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La fraude scientifique s’industrialise

Etude fascinante publiée en août 2025 dans le PNAS (Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America).

Titre : « The entities enabling scientific fraud at scale are large, resilient, and growing rapidly« 

Lien : https://www.pnas.org/doi/10.1073/pnas.2420092122

Je traite de la fraude scientifique dans mon livre (chapitre 9) car c’est un problème qui s’intensifie à mesure que le nombre de publications (articles, études) explose. Et qui peu à peu infecte tout le monde de la recherche (cancer compris).

Entre erreurs, fraudes intentionnelles (résultats « enjolivés ») voire même jusqu’à des faux complets, les conséquences sont importantes et concrètes (autorisation de commercialisation donnée à des molécules sans bénéfice, voire même dangereuses, attribution de budgets, etc.).

Tout ceci porte un nom : corruption.

L’équipe australienne a fourni un important travail statistique et révèle un véritable système dans lequel des « usines » à fraude existent, produisent des quantités d’articles… et ces articles sont ensuite « revus » par des réseaux de publications et de « pairs » qui délibérément les font passer… et/ou délibérement ne produisent pas après les rétractations qui seraient nécessaires.

Des réseaux structurés se forment avec en début de chaîne des « usines à articles » (paper mills), puis des « courtiers » (brookers) et enfin des éditeurs complices (journaux, pairs).

C’est donc toute la chaîne qui est corrompue. Les auteurs de l’étude utilise l’expression « industrial scale of production« .

On peut en effet parler d' »industrialisation » de la fraude, en termes d’échelle, et d’organisation.

Dernier point avancé par les auteurs : Les publications frauduleuses augmentent bien plus rapidement que la science légitime, avec un suivi et une correction largement insuffisants.

Là encore, c’est bien l’idée d’échelle industrielle, de masse qui ne fait que croître.

Finissons par le commentaire percutant d’un des auteurs (Luis Amaral, professeur à l’Université Northwestern)au sujet de cette fraude :

« C’est comme vider une baignoire qui déborde avec une cuillère« .

Autre écho dans la presse : https://www.science.org/content/article/scientific-fraud-has-become-industry-alarming-analysis-finds

Ou encore le prestigieux New York Times : https://www.nytimes.com/2025/08/04/science/04hs-science-papers-fraud-research-paper-mills.html

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Bactéries anticancéreuses : cocktail japonais

Dans mon livre, j’écris au sujet des « toxines de Coley » :

« En plus de la mobilisation des défenses immunitaires, de leur stimulation, existerait-il une autre action, sous-jacente ?« 

Je pensais aux métabolites des bactéries.

Une équipe japonaise vient de réaliser une percée avec un duo de bactéries (Proteus mirabilis et Rhodopseudomonas palustris dans un ratio très spécifique) injecté dans des tumeurs.

Cela provoque un puissant effet antitumoral via la thrombose, c’est-à-dire la formation de caillots sanguins, entraînant ensuite la nécrose (ainsi que via la captation du fer dont les cellules cancéreuses sont friandes).

Tumour-resident oncolytic bacteria trigger potent anticancer effects through selective intratumoural thrombosis and necrosis

Lien : https://www.nature.com/articles/s41551-025-01459-9

Autre point important : le système immunitaire ne rentre pas en jeu ici (ces bactéries sont peu immunogènes et elles sont injectées directement dans les tumeurs, pas de réaction systémique, très peu de cytokines dans le sang d’après les analyses).

Une telle approche serait donc positive pour les individus immunodéprimés.

Proteus mirabilis est une bactérie commensale du tube digestif humain et animal (peut provoquer des infections urinaires). C’est elle qui agit sur les plaquettes et provoque la coagulation.

Rhodopseudomonas palustris : rôle régulateur, non inflammatoire, capable de modérer l’effet pro-coagulant.

Attention, les auteurs précisent : « However, the reason behind the anticancer efficacy and AUN biocompatibility remains unclear« .

Outre l’observation (thrombose – > nécrose spécifique, captation du fer) il y a peut-être d’autres mécanismes secondaires.

Ces travaux sont préliminaires (souris et plusieurs modèles murins).

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Lien entre nourriture ultra transformée et cancer du poumon

Vous allez me dire : c’est du réchauffé.

Oui, bien sûr.

Mais il est important de répéter les choses. On ne peut pas d’un côté vouloir prévenir le cancer et le combattre, si on continue à ingérer de tels poisons.

Nouvelle étude observationnelle réalisée par une équipe chinoise, et publiée en juillet 2025 dans Thorax (journal de BMJ et de la British Thoracic Society).

Association between ultra-processed food consumption and lung cancer risk: a population-based cohort study

Lien : https://thorax.bmj.com/content/early/2025/07/19/thorax-2024-222100

Cohorte de 101 732 adultes (âge moyen 62,5 ans), suivis pendant une moyenne de 12 ans. Au total, 1 706 cas de cancer des poumons.

