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Littérature : le monde d’après ?

… Et avec ou sans cancer ? Cela reste à voir… 😉

Je vous propose de relire un passage du chapitre 3 de 1984, le roman de George Orwell publié en 1949.

On y voit l’artiste à l’oeuvre, c’est-à-dire la capacité de voir le futur, une forme de clairvoyance.


Comment un homme s’assure-t-il de son pouvoir sur un autre, Winston ?

Winston réfléchit :
– En le faisant souffrir, répondit-il.

– Exactement. En le faisant souffrir. L’obéissance ne suffit pas. Comment, s’il ne souffre pas, peut-on être certain qu’il obéit, non à sa volonté, mais à la vôtre ?

Le pouvoir est d’infliger des souffrances et des humiliations. Le pouvoir est de déchirer l’esprit humain en morceaux que l’on rassemble ensuite sous de nouvelles formes que l’on a choisies.

Commencez-vous à voir quelle sorte de monde nous créons ? C’est exactement l’opposé des stupides utopies hédonistes qu’avaient imaginées les anciens réformateurs. Un monde de crainte, de trahison, de tourment. Un monde d’écraseurs et d’écrasés, un monde qui, au fur et à mesure qu’il s’affinera, deviendra plus impitoyable.

Le progrès dans notre monde sera le progrès vers plus de souffrance.

L’ancienne civilisation prétendait être fondée sur l’amour et la justice. La nôtre est fondée sur la haine. Dans notre monde, il n’y aura pas d’autres émotions que la crainte, la rage, le triomphe et l’humiliation. Nous détruirons tout le reste, tout.

Nous écrasons déjà les habitudes de pensée qui ont survécu à la Révolution. Nous avons coupé les liens entre l’enfant et les parents, entre l’homme et l’homme, entre l’homme et la femme.

Personne n’ose plus se fier à une femme, un enfant ou un ami. Mais plus tard, il n’y aura ni femme ni ami.

Les enfants seront à leur naissance enlevés aux mères, comme on enlève leurs œufs aux poules. L’instinct sexuel sera extirpé. La procréation sera une formalité annuelle, comme le renouvellement de la carte d’alimentation. Nous abolirons l’orgasme. Nos neurologistes y travaillent actuellement.

Il n’y aura plus de loyauté qu’envers le Parti, il n’y aura plus d’amour que l’amour éprouvé pour Big Brother. Il n’y aura plus de rire que le rire de triomphe provoqué par la défaite d’un ennemi.

Il n’y aura ni art, ni littérature, ni science. Quand nous serons tout-puissants, nous n’aurons plus besoin de science.

Il n’y aura aucune distinction entre la beauté et la laideur. Il n’y aura ni curiosité, ni joie de vivre. Tous les plaisirs de l’émulation seront détruits. Mais il y aura toujours, n’oubliez pas cela, Winston, il y aura l’ivresse toujours croissante du pouvoir, qui s’affinera de plus en plus.

Il y aura toujours, à chaque instant, le frisson de la victoire, la sensation de piétiner un ennemi impuissant.

Si vous désirez une image de l’avenir, imaginez une botte piétinant un visage humain… éternellement.

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Dans le poulet tout est bon… ou pas

Etude italienne publiée en avril 2025 sur les consommateurs de poulet (4 869 participants, âge médian 65 ans).

Une consommation de 300 grammes et plus par semaine augmente le risque de mortalité toute cause de 27 %.

Plus, spécifiquement, pour les cancer gastro-intestinaux, le risque est multiplié par 127 % (161 % chez les hommes) par rapport à une consommation de 100 grammes.

Que penser de cela ? Alors que la viande rouge est critiquée depuis longtemps, les volailles ont toujours eu bonne réputation (viande peu grasse, etc.).

Et quid du lien étonnant avec les cancers gastro-intestinaux ? Il pourrait s’agir… de pathogènes (plusieurs virus oncogènes chez les poulets, voir le virus du sarcome de Rous etc.).

Does Poultry Consumption Increase the Risk of Mortality for Gastrointestinal Cancers? A Preliminary Competing Risk Analysis

Lien : https://www.mdpi.com/2072-6643/17/8/1370

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Molécules repositionnées

L’aspirine : un cachet qui tourne en rond

« L’aspirine peut prévenir les métastases du cancer en stimulant la réponse immunitaire » (source)

Plusieurs médias ont rapporté les conclusions d’une étude parue en mars 2025, dans Nature.

« Aspirin prevents metastasis by limiting platelet TXA2 suppression of T cell immunity« 

Lien : https://www.nature.com/articles/s41586-025-08626-7

Cette étude a la particularité de mettre en lumière le mécanisme à l’oeuvre… mais les effets bénéfiques de l’aspirine contre le cancer sont connus… depuis des décennies.

Oui, des décennies.

On compte ainsi des milliers d’articles dans PubMed

Citons cette étude publiée dans The Lancet en 1972… et au titre non équivoque :

« Les effets anti-métastiques de l’aspirine.« 

Lien : https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(72)92581-0/fulltext

Récapitulons :

-une molécule vieille comme le siècle (synthétisée pour la première fois en 1897 !)

-utilisée par des générations entières, de 7 à 77 ans selon l’expression consacrée

-aux effets secondaires connus (faibles), au profil de risques parfaitement établi (hémorragies, etc.)

-qui ne coûte absolument rien

-qui a des effets contre le cancer et plus particulièrement les métastases, des effets étudiés depuis un demi-siècle (et maintenant enfin élucidés)

-une molécule utilisée quotidiennement à faible dose (moins de 100 mg) par des dizaines de millions de personnes dans le monde (estimations de 50 à 100 millions !) pour la prévention des risques cardiovasculaires…

… et les derniers au courant semblent être les oncologues. Comme d’habitude.

Dans ce cadre, personne de sérieux (et d’honnête) ne peut échapper à cette question brûlante : pourquoi l’aspirine à faible dose n’est-elle pas immédiatement et automatiquement intégrée aux protocoles anticancéreux ?

Quelqu’un peut-il répondre ?

Ah ! On entend une petite voix au fond de la salle : »Parce que cela pourrait être dangereux« .

Evidemment.

Face à des lampées de chimiothérapies cytotoxiques et autres rayonnements ionisants qui brûlent les tissus… un simple cachet d’aspirine apparaît en effet comme effrayant. 😉

Surtout pour les dividendes de Big Cancer et ceux de la maison-mère Big Pharma !