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Publications scientifiques : l’Empire du Milieu prend sa place… centrale

Dans mon livre, j’évoque à la fois l’explosion des publications scientifiques, de la fraude, et la montée en puissance de la Chine.

Je signale un article remarquable qui creuse ce sujet : How the Growth of Chinese Research Is Bringing Western Publishing to Breaking Point.

Lien : https://scholarlykitchen.sspnet.org/2025/07/08/guest-post-how-the-growth-of-chinese-research-is-bringing-western-publishing-to-breaking-point/

Le volume augmente tellement… que c’est le système (occidental) de journaux scientifiques revus par les pairs qui menace de s’effondrer.

Un seul graphique suffit pour prendre la mesure de l’évolution.

En dix ans, la Chine a plus que doublé son volume… et écrase désormais tous ses concurrents.

L’article, très complet, traites d’autres aspects liés (rétractations, différences par secteurs, etc.)

Un chiffre interpelle : quand la Chine dépasse déjà l’OCDE (ratio nombre de papiers publiés) pour la science des matériaux, le génie chimique, la chimie, l’ingénierie… elle est loin derrière pour… la psychologie. (16 %).

Formidable… point faible. 😉

Ces nouvelles données confortent mon pari de Pascal : la Chine pourrait bien devenir la clé dans le domaine de la recherche contre le cancer…

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Connaissez-vous l’effet abscopal ?

abscopal (du latin ab- « éloigné » et du grec skopos « cible », littéralement « loin de la cible »).

« L’effet abscopal décrit un phénomène rare où le traitement localisé d’une tumeur, comme la radiothérapie, entraîne la régression de tumeurs situées à distance du site traité. En d’autres termes, la radiothérapie peut avoir un effet systémique, affectant des tumeurs qui n’ont pas été directement exposées aux radiations. »

Vous l’aurez compris : aucune magie ici, mais bien le système immunitaire.

Encore lui ! Toujours lui !

Les premières observations de cet effet datent de 1953. Un médecin américain forge le néologisme, en observant une régression spontanée dans des lésions cancéreuses en dehors de la zone irradiée.

En 1956, deux chirurgiens américains publient une analyse de 47 cas de régressions spontanées.

Lien : https://journals.lww.com/annalsofsurgery/citation/1956/09000/spontaneous_regression_of_cancer__preliminary.7.aspx

Certains de ces cas avaient reçu une radiothérapie, mais à une dose faible, ne pouvant pas détruire leur cancer. Et pourtant.

A lire aussi : Systematic review of case reports on the abscopal effect (2016)

Lien : https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0147027215001038

A lire aussi : The abscopal effect 67 years later: from a side story to center stage (2020)

Lien : https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC7217574/

On a observé également un tel effet avec l’utilisation des inhibiteurs de points de contrôle (anti PD-1 et anti CTLA-4, soit Keytruda/Opdivo/pembrolizumab/nivolumab et Yervoy/ipilimumab).

L’explication semble être la suivante :

-la radiothérapie (sur une tumeur) va « sensibiliser » le système immunitaire (des cellules T se forment, reconnaissant les antigènes du cancer)

-les inhibiteurs de points de contrôle « abaissent » les défenses des tumeurs

-le système immunitaire peut alors s’attaquer aux autres cellules cancéreuses plus efficacement

Le même effet été observé avec la cryoablation sur des souris en 2011, injectées avec des cellules de cancer de la prostate.

3 groupes :

-souris avec cryoablation seulement

-souris avec anticorps bloquant CTLA-4 seulement

-souris avec une combinaison des deux

Dans ce dernier groupe, lorsque les souris sont re-challengées (nouvelle injection de cellules cancéreuses sur un point opposé de la première) : 44 % ne développent pas de seconde tumeur (et pour les 56 % autres, apparition plus lente).

Les deux premiers groupes : aucun bénéfice.

Hypothèse : l’inhibiteur CTLA-4 réduit les lymphocytes T régulateurs (qui agissent comme les « garde-du-corps » des tumeurs en arrêtant la réponse immunitaire). Ensuite la cryoablation endommage/détruit la tumeur, ce qui va générer des cellules T pouvant s’attaquer ensuite aux autres cellules cancéreuses.

Potent induction of tumor immunity by combining tumor cryoablation with anti-CTLA-4 therapy

Lien : https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC4526218/

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Livres

Livre : The reinvention of Coley’s toxins

Livre publié en 2018 de Donald H. MacAdam qui fut l’un des fondateurs de MBVax Bioscience.

Il s’agit d’une petite société pharmaceutique créée au Canada, en septembre 2005.

Leur but ? Faire revivre les fameuses « toxines de Coley » du nom du médecin américain qui les inventa et les utilisa sur des cancéreux à la fin du 19° siècle (et une bonne partie du 20° ensuite).

Le principe ? Un cocktail de 2 bactéries injecté qui provoque une réaction immunitaire plus ou moins intense (dont la fièvre). Voilà pourquoi on le présente comme le père de l’immunothérapie.

MacAdam s’associa à Rick Durst, lequel décéda en 2017… MacAdam s’éteint à son tour… en 2024.

Il s’agit donc d’un témoignage pour l’histoire, pour éviter que tout soit oublié.

Le livre est totalement décousu, mais ce n’est pas le sujet.

