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Fenbendazole : 3 + 3 cas (revus par les pairs)

Un article publié en mai 2025 dans Case reports in oncology (journal revu par les pairs) présente 3 cancéreux ayant pris du fenbendazole.

Oui, le terrible et si dangereux vermifuge pour les animaux. 😉

-une femme de 83 ans, cancer du sein, stade 4

-un homme de 75 ans, récurrence cancer prostate, métastases osseuses

-un homme de 63 ans, mélanome stade 3C

Ici pas de Facebook, Substack ou autres « Jacques m’a dit ». Mais des cas médicaux documentés (y compris avec les timelines).

A vous d’en tirer la substantifique moëlle. Une certitude : le fenbendazole n’a pas tué ces gens. C’est déjà ça ! 😉

La prochaine fois que vous irez voir votre oncologues, n’oubliez pas de lui imprimer l’article.

Il n’est -bien entendu- pas au courant (les oncologues mettent un point d’honneur à ne surtout pas lire les études et les articles !).

Fenbendazole as an Anticancer Agent? A Case Series of Self-Administration in Three Patients

Lien : https://karger.com/cro/article/18/1/856/927630/Fenbendazole-as-an-Anticancer-Agent-A-Case-Series

Et comme le hasard fait bien les choses… Je signale une autre série de 3 cas qui se sont soignés avec la même molécule.

Un article publié en février 2021 (Université de Stanford) dans Clinical Oncology: Case Reports (autre journal revu par les pairs).

Au menu :

-homme 63 ans, cancer du rein

-un homme de 72 ans, carcinome urothélial puis 4 ans après carcinome épidermoïde (poumons)

-une femme de 63 ans, cancer de la vessie

Fenbendazole Enhancing Anti-Tumor Effect: A Case Series

Lien : https://www.scitechnol.com/peer-review/fenbendazole-enhancing-antitumor-effect-a-case-series-2Kms.php?article_id=14307

Alors est-ce une forme de jeu ?

Un jeu de série 3 + 6 + 9, etc. ?

A partir de quel nombre on daignera considérer qu’il y a bel et bien une piste intéressante à creuser avec ces vulgaires anthelminthiques (pour animaux en plus ! beurk !) ? 😉

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Fenbendazole : avec un zeste d’aspirine en plus ?

Une équipe indienne a publié une étude en décembre 2023 traitant du problème de la biodisponibilité du fenbendazole.

Lien : https://www.researchgate.net/publication/376685019_COCRYSTALS_OF_FENBENDAZOLE_WITH_ENHANCED_IN_VITRO_DISSOLUTION_PERFORMANCE

Grâce à un procédé chimique spécifique, ils ont créé un cocristal à partir du fenbendazole et de l’acide salicylique (le principal métabolite de l’aspirine) qui augmenterait d’un facteur 8 l’absorption du vermifuge.

Le fenbendazole se dissout très mal dans l’eau. Voilà pourquoi, les onconautes le consomment généralement avec des corps gras.

L’auteur du site Fenbendazole can cure cancer suggère que la simple prise d’aspirine pourrait augmenter la biodisponibilité en s’appuyant sur des témoignages (des cancéreux de plus de 50 ans qui suivent par ailleurs un traitement classique à base d’aspirine faible dose pour contrer les risques cardiovasculaires).

Lien : https://fenbendazole.substack.com/p/aspirin-facilitates-fenbendazole

Rappelons au passage que l’aspirine a des effets prouvés (depuis cinquante ans !) contre les métastases (lire mon article ici).

Une piste doublement intéressante donc.

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Publications scientifiques : l’Empire du Milieu prend sa place… centrale

Dans mon livre, j’évoque à la fois l’explosion des publications scientifiques, de la fraude, et la montée en puissance de la Chine.

Je signale un article remarquable qui creuse ce sujet : How the Growth of Chinese Research Is Bringing Western Publishing to Breaking Point.

Lien : https://scholarlykitchen.sspnet.org/2025/07/08/guest-post-how-the-growth-of-chinese-research-is-bringing-western-publishing-to-breaking-point/

Le volume augmente tellement… que c’est le système (occidental) de journaux scientifiques revus par les pairs qui menace de s’effondrer.

Un seul graphique suffit pour prendre la mesure de l’évolution.

En dix ans, la Chine a plus que doublé son volume… et écrase désormais tous ses concurrents.

L’article, très complet, traites d’autres aspects liés (rétractations, différences par secteurs, etc.)

Un chiffre interpelle : quand la Chine dépasse déjà l’OCDE (ratio nombre de papiers publiés) pour la science des matériaux, le génie chimique, la chimie, l’ingénierie… elle est loin derrière pour… la psychologie. (16 %).

Formidable… point faible. 😉

Ces nouvelles données confortent mon pari de Pascal : la Chine pourrait bien devenir la clé dans le domaine de la recherche contre le cancer…

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Connaissez-vous l’effet abscopal ?

abscopal (du latin ab- « éloigné » et du grec skopos « cible », littéralement « loin de la cible »).

« L’effet abscopal décrit un phénomène rare où le traitement localisé d’une tumeur, comme la radiothérapie, entraîne la régression de tumeurs situées à distance du site traité. En d’autres termes, la radiothérapie peut avoir un effet systémique, affectant des tumeurs qui n’ont pas été directement exposées aux radiations. »

Vous l’aurez compris : aucune magie ici, mais bien le système immunitaire.

