement cellulaire chez un sujet vertébré. »

Lien : https://patents.google.com/patent/EP4539808A1/en

Le fenbendazole/mébendazole agirait également comme un immunomodulateur (ce qui serait assez logique dans le cadre du cancer).

2007 : https://patents.google.com/patent/WO2008036747A2/en

Merci de promouvoir cet article autour de vous et sur les réseaux sociaux ; le cancer est aussi une lutte de communication.

Cette liste factuelle de 30 brevets sur un demi-siècle donne un argument de poids aux onconautes qui expérimentent avec ces molécules ou les étudient.

Elle cloue le bec aux idiots in-utiles qui dénigrent ces produits en répétant de simples slogans.

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Prostate

Cancer de la prostate : remettons le sexe au milieu

Poterie grecque, 5è siècle avant notre ère. Désolé, mais vous n’avez rien inventé 😉

Mes excuses pour le titre légèrement racoleur bien que techniquement valide.

Quelle est la fonction de la prostate, organe situé sous la vessie de l’homme ? Produire le fluide (prostatique donc) qui va liquéfier et nourrir les spermatozoïdes (lesquels sont fabriqués par les testicules) formant ainsi le sperme.

Tout est clair ?

Premier bug : la prostate n’est pas stérile. Il y a des micro-organismes à l’intérieur mais surtout autour. La prostate est liée à l’urètre et donc au pénis. D’où le titre : l’activité sexuelle masculine est liée, physiquement, à la prostate.

C’est un une continuité. Un tout.

J’ai lu récemment un article pointant des associations (positives ou négatives) entre activité sexuelle et cancer de la prostate.

Titre : “Cancer de la prostate : un nombre élevé de partenaires aurait un effet protecteur” (lien)

“Lorsqu’un homme a fréquenté plus de 20 femmes dans sa vie, son risque de développer un cancer de la prostate est réduit de 28 %“

L’article poursuit : “En revanche, un homme qui a connu plus de 20 partenaires masculins dans sa vie connait un risque deux fois plus grand de souffrir d’un cancer de la prostate par rapport à ceux qui n’en ont fréquenté aucun.“

Je ne vais pas vous fatiguer à détailler les études sur ce sujet. Sachez qu’il y en a plusieurs et qu’elles parviennent à des conclusions parfois contradictoires.

En gros, c’est flou.

Aucune surprise ; tout ce qui touche à l’intimité n’est pas fiable d’un point de vue statistique.

Le sexe est intime, par définition. Nous n’avons pas encore installé -et heureusement- des caméras et des capteurs dans nos caleçons et nos chambres à coucher.

Tout le monde comprendra donc que les chiffres sont au mieux approximatifs voire franchement loufoques (et ne parlons même pas des biais, etc.)

Par ailleurs, un rapport sexuel avec 20 femmes ou hommes d’un soir avec préservatif n’a aucun rapport, c’est le cas de le dire, avec des relations multiples non protégées avec 20 partenaires sur des périodes de temps longues.

Enfin, il est difficile de comparer les pratiques sexuelles entre elles. Une pénétration vaginale n’est pas “égale” à une pénétration anale.

Bref, ces études sont intrinsèquement fragiles.

Mais passons outre et effectuons un travail d’imagination.

Le sexe est une voie royale pour les micro-organismes qu’ils soient pathogènes ou non. Car c’est une constante, un absolu biologique même : hommes et femmes copulent depuis la nuit des temps. Aucune religion, ni idéologie ni convention sociale n’a jamais pu supprimer cette nécessité vitale.

Bref, d’un point de vue évolutionniste, cette voie est parfaite pour un germe qui chercherait à pénétrer, littéralement, un organisme sain, se multiplier et ensuite contaminer d’autres hôtes.

Le sexe est ainsi le moyen de la survie (pour eux comme pour nous).

Voilà pourquoi de redoutables bactéries, virus, parasites et autres champignons (syphilis, herpès génital, Chlamydia, papillomavirus humain, gonorrhée, hépatite B, VIH, trichomonase, mycose génitale, etc.) se transmettent par voie sexuelle.