MacAdam rend d’abord hommage à son ami Rick Durst. Puis il raconte… le début de sa vie professionnelle. Puis l’obsession naissante au sujet du produit de Coley. MacAdam publia d’ailleurs en 2003, Spontaneous Regression: Cancer and the Immune System.

L’auteur aborde ensuite la partie historique. La fondation de l’entreprise et le recrutement de l’équipe, les problèmes de financement. Puis la présentation en détails de quatre cas traités avec le produit (dont celui de la chercheuse américaine, Rene Chee, j’y reviendrai car elle a écrit son propre livre, Curing cancer with immunotherapy). Des cas chez quelques chiens aussi. L’historique des différentes formulations utilisées. Des statistiques quant aux résultats cliniques sur 86 patients.

Et enfin… plus étonnant, le mode d’emploi pour fabriquer le « fluide de Coley ».

Tout y est : les processus, le matériel, les méthodes de filtrage, le contrôle qualité, etc. Il y a même des photos du labo, de l’équipement. MacAdam le précise au début : il met volontairement dans le domaine public la propriété intellectuelle de MBVax Bioscience).

En clair : toute équipe de scientifiques, avec les fonds nécessaires, pourrait facilement recréer l’activité de MBVax Bioscience.

Le premier batch fut expédié au professeur américain Thomas Seyfried (eh oui le père de la théorie métabolique du cancer) en juillet 2006.

MBVax Bioscience n’eut pas de chance. La crise boursière et financière de 2008 puis celle en Europe en 2012… mit à mal les plans de financement.

Malgré cela, la société parvint à produire, de 2006 à 2012, des milliers de doses, dans 3 versions (dont une par intraveineuse) qui furent utilisées aux quatre coins du monde (mais pas aux Etats-Unis, pas d’autorisation de la FDA) sur au moins 700 patients.

Mexique, Allemagne, Chine, Israël etc.

La société fut dissoute formellement en novembre 2017.

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Publications scientifiques : inflation et asphyxie

Trois millions d’articles scientifiques par an. C’est le volume désormais publié. Soit plus de 8 000 par jour. Selon d’autres sources, ce serait en réalité le… double.

Qui peut lire cette masse fantasmagorique ? Plus personne.

Comme le dit un chercheur du CNRS :

« L’article de recherche a en effet changé de nature. « Il n’est plus une unité de connaissance, mais est devenu une unité d’évaluation ».

«C’est une machine à transformer de la connaissance en gains symboliques et financiers. L’article est donc au cœur du système de recherche et la source de nombreux problèmes ».

Le système est devenu littéralement fou.

Pire encore : erreurs et même fraudes se multiplient. Et le chiffre d’affaires de cette machine infernale augmente aussi… agissant comme un formidable levier de corruption.

Le Monde publie une excellente enquête sur ce sujet explosif qui agit comme un acide contre la recherche scientifique.

Lien : https://archive.md/HKUR2

(je traite cette problématique sous l’angle du cancer dans mon livre, chapitre 8, « plus on cherche moins on trouve« ).

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Sein

Cancer du sein : risque Alzheimer réduit de 8 %

Etude étonnante publiée par des sud-coréens.

Large cohorte de femmes traitées pour un cancer du sein (70 000) et suivies pendant sept ans (2010 à 2016).

70 % reçurent des radiations, 40 % des chimiothérapies.

A l’issue, on constate une réduction de 8 % du risque de développer la maladie d’Alzheimer dans le groupe des cancéreuses par rapport au groupe contrôle !

Lien : https://www.medicalnewstoday.com/articles/radiotherapy-for-breast-cancer-linked-to-lower-alzheimers-risk

C’est fascinant. Quelle étrange corrélation !

Et pourtant. Quand on sait que la théorie officielle (les fameuses plaques amyloïdes) prend l’eau de toute part (elle reposait sur de nombreuses fraudes)… Alors on voit poindre une certaine logique.

Alzheimer pourrait très bien être le résultat d’une infection chronique… au long cours. Un ou plusieurs micro-organismes pourraient être des facteurs, directs voire indirects.

Bien entendu, des scientifiques (le professeur Rizwan Bashir cité dans l’article) tentent de se raccrocher aux branches et évoquent la possibilité que les rayonnements ionisants aient pu empêcher la formation des plaques amyloïdes ! Ils y tiennent à leurs plaques ! 😉

Pourquoi ne pas aller au plus simple ?

Une femme ayant survécu à un cancer du sein et à des traitements violents bénéficie a priori d’un solide système immunitaire… ce dernier pouvant alors combattre plus efficacement l’apparition de la maladie d’Alzheimer.

Ce ne sont bien sûr que des spéculations, mais on entend de plus en plus distinctement la petite musique entêtante des infections.

Et celle non moins entêtante du système immunitaire qui lui répond.

PS : un point important à ne pas perdre de vue. Ces pathologies lourdes et mal comprises (cancer, Alzheimer) apparaissent avec l’âge.

C’est la première des corrélations.

L’âge n’est pas un événement, pas un instant T… Il s’agit d’un lent processus.

Et le grand âge est lié à un affaiblissement des défenses immunitaires.

Et ce temps long pourrait par définition factoriser des infections chroniques, au long cours. Elles se « réveilleraient », provoquant ensuite une cascade de symptômes.