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Chapitre 14 : NaD1, tabac ornemental

Dans le chapitre 14 de mon livre je liste 190 molécules (naturelles ou synthétiques), extraits, plantes… qui ont la particularité de posséder des propriétés antitumorales ET antifongiques.

Une étrange corrélation et surtout une bien étrange constante.

Je continuerai à enrichir cette liste au fil de mes découvertes (en utilisant l’expression « Chapitre 14 » en titre).


Aujourd’hui : La molécule NaD1 (Nicotiana alata Defensin 1). On la trouve dans le tabac ornemental (plante Nicotiana alata).

Voici un article qui présente une étude de 1994 menée par des biologistes de l’université australienne La Trobe (Melbourne) et qui se penche sur les effets anticancéreux de ce produit.

Lien : https://theconversation.com/tobacco-plants-may-contain-cure-for-cancer-a-new-twist-in-protein-lipid-interactions-25271

L’article résume bien la question de fond (à mon sens) :

« Cette protéine est un type de défensine, une molécule qui protège la plante des infections fongiques. On ignore pourquoi elle agit également sur les cellules cancéreuses des mammifères ».

Comme je le souligne, cette dualité s’applique en réalité à l’écrasante majorité des molécules anticancéreuses et antifongiques et vice-versa.

Et nous ne savons pas pourquoi.

Est-ce un hasard (fort répétitif) de la Nature ? Ou bien est-ce simplement la réponse optimisée de cette même Nature… à des phénomènes (infections fongiques et cellules cancéreuses) qui auraient -a minima- des causes communes ? 😉

Peut-être serait-il temps de se pencher sérieusement sur ce mystère…

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Mébendazole : la piste des brevets

Rappel : le fenbendazole est une molécule vétérinaire. Son équivalent humain, le mébendazole, fut commercialisé à partir de 1972.

Dans mon livre, je présente le premier (via l’histoire de l’Américain Joe Tippens, chapitre 17) et le second.

Avantage du mébendazole ? Un médecin pourrait le prescrire hors indication. On trouve des études liées au cancer (j’en liste une dizaine) et même quelques tests cliniques.

Dans le chapitre 18, j’indique que l’université américaine Johns Hopkins a déposé un brevet en 2016 portant sur l’utilisation du mébendazole contre le glioblastome (le terrible cancer du cerveau) : « Polymorphe du mébendazole pour le traitement et la prévention des tumeurs« .

Lien : https://patents.google.com/patent/US20180021310A1/en

Ce brevet me semble un peu tiré par les cheveux, car il met en avant le polymorphe C (le mébendazole en a 3 : A, B, C, ce sont des formes cristalines)… qui est déjà utilisé dans la plupart des préparations pharmaceutiques. Rien de neuf donc. Les chercheurs ont toutefois ajouté dans la corbeille un mélange avec un anti-inflammatoire non stéroïdien et un inhibiteur de la P-glycoprotéine.

Creusons un peu cette piste.

D’abord, rappelons que Johns Hopkins abrite un prestigieux centre anticancer (via son école médicale), créé au début des années 70 (renommé en 2001 « The Sidney Kimmel Comprehensive Cancer Center« ).

Nous n’avons donc pas à faire à des gens loufoques.

Or, des membres de la même équipe à Johns Hopkins (conjointement avec un centre de recherche tchèque) ont déposé un second brevet (demande février 2019, attribution août 2023): « Prodrogues de mébendazole avec une solubilité et une biodisponibilité orale améliorées ».

Lien : https://patents.google.com/patent/US11712435B2/en

Là, ils enfoncent le clou. Ils ont créé une vingtaine de « dérivés » du mébendazole (en changeant quelques atomes ici ou là) et ont testé leur biodisponibilité (sur des souris).

L’approche de ces scientifiques n’est donc pas d’affirmer que le mébendazole a une ou des actions antitumorales (pour eux, c’est un acquis), mais plutôt de renforcer la biodisponibilité de cette molécule (car elle est peu soluble, donc par voie orale, on perd en puissance/efficacité).

Et certains de ces dérivés affichent des performances très élevées en termes de mesures (par rapport au mébendazole classique). N’étant pas chimiste, leur brevet est difficilement compréhensible. Si des professionnels me lisent, n’hésitez pas à partager votre opinion.

Ne soyons pas naïfs : cette approche est nécessaire… car seul un produit « original » (donc modifié, même légèrement) est brevetable.

Cela ne signifie pas que le mébendazole dans sa forme première n’est pas efficace. La ou les modifications décrites dans le brevet n’offrent peut-être qu’un avantage pratique tout à fait marginal.

Sans études supplémentaires, tests, nous ne pouvons pas juger.

En 2022, la société américaine BullFrog AI Inc. licencie ces 2 brevets (pour le monde entier et selon le format classique : montant fixé payé à signature plus royalties sur les ventes).

BullFrog AI Inc, créée en 2017, a été introduite en bourse (Nasdaq) en février 2023.

Que penser de tout cela ? Certains critiqueront une telle « marchandisation ».