Pas parce que c’est ludique mais parce que c’est foutrement efficace. 😉

Lors d’un rapport sexuel d’autres micro-organismes en profitent et sautent dans le wagon.

Et si plusieurs partenaires au long cours (rapports vaginaux non protégés répétés) permettaient d’enrichir les microbiotes ? Celui de la vessie et celui de la prostate ?

Entraînant ainsi une stimulation à bas bruit, mais longue, du système immunitaire et donc des défenses anti-tumorales ?

A l’inverse, des rapports anaux non protégés, exposeraient le donneur à des microbiotes disons davantage pathogènes ?

Pas de malentendu : aucun jugement moral ici.

L’article avance l’idée de la stimulation mécanique de la prostate (lors de la sodomie) qui entraînerait des lésions, lesquelles expliqueraient la hausse du risque. Cela semble extrême.

Augmentons encore la focale. Les microbiotes sont par essence des équilibres.

Prenons Candida Albicans par exemple. Il vit en chacun de nous.

Tant que d’autres micro-organismes le tiennent en respect, tout va bien. Mais parfois, il devient envahissant et donc pathogène (la nature ayant horreur du vide selon l’expression consacrée).

On parle alors -plus généralement- de dysbiose.

Déséquilibre.

Bref. Rappelons cette évidence : tout rapport sexuel génère une grande foire aux micro-organismes.

Et au lieu de réinventer la roue tout en constatant des corrélations, nous devrions sans doute nous concentrer là-dessus.

Je me souviens d’une étude publiée en 2025 explorant le microbiote oral chez de jeunes mariés (durant les 6 premiers mois).

Les baisers profonds menaient à une forme d’égalisation des microbiotes oraux chez les tourteraux ainsi qu’à une égalisation de leur humeur (anxiété, dépression, insomnie, etc.).

Est-ce si extravagant ?

Le couple représente comme un partage de terrain. Les 2 partenaires y apportent leurs propres semences, leurs propres engrais, en mélangeant le tout.

Soyons lucides : que ce soit par la bouche, le vagin ou l’anus (sans oublier la peau, autre organe souvent oublié), tout contact sexuel prolongé entre 2 individus entraîne l’échange d’une multitude de germes.

Ces échanges peuvent bien sûr être négatifs (une bonne petite chaude-pisse ou une syphilis carabinée)… Mais pourquoi pas positifs chez l’homme au regard de sa prostate ?

Cette hypothèse, physiquement logique (l’urètre est une porte d’entrée vers la prostate) permettrait d’expliquer -simplement- les corrélations détectées entre activité sexuelle et cancer.

Résumons :

-certitude 1 : le cancer est lié au système immunitaire

-certitude 2 : les microbiotes sont liés au système immunitaire (positivement et négativement)

-certitude 3 : tout rapport sexuel entraîne un échange de micro-organismes entre les 2 partenaires : un bouillon de culture

-hypothèse 1 : certains micro-organismes échangés pourraient avoir un effet protecteur contre les tumeurs (via la stimulation du système immunitaire ou via le rétablissement de l’équilibre des microbiotes redonnant ainsi au système immunitaire sa plénitude fonctionnelle)

-hypothèse 2 : et si les Grecs anciens avaient tout compris avec leur mithridatisation ?

Trop de pathogènes de la même espèce récoltés durant un seul rapport provoquent une maladie.

Mais seulement quelques germes, d’espèce différentes, innoculés de manière répétée… renforceraient au contraire les défenses naturelles, réduisant ainsi, par ricochet, le risque cancéreux dans la prostate ?

PS : concernant la prostate et donc le fameux test PSA, je vous rappelle le livre -essentiel- du découvreur de cette protéine. The great prostate hoax : How Big Medicine Hijacked the PSA Test and Caused a Public Health Disaster.

Fiche de lecture ici : https://onconautes.com/2025/09/13/livre-the-great-prostate-hoax/