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Benzimidazoles Molécules repositionnées

Prévention : les protocoles Root

J’ai présenté le livre du docteur Paul Marik consacré aux médicaments repositionnés (Cancer Care: The Role of Repurposed Drugs and Metabolic Interventions in Treating Cancer, disponible ici en PDF).

Il a publié en novembre 2025 avec Justus Hope (un médecin qui écrit sous pseudonyme) un article détaillant les protocoles « Root » pour la prévention du cancer.

L’article : https://journalofindependentmedicine.org/wp-content/uploads/2025/10/ima-jim-v01-n04-a02-preventing-cancer-the-root-protocols.pdf

Les auteurs les déclinent en plusieurs paliers correspondant chacun à une réduction des risques :

Ils détaillent les différentes voies métaboliques sur lesquelles ces molécules agissent et leurs synergies (entre elles).

De multiples études et articles appuient l’efficacité antitumorale de ces produits (pour la curcumine, on en trouve des milliers, sans exagération, vérifiez sur PubMed, idem pour les autres).

(vous pouvez aussi vous référer au chapitre 14 de mon livre, dans lequel je liste 190 molécules possédant des propriétés antitumorales et antifongiques).

En revanche, personnellement, je tique sur le palier 9. Prendre de l’ivermectine et du mébendazole en prévention (et pendant combien d’années ?) paraît excessif.

Même si les doses sont assez faibles.

Côté vitamine D, un objectif à atteindre en termes de dosage sanguin serait préférable (par exemple entre 50 et 100 ng/ml) plutôt qu’une dose quotidienne indicative (qui de toute façon variera grandement selon la géographie, mode de vie, couleur de peau, métabolisme, âge, etc.).

Une autre critique cette fois plus tranchée : ils utilisent Perplexity (modèle IA) pour calculer des pourcentages de réduction des risques.

Pour qui connaît les faiblesses de ces outils logiciels ainsi que la variabilité du cancer et du métabolisme humain sans oublier le flou (en général) des statistiques liées au cancer, cette présentation s’apparente à un gadget.

Pour résumer : l’idée d’agir préventivement contre le cancer est une évidence incontestable (régime alimentaire équilibré, exercice physique, réduction du stress, éviter l’alcool, la nourriture industrielle gorgée d’additifs, etc.)

Ajouter certaines molécules fait sens également (par exemple la vitamine D, si importante pour le système immunitaire ou encore le sulforaphane que l’on trouve dans les légumes crucifères, l’allicine de l’ail, la vitamine C, etc.).

Toutefois, vouloir quantifier la réduction des risques est… risqué c’est le cas de le dire.

Pour résumer : tant que l’on ne comprendra pas comment un homme jeune, mince, qui fait du sport régulièrement et qui n’a jamais fumé peut développer un cancer des poumons, je pense que l’on sera condamnés à réagir… une fois que la maladie est détectée.

Et alors à ce stade, il faut balancer la sauce si vous me pardonnez l’expression (et donc ivermectine, mébendazole/fenbendazole, « tout le who’s who » comme disait Audiard, de la pharmacopée repositionnée).

Je ne dis pas que Marik a tort avec son idée de faibles doses récurrentes (je suis convaincu de l’efficacité des benzimidazoles carbamates) mais je suis réticent car on connaît l’effet dose-dépendant de ces produits (en clair des doses plutôt faibles 3 jours par semaine n’ont peut-être aucun effet tangible contre des cellules cancéreuses).

En conclusion : je n’affirme pas une impossibilité, j’avoue mon ignorance.

Cette méthode pourrait se révéler efficace chez certaines personnes (sans oublier un éventuel effet placebo, trop souvent ignoré).

Au bout, c’est bien l’idée que je défends via les Onconautes : chacun doit prendre en charge sa santé.

Chacun est son propre souverain.

Un souverain éclairé (grâce à un travail soutenu d’information, des échanges de données, d’expériences personnelles, etc.)

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Molécules repositionnées

Ivermectine et cancer : le test clinique parfaitement inutile

Pour une fois, nous allons parler des essais cliniques… inutiles. 😉

Je sais, cela paraît étrange. Et pourtant.

