Le chiffre d’affaires global de l’industrie pharmaceutique (médicaments) est de plus en plus concentré sur quelques gros segments.
En 2025, l’oncologie représente le premier de ces segments, pesant 18 % du total (source Statista Market Insights). Soit un chiffre d’affaires de 217 milliards de dollars !
Les médicaments contre le diabète arrivent en seconde position avec 7 %.
Le cancer c’est à la fois la poule aux oeufs d’or et le veau d’or…
Un petit coup de pompe hivernal ? Vous prenez de la vitamine C qui fouette le système immunitaire.
D’autres l’utilisent à des doses massives (en intraveineuse) comme antioxidant contre le cancer (suivant les travaux de Linus Pauling, prix nobel de Chimie en 1954, sur les mégadoses d’acide ascorbique contre diverses pathologies dont le rhume).
Historiquement, on a associé la vitamine C au scorbut (solution découverte empiriquement par les marins au 17ème siècle avec la consommation d’agrumes, puis démontrée scientifiquement en 1747).
Et vous savez que l’espèce humaine (avec les primates, mes cochons d’Inde) a la particularité de ne pas produire la vitamine C dont elle a besoin.
Tout cela est vu et revu.
Et si en plus, la vitamine C pouvait réduire… le stress ?
Cela ouvrirait des pistes bougrement intéressantes dans le cadre du cancer.
On trouve plusieurs essais cliniques qui confirment cette action (via le marqueur sanguin du cortisol, hormone stéroïdienne, surnommée « l’hormone du stress », produite par les glandes surrénales et qui affaiblit le système immunitaire).
Voici quelques références :
A randomized controlled trial of high dose ascorbic acid for reduction of blood pressure, cortisol, and subjective responses to psychological stress (2002)
Essai 14 jours sur 60 adultes en bonne santé (3 x 1 000 mg par jour et placebo).
Résultat ? Réduction pression artérielle, cortisol et meilleure réponse au stress psychologique (via Trier Social Stress Test)
Ensuite un test autour de l’ultramarathon (course à pied).
Vitamin C supplementation attenuates the increases in circulating cortisol, adrenaline and anti-inflammatory polypeptides following ultramarathon running (2001)
Des doses de 500 à 1 500 mg par jour (ou placebo), 29 participants. Après la course, les niveaux de cortisol, adrénaline étaient significativement plus réduits dans le groupe 1 500 mg.
Autre étude sur 69 femmes souffrant hypercortisolémie (en raison de stress chronique).
Vitamin C supplementation alleviates hypercortisolemia caused by chronic stress (2003)
1 000 mg par jour pendant 2 mois. Baisse significative des taux de cortisol (jusqu’à 43 %) et de DHEA-S (autre marqueur hormonal lié au stress).
Au-delà de l’effet immunosuppresseur (par exemple réduction des Bifidobacterium dans le microbiote intestinal), le cortisol peut avoir un effet direct sur des bactéries (Porphyromonas gingivalis) et il peut être modifié métaboliquement par des champignons (provoquant ainsi des perturbations des signaux hormonaux).
Bref, autant de raisons de se méfier de cette hormone (dans le cadre du cancer).
PS : notez que d’autres molécules réduisent le cortisol. Citons le magnésium, l’ashwagandha (Withania somnifera, le ginseng indien), la mélatonine, la vitamine D, l’aspirine, etc.
En 1806, le médecin français Jean-Louis Alibert décrit une maladie de peau (avec plaques et tumeurs). En 1829, il lui donne le nom de « mycosis fongoïde ».
En 1870, un Anglais décrit la même pathologie et la baptise « fibroma fungoides ».
En 1975, on la classe finalement dans la case des lymphomes cutanés à cellules T, des cancers rares de la peau.
(en France, on dénombre chaque année 600 à 800 cas de ces lymphomes).
En 2018, l’OMS reconnaît 4 variantes de la maladie (le premier étant la maladie d’Alibert ou mycosis fongoïde, à évolution plutôt lente, alors que le syndrome de Sézary -du nom d’un autre médecin français- est agressif).
(illustration datant de 1872, montrant le « fibroma fungoides »).
