
Un article publié dans Nature affirme avoir identifié un cancer (mélanome) contagieux qui fait des dégâts dans la population de barbotte brune (brown bullhead catfish), un poisson-chat d’eau douce, dans le lac de Memphremagog (partagé entre l’état du Vermont et le Canada).
Titre : Brown bullhead catfish melanoma represents a novel transmissible cancer
Lien : https://www.nature.com/articles/s41586-026-10828-6
On a observé cette maladie (qui se manifeste par des taches noires) dans 23 à 37 % des poissons testés entre 2014 et 2017. Une incidence bien supérieure que celle généralement trouvée dans cette espèce.
Cela constitue le quatrième cancer de ce type (après les diables de Tasmanie qui se transmettent la maladie en se mordant, il y a aussi les chiens et leurs tumeurs vénériennes – le sarcome de Sticker- et des espèces de bivalves).
Répétons : on ne parle pas de cause infectieuse (bactérie, virus, parasite, cellule fongique) mais de cellules cancéreuses qui sont elles-mêmes l’agent infectieux…
Chez l’homme quelques cas extraordinaires ont été documentés (en 1996, le chirurgien opérant un homme atteint d’un sarcome qui se blesse à la main et qui développe cinq mois après le même cancer, voir page 41 de mon livre). On a aussi des cas de transmissions via transplantation d’organes ainsi que par accouchements (Japon).
Cette découverte en Amérique du nord est importante. Cela ébranle une fois de plus le dogme du cancer, sa nature, ses causes, ses manifestations.
Et on peut s’interroger : à qui le tour ?
Ces cancers contagieux sont-ils plus courants qu’on le pense dans la faune sauvage ?