Soit : « A phase I/II study evaluating the safety and efficacy of ivermectin in combination with balstilimab in patients with metastatic triple negative breast cancer. »

Lien : https://ascopubs.org/doi/10.1200/JCO.2025.43.16_suppl.e13146

Le principe : on associe le médicament expérimental balstilimab (anticorps monoclonal, immunothérapie anti PD-1) à… accrochez vos ceintures… à de l’ivermectine !

Vous ne rêvez pas.

Il s’agit bien du fameux antiparasite pour les « chevaux » (on se souvient du message infâmant de la FDA en août 2021, en pleine hystérie Covid, j’en parle dans mon bouquin page 135).

Diantre! Des scientifiques sérieux, des oncologues à la pointe s’intéresseraient à ce vulgaire vermifuge ? Cette poudre de perlimpinpin ?

C’est un net progrès.

Sauf que… non.

Cette étude porte sur des femmes atteintes d’un cancer du sein triple négatif (très agressif)… métastasé (et qui ont subi 1 ou 2 chimios) ! Comprendre : la fin des haricots. Voire terminus tout le monde descend.

Deuxième farce tragique si j’ose dire : l’essai porte sur 9 (neuf) malades (âge médian 52 ans).

Je ne vais pas détailler les doses, le protocole, ça n’a pas vraiment d’intérêt. Mais le plus choquant est sans doute la conclusion de du test :

« L’association d’ivermectine et de balstilimab est sûre et bien tolérée. »

Les auteurs ajoutent que des « effets cliniques encourageants » ont été enregistrés !

!!!!!

Formidable.

Vous crevez d’un cancer hyper agressif, stade avancé, mais une association de molécules se révèle bien «tolérée » et présente quelques effets « encourageants ».

Et on finit par la traditionnelle pirouette : il faut continuer les recherches… Evidemment.

On doit remercier les médecins pour ce test clinique (ils sont courageux), mais on peut aussi affirmer que ce travail est parfaitement inutile.

Les molécules repositionnées (fenbendazole, mébendazole, ivermectine… il y a beaucoup d’autres) doivent être testées à large échelle et sur des cancers gérables, c’est-à-dire sur des malades encore en vie (pas virtuellement, mais réellement).

Cela n’arrivera pas, nous le savons bien (trop d’obstacles, trop d’intérêts en jeu, Big Cancer veille au grain).

Voilà pourquoi, les onconautes, les malades qui expérimentent sur eux-mêmes, sont les seuls véritables scientifiques.

Et ils sont de plus en plus nombreux.

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Colorectal Molécules repositionnées

Aspirine et cancer colorectal : essai en double aveugle randomisé

Nouvelle étude suédoise publiée dans le New England Journal of Medicine : « Low-Dose Aspirin for PI3K-Altered Localized Colorectal Cancer« .

Lien : https://www.nejm.org/doi/10.1056/NEJMoa2504650

Il s’agit de l’étalon : un essai en double aveugle randomisé contrôlé par placebo.

3 500 malades du cancer colorectal recrutés (après chirurgie) en Suède, Norvège, Danemark et Finlande.

Protocole ? 160 mg d’aspirine par jour, pendant 3 ans (pour la prévention des accidents cardiovasculaires la dose va de 70 à 100 mg par jour).

Résultats : au bout de 3 ans, division par deux du risque de récidive (pour le groupe avec aspirine).

Les chercheurs se sont concentrés sur une certaine mutation (présente dans 40 % des cancers colorectaux). L’efficacité de l’aspirine est ici légèrement améliorée.

Pour mémoire, en mars 2025, un papier éclaircissait le mécanisme de l’aspirine contre les métastases.

Lire mon article ici : https://onconautes.com/2025/06/29/laspirine/

Cela fait (en gros) un demi siècle que les effets de l’aspirine contre le cancer sont étudiés et documentés… On peut légitimement dire que ça commence à être long. Et qu’il serait temps d’intégrer aux protocoles conventionnels ce médicament pas cher, archi connu, et au profil de risques parfaitement établi (depuis 100 ans !).

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Molécules repositionnées

Metformine : la piste des métaux

Soit la metformine, un vieux, très vieux médicament contre le diabète type 2 (1957 !). Il réduit le taux de sucre dans le sang.