Ce petit éclairage historique nous rappelle que la frontière est parfois ténue entre cancers et infections fongiques, en tout cas visuellement.
En anglais on utilise d’ailleurs l’expression «fungating tumors » pour décrire des tumeurs en chou-fleur… qui bourgeonnent littéralement de la peau, explosent même (si vous avez le coeur bien accroché pour regarder les photos).
J’ai présenté le livre du docteur Paul Marik consacré aux médicaments repositionnés (Cancer Care: The Role of Repurposed Drugs and Metabolic Interventions in Treating Cancer, disponible ici en PDF).
Il a publié en novembre 2025 avec Justus Hope (un médecin qui écrit sous pseudonyme) un article détaillant les protocoles « Root » pour la prévention du cancer.
Les auteurs les déclinent en plusieurs paliers correspondant chacun à une réduction des risques :
Ils détaillent les différentes voies métaboliques sur lesquelles ces molécules agissent et leurs synergies (entre elles).
De multiples études et articles appuient l’efficacité antitumorale de ces produits (pour la curcumine, on en trouve des milliers, sans exagération, vérifiez sur PubMed, idem pour les autres).
(vous pouvez aussi vous référer au chapitre 14 de mon livre, dans lequel je liste 190 molécules possédant des propriétés antitumorales et antifongiques).
En revanche, personnellement, je tique sur le palier 9. Prendre de l’ivermectine et du mébendazole en prévention (et pendant combien d’années ?) paraît excessif.
Même si les doses sont assez faibles.
Côté vitamine D, un objectif à atteindre en termes de dosage sanguin serait préférable (par exemple entre 50 et 100 ng/ml) plutôt qu’une dose quotidienne indicative (qui de toute façon variera grandement selon la géographie, mode de vie, couleur de peau, métabolisme, âge, etc.).
Une autre critique cette fois plus tranchée : ils utilisent Perplexity (modèle IA) pour calculer des pourcentages de réduction des risques.
Pour qui connaît les faiblesses de ces outils logiciels ainsi que la variabilité du cancer et du métabolisme humain sans oublier le flou (en général) des statistiques liées au cancer, cette présentation s’apparente à un gadget.
Pour résumer : l’idée d’agir préventivement contre le cancer est une évidence incontestable (régime alimentaire équilibré, exercice physique, réduction du stress, éviter l’alcool, la nourriture industrielle gorgée d’additifs, etc.)
Ajouter certaines molécules fait sens également (par exemple la vitamine D, si importante pour le système immunitaire ou encore le sulforaphane que l’on trouve dans les légumes crucifères, l’allicine de l’ail, la vitamine C, etc.).
Toutefois, vouloir quantifier la réduction des risques est… risqué c’est le cas de le dire.
Pour résumer : tant que l’on ne comprendra pas comment un homme jeune, mince, qui fait du sport régulièrement et qui n’a jamais fumé peut développer un cancer des poumons, je pense que l’on sera condamnés à réagir… une fois que la maladie est détectée.
Et alors à ce stade, il faut balancer la sauce si vous me pardonnez l’expression (et donc ivermectine, mébendazole/fenbendazole, « tout le who’s who » comme disait Audiard, de la pharmacopée repositionnée).
Je ne dis pas que Marik a tort avec son idée de faibles doses récurrentes (je suis convaincu de l’efficacité des benzimidazoles carbamates) mais je suis réticent car on connaît l’effet dose-dépendant de ces produits (en clair des doses plutôt faibles 3 jours par semaine n’ont peut-être aucun effet tangible contre des cellules cancéreuses).
En conclusion : je n’affirme pas une impossibilité, j’avoue mon ignorance.
Cette méthode pourrait se révéler efficace chez certaines personnes (sans oublier un éventuel effet placebo, trop souvent ignoré).
Au bout, c’est bien l’idée que je défends via les Onconautes : chacun doit prendre en charge sa santé.
Chacun est son propre souverain.
Un souverain éclairé (grâce à un travail soutenu d’information, des échanges de données, d’expériences personnelles, etc.)
