Auteur/autrice : Christophe Dubuit

  • Liens entre scanners et cancers hématologiques chez les enfants

    Ce n’est pas du nouveau (lire ici par exemple), mais une nouvelle étude publiée dans le New England Journal of Medicine nous rappelle que les rayonnements ionisants sont nocifs pour la santé (a fortiori chez les plus jeunes).

    Titre : Medical Imaging and Pediatric and Adolescent Hematologic Cancer Risk

    Lien : https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2502098

    Cette étude rétrospective fut menée sur 3,72 millions enfants et adolescents nés entre 1996 et 2016 (6 centres de santé états-uniens et dans la province d’Ontario au Canada).

    Conclusion ?

    « Study suggests an association between exposure to radiation from medical imaging and a small but significantly increased risk of hematologic cancer among children and adolescents.« 

    Les auteurs estiment que 10 % des cancers du sang chez les enfants pourraient être évités en réduisant l’utilisation (ou doses) des scanners.

    Pour détails lire ici : https://www.frequencemedicale.com/generaliste/actualites/13877-Imagerie-diagnostique-chez-l-enfant-majoration-du-risque-de-cancer-hematologique

  • Aspirine et cancer colorectal : essai en double aveugle randomisé

    Nouvelle étude suédoise publiée dans le New England Journal of Medicine : « Low-Dose Aspirin for PI3K-Altered Localized Colorectal Cancer« .

    Lien : https://www.nejm.org/doi/10.1056/NEJMoa2504650

    Il s’agit de l’étalon : un essai en double aveugle randomisé contrôlé par placebo.

    3 500 malades du cancer colorectal recrutés (après chirurgie) en Suède, Norvège, Danemark et Finlande.

    Protocole ? 160 mg d’aspirine par jour, pendant 3 ans (pour la prévention des accidents cardiovasculaires la dose va de 70 à 100 mg par jour).

    Résultats : au bout de 3 ans, division par deux du risque de récidive (pour le groupe avec aspirine).

    Les chercheurs se sont concentrés sur une certaine mutation (présente dans 40 % des cancers colorectaux). L’efficacité de l’aspirine est ici légèrement améliorée.

    Pour mémoire, en mars 2025, un papier éclaircissait le mécanisme de l’aspirine contre les métastases.

    Lire mon article ici : https://onconautes.com/2025/06/29/laspirine/

    Cela fait (en gros) un demi siècle que les effets de l’aspirine contre le cancer sont étudiés et documentés… On peut légitimement dire que ça commence à être long. Et qu’il serait temps d’intégrer aux protocoles conventionnels ce médicament pas cher, archi connu, et au profil de risques parfaitement établi (depuis 100 ans !).

  • Livre : The great prostate hoax

    The great prostate hoax, how big medicine hijacked the PSA test and caused a public health disaster, de Richard J. Ablin (avec Ronald Piana) (2014)

    Commençons par la fin. La plus grosse surprise de ce livre est le fait que les éditeurs français sont passés à côté. Le livre a été publié en anglais en 2014.

    Et depuis ? Rien. On note une seule traduction : italien…

    Pourquoi j’affirme que c’est fou ?

    L’auteur est docteur, professeur de pathologie (université Arizona), un spécialiste du cancer de la prostate, un pionnier de l’immunothérapie.

    Mais surtout : c’est lui qui a découvert le PSA (Prostate Specific Antigen)… en 1970 !

    Difficile donc de trouver meilleur spécialiste pour parler du cancer de la prostate, des fameux tests PSA et des ravages qu’ils provoquent.

    Certes, depuis 2014, la polémique a enflé, la presse a parlé de cette industrie des tests PSA et de ses effets négatifs.

    Et pourtant. Combien d’hommes sont au courant ? De la polémique, des alertes dont celles d’Ablin, des études publiées invalidant ces tests menés à large échelle ?

    Voici une brève synthèse :

    -Ablin ne mâche pas ses mots. Il parle de « désastre de santé publique » !

    -le PSA n’est ABSOLUMENT PAS spécifique au cancer. Il est spécifique… à la prostate.

    -un homme peut donc avoir un PSA très faible et souffrir d’un cancer. A l’inverse, un PSA élevé et être en parfaite santé.

    -le PSA ne peut donc absolument pas servir de test de diagnostic/détection du cancer. C’est un test de « suivi » (monitoring).

    -Big Pharma a placé le seuil, le « cut off » à 4 ng/mL… Ce qui est criminel.

    -une valeur de 4 ng/mL peut être provoquée par une éjaculation dans les 24h qui précèdent le prélèvement sanguin, ou encore une séance de vélo, une infection, ou bien une hyperplasie bénigne (un grossissement de la glande, très fréquent avec le vieillissement).

