Vous pensez sans doute : il perd le sens commun. Quel est le rapport entre un herbicide, une maladie dégénérative et une vitamine ?
Ces trois exemples illustrent les effet délétères sur le long terme qu’ont des études manipulées ou contenant des erreurs.
Glyphosate : le célèbre herbicide de Monsanto.
Il y a 25 ans, une étude « revue par les pairs » démontre son absence de risque grave pour l’homme. Cette étude est ensuite citée à de nombreuses reprises constituant de facto une sorte de bouclier.
Chaque fois que quelqu’un critique le produit chimique, on lui oppose la carte joker : des études prouvent que glysophate n’est pas dangereux. Fermez le ban.
Sauf que cet article séminal a été manipulé… écrit par les gens de Monsanto eux-mêmes et non par des scientifiques indépendants. Cette technique, hélas très répandue au sein de Big Pharma, se nomme le « ghostwriting ».
L’étude vient d’être rétractée… Un quart de siècle plus tard ! (source)
Alzheimer.
Depuis 30 ans, toute la recherche focalise sur une seule théorie explicative : les plaques amyloïdes (des amas de protéines dans le cerveau). C’est devenu un totem, un dogme.
Sauf que les quelques grandes études prestigieuses qui ont étayé cette hypothèse… furent toutes bidonnées (les auteurs ont modifié les résultats de tests Western blot qui servent à mesurer les quantités de protéines).
Qui est au courant depuis 2021 (lorsque un lanceur d’alerte révéla le pot-aux-roses) ?
A ce sujet, je vous conseille le livre Doctored: Fraud, Arrogance, and Tragedy in the Quest to Cure Alzheimer’s, publié en 2025 (de Charles Piller,écrit avec le lanceur d’alerte). Edifiant.
Vitamine D : une erreur de calcul grotesque.
J’ai consacré un chapitre dans mon livre à la vitamine D en soulignant son importance pour le système immunitaire, les carences (dans nos latitudes nord) et les recommandations officielles dérisoires en termes de supplémentation.
Je n’avais pas vu qu’une étude datant de 2014 révélait une stupéfiante erreur de calcul… affectant des études précédentes qui servirent de base pour différentes autorités de santé publique (USA, Canada, UK) afin de déterminer les niveaux sanguins recommandés.
Titre : « A Statistical Error in the Estimation of the Recommended Dietary Allowance for Vitamin D »
Lien : https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC4210929/
C’est le docteur John Campbell qui vient de remonter cette incroyable bourde du fond du puit mémoriel (sa vidéo ici).
En gros, pour les recommandations au Royaume-Uni (via le NHS), cette erreur de calcul… entraîne une recommandation journalière (de 400 UI) 22 fois trop faible (par rapport à l’objectif fixé) !
J’écrivais (page 163) qu’un tel niveau était « incompréhensible » (tout juste bon à éviter le rachitisme). Malheureusement, je n’avais pas trouvé l’étude de 2014 expliquant -en partie- l’inexplicable. 😉
Au passage, cela montre qu’un correctif, publié des années plus tard, a systématiquement moins d’effet. Le mal a été fait en quelque sorte.
Ces erreurs de calcul ont sans doute profondément influencé toute une génération de médecins, de chercheurs par rapport aux niveaux sanguins souhaitables de vitamine D.
Morale de ces 3 histoires ?
Oui, la science (« Lascience ») est régulièrement intrumentalisée au profit de tel ou tel intérêt. Cela va de la simple erreur de calcul jusqu’à la fraude patentée.
Elle peut devenir un outil de puissance, de coercition, de mensonge, de dissimulation.
Il faut donc rester sur ses gardes et conserver son esprit critique. Et surtout se méfier de ceux qui se cachent systématiquement derrière des études ou des chiffres tout en refusant le débat contradictoire.
La science, la vraie, doit provoquer des controverses.
C’est la condition sine qua non du progrès scientifique.