Encore lui ! Toujours lui !

Les premières observations de cet effet datent de 1953. Un médecin américain forge le néologisme, en observant une régression spontanée dans des lésions cancéreuses en dehors de la zone irradiée.

En 1956, deux chirurgiens américains publient une analyse de 47 cas de régressions spontanées.

Lien : https://journals.lww.com/annalsofsurgery/citation/1956/09000/spontaneous_regression_of_cancer__preliminary.7.aspx

Certains de ces cas avaient reçu une radiothérapie, mais à une dose faible, ne pouvant pas détruire leur cancer. Et pourtant.

A lire aussi : Systematic review of case reports on the abscopal effect (2016)

Lien : https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0147027215001038

A lire aussi : The abscopal effect 67 years later: from a side story to center stage (2020)

Lien : https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC7217574/

On a observé également un tel effet avec l’utilisation des inhibiteurs de points de contrôle (anti PD-1 et anti CTLA-4, soit Keytruda/Opdivo/pembrolizumab/nivolumab et Yervoy/ipilimumab).

L’explication semble être la suivante :

-la radiothérapie (sur une tumeur) va « sensibiliser » le système immunitaire (des cellules T se forment, reconnaissant les antigènes du cancer)

-les inhibiteurs de points de contrôle « abaissent » les défenses des tumeurs

-le système immunitaire peut alors s’attaquer aux autres cellules cancéreuses plus efficacement

Le même effet été observé avec la cryoablation sur des souris en 2011, injectées avec des cellules de cancer de la prostate.

3 groupes :

-souris avec cryoablation seulement

-souris avec anticorps bloquant CTLA-4 seulement

-souris avec une combinaison des deux

Dans ce dernier groupe, lorsque les souris sont re-challengées (nouvelle injection de cellules cancéreuses sur un point opposé de la première) : 44 % ne développent pas de seconde tumeur (et pour les 56 % autres, apparition plus lente).

Les deux premiers groupes : aucun bénéfice.

Hypothèse : l’inhibiteur CTLA-4 réduit les lymphocytes T régulateurs (qui agissent comme les « garde-du-corps » des tumeurs en arrêtant la réponse immunitaire). Ensuite la cryoablation endommage/détruit la tumeur, ce qui va générer des cellules T pouvant s’attaquer ensuite aux autres cellules cancéreuses.

Potent induction of tumor immunity by combining tumor cryoablation with anti-CTLA-4 therapy

Lien : https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC4526218/

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Livres

Livre : The reinvention of Coley’s toxins

Livre publié en 2018 de Donald H. MacAdam qui fut l’un des fondateurs de MBVax Bioscience.

Il s’agit d’une petite société pharmaceutique créée au Canada, en septembre 2005.

Leur but ? Faire revivre les fameuses « toxines de Coley » du nom du médecin américain qui les inventa et les utilisa sur des cancéreux à la fin du 19° siècle (et une bonne partie du 20° ensuite).

Le principe ? Un cocktail de 2 bactéries injecté qui provoque une réaction immunitaire plus ou moins intense (dont la fièvre). Voilà pourquoi on le présente comme le père de l’immunothérapie.

MacAdam s’associa à Rick Durst, lequel décéda en 2017… MacAdam s’éteint à son tour… en 2024.

Il s’agit donc d’un témoignage pour l’histoire, pour éviter que tout soit oublié.

Le livre est totalement décousu, mais ce n’est pas le sujet.

MacAdam rend d’abord hommage à son ami Rick Durst. Puis il raconte… le début de sa vie professionnelle. Puis l’obsession naissante au sujet du produit de Coley. MacAdam publia d’ailleurs en 2003, Spontaneous Regression: Cancer and the Immune System.

L’auteur aborde ensuite la partie historique. La fondation de l’entreprise et le recrutement de l’équipe, les problèmes de financement. Puis la présentation en détails de quatre cas traités avec le produit (dont celui de la chercheuse américaine, Rene Chee, j’y reviendrai car elle a écrit son propre livre, Curing cancer with immunotherapy). Des cas chez quelques chiens aussi. L’historique des différentes formulations utilisées. Des statistiques quant aux résultats cliniques sur 86 patients.

Et enfin… plus étonnant, le mode d’emploi pour fabriquer le « fluide de Coley ».

Tout y est : les processus, le matériel, les méthodes de filtrage, le contrôle qualité, etc. Il y a même des photos du labo, de l’équipement. MacAdam le précise au début : il met volontairement dans le domaine public la propriété intellectuelle de MBVax Bioscience).

En clair : toute équipe de scientifiques, avec les fonds nécessaires, pourrait facilement recréer l’activité de MBVax Bioscience.

Le premier batch fut expédié au professeur américain Thomas Seyfried (eh oui le père de la théorie métabolique du cancer) en juillet 2006.

MBVax Bioscience n’eut pas de chance. La crise boursière et financière de 2008 puis celle en Europe en 2012… mit à mal les plans de financement.

Malgré cela, la société parvint à produire, de 2006 à 2012, des milliers de doses, dans 3 versions (dont une par intraveineuse) qui furent utilisées aux quatre coins du monde (mais pas aux Etats-Unis, pas d’autorisation de la FDA) sur au moins 700 patients.

Mexique, Allemagne, Chine, Israël etc.

La société fut dissoute formellement en novembre 2017.