Vous avez sans doute entendu parler de la vaste étude française publiée dans le British Medical Journal début janvier.
« Intake of food additive preservatives and incidence of cancer: results from the NutriNet-Santé prospective cohort »
Lien : https://www.bmj.com/content/392/bmj-2025-084917
Large cohorte, plus de 100 000 personnes suivies de 2009 à 2023, interrogées périodiquement via formulaires sur leur consommation alimentaire.
(lire la présentation de l’étude faite par l’Inserm)
Je ne vais pas détailler tous les résultats car je me méfie de ces études très synthétiques (multiples biais et pièges statistiques).
Concentrons-nous sur la plus forte « relation positive » entre un additif (le nitrite de sodium surnommé E250) et le cancer de la prostate : augmentation du risque de 32 % selon les auteurs.
On utilise le E250 dans la charcuterie, les viandes industrielles pour ses propriétés antibactériennes (donc de conservation).
Des liens avec le cancer ont été établis indirectement via les nitrosamines (substances cancérigènes et mutagènes) qui se forment durant la digestion ou la cuisson d’aliments contenant du nitrite de sodium.
Tout ceci demeure assez vague car il est difficile de doser précisément ces sous-produits dans le corps humains et les différences individuelles sont importantes (métabolisme, interactions avec d’autres molécules comme par exemple l’acide ascorbique qui réduit les nitrosamines, etc.).
Bref, au fil d’études on se borne à établir telle ou telle corrélation, plus ou moins franche.
Et si on faisait fausse route ? Car le mécanisme principal du E250 est bien antibactérien.
Il n’est pas sélectif, il pourrait donc réduire la population de bonnes bactéries dans le microbiote intestinal comme par exemple les Bifidobacterium… ce qui affecterait ensuite le système immunitaire.
Consommation chronique de ces aliments, appauvrissement du microbiote intestinal, affaiblissement des défenses naturelles et en bout de course davantage de cancers qui se développent.