Conclusion ?

« Une consommation accrue d’UPF [ultra-processed food] est associée à un risque accru de cancer du poumon […] Bien que des recherches supplémentaires dans d’autres populations et contextes soient nécessaires, ces résultats suggèrent les bienfaits pour la santé d’une limitation de l’UPF ».

Bref.

Faut-il rappeler les autres effets délétères de ces produits ? Obésité, diabète, problèmes cardiovasculaires, anxiété, dépression, etc.

C’est juste du bon sens : ne consommez pas ces saletés.

J’utilise le verbe « consommer » car celui de « manger » est impropre ! 😉

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La chimiothérapie multiplie les mutations dans le sang

Joli mois de juillet. Nous avons donc appris que la chimiothérapie favorisait la prolifération des métastases (lire ici)…

Et maintenant, une étude publiée dans Nature Genetics met en lumière les mutations dans le sang provoqués par ces produits !

Ces traitements qui sont censées lutter contre une maladie provoquée par des mutations génétiques (la théorie officielle des mutations somatiques)… entraînent précisément cela : des mutations en très grand nombre !

Un peu comme un chauffeur ivre au volant de son camion à qui on donnerait davantage d’alcool. Cela risque de mal se terminer.

Mais en oncologie, c’est possible. Mieux : c’est célébré. C’est Lascience. 😉

The long-term effects of chemotherapy on normal blood cells

Lien : https://www.nature.com/articles/s41588-025-02234-x

L’équipe s’est concentrée sur les analyses sanguines de 23 cancéreux sous chimios, âgés de 3 à 80 ans. La période de temps entre le traitement et les analyses va de moins de 1 mois à 6 ans.

Exemple :

« Un garçon de 3 ans traité pour un neuroblastome présentait plus de dix fois le nombre de SBS somatiques [Somatic single-base substitution] attendu pour son âge, dépassant ainsi la charge observée chez les individus normaux de 80 ans. »

Un enfant de 3 ans transformé en vieillard de 80 ans… c’est parfaitement normal. Et ça lui fera forcément du bien (atteindrait-il la « sagesse » plus vite la sagesse des personnes âgées ?)

La conclusion est limpide : si vous survivez à votre cancer et à votre chimiothérapie… alors vous subirez des effets délétères longtemps après (mutations et modifications de la structure de vos cellules sanguines… ainsi qu’une foule d’autres séquelles).

Les auteurs de l’étude pointent les limitations habituelles :

-effectif faible (23 individus)

-nécessité d’analyser sur un terme encore plus long (plus de 10 ans par exemple) pour déterminer si ces effets perdurent

Mais franchement qui ces résultats peuvent-ils surprendre ? Les chimiothérapies sont des poisons qui démolissent l’ADN des cellules… C’est leur mode de fonctionnement.

Le faible effectif n’est donc pas une réelle limitation. Mais une simple précaution de langage.

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La chimiothérapie favorise… la prolifération des métastases

Mon « pari chinois » se révèlerait-il déjà juste ?

Une équipe chinoise a publié fin juin dans Cancer cell (journal scientifique revu par les pairs) une étude qui met les pieds dans le plat de Big Cancer.

Ils ont découvert que les chimiothérapies (doxorubicine et cisplatine) favorisent la prolifération des métastases pulmonaires en « réveillant » des cellules cancéreuses dormantes (dans le sein).

Le mécanisme ?

« La chimiothérapie induit la sénescence – un vieillissement accéléré au cours duquel les cellules cessent de se multiplier et libèrent des substances chimiques responsables de l’inflammation – dans un tissu conjonctif spécialisé appelé fibroblastes.
Les fibroblastes sénescents libèrent des protéines qui incitent les cellules immunitaires, les neutrophiles, à former des structures en forme de toile, appelées pièges extracellulaires à neutrophiles, qui transforment l’environnement pulmonaire en un environnement propice à la reprise de la croissance des cellules cancéreuses dormantes.
« 

Et c’est là qu’on reconnait le pragmatisme des Chinois : un problème ? Une solution !

Ils ont ainsi identifié que la quercétine (vulgaire extrait de plante, selon la formule consacrée et que les onconautes connaissent bien) en combinaison avec du dasatinib en tant qu’agents sénolytiques (qui éliminent les cellules « vieillies ») pouvaient atténuer le problème

Chemotherapy awakens dormant cancer cells in lung by inducing neutrophil extracellular traps

Lien vers l’étude : https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S1535610825002570

Lien vers la presse rapportant cette étude : https://www.bangkokpost.com/world/3071986/chemotherapy-can-speed-up-cancer-spread-chinese-study-finds