Je suis passé par là.

Pourtant, après réflexion, c’est plutôt positif, car cela introduit dans l’équation ce qui manquait jusqu’à présent : l’argent.

Le fenbendazole et le mébendazole appartiennent au domaine public depuis des décennies. Il y a donc zéro dollar à gagner. Voilà pourquoi -entre autres- Big Cancer a beau jeu de les ignorer.

Alors qu’avec les brevets de Johns Hopkins, nous avons désormais une société commerciale dont l’intérêt ontologique (oncologique ?) est de promouvoir ces molécules (contre ou en association avec les chimios conventionnelles) afin d’engranger des profits.

La société ne se cache pas. Elle se lèche les babines !

Bullfrog AI écrit ainsi en 2023 : « Le marché mondial du traitement du glioblastome multiforme devrait passer de 5,1 milliards de dollars en 2020 à environ 10,2 milliards de dollars d’ici 2030, avec un taux de croissance annuel composé de 12,8 % au cours de la période de prévision, selon un rapport de Vision Research Reports. »

Soyons clairs : si ces « prodrogues » offrent de véritables avantages thérapeutiques par rapport au mébendazole classique… elles seront immédiatement copiées (Inde, Chine, etc.). Et la société américaine n’y pourra pas grand chose.

Bref, nous devons observer la situation avec le cynisme de Big Pharma. Cette entrée en scène commerciale va inévitablement populariser ces molécules (et par ricochet son cousin le fenbendazole). D’autres scientifiques se mettront alors en chasse. Cela débouchera sur de nouveaux tests, de nouvelles études.

Bref : c’est tout bénéfice… pour les onconautes !

PS : La piste des brevets doit être explorée davantage. En réalité, des la fin des années 90… des scientifiques ont breveté l’utilisation de « benzimidazoles » (famille qui contient le mébendazole et le fenbendazole) contre le cancer.

Et pas d’obscures officines… On trouve ainsi le géant américain Procter & Gamble (voir en 1996, « A pharmaceutical composition containing benzimidazole for inhibiting the growth of cancers« ) !

Je reviendrai en détail sur cet aspect dans mon prochain livre.

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Benzimidazoles

FBZ, or not FBZ… that is the question

Vous êtes un cancérologue réputé, respecté. Vos décennies d’expérience, de publications, de combat perdus et gagnés contre la maladie forment le piédestal sur lequel vous dominez votre environnement professionnel.

Malgré vos tempes argentées, vos rides, vous avez le teint hâlé, l’oeil vif et maintenez une silhouette szelte. Vous êtes en pleine possession de vos moyens ; sain de corps et d’esprit.

Vous êtes une huile, un ponte. Le patron. El jeffe. The boss.

Vous êtes le numéro 1.

Depuis quelques années, vous voyez passer des études in vitro et in vivo portant sur les effets du fenbendazole vétérinaire et son équivalent humain, le mébendazole, sur des cellules cancéreuses. Il y a même quelques essais cliniques en bonne et dûe forme.

Des collègues commencent à chuchoter. On évoque des malades ayant consommé du FBZ ou du MBZ, en dehors de tout traitement conventionel. Et on parle même de rémission radicale. Des preuves existent.

Encore le mois dernier, une équipe chinoise publiait une étude poussée sur l’application du FBZ sur des cellules du type HeLa (cancer de l’utérus). Avec des résultats étonnants.

A ce stade, deux choix se présentent à vous :

CHOIX 1

-Ne rien faire, ignorer. C’est du bruit, ça passera. Combien de fois les gogos se sont excités sur tel ou tel poudre de perlimpinpin ? Et à chaque fois, le cancer -impérial et impératif- reprenait ses droits. Et sa livre de chair. Le crabe est une affaire sérieuse pour des experts sérieux.

CHOIX 2

-Vos neurones s’agitent. Vous sentez l’excitation de vos jeunes années (à la fac, et comme interne sous la coupe des patrons de l’époque). Et c’est bien normal puisqu’il s’agit de l’essence de la démarche scientifique, et vous en êtes un… scientifique. Est-ce un délire collectif ? Une énième charlatanerie ? Comment des molécules anthelminthiques pourraient agir sur des cellules cancéreuses humaines et animales ?

Quels seraient les mécanismes en jeu ? Est-ce la voie métabolique avec la régulation du glucose ? La déstabilisation des microtubules ? L’apoptose ? La pyroptose ? La nécrose ? La ferroptose ? L’activation du gène P53 ? Cela semble extravagant.

Et quid de ces cancéreux qui témoignent et qui même écrivent des bouquins, des blogs, etc. ? Ces cas ne sont pas tous falsifiés. Ou alors effet placebo ? Guérison miraculeuse ? Vous connaissez vos classiques et l’histoire, vous savez pertinemment que cela a toujours existé y compris pour le crabe.