La presse britannique titre en gros : la mortalité par cancer du sein a chuté de 41 % entre 1970 et 2023.
« Cela signifie qu’il y a maintenant 30 décès par cancer du sein pour 100 000 personnes au Royaume-Uni, contre 52 pour 100 000 en 1971, selon Cancer Research UK. »
Nous avons donc un taux de mortalité pour 100 000 femmes (taux standardisé selon l’âge) avec comme cause de décès le code C50 (cancer sein), par tranche d’âge, de 1971 à 2023.
Il faut regarder la colonne ASR (Age-Standardized Rate) dans le tableau (téléchargeable sur le site). Rappel : pour comparer une population sur un temps long il est essentiel d’utiliser ce traitement statistique car la population vieillit et le cancer est corrélé au vieillissement (des taux bruts seraient donc trompeurs).
Prenons la tranche d’âge 50-64 ans.
En 1971-73 : 84,23. En 2020-21 : 36,68.
Nous obtenons bien une chute de 56 % !
Alors miracle ? Le cancer du sein chez les femmes mûres, c’est (presque) fini ?
Vous vous doutez bien que cela n’est pas si simple.
Ces données peuvent souffrir de très nombreux biais et surtout entraîner de mauvaises interprétations (chatGPT peut vous fournir une liste).
Autre problème : les données avec le C50. Il s’agit d’un système (ICD-10) adopté au Royaume-Uni en 2001. Avant, les codes étaient différents. L’organisme qui a produit ces statistiques a donc converti des données antérieures.
Mais sur le fond, comment coder un décès par cancer ?
Je vous donne un cas réel. Femme diagnostiquée cancer sein en 1999. Métastases osseuses fin 2019. Décédée à son domicile en 2020, à l’âge de 81 ans.
Quel code sera choisi par le médecin qui établit le certificat de décès ? Cancer du sein (C50) ? Cancer des os (C40) ? Un autre code ?
Qu’est-ce qui tue, concrètement, une personne ? Le cancer ? Lequel ? Tumeurs primaires ? Secondaires ? Un arrêt cardiaque provoqué par une surdose d’opiacé ? Les organes qui lâchent ? Une pneumonie foudroyante qui profite d’un organisme ravagé par les chimios et les rayons ionisants ?
Ce problème de définition n’a rien d’anecdotique.
Durant la crise du Covid, le Royaume-Uni a utilisé pas moins de quatorze définitions différentes pour les décès provoqués par le virus (ou liés à icelui…).
Voici quelques exemples de cette créativité médicale : « Covid sous-jacent », « dû au Covid », « impliquant le Covid » et « décédé dans les 28 ou 60 jours suivant un test positif ».
Quelle que soit la cause réelle du décès, si le malheureux avait eu un test positif dans les derniers 28 jours (voire même 60 !)… alors on pouvait le déclarer « mort du Covid ».
Cela vous paraît aberrant aujourd’hui ? Sans doute. Mais pas en 2020.
Rétrospectivement, on se pince. Comment avons-nous pu être à ce point crédules ?
Pour en revenir au Royaume-Uni et au crabe, des données récentes (étude de 2025) indiquent pour l’Union Européenne, une baisse de la mortalité du cancer du sein de «30 % depuis 1990 ». Les données britanniques (le tableau évoqué plus haut) montrent une chute de 46,7 % dans le même intervalle.
Il y a semble-t-il chez nos amis outre-Manche une forme d’enthousiasme numérique un peu trop excessif…
Dans un prochain article, et pour rester dans le même thème, nous parlerons du nombre de cas en France (et donc des calculs d’incidence et du piège de leur comparaison sur le temps long ou entre pays différents).
Vous pensez que l’on dénombre chaque nouveau cas de cancer et que tout est dûment enregistré dans une base de données nationale ?
Après tout à l’heure des réseaux, des ordinateurs surpuissants, de l’intelligence artificielle, c’est facile, non ?
Il n’en est rien.
On utilise des registres locaux (quelques uns)… Et ensuite on extrapole. On fait des modèlesmathématiques.
Je vous laisse imaginer les fantaisies et autres « licence poétique» qu’un tel système peut engrendrer.