Mais cette molécule possède aussi des propriétés antitumorales. Et là encore, c’est ancien. Jane Mclelland l’a utilisé fin des années 90 (voir son livre best-seller, Affamer le cancer).

Je vous arrête tout de suite. Ne me croyez pas. 😉

Ayez systématiquement le « réflexe PubMed » pour vérifier.

Cliquez sur cette requête (metformin + cancer dans le titre et le résumé). 5 000 résultats !

Le papier le plus ancien ? 1982

« Effect of metformin on insulin binding to receptors in cultured human lymphocytes and cancer cells »

Le nombre de publications scientifiques explose à partir de 2010.

Donc la prochaine fois qu’un pseudo médecin vous traite de « charlatan » parce que vous osez parler du « repositionnement de molécules »… dégainez l’arme PubMed.

Cela calme immédiatement.

Donc, oui, la metformine a un ou des effets sur les cellules cancéreuses… et c’est démontré DEPUIS DES DECENNIES. Que cela plaise ou pas à votre oncologue, c’est le même tarif.

Comment expliquer ceci ? Puisque cette molécule agit sur le glucose (métabolisme) alors ce doit aussi être son mode d’action contre les cellules cancéreuses (en les affamant, littéralement).

C’est logique.

Mais, il pourrait y avoir d’autres méchanismes, sous-jacents.

C’est ce que montre une étude étonnante.

La metformine réduit les niveaux de fer et de cuivre dans le sang, et augmente celui du zinc.

Or, les cellules cancéreuses ont un appétit accru pour le fer et le cuivre… Rappelons que -énième coïncidence- les cellules fongiques partagent les mêmes goûts !

Quant au zinc, il pourrait être lié au système immunitaire.

Bref, c’est fascinant de voir que même après des décennies, on peut encore découvrir des nouvelles propriétés ou méchanismes chez telle ou telle molécule.

Ces dernières pistes appuient encore un peu plus la théorie des micro-organismes pathogènes (champignons…).

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Molécules repositionnées

L’aspirine : un cachet qui tourne en rond

« L’aspirine peut prévenir les métastases du cancer en stimulant la réponse immunitaire » (source)

Plusieurs médias ont rapporté les conclusions d’une étude parue en mars 2025, dans Nature.

« Aspirin prevents metastasis by limiting platelet TXA2 suppression of T cell immunity« 

Lien : https://www.nature.com/articles/s41586-025-08626-7

Cette étude a la particularité de mettre en lumière le mécanisme à l’oeuvre… mais les effets bénéfiques de l’aspirine contre le cancer sont connus… depuis des décennies.

Oui, des décennies.

On compte ainsi des milliers d’articles dans PubMed

Citons cette étude publiée dans The Lancet en 1972… et au titre non équivoque :

« Les effets anti-métastiques de l’aspirine.« 

Lien : https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(72)92581-0/fulltext

Récapitulons :

-une molécule vieille comme le siècle (synthétisée pour la première fois en 1897 !)

-utilisée par des générations entières, de 7 à 77 ans selon l’expression consacrée

-aux effets secondaires connus (faibles), au profil de risques parfaitement établi (hémorragies, etc.)

-qui ne coûte absolument rien

-qui a des effets contre le cancer et plus particulièrement les métastases, des effets étudiés depuis un demi-siècle (et maintenant enfin élucidés)

-une molécule utilisée quotidiennement à faible dose (moins de 100 mg) par des dizaines de millions de personnes dans le monde (estimations de 50 à 100 millions !) pour la prévention des risques cardiovasculaires…

… et les derniers au courant semblent être les oncologues. Comme d’habitude.

Dans ce cadre, personne de sérieux (et d’honnête) ne peut échapper à cette question brûlante : pourquoi l’aspirine à faible dose n’est-elle pas immédiatement et automatiquement intégrée aux protocoles anticancéreux ?

Quelqu’un peut-il répondre ?

Ah ! On entend une petite voix au fond de la salle : »Parce que cela pourrait être dangereux« .

Evidemment.

Face à des lampées de chimiothérapies cytotoxiques et autres rayonnements ionisants qui brûlent les tissus… un simple cachet d’aspirine apparaît en effet comme effrayant. 😉

Surtout pour les dividendes de Big Cancer et ceux de la maison-mère Big Pharma !