    -si le seuil est atteint, alors l’industrie propose aux hommes une biopsie (procédure qui peut avoir des effets secondaires)

    -au-delà, le cancer de la prostate est lié à l’âge et c’est un cancer à évolution lente.

    -mais on propose aux hommes la chirurgie (ablation) et de la radiothérapie… qui provoquent des effets secondaires très lourds : incontinence et impuissance.

    -chaque année aux Etats-Unis : 1 million de biopsies, débouchant sur 100 000 ablations, « la plupart d’entre-elles n’étant pas nécessaires« .

    -Ablin le rappelle : la plupart du temps, les oncologues devraient simplement conseiller à leurs patients d’ »attendre« . Or, ils ne vendent pas des « pauses ». Ils vendent des biopsies, des actes médicaux, des traitements. Voilà le hiatus.

    -des études ont démontré que le test PSA ne changeait strictement rien à la mortalité dûe au cancer.

    -on a joué cyniquement avec la peur provoquée par le mot « cancer », pour le plus grand profit d’une industrie créée de toute pièce.

  • Metformine : la piste des métaux

    Soit la metformine, un vieux, très vieux médicament contre le diabète type 2 (1957 !). Il réduit le taux de sucre dans le sang.

    Mais cette molécule possède aussi des propriétés antitumorales. Et là encore, c’est ancien. Jane Mclelland l’a utilisé fin des années 90 (voir son livre best-seller, Affamer le cancer).

    Je vous arrête tout de suite. Ne me croyez pas. 😉

    Ayez systématiquement le « réflexe PubMed » pour vérifier.

    Cliquez sur cette requête (metformin + cancer dans le titre et le résumé). 5 000 résultats !

    Le papier le plus ancien ? 1982

    « Effect of metformin on insulin binding to receptors in cultured human lymphocytes and cancer cells »

    Le nombre de publications scientifiques explose à partir de 2010.

    Donc la prochaine fois qu’un pseudo médecin vous traite de « charlatan » parce que vous osez parler du « repositionnement de molécules »… dégainez l’arme PubMed.

    Cela calme immédiatement.

    Donc, oui, la metformine a un ou des effets sur les cellules cancéreuses… et c’est démontré DEPUIS DES DECENNIES. Que cela plaise ou pas à votre oncologue, c’est le même tarif.

    Comment expliquer ceci ? Puisque cette molécule agit sur le glucose (métabolisme) alors ce doit aussi être son mode d’action contre les cellules cancéreuses (en les affamant, littéralement).

    C’est logique.

    Mais, il pourrait y avoir d’autres méchanismes, sous-jacents.

    C’est ce que montre une étude étonnante.

    La metformine réduit les niveaux de fer et de cuivre dans le sang, et augmente celui du zinc.

    Or, les cellules cancéreuses ont un appétit accru pour le fer et le cuivre… Rappelons que -énième coïncidence- les cellules fongiques partagent les mêmes goûts !

    Quant au zinc, il pourrait être lié au système immunitaire.

    Bref, c’est fascinant de voir que même après des décennies, on peut encore découvrir des nouvelles propriétés ou méchanismes chez telle ou telle molécule.

    Ces dernières pistes appuient encore un peu plus la théorie des micro-organismes pathogènes (champignons…).

  • Chapitre 14 : NaD1, tabac ornemental

    Dans le chapitre 14 de mon livre je liste 190 molécules (naturelles ou synthétiques), extraits, plantes… qui ont la particularité de posséder des propriétés antitumorales ET antifongiques.

    Une étrange corrélation et surtout une bien étrange constante.

    Je continuerai à enrichir cette liste au fil de mes découvertes (en utilisant l’expression « Chapitre 14 » en titre).


    Aujourd’hui : La molécule NaD1 (Nicotiana alata Defensin 1). On la trouve dans le tabac ornemental (plante Nicotiana alata).

    Voici un article qui présente une étude de 1994 menée par des biologistes de l’université australienne La Trobe (Melbourne) et qui se penche sur les effets anticancéreux de ce produit.

    Lien : https://theconversation.com/tobacco-plants-may-contain-cure-for-cancer-a-new-twist-in-protein-lipid-interactions-25271

    L’article résume bien la question de fond (à mon sens) :

    « Cette protéine est un type de défensine, une molécule qui protège la plante des infections fongiques. On ignore pourquoi elle agit également sur les cellules cancéreuses des mammifères ».

    Comme je le souligne, cette dualité s’applique en réalité à l’écrasante majorité des molécules anticancéreuses et antifongiques et vice-versa.

    Et nous ne savons pas pourquoi.

    Est-ce un hasard (fort répétitif) de la Nature ? Ou bien est-ce simplement la réponse optimisée de cette même Nature… à des phénomènes (infections fongiques et cellules cancéreuses) qui auraient -a minima- des causes communes ? 😉

    Peut-être serait-il temps de se pencher sérieusement sur ce mystère…