Votre esprit se perd à l’horizon… Votre voix interne remue : « et si… ? »… Et si c’était biologiquement valide ? Votre expérience reprend le dessus : vous connaissez parfaitement les effets secondaires multiples des chimiothérapies et de la radiothérapie sur les patients… Les cycles de chimios, tous les produits… Les dégâts, les coûts engendrés… D’un autre côté, la toxicité du FBZ semble très faible. Alors… « Et si… ? ». Vous retroussez vos manches, vous convoquez votre équipe. Vous êtes prêt à vous jeter dans la mêlée pour y voir clair. Une bonne fois pour toute.

C’est l’heure de la synthèse : « FBZ ou pas… telle est la question » !

C’est à la fois d’une simplicité biblique et d’une richesse toute shakespearienne.

Qu’attend-on ? Où sont les pontes ? Les patrons ? Les huiles ?

La logique et la science devraient créer un énorme feu d’artifices de recherches et de tests dans le monde.

Ce n’est pas -encore- le cas.

La voici la véritable anomalie.

Bien plus qu’une cellule cancéreuse entourée de ses mystères.

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La fraude scientifique s’industrialise

Etude fascinante publiée en août 2025 dans le PNAS (Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America).

Titre : « The entities enabling scientific fraud at scale are large, resilient, and growing rapidly« 

Lien : https://www.pnas.org/doi/10.1073/pnas.2420092122

Je traite de la fraude scientifique dans mon livre (chapitre 9) car c’est un problème qui s’intensifie à mesure que le nombre de publications (articles, études) explose. Et qui peu à peu infecte tout le monde de la recherche (cancer compris).

Entre erreurs, fraudes intentionnelles (résultats « enjolivés ») voire même jusqu’à des faux complets, les conséquences sont importantes et concrètes (autorisation de commercialisation donnée à des molécules sans bénéfice, voire même dangereuses, attribution de budgets, etc.).

Tout ceci porte un nom : corruption.

L’équipe australienne a fourni un important travail statistique et révèle un véritable système dans lequel des « usines » à fraude existent, produisent des quantités d’articles… et ces articles sont ensuite « revus » par des réseaux de publications et de « pairs » qui délibérément les font passer… et/ou délibérement ne produisent pas après les rétractations qui seraient nécessaires.

Des réseaux structurés se forment avec en début de chaîne des « usines à articles » (paper mills), puis des « courtiers » (brookers) et enfin des éditeurs complices (journaux, pairs).

C’est donc toute la chaîne qui est corrompue. Les auteurs de l’étude utilise l’expression « industrial scale of production« .

On peut en effet parler d' »industrialisation » de la fraude, en termes d’échelle, et d’organisation.

Dernier point avancé par les auteurs : Les publications frauduleuses augmentent bien plus rapidement que la science légitime, avec un suivi et une correction largement insuffisants.

Là encore, c’est bien l’idée d’échelle industrielle, de masse qui ne fait que croître.

Finissons par le commentaire percutant d’un des auteurs (Luis Amaral, professeur à l’Université Northwestern)au sujet de cette fraude :

« C’est comme vider une baignoire qui déborde avec une cuillère« .

Autre écho dans la presse : https://www.science.org/content/article/scientific-fraud-has-become-industry-alarming-analysis-finds

Ou encore le prestigieux New York Times : https://www.nytimes.com/2025/08/04/science/04hs-science-papers-fraud-research-paper-mills.html

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Bactéries anticancéreuses : cocktail japonais

Dans mon livre, j’écris au sujet des « toxines de Coley » :

« En plus de la mobilisation des défenses immunitaires, de leur stimulation, existerait-il une autre action, sous-jacente ?« 

Je pensais aux métabolites des bactéries.

Une équipe japonaise vient de réaliser une percée avec un duo de bactéries (Proteus mirabilis et Rhodopseudomonas palustris dans un ratio très spécifique) injecté dans des tumeurs.

Cela provoque un puissant effet antitumoral via la thrombose, c’est-à-dire la formation de caillots sanguins, entraînant ensuite la nécrose (ainsi que via la captation du fer dont les cellules cancéreuses sont friandes).

Tumour-resident oncolytic bacteria trigger potent anticancer effects through selective intratumoural thrombosis and necrosis

Lien : https://www.nature.com/articles/s41551-025-01459-9

Autre point important : le système immunitaire ne rentre pas en jeu ici (ces bactéries sont peu immunogènes et elles sont injectées directement dans les tumeurs, pas de réaction systémique, très peu de cytokines dans le sang d’après les analyses).

Une telle approche serait donc positive pour les individus immunodéprimés.

Proteus mirabilis est une bactérie commensale du tube digestif humain et animal (peut provoquer des infections urinaires). C’est elle qui agit sur les plaquettes et provoque la coagulation.

Rhodopseudomonas palustris : rôle régulateur, non inflammatoire, capable de modérer l’effet pro-coagulant.

Attention, les auteurs précisent : « However, the reason behind the anticancer efficacy and AUN biocompatibility remains unclear« .

Outre l’observation (thrombose – > nécrose spécifique, captation du fer) il y a peut-être d’autres mécanismes secondaires.

Ces travaux sont préliminaires (souris et plusieurs modèles murins).